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  • il y a 4 mois
Depuis 2001, la Nuit de la radio propose de (re)découvrir des extraits mythiques de l’histoire de la radio, issus des collections de l’INA.
Une expérience unique d’écoute collective, construite cette année sur le thème "En d'autres langues", un programme sonore écrit et réalisé par Antoine Chao.

Un événement La Scam en partenariat avec l’INA.
Transcription
00:00:00« Nuit de la radio 2025, en d'autres langues. Un programme proposé par la SCAM, en partenariat avec l'INA, réalisé par Antoine Chao. »
00:00:24À notre époque de surinformation et de surcommunication, nous voyons que la traduction a pénétré partout,
00:00:29ou dans tout ce qui est susceptible d'être lu, voire même entendu.
00:00:33Il faut bien réaliser que les enjeux théoriques des problèmes que pose la traduction sont aussi importants,
00:00:39qu'il s'agisse de la communication de masse ou de la communication spécialisée,
00:00:43de communication artistique ou de communication scientifique ou technique.
00:00:46C'est un petit pas pour l'homme, un grand pas pour l'humanité.
00:00:53C'est un petit pas pour un homme et un bond de géant pour l'humanité.
00:00:58Nous sommes le 21 juillet 1969. Il est 2h56 GMT.
00:01:04Je suis dans l'ombre. Il fait tout à fait sombre ici.
00:01:17Mais ça va, je tiens debout. Je vais me déplacer vers la lumière sans regarder directement le soleil.
00:01:24D'un premier, il trappait une Américaine, pauvre Américaine.
00:01:30Il y a eu 4 tzumes pour venir et 4 nuages.
00:01:34Il y a eu tout un bataclan d'atifargos, un casque, un ocagoule espacial,
00:01:40des fusades, un carri lunar et même un lozer.
00:01:44Mais il n'y a pas rencontré des guns sur la lune.
00:01:47Je suis venu à Naussel et à Baidou, au micro Nadal Overiac et à la technique Jean Jansou,
00:01:56écoutant aux amis de la langue d'eau.
00:01:59Monsen Kusti et André Unolabit nous présentant le poème au lunaire de Jean de Cantalauso.
00:02:0720 minutes après Neil Armstrong, c'est Aldrin qui sera à son tour.
00:02:28Et pendant deux heures, devant des millions de téléspectateurs hypnotisés,
00:02:31ils vont exécuter un ballet fantastique avec des mouvements dignes des films de science-fiction des dernières années,
00:02:38expliquant out et rien qui les regarde, ce qu'ils font.
00:02:42Le so-called kangaroo hop, ça marche, mais il semble que votre forward capability n'est pas assez bonne.
00:02:49C'est ce qu'on appelle un saut de kangourou, vous voyez, ça marche.
00:02:53Mais c'est pas aussi facile que la marche normale.
00:02:55Voilà, alors c'est intéressant d'écouter le journaliste dans sa description,
00:03:01parce qu'il se raccroche aussi à son imaginaire.
00:03:03C'est-à-dire qu'il vit un moment présent historique,
00:03:05mais qui est tellement fort que ça rappelle autre chose.
00:03:08Évidemment, il évoque la littérature et ce moment étonnant de l'ége lunaire.
00:03:13Absolument, on a marché sur la lune quand même,
00:03:16tous les gamins avaient lu ça dans Tintin, c'était déjà en place.
00:03:22Ces héros de l'espace, ces grandes figures comme Gagarin ou Armstrong,
00:03:25est-ce qu'aujourd'hui on en a encore ?
00:03:27Est-ce que l'espace fait rêver comme il a justement saisi les esprits avant ?
00:03:31Au moment même où on commence à s'apercevoir que le système solaire est ce qu'il est,
00:03:36et que c'est très décevant,
00:03:37on commence à découvrir des exoplanètes par quantité énorme.
00:03:42Donc là, l'imaginaire a un objet pour se reporter,
00:03:45et on va pouvoir, à mon avis, beaucoup délirer
00:03:48avant qu'il puisse y avoir l'ombre d'une réalisation concrète.
00:03:53Par contre, sur le plan des transmissions, des télécommunications,
00:03:57de la guerre, des menaces, ça c'est du concret, tout à fait vécu et tout à fait réel.
00:04:01Ça tourne, ça tourne partout, on y va.
00:04:04Enregistrement terminé.
00:04:19Ici PTT, je vous signale que cet enregistrement a été enregistré à 8h45 GMT.
00:04:26Nous ne, personne ici ne comprenons le russe,
00:04:31nous vous donnons cet enregistrement sous toute réserve.
00:04:34C'est à peu près les mêmes fréquences indiquées par l'agence TASS,
00:04:40mais nous ne savons pas exactement si c'était le passager russe qui parlait.
00:04:444, 3, 2, 1, 0.
00:05:21Ici Vostok.
00:05:34Le vol se déroule normalement, je me sens en parfaite condition physique.
00:05:37J'ai été plaqué contre mon siège comme par un offreux coup de poing
00:05:41lors de la foudroyante accélération du départ,
00:05:44écrasé pendant toute l'ascension comme doit l'être le papier sous la presse de l'imprimeur,
00:05:48mais à aucun moment je n'ai perdu le contrôle de mes sens.
