- il y a 4 mois
Le nouveau Premier ministre poursuit ses consultations et recevra ce lundi les organisations syndicales et patronales. Boris Vallaud, député PS des Landes s'exprime sur BFMTV.
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00:00Bonsoir Boris Vallaud, face à Alain Duhamel, je vous pose cette question,
00:05effectivement si Sébastien Lecornu devait réussir à faire ce budget à la sauce socialiste,
00:11Alain Duhamel, qu'est-ce qu'il faut mieux ? Un budget un peu rose, si je puis dire, ou pas de budget du tout ?
00:16Je ne pense pas qu'on soit au bord d'un budget socialiste mené par le gouvernement de Sébastien Lecornu,
00:22mais je suis persuadé d'une seule chose, c'est que Sébastien Lecornu n'a une chance de pouvoir mener son action à la tête du gouvernement,
00:28que s'il arrive à trouver un compromis avec les socialistes sur le budget,
00:33ce qui veut dire en clair que ce sont les socialistes qui sont en position de force et lui qui est en position de faiblesse,
00:39ce qui veut dire qu'il y aura donc inévitablement des concessions.
00:43La question à mes yeux n'est pas de savoir s'il y aura des concessions, mais c'est de savoir jusqu'où iront les concessions.
00:50Alors jusqu'où iront les concessions ? Est-ce que l'avenir du PS finalement c'est Lecornu ou est-ce que l'avenir de Lecornu c'est le PS Boris Vallaud ?
00:58Non mais d'abord, ce n'est pas un caprice de socialiste, ce n'est pas un caprice de la gauche,
01:03que d'avoir à la fois...
01:04Ce n'est pas ce que je l'ai dit !
01:05Non mais certains pourraient se poser la question. C'est que nous faisons le constat que nous avons un exécutif, un Premier ministre,
01:17qui persiste dans une politique qui a été sanctionnée par les urnes il y a un an et qu'il existe dans ce pays une majorité de Français,
01:24qui refuse une politique qui se désintéresse d'eux.
01:29Alors nous, nous avons fait des propositions aujourd'hui, des propositions sur la taxation des très hauts patrimoines,
01:35pour qu'il y ait de la justice fiscale, pour que ceux qui ne contribuent pas assez à la solidarité nationale,
01:40et on pourra j'imagine y revenir, contribuent plus et mieux.
01:43que celles et ceux qui en ont assez de l'effort sans horizon,
01:48qui ont le sentiment que c'est toujours dans les poches des mêmes que l'on prend,
01:51les hommes et les femmes qui n'ont que leur force de travail pour vivre, voire leur pouvoir d'achat,
01:55non seulement préservé, mais soutenu.
01:57Nous avons des propositions en la matière.
02:00Nous critiquons et nous condamnons aussi le rythme auquel le gouvernement prétendait, avec M. Bayrou,
02:06réduire les déficits, parce qu'en réalité, il est craint de croissance.
02:10Vous avez raison de dire que ce n'est plus lui, mais ce n'est pas seulement M. Bayrou,
02:13que nous avons remercié, c'est aussi son budget.
02:17Et donc je considère aujourd'hui que le budget et les propositions de M. Bayrou sont caduques
02:22et ne peuvent alors pas être un commencement, une base de négociation.
02:27En revanche, ce qui est sur la table, c'est les propositions dont j'ai esquissé certains des éléments importants.
02:32Alors bien entendu, vous avez fait des propositions que j'ai regardées de près,
02:35vous avez présenté un contre-budget que j'ai lu, on est d'ailleurs là pour ça.
02:40Il est évident que Sébastien Lecornu ne veut pas vous répondre comme vous répondez François Bayrou.
02:49Ça veut dire que c'est du bon sens, ça va de soi.
02:52Donc la question n'est pas de savoir s'il vous fera des propositions,
02:56s'il essaiera de trouver des compromis.
02:58La question est de savoir où sera la barre pour ces compromis.
03:02Qu'est-ce qu'il acceptera ?
03:03Vous parliez de, et vous aviez raison, c'est le symbole,
03:07vous parliez d'une taxe sous une forme ou sous une autre sur les plus grands patrimoines
03:12dans une période où effectivement tout le monde est soumis à des difficultés supplémentaires
03:18à cause de la situation économique de la France,
03:20évidemment il va y avoir une proposition, ça serait fou d'imaginer.
