00:00Et Johnny, ça se passe comment ? Il vous appelle un matin, il vous dit, j'ai écouté, parce qu'il a quand même, excusez-moi, il a quand même un pif pour toujours aller chercher la bonne personne, l'artiste qui est au sommet à ce moment-là.
00:10Vous, année 2000, avec Marché dans le sable, vous êtes vraiment le carton.
00:14Oui, mais il faut rendre à César ce qui appartient à César, c'est quand même Pascal Negre.
00:21Le patron d'Universal à l'époque ?
00:22Oui, qui avait quand même vachement le nez aussi. Et c'est lui, c'est lui qui a rangé la rencontre entre Johnny et moi.
00:30Et donc, il vous dit, voilà, super, j'ai écouté ton album, est-ce que tu veux bien me faire des chansons ?
00:34Et, pareil, je dois proposer. Ils écoutent, c'était avec Laetitia déjà, ils écoutent et ils adorent Marie.
00:41Et vous êtes présent ce jour-là ?
00:43Non, non, pas le jour de l'écoute, non, non, je serais incapable de faire César l'horreur.
00:47Marie, vous l'avez vraiment, vous pouvez le dire, vous l'avez vraiment écrite pour lui ou c'était une chanson que vous aviez en chantier ?
00:53Ah là, c'était en chantier. Je commençais à voir le début de la mélodie, la première phrase, il me semble.
01:02Et puis, je sentais que ce n'était pas exactement pour moi, bizarrement.
01:07Ça m'arrive assez rarement, mais celle-là, je sens que ce n'est pas pour moi.
01:10C'est une belle histoire, mais vous n'allez peut-être pas forcément bien la porter.
01:12Et donc, Pascal Negre me parle de cette histoire, donc je me mets sur le coup.
01:19Et du coup, je la dirige à ce moment-là. Elle existait un peu, mais je la dirige un peu vers Johnny, rythmiquement.
01:26D'accord.
01:26Voilà. Et puis ça s'est fait, je me suis retrouvé dans son bureau un jour.
01:32C'était drôle, parce qu'on est quand même tous les deux assez timides, quand même.
01:35Et quand on se retrouve devant... C'est un peu le musée Grévin, non ?
01:40C'était particulier. C'était particulier. On s'est cherchés un peu pendant cinq minutes.
01:46On ne se regardait pas vraiment. On regardait un peu ce qu'il y avait au mur dans son bureau.
01:50Ah ouais, t'as ça, c'est joli ça. Et des photos de vieilles voitures, des trucs comme ça.
01:57Et puis au bout d'un moment, je ne sais pas, je crois qu'il m'avait animé.
01:59Mais là, vu que je ne cherchais pas la bagarre, on va dire.
02:02Non, mais je ne sais pas. Il y a eu une... Moi, je pense qu'il avait de l'affection.
02:08En tout cas, pendant cette période où on s'est fréquenté, ça a duré deux mois quand même,
02:11puisque je suis allé à Los Angeles avec lui pour mixer et tout ça.
02:16Je pense qu'il avait de l'affection pour moi. Et moi, j'en avais pour lui, parce qu'on est...
02:19Moi, il a halluciné de me voir ce espèce de petit mec un peu introverti.
02:24Moi, je le voyais partir en sucette, parce que quand c'est la fête, c'est la fête quand même.
02:28Et puis il a les deux côtés. Il a le côté introverti, mais des fois, ça explose.
02:32Il est facile à suivre dans les côtés les plus foiboyants ?
02:35Il faut être motivé, il faut être armé.
02:38Mais j'étais fasciné. Moi, j'avais l'impression d'être au cinéma.
02:42J'avais l'impression de regarder un film hollywoodien.
02:45Il a une vie tellement extraordinaire, une façon de vivre.
02:48Il est tellement à fond tout le temps.
02:52Et justement, Gérald, quand on a ramé pendant 7 ans, dans 20 mètres carrés,
02:55en écrivant des chansons et en rêvant un jour de pouvoir en vivre,
02:58quand un matin, on se réveille, on ouvre sa radio et on entend sa chanson chantée par M. Johnny Alidé,
03:04on ressent quoi ?
03:06Alors, il y a toujours l'histoire de la fierté.
03:08C'est toujours l'égo qui prend en premier.
03:11Mais après, moi, j'ai eu une grosse...
03:13Malheureusement, une grosse erreur, une façon de penser qui était vraiment erronée pendant des années.
03:21J'essayais de changer ça.
03:22Dès qu'il y avait quelque chose d'acquis, je partais tout de suite sur le truc d'après.
03:28En m'angoissant presque, en me disant...
03:30C'était votre manière à vous de rester en action ?
03:32Je ne sais pas si c'était un moteur ou si c'était juste une forme d'angoisse de toujours me dire
03:38« Ok, maintenant, ça, c'est fait. »
03:41Le prochain but à atteindre.
03:42Voilà.
03:42Et donc, ça fait que je ne prenais pas toujours le temps de...
03:45De savourer.
03:46De savourer.
03:46Merci.
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