00:00La France défend ses journalistes.
00:02Oui, deux journalistes, Patrick Cohen, qu'on va entendre dans un instant,
00:04et Thomas Legrand, accusé de collusion avec des politiques depuis la diffusion,
00:08il y a deux semaines, d'une vidéo par le Médial Incorrect,
00:11fondée par un proche de Marion Maréchal.
00:12Cette vidéo est composée d'extraits sélectionnés par les auteurs,
00:16on va y revenir, filmés en juillet, clandestinement,
00:18en marge d'une rencontre entre ces deux journalistes
00:20et deux responsables du Parti Socialiste.
00:23L'insoumis Jean-Luc Mélenchon, il voit là des journalistes
00:25qui complotent avec des politiques.
00:27Quand Jordan Bardella du Rassemblement National utilise cette affaire
00:30comme un argument pour plaider à nouveau en faveur de la privatisation
00:34de l'audiovisuel public, colère du directeur éditorial de Radio France,
00:38Vincent Mélenchon, Parisien Aujourd'hui en France,
00:40il affirme que l'audiovisuel public ne se laissera pas déstabiliser,
00:44une privatisation serait une perte considérable pour l'information,
00:47mais aussi la vie artistique et culturelle de notre pays.
00:50Je le cite encore, les problèmes de rentabilité rencontrés par des médias privés
00:53rendent le rôle du service public plus que jamais essentiel,
00:56c'est un enjeu de souveraineté et de rayonnement pour la France.
01:00Et je conclue, l'ARCOM doit auditionner cette semaine
01:03les présidentes de France Télévisions et Radio France
01:06et Thomas Legrand, lui, a renoncé à son émission dominicale sur France Inter,
01:09mais il continue d'intervenir à l'antenne.
01:12Patrick, vous avez souhaité ajouter un mot à propos de ces images volées
01:15qui vous ont valu de très violentes mises en cause.
01:17Et qui nécessitent des explications aux téléspectateurs de cette avoue,
01:21à qui nous devons des comptes, à ceux qui nous font confiance
01:24et à ceux qui se posent des questions.
01:25Je le fais avec un peu de recul et de réflexion.
01:28Et après avoir donné la priorité ces derniers jours
01:31à l'intense actualité politique de la semaine passée,
01:34en rappelant simplement quelques principes.
01:36Un, ces rencontres font partie de mon métier.
01:40Les journalistes politiques échangent avec les politiques de tous bords.
01:45Ils partagent des cafés, parfois des déjeuners,
01:47pour obtenir des informations et nourrir leurs papiers ou leurs éditos.
01:51Deux, un journaliste peut avoir le cœur à droite ou à gauche,
01:55ou nulle part, peu importe l'important.
01:57Ce qui compte, c'est de savoir s'il fait bien son boulot,
02:00s'il le fait avec honnêteté et impartialité,
02:03sans complaisance particulière.
02:05Et pour ce qui me concerne, je crois que mes critiques
02:06et mes questions sont assez largement distribuées,
02:10y compris contre le PS, contre le Parti Socialiste.
02:14C'est d'ailleurs le mécontentement des proches d'Olivier Faure
02:18à l'égard de mes éditos qui les a conduits à solliciter ce rendez-vous en particulier.
02:24Mais est-ce que la teneur des discussions entendues sur ces vidéos
02:27n'est pas la preuve d'une forme de collusion ?
02:29Mais justement, ce n'est pas une preuve,
02:31c'est un montage pour une heure et quart,
02:35une heure et demie de conversation à peu près.
02:37C'était il y a deux mois, c'était début juillet.
02:39Il y avait en tout 2 minutes 30 d'images, de sons sélectionnés, coupés, charcutés
02:46qui ne reflètent pas ce que fut ce rendez-vous au demeurant banal.
02:50C'était une conversation entre journalistes et politiques
02:53comme il y en a tous les jours et à toutes les heures.
02:55Ainsi, l'une des séquences qui a été mise en ligne d'une durée d'une minute 12
02:59a été coupée à 10 reprises.
03:0210 points de montage qui sont visibles à l'œil nu,
03:04ce qui laisse penser que cette vidéo a été volée et montée
03:08dans le seul but de provoquer une interprétation biaisée et malhonnête,
03:11en clair, pour nous nuire.
03:13Et parce que nous n'avons rien à cacher,
03:15nous avons adressé aujourd'hui, par voie de huissier,
03:18une sommation pour obtenir les rushs.
03:21Voilà pour ces explications que vous deviez à nos téléspectateurs.
03:25Je précise que le comité d'éthique de France Télévisions
03:27estimait qu'il n'y avait rien à vous reprocher.
03:29Au vu de cette séquence, rien ne permet d'affirmer que Patrick Cohen
03:32et d'autres objectifs que l'exercice de son métier.
03:36On part en Espagne.
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