03:26Alors il y aura sûrement, je vous fais confiance d'ailleurs de ce point de vue,
03:29des discussions pour savoir quelles propositions, à quel niveau, etc.,
03:34par quelles méthodes, puisqu'il y a dix méthodes possibles de prélèvement en l'occurrence.
03:39Mais vous savez très bien, ça va se faire.
03:42Bon, de même l'histoire des deux jours fériés supprimés,
03:47personne ne croit que ça va être conservé.
03:50Et je pense, je pense et je crains un peu d'ailleurs, pour être franc,
03:54mais je pense que les concessions iront plus loin que ça.
04:00Je le dis que je le crains un peu, si je le crains un peu, ça n'est pas par sadisme.
04:04Si je le crains un peu, c'est parce que je suis conscient de la difficulté
04:08de la situation budgétaire de la France,
04:10c'est que je sais qu'il ne sera plus question des 44 milliards d'économies,
04:15mais je crains que s'il n'y en a que la moitié, comme vous le proposez,
04:20s'il n'y en a que la moitié, je crains que le signal envoyé ne soit pas très bon.
04:25Mais M. Dermel, le signal envoyé, dans quelle situation étions-nous,
04:30en 2017, au moment où M. Macron a pris les rênes du pays ?
04:34Nous passions sous les 3% déficit du pays.
04:36Non, non, mais attendez, je vais vous donner raison.
04:40Le bilan économique laissé par François Hollande était un bon bilan.
04:44Mais c'est la raison pour laquelle, vous ne devriez pas vous inquiéter pour l'avenir,
04:48vous devriez vous inquiéter du bilan et de la situation
04:51dans laquelle nous a conduit la politique d'Emmanuel Macron.
04:54Aujourd'hui, il est un fait établi.
04:56Depuis 2022, depuis le Covid.
05:00Sauf que les baisses d'impôts ont commencé bien plus tôt.
05:03La suppression de l'ISF, le fait qu'on a plus le travail que le capital,
05:06c'est les marqueurs de 2017.
05:08Mais dans cette période-là, jusqu'en 2022, vous reconnaîtrez aussi qu'il y a eu une...
05:13Attendez, je n'ai pas fini.
05:15Je ne vais pas être long.
05:16Vous reconnaîtrez qu'il y a eu aussi une baisse du chômage,
05:19comme elle ne s'était pas produite depuis un bon moment.
05:21Et que ça, les Français, je ne sais pas s'ils se le rappellent aujourd'hui,
05:25mais enfin, en tout cas, ils ne peuvent pas le nier.
05:27La première partie jusqu'au moment du Covid,
05:30il y a effectivement eu, je suis d'accord avec vous,
05:32beaucoup d'allégements fiscaux délibérés.
05:34Bon, c'est ce qu'on appelle la politique de l'offre.
05:36Il l'a menée, disons, à un bon rythme.
05:40Mais elle a produit des effets positifs sur la croissance et sur le chômage.
05:44La question est de la gestion, notamment budgétaire, après le Covid.
05:50Et c'est là où, selon moi, les dérapages n'ont absolument pas été contrôlés.
05:55Il faut, de ce point de vue, distinguer la dette du déficit.
06:00Aujourd'hui, dans le déficit, il n'y a plus la trace de la crise de la Covid.
06:05Ce que nous payons aujourd'hui, c'est un déficit de recettes,
06:07parce qu'il manque, du fait des baisses d'impôts successives consenties par ce gouvernement,
06:12à peu près 60 milliards par an.
06:13Si vous aviez 60 milliards de ces recettes fiscales,
06:17évidemment, vous n'auriez pas le déficit,
06:19vous n'auriez pas la charge de la dette que nous avons aujourd'hui.
06:22Et un taux de croissance très insuffisant.
06:25Mais un taux de croissance qui est d'autant plus insuffisant
06:27que nous avons un emploi qui est un travail mal rémunéré.
06:34Nous avons des travailleurs pauvres.
06:36Regardez la déconsommation et la baisse de la croissance aujourd'hui.
06:39Il va manquer à la fin de cette année, probablement pas loin de 10 milliards de recettes fiscales,
06:43en particulier de TVA.
06:44C'est la raison pour laquelle nous disons qu'il faut soutenir le pouvoir d'achat
06:47à travers une mesure que nous avons proposée,
06:49qui est une baisse ciblée de la CSG, sur les barres nus.
06:52Alors, Boris Vallaud, effectivement, il y a Sébastien Lecornu
06:55qui est en train de constituer son gouvernement.