00:05:50Pourtant, sans ma combinaison anti-G, je suis sûr que mon corps est effectivement éclaté.
00:05:57J'aurais passé un mauvais quart d'heure.
00:05:59Un quart d'heure, si on peut dire.
00:06:01Je vais poursuivre mes observations et manger un peu.
00:06:03Ah oui, je voulais vous dire.
00:06:12Des régions encore éclairées de la Terre au ciel noir où brillent les étoiles,
00:06:16le spectacle est fantastique.
00:06:18Un fantastique.
00:06:20Imaginez une zone très mince, une sorte de pellicule fluide autour du globe.
00:06:27Un bleu très tendre.
00:06:28De ce bleu encore terrestre, au noir d'encre des espaces sans limites,
00:06:33j'ai traversé la plus merveilleuse palette de couleurs qu'on puisse imaginer.
00:06:37Des bleus, encore des bleus, de plus en plus foncés.
00:06:40Des mauves, des lilas, des violets soutenus.
00:06:43C'est beau, que c'est beau.
00:06:47Terminé.
00:06:52Je vais ralentir et vous dire brièvement de quel type d'endroit il s'agit.
00:06:55Et nous y entrerons.
00:06:57Il y a la possibilité de prendre des photos uniquement depuis la fenêtre.
00:07:00Nous ne sortirons pas.
00:07:05Ce que tu vois dans le télescope, c'est pas cette bâtiment,
00:07:08mais c'est beaucoup de ces bâtiments.
00:07:09C'est la direction où tu regardes, c'est la direction où tu regardes.
00:07:12C'est la direction où tu peux arriver.
00:07:14C'est la direction où tu regardes.
00:07:15Ok, bien.
00:07:16Que voyez-vous avec le télescope ?
00:07:17Non, ce n'est pas ce bâtiment-là,
00:07:19mais il existe en fait de nombreux bâtiments de ce type.
00:07:21C'est la direction.
00:07:22Là où vous regardez, c'est la direction d'où le danger peut venir.
00:07:24Ok.
00:07:24Regardez, si tu regardes bien, les grilles portuaires,
00:07:40elles sont déjà sur le fleuve, derrière le fleuve.
00:07:42La rive gauche est déjà là, et les occupants sont déjà là.
00:07:45Les grilles portuaires que tu vois, c'est la territoire de Kherson.
00:07:49Cette direction de la rive, c'est notre territoire.
00:07:52Mais elle est déjà très fort.
00:07:54Sur les grilles portuaires, il y a une rive.
00:07:57Et sur la rive, c'est la direction d'où l'occupe.
00:08:02Les grilles portuaires que vous voyez sont le territoire de Kherson.
00:08:05Ce côté du fleuve est notre territoire,
00:08:06mais il est déjà lourdement bombardé derrière les grilles portuaires.
00:08:09Vous pouvez voir le fleuve, et au-delà du fleuve,
00:08:11le côté est déjà occupé.
00:08:12Le ciel de Kherson.
00:08:20Un nouvel an sous les bombes.
00:08:25Avec
00:08:25Nikola Taranenko, alias Nikolai, alias Shrek.
00:08:31Dmitro Rakinski, alias Dima, alias Brem.
00:08:34Comme on me l'a dit de l'allemand,
00:08:40brem, c'est un frein.
00:08:44Je veux vraiment y répondre.
00:08:51Pas toute la marque des freins.
00:08:53J'ai un dicton, je dis très souvent,
00:09:10dépêchez-vous et prenez votre temps.
00:09:12Il y a un deuxième proverbe.
00:09:19C'est possible de rompre avec une tête stupide et merde.
00:09:28Fucking translator.
00:09:29Understand me, yeah.
00:09:36Don't smell this sugar.
00:09:39I'm not fucking trust.
00:09:42Just a sucker.
00:09:44Guys.
00:09:45One, two, three.
00:09:48Réalisation, Tony Ayer et Gilles Mardi Rossian.
00:09:54Production, Inès Duperron, Aurélie Charron.
00:09:57Entre Avignon et Tarascon,
00:10:00au cœur même de cette Provence,
00:10:01aux collines pierreuses et desséchées,
00:10:03dans cette plaine fertile et verte,
00:10:06protégée du Mistral et des grands vents du Rhône
00:10:08par de hautes et denses barrières de cyprès,
00:10:11Mayan est un petit village clair
00:10:12dont les toits de tuiles rousses
00:10:13émergent d'un fouillis de fleurs et de feuillages odorants
00:10:16à l'ombre des platanes énormes,
00:10:19au tronc noueux.
00:10:21C'est là que nous sommes venus planter notre micro.
00:10:24Car, pour quelques instants,
00:10:26Mayan, où vécu Frédéric Mistral,
00:10:29où il est enterré,
00:10:30sera un de ces lieux privilégiés
00:10:31où souffle l'esprit.
00:10:34Deux grands artistes vont se rencontrer.
00:10:37L'un est mort et couché dans la tombe.
00:10:39L'autre, tout auréolé de gloire musicale,
00:10:41s'est volontairement retranché des vivants.
