00:00Je m'appelle Yacine ou Nakia sur les réseaux sociaux
00:02et aujourd'hui je viens témoigner parce que j'ai été victime de discrimination au prénom
00:06par une enseigne parisienne.
00:10Alors c'était il y a quelques jours, le 6 septembre,
00:12je voulais fêter mon anniversaire avec mes amis.
00:16Je suis tombée sur une photo de la verrière de ce restaurant parisien
00:20donc ça m'a vraiment plu, je me suis dit voilà c'est un super cadre.
00:23Donc je fais la réservation avec ma véritable identité qui est Yacine.
00:28Je fais la demande de réservation en ligne.
00:30Le lendemain je reçois un appel d'une hôtesse qui m'explique
00:33qu'il n'y a plus de place pour l'horaire que j'ai demandé.
00:37Je n'étais pas fermée sur le créneau donc j'étais très ouverte, absolument flexible
00:40et donc quand je vérifie s'il y a des créneaux disponibles, il y en a 4
00:45et c'est ce que je dis à l'hôtesse au téléphone.
00:47Et je lui demande si je peux être placée à la verrière
00:50et elle m'explique que c'est absolument pas possible puisqu'il n'y a plus de place.
00:53Et elle m'a mis en attente pendant environ 7 minutes.
00:56Ça m'a encore plus mis la puce à l'oreille pour aller demander peut-être au management,
01:01vérifier en tout cas voilà, trouver des excuses pour pouvoir encore une fois me refuser cet accès.
01:06Je comprends quand même qu'il y a un problème.
01:08Donc j'avais déjà l'idée en fait de faire le test avec mon amie
01:10qui a un prénom à consonance française, Isis Martin.
01:13En tout cas le nom de famille c'est un nom d'emprunt.
01:15Je l'affirme de nouveau, c'était exactement les mêmes détails,
01:17le même nombre de personnes à la même heure.
01:19Et elle a eu la confirmation de sa réservation à peu près immédiatement en fait.
01:25Quand j'ai constaté qu'ils ont accepté la réservation de mon amie,
01:28j'ai décidé d'appeler le restaurant directement.
01:30On m'a encore une fois répété qu'il fallait réserver des semaines à l'avance,
01:33ce qui n'a pas du tout été le cas pour mon amie.
01:36Et donc à ce moment-là, c'est là que j'ai pu la confronter.
01:38Il n'y a pas vraiment d'explication valable.
01:40Il y a des silences.
01:41Je regrette profondément d'avoir insulté cette personne.
01:43C'était vraiment sur le coup de l'émotion en fait.
01:46Parce qu'encore une fois, ça ne porte pas le message que je souhaite jusqu'au bout.
01:51J'aurais dû garder mon calme parce que les gens vont prendre ça comme excuse
01:53pour décrédibiliser le reste.
01:55Lorsque j'ai fait la vidéo, il n'y avait pas d'objectif, de buzz par derrière.
01:59Je voulais simplement dénoncer une situation.
02:01Ce que les gens ne comprennent pas, c'est que le racisme en 2025 est beaucoup plus insidieux.
02:06Il est beaucoup plus surnoi et subtil.
02:07Ça s'appelle de la ségrégation et je trouve ça aberrant en fait.
02:11Ce n'est pas à nous de nous adapter.
02:13Ce n'est pas à nous de se retrouver, d'être cantonnés à des lieux, à des espaces.
02:19Non, je pense qu'en 2025, on a la possibilité, étant de minorité ou pas, d'aller où on le souhaite.
02:25Et c'est simplement en dénonçant des situations de ce genre
02:29qui sont discriminantes, injustes, etc., qu'on va pouvoir faire bouger les choses.
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