06:57Alain, est-ce que vous pensiez que, par exemple,
06:59les socialistes devraient faire partie de ce gouvernement ?
07:02Puisque vous avez l'air d'avoir des propositions.
07:04Est-ce que vous pensez qu'ils devraient s'allier à créer cette...
07:07Je ne pense pas du tout.
07:09Autant je pense qu'il faut que Sébastien Lecornu négocie avec les socialistes,
07:14négocie sérieusement, je veux dire, pas simplement négocier
07:17sur ce dont on saurait au départ que ça ne sera pas suffisant.
07:20Mais négocie sérieusement, autant les socialistes au gouvernement,
07:24c'est pas que ça m'effraie en tant que tel,
07:26mais ça serait totalement artificiel des deux côtés.
07:29Donc je ne crois pas du tout.
07:30Je n'ai jamais la survécu à tous les régimes,
07:32y compris quand c'était des socialistes au gouvernement.
07:33Donc vous n'avez pas de...
07:34Je n'ai pas commencé une grève de la faim
07:38quand les socialistes ont gagné,
07:39d'autant plus que, contrairement à vous,
07:41j'ai beaucoup plus vécu de socialistes au pouvoir.
07:45Et que je n'en suis pas mort, apparemment.
07:48En tout cas, pas encore.
07:49Mais non, il va y avoir une négociation
07:51qui sera complexe et difficile,
07:55dans la mesure où, à la fois, il faudra des concessions
07:59et qu'en même temps, il ne faudra pas non plus,
08:02même si ça n'est pas l'alpha et l'oméga,
08:05il ne faudra pas non plus, non seulement affoler les marchés,
08:09mais en même temps, être imprudent,
08:11ce qui, dans notre histoire économique,
08:13s'est produit malheureusement extrêmement souvent.
08:16En l'occurrence, moi, je suis prêt à toutes les leçons
08:18de finances publiques et d'économie.
08:19Il n'y a que deux gouvernements qui ont baissé les déficits.
08:22C'est celui de Lionel Jospin
08:23et c'est le quinquennat de François Hollande.
08:24Donc, pour le reste, les cacophages
08:26de les finances publiques de la Macronie,
08:27franchement, je crois qu'il faudrait bien
08:30d'être très modeste, d'être très modeste aujourd'hui.
08:32Sur les déficits, les déficits ont augmenté aussi
08:36sous des gouvernements socialistes.
08:38En tout cas, les deux derniers qui l'ont baissé...
08:40Non, non, je ne vous dis pas les deux derniers.
08:43Mais en revanche, sous François Mitterrand,
08:45période que j'ai quand même suivie de l'intérieur,
08:47si j'ose dire, les déficits se sont creusés.
08:50Alors, François Hollande, qui avait quand même
08:52comme ministre de l'économie Emmanuel Macron.
08:54Oui, vous voyez, comme quoi...
08:56Non, mais plus sérieusement...
08:58Plus sérieusement, quelles sont les lignes rouges ?
09:00Et vous, comme secrétaire général, je l'ai lisé.
09:02Plus sérieusement, Boris Vallo,
09:03quelles sont les lignes rouges, finalement,
09:06pour ne pas censurer le budget de ces patients économiques ?
09:10On a parlé de la taxe Zucman,
09:11donc la taxation, pas forcément à 2%,
09:14mais des plus hauts revenus.
09:14Par exemple, la question des retraites.
09:16Est-ce que vous allez mettre ça dans la table de négociation,
09:19revenir sur la réforme des retraites ?
09:20Mais il y a évidemment la question de la réforme des retraites.
09:23Et dans nos propositions, il y avait sa suspension immédiate
09:25et confiée aux partenaires sociaux,
09:26mandat de trouver les voies et moyens financiers
09:29d'un retour à 60 ans.
09:31Ça fait partie...
09:32Moi, je voudrais dire la cohérence d'ensemble
09:33de ce que nous avons proposé.
09:36Il y a le soutien au pouvoir d'achat.
09:37On a dit ce qu'était la consommation des ménages aujourd'hui,
09:40qui n'arrive plus à boucler les fins de mois.
09:41Il y a la mise à contribution des très hauts patrimoines,
09:45c'est-à-dire pas de nos PME.
09:46Vous savez que le taux d'achat des PME...
09:48On est d'accord, on est d'accord.
09:49Oui, mais parce que j'entends beaucoup de choses.
