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  • il y a 4 mois

Catégorie

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Éducation
Transcription
00:00De rares vestiges visités par les écoliers, voilà ce qu'il reste aujourd'hui du champ de bataille de la guerre de 1914.
00:07Qui pourrait imaginer que ce paysage verdoyant faisait place ici même, à un terrain torturé, l'ordinaire pour les combattants de la guerre des tranchées.
00:18Pourtant, dès le départ, à l'été 1914, rien n'était figé, au contraire.
00:24Les Allemands avançaient jusqu'aux portes de Paris pour reculer ensuite sur des centaines de kilomètres.
00:32Mais peu à peu, cette guerre de mouvement cessa, le front s'immobilisa.
00:38Les hommes de part et d'autre avaient décidé de creuser des tranchées des Vosges à la mer, sur 700 kilomètres.
00:47La guerre de mouvement était tellement violente, tellement meurtrière, que s'enterrer, c'était se protéger des balles et se protéger des explosions.
00:54Donc la tranchée, c'est une horreur, sans doute, mais en 1914, ça a pu être une protection.
01:00Sac de sable et barbelé pour les tranchées de première ligne, où l'on peut se tenir debout, tirer sur l'ennemi et passer à l'attaque.
01:06Puis derrière, reliés par des boyaux, les tranchées de deuxième et troisième ligne, celles du quotidien.
01:13On y survit dans des abris, on y mange, on y dort.
01:17Le poilu vit ainsi en alternance, entre les lignes, sans répit, sous le feu de l'ennemi, dans les intempéries.
01:24On connaît les misères du fantassin.
01:27Évidemment, c'est la boue, les pieds gelés, jusqu'à ce que les pieds deviennent complètement une boursouflure, avec les ongles qui tombent.
01:35Ce sont les poux, ce sont les rats qui sont gorgés de viande fraîche, parce qu'il y en a partout, évidemment, dans le no man's land.
01:44Ce sont les essaims de mouches, les thés, parce qu'ils viennent pondre dans les corps en putréfaction.
01:48Et puis surtout, la promiscuité de la mort, l'odeur de la mort.
01:51Les morts se rappellent aux vivants, par leur puanteur, et on les maudit de puer comme ils puent.
01:57La reconstitution de cet univers est délicate, et il faut tout le savoir-faire des équipes de cinéma,
02:02pour restituer aujourd'hui l'atmosphère des tranchées et des assauts de la Grande Guerre.
02:07Mais la mission du Poilu n'est pas que de combattre, loin de là.
02:12Il faut bien vivre, et son travail au jour le jour est tout aussi primordial.
02:18Ce temps, il faut bien l'occuper.
02:20Donc on a ici, par exemple, une des premières activités, c'est bien évidemment les corvées,
02:23et d'être en permanence à consolider, à restructurer, à remonter cet endroit dans lequel on vit au quotidien.
02:31Et puis au-delà de tout ce qu'il y a à fabriquer et à consolider, on vit.
02:35Donc on fume, parce qu'on est dans une société, il y a 100 ans, où le tabac était très présent.
02:41Et puis on boit aussi, beaucoup pour tenir le coup.
02:43Mais au fond, qui étaient ces hommes ? Et pourquoi ont-ils tenu si longtemps ?
02:48Le patriotisme, la notion du devoir, mais il y a d'autres raisons pour lesquelles les Poilus ont tenu.
02:55Il y a aussi le regard des autres, la camaraderie.
02:59On n'a pas le droit d'abandonner ses copains.
03:00On n'a pas le droit non plus d'abandonner les morts qui sont enterrés dans la terre, là, juste à côté.
03:05On n'a pas le droit d'abandonner cette terre qui est notre terre, la terre de ces paysans pour laquelle ils combattent.
03:13Mais prendre une tranchée s'avère illusoire tant l'artillerie adverse coule le combattant en sol quand il franchit le no man's land, à découvert.
03:20Chaque bataille est une hécatombe pour quelques centaines de mètres conquis.
03:27Il faut donc attendre la mise au point des chars à l'été 1918 pour enfin reprendre le terrain aux Allemands et en finir avec la guerre de tranchées et son immobilité.