00:10:44Lassé d'un monde qui a créé plus de ruines
00:10:46en quelques mois que les barbares
00:10:48en plusieurs siècles,
00:10:49torturé moralement par les souffrances
00:10:51de l'Espagne et sa patrie,
00:10:53Pablo Casals a, pendant des années,
00:10:56refusé de donner un concert
00:10:57sur un sol encore sanglant
00:10:59à la victime d'un fascisme
00:11:00qui prit des formes à peine différentes
00:11:02à Rome, à Madrid ou à Berlin.
00:11:07Pablo Casals s'est approché.
00:11:10Violamment ému,
00:11:11il se ponche sur la tombe de Mistral
00:11:12et prononce quelques mots en catalan.
00:11:14En aquest moment realitzo un dels somnis de la meva vida
00:11:25que és venir a retenir l'homenatge.
00:11:31de cap altra manera
00:11:36a un moment en catalan.
00:11:37I'am a retenir l'homenatge.
00:11:38I'am a retenir l'homenatge.
00:11:39I'am a retenir l'homenatge.
00:11:41I'am a retenir l'homenatge.
00:11:44Mon cher frère, a dit Pablo Casals,
00:11:47« Je suis très heureux
00:11:49de pouvoir réaliser mon rêve,
00:11:51celui de pouvoir te rendre hommage
00:11:53devant ta tombe.
00:11:54Je te donne le meilleur de moi,
00:11:56ma musique. »
00:11:58Pendant que je vous traduisais
00:11:58ces quelques mots,
00:12:00on a dégagé le violoncelle
00:12:01de son étui.
00:12:03Pablo Casals s'est assis,
00:12:05il ferme les yeux,
00:12:06crispe la main sur les cordes,
00:12:09il va jouer,
00:12:10il joue.
00:12:11Sous-titrage MFP.
00:12:41Le mauvais temps ayant interrompu
00:13:01nos liaisons par ligne,
00:13:03nous avons pu cependant,
00:13:04grâce au service technique
00:13:05de la station régionale de Marseille,
00:13:08enregistrer les quelques fragments
00:13:09que vous allez encore entendre.
00:13:11Sous-titrage MFP.
00:13:46Pablo Casals s'est levé. Le songe s'évanouit.
00:13:56Cette rencontre était une minute de grandeur.
00:13:59Je ne sais si ce reportage effectué dans des conditions difficiles a pu vous permettre de le comprendre.
00:14:05Mais ce sont de tels actes si profondément inutiles au sens strict du mot
00:14:09qui conservent à la vie sa valeur, qui lui donnent un sens.
00:14:13Il suffit qu'ils fleurissent de temps en temps sur notre terre pour que nous ne désespérions pas.
00:14:19Nous en arrivons maintenant au problème du Proche-Orient.
00:14:22Et bien là-bas, la carte va changer de visage.
00:14:24L'Egypte et la Libye ont décidé de réaliser le plus tôt possible.
00:14:28On parle du 1er septembre, l'unité complète.
00:14:31Tout l'après-midi, nous étions branchés sur Radio Le Caire.
00:14:33Et à 18h après les chants patriotiques, c'était le communiqué historique.
00:14:37D'ailleurs, écoutez la traduction simultanée faite par notre confrère de la section arabe, Rawat Tarabahi.
00:14:43Pour répondre à l'attente des Arabes, épris de socialisme et d'unité,
00:14:50les directions des révolutions d'Egypte et de Libye ont décidé de faire l'expérience de l'union.
00:14:56Tout en respectant la constitution de la Fédération des Républiques Arabes,
00:15:01les présidents de Libye et d'Egypte, entourés des hauts responsables des deux pays,
00:15:06ont décidé l'union complète entre l'Egypte et la Libye le plus rapidement possible et de la façon la plus solide.
00:15:14Aussi, ont-ils décidé de créer une direction politique unifiée.
00:15:19Cette direction jettera les bases de l'union complète et présidera à son application.
00:15:25Des commissions mixtes seront constituées pour l'élaboration des modalités pratiques d'application dans tous les domaines.
00:15:32L'évolution des techniques contemporaines de la communication situe même la pratique de certaines traductions sur un terrain jamais connu auparavant.
00:15:41Multiplication des supports, rapidité de la diffusion, naissance du sentiment d'une planétarisation croissante dans la transmission des connaissances.
00:15:49La traduction peut être étudiée de beaucoup de points de vue.
00:15:52Elle sollicite à la fois la réflexion du linguiste, celle du philosophe, celle de l'historien, celle du psychologue, celle de l'artiste et de l'écrivain.
00:16:00Bref, tous ces différents niveaux où la langue est amenée à fonctionner et à fonctionner dans la rencontre d'autres langues.
00:16:06Alors, laissez-moi coucher à l'ouvre.
00:16:12Gamanunggo.
00:16:15Bucalak.
00:16:18Miko.
00:16:21Gurling.
00:16:24Jonggema Wipe.
00:16:28Marayulngi.
00:16:31Yolal.
00:16:32Ngule.
00:16:34Walkig.
00:16:35Gurpulo.
00:16:39Kahangarkong.
00:16:41Yulng.
00:16:42Gangunma Gokur garmi jan.
00:16:48Ngiri jan gurpan garmi jawal.
00:16:51Gurpulo.
00:16:53Jongge.
00:16:56Jamayual.