09:52On va ruiner l'économie.
09:53Pas de moi, en tout cas.
09:54On met de la justice fiscale
09:55et on soutient dans nos territoires,
09:58par un plan de relance,
09:59vers la préparation de l'avenir.
10:01On soutient nos services publics qui sont à la peine
10:03et on change le rythme de réduction des déficits.
10:07Mais nous réduisons bien les déficits,
10:09c'est la proposition que nous formulons.
10:10Parce que ce que proposait M. Bayrou
10:12était en réalité un écroisement de la croissance,
10:15un écrasement de la consommation.
10:17Et vous, vous dites c'est fini.
10:20J'aimerais que M. Lecornu nous dise c'est fini.
10:23J'ai bien compris qu'était tombé avec M. Bayrou
10:25le budget de M. Bayrou.
10:26Alors je ne sais pas ce que Sébastien Lecornu va vous dire.
10:29Mais ce que je sais,
10:30c'est qu'il va vous dire quelque chose de différent de François Bayrou.
10:32Ça, c'est l'évidence.
10:34Et donc que la question va être,
10:37vous le savez très bien,
10:38dans quelle proportion il y aura des changements,
10:42sachant que d'un côté,
10:44il faudra qu'évidemment le gouvernement
10:46renonce à un certain nombre de choses
10:48qui étaient prévues dans le budget précédent,
10:51et en même temps,
10:52que les choses restent gérables
10:54à un moment où,
10:56on parle tous pour ce soir de Fitch,
10:59mais c'est surtout ce qui va compter,
11:00c'est au moment du budget,
11:02le mois prochain,
11:03les deux plus grandes agences de notation
11:04qui peuvent faire des dégâts.
11:07Et donc, l'idée,
11:08ça n'est pas on va faire un budget
11:09pour faire plaisir aux agences de notation,
11:11mais il faut faire un budget
11:13qui ne soit pas non plus provocateur,
11:15parce que ça se retrouve à notre détriment.
11:17– Pardon, mais la provocation,
11:19elle est faite à l'endroit des Français
11:20quand on leur dit
11:21que les franchises médicales vont doubler,
11:24qu'il y aura des déremboursements,
11:25que l'année blanche va faire entrer
11:27des centaines de milliers d'entre eux
11:29dans l'impôt,
11:30qu'on leur supprime deux jours fériés,
11:31c'est-à-dire qu'ils vont travailler gravement.
11:32– Non, mais non, la provocation,
11:33elle est là.
11:34Et il faut comprendre
11:35qu'on est dans un moment
11:36où vous avez des questions économiques
11:37et financières qui se posent.
11:39Mais vous avez éminemment
11:40une question démocratique
11:41qui se pose,
11:42de confiance dans nos institutions,
11:44qui pose la difficulté de savoir
11:46est-ce qu'on a tenu ou non compte
11:48de ce que nous avons voté il y a un an ?
11:50Est-ce que vous voyez la colère des Français ?
11:53– Alors, Boris Vallaud,
11:53si jamais vous obtenez
11:54de la part de Sébastien Lecornu,
11:56par exemple, des concessions,
11:57si effectivement,
11:58comme le disait Alain,
11:59d'une certaine part,
12:00eh bien, il fait des pas vers vous,
12:02pas vers, on va dire,
12:03plus de justice sociale.
12:05Pardon, excusez-moi.
12:06Est-ce que vous aussi,
12:07vous allez faire un pas vers lui ?
12:08C'est-à-dire,
12:08est-ce que vous allez jouer le jeu
12:10d'éviter à ce pays
12:12la dissolution probable
12:14qui peut-être mènerait
12:15le Rassemblement National au pouvoir ?
12:17– Mais madame, dire,
12:18d'abord rappeler
12:19que ce sont les socialistes
12:21qui, il y a neuf mois,
12:22ont pris leur responsabilité.
12:23Tout en étant dans l'opposition,
12:25ils ont accepté la discussion,
12:26ils ont permis à ce pays
12:28d'avoir un budget
12:28qui n'est pas notre budget,
12:30qui était d'évidence
12:31par un budget de gauche.
12:33Lorsque nous formulons
12:34des propositions
12:35et que nous nous disons
12:36« disponibles pour exercer
12:37les responsabilités »,
12:37ce n'est pas pour plaisanter,
12:39mais nous ne pourrons pas
12:41toper s'il n'y a pas
12:42un changement de cap majeur.
