00:00Guillaume-Paul nous a rejoint en plateau. Bonjour Guillaume.
00:02Bonjour Karine, bonjour Jérémy.
00:03Avec cette attente, cette annonce attendue aujourd'hui,
00:06la décision de l'agence Fitch sur la note de la France,
00:09est-ce que la France va se faire dégrader ou non ?
00:11Ça on verra ce soir, ça va tomber entre 22h et minuit.
00:14Malheureusement, vu l'état de nos finances publiques,
00:16il y a des chances qu'on soit dégradé.
00:18Donc je vous rappelle la configuration du moment.
00:20Regardez comment on est noté chez Fitch aujourd'hui.
00:22On est noté double à moins, vous allez le voir dans l'instant.
00:25La note, elle reflète la capacité du pays à rembourser l'argent qu'elle emprunte tous les jours.
00:29Donc on est noté double à moins chez Fitch.
00:32Si on est dégradé ce soir, on passera de double à moins à simple à plus.
00:36Et alors ça, je vais vous dire, ce n'est pas négligeable
00:38parce que quand on passe de la catégorie des double à à la catégorie des simple à,
00:43il y a parmi tous ceux qui nous prêtent de l'argent tous les jours dans le monde,
00:47des états étrangers, des banques, des assureurs, des fonds de pension,
00:49il y en a qui ont un cahier des charges qui disent
00:50« Écoutez, double à, je prête, simple à, je ne prête plus. »
00:54Ou alors « Je prête, mais alors à des taux d'emprunt beaucoup plus élevés. »
00:57Vous voyez, cette notation, c'est toujours un espèce de baromètre de la peur ou de la confiance.
01:00Alors est-ce que ça veut dire que si on est dégradé ce soir, lundi matin,
01:03ça va tanguer sur les marchés financiers ?
01:05Non, non, si ça arrive ce soir tard, ça ne sera pas l'apocalypse lundi.
01:07Pour plusieurs raisons.
01:08Un, parce que l'agence Fitch, c'est une grosse agence,
01:10mais ce n'est pas la plus influente.
01:12Il y en aura d'autres dans les prochaines semaines.
01:14Deux, parce que là, je vous disais, on est noté double à moins.
01:17Bon, grosso modo, je vous dirais que c'est quoi ?
01:19C'est un 15-16 sur 20, ce qui est quand même pas mal.
01:21Si on passe à simple à plus, je vous le fais à la louche aussi,
01:24ça va être 12-13 sur 20, ce qui est encore pas mal.
01:28Et puis, troisièmement, pourquoi est-ce que ça ne sera pas l'apocalypse ?
01:30Parce que vous savez, les marchés sont comme nous,
01:32ils ont vu venir l'histoire et le film depuis pas mal de semaines.
01:35En fait, depuis le 15 juillet, quand François Béroux, vous savez,
01:37a commencé à sortir les grandes lignes de son budget,
01:39qu'on a vite compris qu'il n'y aurait pas forcément de majorité
01:42pour voter ce budget qui aille du PS au LR.
01:45Tout le monde a compris que ça allait mal se terminer.
01:48Donc, on avait déjà anticipé, en fait, la dégradation de cette note
01:51qui peut arriver ce soir.
01:52On avait déjà anticipé la chute du gouvernement Béroux.
01:54Et le toit 10 ans, il a monté tout l'été, doucement, doucement, doucement.
01:56On est passé de 3,4 à 3,5.
01:58Ça veut dire que, grosso modo, c'est déjà anticipé par les marchés, cette histoire.
02:02Donc, Guillaume, si je comprends bien, pas de danger immédiat.
02:04Tout ce qui s'est passé jusqu'à présent était prévu par les marchés.
02:06La chute du gouvernement François Béroux, une possible dégradation.
02:09À partir de lundi, maintenant, on entre dans une nouvelle séquence.
02:11chaos politique, pas de chaos, budget, pas de budget.
02:15Et tout ça au milieu d'un automne où il y aura d'autres agents, je vous disais,
02:18qui vont parler.
02:18Moody's, fin octobre, et Standard & Poor's, fin novembre.
02:22Et là, si elles s'y mettent aussi, si elles nous dégradent.
02:24Donc, si elles nous dégradent tous, là, ça pourrait faire du chahut
02:26sur les taux d'intérêt, évidemment.
02:27Merci beaucoup.
02:27Sous-titrage Société Radio-Canada
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