00:16:58Madayini.
00:17:00Ajuri angarmi.
00:17:01Il est deux heures de l'après-midi.
00:17:21C'est l'heure le plus chaud de la journée.
00:17:26J'ai huit ans.
00:17:35Ça va être le cours d'histoire.
00:17:38Je n'aime pas le cours d'histoire.
00:17:50C'est toujours pareil.
00:17:51Il a eu beaucoup de problèmes avec les Aborigines.
00:17:56Des hommes partent explorer le pays.
00:18:00Il a eu des problèmes avec la nourriture aussi.
00:18:03Ils se perdent dans le désert.
00:18:05Ils se perdent dans le désert.
00:18:06Ils se perdent dans le désert.
00:18:07Ils se perdent dans le désert.
00:18:08C'était très difficile.
00:18:09Ils se perdent dans le désert.
00:18:10Ils se perdent dans le désert.
00:18:11Ils se perdent dans le désert.
00:18:12Ils se perdent dans le désert.
00:18:13Au bout d'un moment,
00:18:14ils n'ont plus rien à manger,
00:18:18ils n'ont plus rien à boire.
00:18:23Et souvent, ils meurent.
00:18:25Ils se perdent...
00:18:32Ils se perdent dans le désert.
00:18:36Et ils se perdent dans le désert...
00:18:40Et ils se perdent dans le désert.
00:18:46Une oreille, au fond,
00:18:48c'est quelque chose d'extrêmement compliqué.
00:18:50C'est...
00:18:52au fond, physiologiquement.
00:18:54C'est d'une complication extrême, c'est plein de contours, c'est plein de replis, c'est plein de conduits, de vestibules, comme on dit, de trompes, de tout ce qu'on veut, etc.
00:19:04Et alors, moi, ce qui m'a intéressé, c'est qu'au fond, cette espèce d'architecture de l'oreille, au fond, peut-être qu'il y avait quelque chose d'assez voisin dans l'architecture même de la ville.
00:19:14Cordu a été bâti sur une ancienne ville, aussi ancienne que Tartessos.
00:19:28Selectionne prémio Italie.
00:19:30Selectionne prémio Italie.
00:19:33Transculture.
00:19:37Selectionne prémio Italie.
00:19:39Selectionne prémio Italie.
00:19:41Radio Festival Prescitalia.
00:19:43Selectionne prémio Italie.
00:19:46Sélectionne prémio Italie.
00:19:48Sélectionne prémio Italie.
00:19:48Sélectionne prémio Italie.
00:19:49Cordoba-Gongora détaille par René Farabé.
00:20:02Et ce sont plus que superposés, confondus, toute une sorte de culture.
00:20:09Tout est superposé.
00:20:31Superposé.
00:20:33Superposé.
00:20:34Superposé.
00:20:35Au fond, la ville, Cordoue, c'est une ville magnifique, sur laquelle on peut rêver, avec toutes ces civilisations arabeaux, andalouses, etc., d'autres fois.
00:20:46Et avec l'architecture aussi, que ça comporte aussi, cette architecture, au fond, ces rues comme ça, très étroites, mais où il y a quand même des communications, ces espèces de maisons dans lesquelles il y a des patios intérieurs, ces arcades, ces espèces de trous comme ça qu'on trouve dans l'architecture, tous ces...
00:21:04tous ces vestibules, tout...
00:21:08Il y a, au fond, c'était ça.
00:21:11Alors je me disais, tiens, là, au fond, il y a quelque chose qui est un peu comme une oreille dans un centre, qui peut passer à travers une oreille.
00:21:18Et, au fond, une étude, une perception du son à travers tous ces conduits, ça pouvait être un son assez intéressant, et rejoindre peut-être un peu, enfin, au-delà de je ne sais combien de siècles, ce que Gongora pouvait écouter lorsqu'il se promenait dans le jardin des Orangers.
00:21:48C'était toujours le printemps.
00:22:05Je prenais le train qui amenait le courrier.
00:22:29La ville était endormie.
00:22:45Le train partait vers les montagnes.
00:22:47Les explorateurs ont mis cinquante ans à les traverser ces montagnes.
00:23:02Ils suivaient les vallées, et non les crêtes.
00:23:08Je prenais le train qui amenait le courrier.
00:23:12Seule voyageuse,
00:23:15parmi des sacs de lettres.
00:23:17Je prenais le train
00:23:23Je prenais le train qui amenait le courrier à l'ouest.
00:23:43Je prenais le train qui amenait le courrier à l'ouest.
00:23:45J'y allais parfois, par des routes bleues, et puis rouges.
00:23:49Les mimosas étaient en fleurs.
00:23:54La route bleue, bleu, puis rouge, filait, red, droite, vers le centre.
00:24:02Avant que nous n'entrions plus en détail dans certains aspects de ces enjeux théoriques,
00:24:08est-ce que vous pouvez nous donner quelques exemples, Georges Kassai,
00:24:11de la variété et de la complexité de ce qu'on pourrait appeler les champs contemporains de la traduction ?
00:24:17C'est un champ immense, surtout si nous admettons avec certains linguistes ou traducteurs que tout passage d'un ordre à un autre ordre, avec conservation de même contenu, constitue une traduction.