12:44Et ça suppose,
12:45et ça suppose,
12:46un renoncement du macronisme
12:48à une bonne partie
12:51de ce à quoi il a cru,
12:53mais qui nous a conduits
12:54dans cet échec.
12:55Et c'est une façon
12:56de dire aux Françaises
12:56et aux Français
12:57« nous avons entendu
12:59ce que vous nous avez dit
13:00à un an,
13:01il y a un an ».
13:02Vous pensez que c'est quand même
13:03bizarre que ce soit
13:03les perdants qui gouvernent
13:04sur le plan démocratique.
13:06Il y a trois choses,
13:08mais la caractéristique,
13:10vous savez très bien,
13:11mais je voudrais
13:11qu'on reste sur le fond là,
13:13mais la caractéristique
13:14des dernières élections,
13:15c'est qu'il n'y a pas eu
13:16de vainqueurs,
13:17il y a eu des vaincus.
13:18Il y a eu des grands vaincus,
13:19des moyens vaincus,
13:20et c'est le grand vaincu
13:22qui gouverne.
13:22Oui, il se trouve
13:23qu'il est élu
13:24jusqu'encore quelques mois
13:26et puis ensuite
13:26ça sera quelqu'un d'autre.
13:28La démocratie,
13:29ça sera aussi ça.
13:31Mais dans les médias,
13:33il est bien clair
13:34qu'il faut que chacun
13:36fasse un pas l'un vers l'autre,
13:38que ça sera difficile,
13:40que ça sera certainement
13:41insatisfaisant,
13:43mais il faut tenir compte aussi
13:44de ce qu'est la situation
13:45politique générale en France
13:47et notamment de ce qui,
13:49en tout cas moi,
13:49me frappe beaucoup,
13:51je ne suis pas le seul
13:52à le penser,
13:53c'est-à-dire du fossé gigantesque
13:55qu'il y a de la part des Français
13:57vis-à-vis de tout ce qui est politique.
13:59Majorité, opposition,
14:01institution, conviction, constitution,
14:05je veux dire,
14:05tout est remis en cause,
14:07tout inspire de la défiance
14:09et donc pour arriver à,
14:12non pas trouver instantanément
14:14une solution,
14:15mais limiter les dégâts
14:16à un moment qui est périlleux,
14:18il faut que des deux côtés,
14:20quand je dis des deux côtés,
14:21ça veut dire en clair
14:22ce qu'on appelle à tort la majorité,
14:25parce que ça n'est pas une majorité,
14:27et les socialistes.
14:28Eh bien, ça veut dire
14:29qu'il faut trouver,
14:30non pas,
14:32je veux dire,
14:32il ne s'agit pas que de tomber amoureux
14:34les uns des autres,
14:35mais qu'ils trouvent un modus vivendi
14:37pour une période
14:38qui est une période exceptionnelle,
14:40qui est une période de grande crise
14:42économique,
14:44budgétaire,
14:45politique,
14:46psychologique,
14:47et à mes yeux,
14:48sociétal,
14:49comme ce qui s'est passé mercredi
14:50et ce qui se passera le 18,
14:52le prouve,
14:53et que dans une situation comme ça,
14:55il faut que les partis susceptibles
14:57d'exercer le moins mal possible
15:00le pouvoir,
15:01s'entendent,
15:02à minima,
15:03pendant une période
15:04qu'on sait bien de transition,
15:06parce que de toute façon,
15:06elle ne peut pas durer
15:07plus de 18 mois,
15:09mais s'entendent
15:10pour sauver l'essentiel
15:12et ne pas aggraver la situation.
15:14Mais aggraver la situation
15:16consisterait
15:19à persévérer
15:21dans une politique
15:22qui nous a conduit
15:23dans la face,
15:24qui nous a conduit dans la face.
15:24Oui, mais ce que je veux dire,
15:25c'est que le compromis,
15:26ce n'est pas une moyenne en tout.
15:27Vous voyez,
15:27ce n'est pas l'équidistance
15:28entre ce qu'a défendu Emmanuel Macron
15:29et ce que la gauche défend.
15:31La réponse est très simple
15:32à ce que vous dites.
15:35Un compromis,
15:36c'est ce qui se passe
15:37entre deux personnes,
15:38mais il se trouve
15:39que pour le compromis,
15:41il y a toujours une personne
15:42qui est en situation de force
15:43et une en situation de faiblesse.