00:24:34Dans ce cas, l'expérience vécue, relatée verbalement, c'est également de la traduction.
00:24:39Ou alors, on traduit en langue ce qui a été l'objet d'une expérience vécue.
00:24:46Les deux ordres, celui de l'expérience et celui de la langue, étant de nature complètement différente.
00:24:52À plus forte raison, toute adaptation, l'adaptation cinématographique, l'adaptation théâtrale, etc.
00:25:09Nuit magnétique, bonsoir.
00:25:12C'est-à-dire, tout passage d'un système de signes à un autre système de signes relève de la traduction.
00:25:18En fait, le truc est le suivant.
00:25:24Elle se tient comme si elle n'avait besoin de personne et que c'était tout le monde, au contraire, qui avait besoin d'elle.
00:25:29Irène Bérélovitch, François Test.
00:25:33Un fait qui est fondamental et qu'on ne prend pas assez en compte, c'est que la réalité, elle est foisonnante.
00:25:39C'est-à-dire qu'il n'existe pas d'adéquation entre un original et une traduction.
00:25:46D'abord, moi je ne sais pas ce que c'est qu'un original.
00:25:48Je veux dire, du monde, est-ce que je le lis, mais...
00:25:53Non, non, oui, je peux vous montrer un peu ce qu'il y a dans l'ordinateur.
00:25:56Attendez, on va essayer de faire un truc comme ça.
00:25:59Je vais essayer de vérifier le début de ma traduction.
00:26:02Alors, je lis le texte russe, encore une fois, quand je traduis pour moi, naturellement, je ne lis pas le texte russe,
00:26:06parce que ça prendrait beaucoup trop de temps.
00:26:08Marie-Alexandrovna Moskalhova, конечно, первая dame à Mordasov.
00:26:12Alors, Marie-Alexandrovna Moskalhova, donc, Marie-Alexandrovna Moskalhova, c'est le nom.
00:26:23Kaniechna, bien sûr.
00:26:27Первая dame à Mordasov est la première dame à Mordasov.
00:26:30Mordasov, c'est déjà aussi intraduisible, c'est le nom de la ville.
00:26:34Morda, c'est la gueule.
00:26:36Comment traduire ça ?
00:26:37Donc, je laisse le titre, mais peut-être que je ferai une note pour expliquer que le nom est aussi comique.
00:26:42C'est un nom inventé ?
00:26:43Bien sûr.
00:26:44Mais c'est une ville de province où Dostoevsky était soldat.
00:26:47Donc, on peut trouver n'importe quelle ville de province, de chef-lieu de province.
00:26:52Il ne peut y avoir là-dedans ou là-dessus le moindre doute.
00:26:58Alors, comment je traduis ?
00:26:59Marie-Alexandrovna Moskalhova, à l'évidence, est la première dame de Mordasov.
00:27:04C'est pas bien, mais bon.
00:27:05Et il ne peut y avoir là-dessus le moindre doute.
00:27:08Il ne peut y avoir là-dessus le moindre doute.
00:27:12Elle vous garde, comme si elle n'a pas besoin de ça.
00:27:15Elle est contre, elle ne va pas besoin de ça.
00:27:18Alors, la phrase est importante, elle est construite d'une façon importante.
00:27:24Parce que, sur une symétrie très prononcée, le mot à mot dit,
00:27:29« Elle se tient de telle façon que c'est comme si elle n'avait besoin de personne,
00:27:37mais qu'au contraire, tout le monde avait besoin d'elle. »
00:27:40Tout le monde a besoin d'elle.
00:27:42Alors, j'ai traduit.
00:27:44Je vérifie comment je traduis ça.
00:27:45« Elle se tient de façon à montrer qu'elle n'a besoin de personne,
00:27:50et comme si c'était au contraire tout le monde qui avait besoin d'elle. »
00:27:53Je recommence.
00:27:54« Elle se tient de façon à montrer qu'elle n'a besoin de personne,
00:27:57et comme si c'était au contraire tout le monde qui avait besoin d'elle. »
00:27:59Cette traduction ne me plaît pas.
00:28:01Pourquoi elle ne me plaît pas ?
00:28:03« Anadir tibetak »
00:28:06« Elle se tient. »
00:28:08« Anadir tibetak »
00:28:11Il faudrait peut-être que je traduisce, je ne sais pas, comme ça.
00:28:13« La façon dont elle se tient. »
00:28:14Non, « Elle se tient. »
00:28:16C'est pas « Elle se tient. »
00:28:18« Anadir tibetak. »
00:28:19« Elle se conduit. »
00:28:20« Elle se tient de telle façon que c'est comme si... »
00:28:26« Elle se tient de telle façon que c'est comme si elle n'avait besoin de personne. »
00:28:31J'ai essayé de voir si c'est possible de mettre un truc comme ça.
00:28:37« Elle se tient de telle façon que c'est comme si elle n'avait besoin de personne. »
00:28:50« Mais que... »
00:28:51« Et comme si c'était au contraire. »
00:28:54« Mais que... »
00:28:56« Mais que si c'était, au contraire. »
00:29:00« Tout le monde qui avait besoin d'elle. »
00:29:06« Alors... »
00:29:08« Elle se tient de telle façon que c'est comme si elle n'avait besoin de personne. »
00:29:12« C'est pas de façon à montrer. »
00:29:15« Oui, le truc. »
00:29:17« J'ai traduit. »
00:29:18« Elle se tient de façon à montrer. »
00:29:19« C'est-à-dire une façon... »
00:29:20« En russe, c'est beaucoup plus simple. »
00:29:24« Elle se tient comme si c'était... »
00:29:30« Elle se tient comme si elle n'avait besoin de... »
00:29:31« Mais bien sûr. »
00:29:33« Elle se tient comme si elle n'avait besoin de personne. »
00:29:36« Elle se tient comme si elle n'avait besoin de personne. »
00:29:40« Et que c'était... »
00:29:45« Et que c'était... »
00:29:51« Et que c'était... »
00:29:52« Il faut changer le contraire. »
00:29:53« Et que c'était tout le monde au contraire. »
00:29:56« Voilà, c'est là. »
00:29:58« Elle se tient comme si elle n'avait besoin de personne. »
00:30:00« Et que c'était... »
00:30:03« Tout le monde au contraire qui avait besoin d'elle. »
00:30:04Est-ce que ça, ça va ?
00:30:05Elle se tient comme si elle n'avait besoin de personne
00:30:07et que c'était tout le monde, au contraire, qui avait besoin d'elle.
00:30:12Vous voyez, en fait, entre ma nouvelle version et ma première version,
00:30:15il y a un seul truc, à part de façon qui a changé,
00:30:19c'est que j'ai changé l'ordre de tout le monde au contraire
00:30:22ou au contraire tout le monde.
00:30:24Mais là, vous en êtes content de cette version ?
00:30:27Non, je n'ai pas d'opinion sur ça encore.
00:30:30Ça, je ne sais pas du tout, du tout, du tout, du tout.
00:30:32Moi, je pense que je vais garder celle-là.
00:30:33C'est-à-dire, vous allez retraduire tout une deuxième fois ?
00:30:37Oui, après une troisième, une quatrième.
00:30:40Oui, oui.
00:30:46C'est ainsi qu'on va parler, et on parle,
00:30:50de traduction technique, de traduction littéraire,
00:30:53de traduction orale, de traduction écrite,
00:30:56de traduction simultanée et de traduction consécutive.
00:31:0020 novembre 1945, la première audience de la Cour internationale de justice va s'ouvrir.
00:31:07Pierre Cranes est au banc de la presse, il est 10 heures.
00:31:11Dans la grande salle rectangulaire du palais de justice de Nuremberg,
00:31:14les 21 criminels de guerre ont pris place dans le box,
00:31:17derrière leurs avocats, face aux 8 juges.
00:31:20C'est le moment impressionnant où les accusés vont se déclarer coupables ou non coupables.
00:31:26Goering se lève, il amégrit et des poches alourdissent ses yeux.
00:31:33Il pose sur son siège la couverture qui lui chauffait les jambes
00:31:36et passant devant Hess, Ribbentrop et Keitel, s'avance vers le micro.
00:31:40Avant que la question de savoir si je suis coupable ou non coupable,
00:31:54le président l'interrompt.
00:32:00Les accusés n'ont pas le droit de prendre la parole.
00:32:03Ils doivent simplement répondre à la question coupable ou non coupable.
00:32:10Dans ces conditions, je plais non coupable, dit Goering.
00:32:171er octobre 1946, 11 mois plus tard, justice va être rendue.
00:32:22Tout à coup, la porte s'ouvre.
00:32:25Deux MPs entrent dans le box.
00:32:29Goering les suit.
00:32:31Se place face au tribunal,
00:32:34met les écouteurs à ses oreilles et attend au garde-à-vous.
00:32:37Les écouteurs ne marchent pas, un officier américain se précipite
00:32:40pour effectuer la petite réparation
00:32:42et la solennité de la cour est rompue pendant quelques instants.
00:32:47Le casque est enfin réparé.
00:32:49Goering se met au garde-à-vous et attend.
00:32:53Le président, Lord Justice Lawrence, prend la parole.
00:32:58Selon les chefs d'accusation qui ont été retenus contre vous,
00:33:19le tribunal vous condamne à la peine de mort par pendaison.
00:33:21Goering dépose ses écouteurs sur le banc et rentre dans l'ascenseur suivi des deux MPs.
00:33:28Sans avoir fait un seul geste, sans dire un mot.
00:33:31Et voici toujours accompagné de deux MPs, Kaltenbrunner.
00:33:36Kaltenbrunner met son casque, les écouteurs à ses oreilles.
00:33:40Les techniques d'interprétation, qui sont l'interprétation simultanée et l'interprétation consécutive.
00:33:50C'est-à-dire qu'il y a une personne qui parle dans sa langue pendant un certain temps,
00:33:54une minute, deux minutes, trois minutes, et puis il s'arrête.
00:33:57Et à ce moment-là, l'interprète traduit tout ce qu'il a entendu,
00:34:01avant que la première personne ne reprenne son discours.
00:34:03Tout à fait. Ce qui fait qu'en appliquant l'interprétation consécutive,
00:34:08le contact est moins direct, la communication est moins directe.