15:45Vous,
15:45vous êtes en situation de force,
15:46donc naturellement,
15:47il va y avoir
15:48des concessions
15:49de celui qui est
15:50en situation de faiblesse.
15:51Ce que je peux vous dire,
15:52deux choses.
15:52D'abord,
15:52vous avez dit
15:53l'état de défiance
15:54des Français
15:55pour ceux qui le représentent
15:56et j'en suis parfaitement conscient.
15:57Pour tout l'univers politique,
15:59nous aussi,
16:00les journalistes aussi.
16:01C'est la raison pour laquelle
16:02je dis que dans le monde
16:03que nous vivons,
16:04il y a aussi un enjeu
16:05de réparation démocratique.
16:06Pourquoi nous insistons
16:07sur la réforme des retraites ?
16:09Parce que c'est une injustice sociale,
16:11c'est une évidence.
16:11Mais aussi,
16:13parce que compte tenu
16:13des conditions
16:14de son adoption,
16:15ça a été une brutalité démocratique.
16:17Que ça a été sanctionné
16:18dans les urnes
16:18il y a un an
16:19et que les Français
16:20ont le sentiment,
16:21à juste raison,
16:22qu'ils n'ont pas été entendus.
16:23Et donc,
16:24nous serons,
16:24au nom des Françaises
16:25et des Français,
16:26extrêmement exigeants
16:28vis-à-vis de ce gouvernement.
16:30Et s'il ne va pas...
16:31Il ne va pas mieux
16:31un mauvais budget
16:33qui ne vous va pas
16:34plutôt qu'une dissolution.
16:35Je ne crois pas
16:36qu'un mauvais budget
16:37permette aux pays
16:39et aux Français
16:40d'aller bien.
16:41Et vous me parlez
16:41de la dissolution.
16:42Vous savez,
16:42les socialistes
16:43ne souhaitent pas
16:43la dissolution.
16:45Mais s'il faut aller aux urnes,
16:46eh bien,
16:46nous ne nous déroberons pas.
16:48Vous avez vu des sondages
16:49qui disent que l'ERN
16:51est largement en tête
16:52en cas d'élection législative.
16:53Mais oui,
16:53mais il se trouve
16:53que la réalité aujourd'hui,
16:54c'est que ce n'est pas
16:55le Rassemblement national
16:55qui défend les Françaises
16:57et les Français.
16:58Ce n'est pas lui
16:58qui aujourd'hui formule
16:59les propositions
16:59si ce n'est la loi
17:00d'amnistie de Mme Le Pen.
17:02Mais vous voyez,
17:03la grande œuvre
17:03du Rassemblement national,
17:05c'est l'amnistie
17:05de Mme Le Pen.
17:06Nous,
17:06on se préoccupe
17:07du pouvoir d'achat
17:07avec des mesures concrètes.
17:08On se préoccupe
17:09des services publics.
17:10On se préoccupe
17:11de nos PME
17:12dans les territoires
17:12avec un plan de relance.
17:14Mais oui,
17:14mais ce n'est pas rien.
17:15Ce n'est pas rien,
17:16non.
17:16La preuve,
17:17c'est que c'est ce dont on parle
17:18depuis le début.
17:20Le Rassemblement national,
17:22s'il y a une dissolution,
17:23il y a de fortes chances
17:25qu'il en soit le bénéficiaire.
17:26On ne sait pas
17:27dans quelle proportion,
17:28mais tout ce qui en ressort,
17:31y compris dans les formes
17:32de contestation,
17:34parce qu'il y a contestation
17:35vis-à-vis de l'ensemble
17:37des forces politiques classiques
17:39et dans des conditions
17:40comme ça,
17:41négocier sous la pression
17:44du Rassemblement national,
17:46parce que c'est ça.
17:47Mais c'est la raison
17:48pour laquelle...
17:48C'est la raison pour laquelle
17:50il faut que des deux côtés
17:51on soit équitablement raisonnable.
17:55Simplement,
17:56il y en a un qui fera,
17:59entre les deux qui négocient,
18:00il y en a un qui fera les efforts
18:02et l'autre qui obtiendra
18:03des satisfactions.
18:05C'est comme ça,
18:06ça ne peut pas prendre
18:06des proportions
18:07parce que justement,
18:08il y a d'un côté
18:09le Rassemblement national
18:10et de l'autre côté
18:11les marchés financiers.
18:12C'est fini.
18:16Merci Boris Vallo.
18:17Merci beaucoup.
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