00:34:12Alors que si l'on applique, comme c'est le cas dans toutes les juridictions internationales,
00:34:18dans la suite des procès de Nuremberg,
00:34:20où l'on a pour la première fois utilisé ces techniques d'interprétation
00:34:23avec des cabines d'interprétation simultanée,
00:34:27alors la chose qui était la plus problématique,
00:34:29c'est qu'il y avait, on ne voulait pas que cela dure trop longtemps,
00:34:33et il y avait au moins quatre langues.
00:34:36Il y avait l'anglais, pour les Américains et les Britanniques,
00:34:40il y avait le français, et il y avait bien sûr l'allemand.
00:34:44Et donc, on s'est dit que si on procédait à un tel procès,
00:34:50avec l'interprétation consécutive qui était la règle,
00:34:53jusqu'à présent dans les organisations internationales,
00:34:56on s'est dit que cela pourrait durer cinq, six ans.
00:34:59Or, on est parvenu à tenir ce procès grâce à l'interprétation simultanée
00:35:05qui est fondatrice de la profession d'interprète.
00:35:09On est parvenu à n'avoir que dix mois, onze mois,
00:35:13et c'est là qu'est née la profession.
00:35:16Et dans la foulée, toutes les juridictions internationales
00:35:19ont commencé à appliquer cette technique,
00:35:22ce que l'on pourrait faire dans la plupart des tribunaux
00:35:24et ce que l'on fait dans la plupart des tribunaux de l'Europe du Nord,
00:35:27mais qui, malheureusement, est loin d'être le cas en France.
00:35:32C'était Archive 1464,
00:35:40une émission d'Edmond Charlot, André Lemas et Pierre Vigne,
00:35:43réalisée avec les documents sonores de l'ORTF.
00:35:47Mise en onde, Bernard Latou.
00:35:48Donc, moi, je t'avais préparé un petit truc
00:35:59pour t'expliquer justement un peu comment il...
00:36:03Francesca Isidori Fayette
00:36:04et traduit des extraits du livre de Dido Vosati.
00:36:07Comment il conçoit ça ?
00:36:10Il Giro d'Italia, un épico duello tra Coppi et Bartali.
00:36:17Tu sais que c'était le premier giro d'après-guerre ?
00:36:20On fait déjà un peu la première partie ?
00:36:24Je parle sur le blando, une fois que j'ai écouté.
00:36:29À une courbe, par casse, Coppi a vu le rival.
00:36:36À un virage par hasard, Coppi aperçoit son rival.
00:36:40Lontano, et vero, spaventosamente in basso,
00:36:42quasi ancora à la base de la salita, mais avanza.
00:36:46Lui, c'est vrai, effroyablement loin,
00:36:48presque au début de la montée, mais il avance.
00:36:52Spica nel panorama la maglia gialla di Gino Bartali
00:36:55et la gialla automobile que le va scortando.
00:36:57Le maillot jaune de Bartali se détache dans le paysage
00:37:01et la voiture jaune qui l'escorte.
00:37:04L'homme est très concentré.
00:37:12Si tu veux, quand il s'agissait de faire des traductions,
00:37:16il n'y avait jamais une préparation.
00:37:20Jamais. C'était ça qui était merveilleux.
00:37:22Parce que, du coup, le doublage, la traduction,
00:37:26avait porté avec elle, en elle, la découverte,
00:37:32les hésitations, la recherche,
00:37:38et parfois aussi la rapidité,
00:37:40un moignon de mur, l'emballement,
00:37:42haut de 2 mètres,
00:37:43de ceux qui arrivent dans une langue.
00:37:45Dietro cui un soldato di bassa statura
00:37:47si potesse desfilare.
00:37:49Même pas le moindre abri
00:37:51derrière lequel un soldat,
00:37:53tu avais l'impression que c'était la vie même,
00:37:54même de petite taille,
00:37:56et c'était la vie même,
00:37:58puisse se cacher.
00:38:00Moi, je suis né à Castellania,
00:38:11le 1er février,
00:38:16en 1916.
00:38:17Et j'ai grandi ici,
00:38:21jusqu'à mon service militaire.
00:38:26Avant moi, il y avait mes soeurs.
00:38:29Maria,
00:38:30de 1914,
00:38:31de 1917,
00:38:35Dina,
00:38:351919,
00:38:37Fausto,
00:38:38et 1923,
00:38:41Cersei.
00:38:41Il voulait être un très grand champion.
00:38:45Il était avec moi,
00:38:48et il m'a dit,
00:38:48tu verras,
00:38:48les journaux parleront de moi.
00:38:51Je n'étais pas encore mariée,
00:38:52j'étais une petite fille.
00:38:54Et il m'a dit,
00:38:55pense-y bien,
00:38:56tu entendras parler de moi.
00:39:00Il était convaincu
00:39:00depuis qu'il était petit garçon.
00:39:03Il était sûr de ce qu'il disait.
00:39:04Giro di Toscana, 1941.
00:39:09Il parle avec un accent,
00:39:10puis il se remémore les choses
00:39:12à voix haute.
00:39:14On sent qu'il parle entre eux.
00:39:15Claudile de Pivin,
00:39:16à l'écoute de la famille Cope.
00:39:18Il faut les comprendre aussi.
00:39:19Casselagna,
00:39:2030 mai 1981.
00:39:22Il avait travaillé
00:39:24à la fois avec la traduction
00:39:25et avec ce que je disais
00:39:26et ce qu'on disait tous les deux,
00:39:28en dehors de ça.
00:39:29C'était savamment dosé
00:39:30et savamment mélangé.
00:39:31Donc tu n'avais pas
00:39:32une espèce de traduction,
00:39:33l'original
00:39:34et la traduction dessus.
00:39:36Venez s'agripper
00:39:37des petites choses
00:39:38de réflexion
00:39:39à voix haute.
00:39:40Et j'ai trouvé
00:39:41que le résultat
00:39:41était assez extraordinaire
00:39:42parce que c'est la touche
00:39:43par Antoine.
00:39:45Il y a une construction
00:39:46même avec
00:39:47de la traduction.
00:39:48Mais il était très fort
00:39:49pour les traductions
00:39:50parce que moi,
00:39:50il m'avait scotché.
00:39:52J'avais écouté
00:39:52quand il avait fait
00:39:53« C'est mangeur de pommes de terre ».
00:39:54Il y avait une traduction
00:39:55de hollandais
00:39:57et j'avais trouvé ça extraordinaire.
00:39:58Donc il joue avec.
00:40:00Il utilise ça aussi.
00:40:01ACR,
00:40:05atelier de création radiophonique.
00:40:08Mais les trains pour la Hollande
00:40:09ne partent pas d'ici.
00:40:09Non, c'est la Gardina.
00:40:11Yette,
00:40:12Yenison.
00:40:13Si vous voulez vraiment
00:40:14rentrer dans la racine
00:40:15de la pomme de terre
00:40:17qui l'a rendue
00:40:18très célèbre
00:40:19dans notre pays,
00:40:20je pense que vous allez
00:40:21entrer dans une atmosphère
00:40:23un peu nouvelle.
00:40:25Yenison,
00:40:25en Hollande,
00:40:26mais Yenison en dit ici.
00:40:27J'ai essayé
00:40:28de vous mettre
00:40:29quelques adresses
00:40:30de quelques noms
00:40:30qui peuvent vous aider
00:40:31à avoir le matériel de base.
00:40:34Fils de Yen,
00:40:35en fait,
00:40:35Yenison.
00:40:35Par contre,
00:40:36le type de ferme de culture
00:40:37de l'époque
00:40:38n'existe plus du tout,
00:40:40juste sous forme
00:40:40de petite maison
00:40:41d'ouvriers agricoles.
00:40:42Je vous souhaite
00:40:43bonne route,
00:40:44bonne chance
00:40:44dans votre recherche.
00:40:45Yette.
00:40:46Yette.
00:40:48Yenison.
00:40:49En Hollande.
00:40:49La pomme de terre
00:40:50spéciale,
00:40:52je ne vous ai pas trouvé ça,
00:40:54mais peut-être sur place
00:40:55que vous allez gratter
00:40:56beaucoup plus profondément
00:40:57de la terre que moi.
00:41:08Les mangeurs
00:41:09de pommes de terre
00:41:10par Yen Parantoen
00:41:12et Claude Giovannetti.
00:41:14Il n'aime pas tellement
00:41:27ce tableau
00:41:28parce qu'il est
00:41:28trop sombre
00:41:29à son avis.
00:41:36Il trouve que
00:41:37le tableau
00:41:38a été très embimé.
00:41:40il dit que
00:41:49c'est le meilleur
00:41:50qu'il a jamais fait.
00:41:52Ce que je dis moi,
00:41:54ce n'est pas très important,
00:41:55mais lui,
00:41:55il a trouvé le meilleur.
00:41:57Depuis que je suis ici,
00:42:00il n'y a pas eu un jour,
00:42:01je crois,
00:42:02que je ne suis pas
00:42:03en train de travailler
00:42:04du matin
00:42:04jusqu'au soir
00:42:05chez les tisserands
00:42:07ou les paysans.
00:42:09Vers 1er février
00:42:101884.
00:42:14Il y a aussi une lettre
00:42:15dans laquelle
00:42:15Van Goghadi
00:42:16à sa soeur
00:42:17Wilhelmine.
00:42:19Ce que je pense
00:42:19de mon oeuvre,
00:42:21c'est que
00:42:22le tableau
00:42:22des paysans
00:42:23qui mangent
00:42:24des pommes de terre
00:42:25que j'ai fait
00:42:26à Nune
00:42:26est après tout
00:42:28le meilleur
00:42:29tableau
00:42:30que j'ai jamais fait.
00:42:32Automne
00:42:331887
00:42:34à sa soeur
00:42:36Wilhelmine.
00:42:38Est-ce que
00:42:38vous savez
00:42:38s'il est possible
00:42:39de trouver
00:42:40une pomme de terre
00:42:41nommée
00:42:42Étoile Rouge ?
00:42:44Rouge ?
00:42:45Vous n'êtes pas
00:42:48un paysan ?
00:42:49Non, non.
00:42:54Goed.
00:42:56Je ne pense pas
00:42:57que c'est possible
00:42:58que chaque cop,
00:43:00donc chaque personne
00:43:01se describe
00:43:02que Van Gogh
00:43:04les types
00:43:05est très déjeunée.
00:43:07C'est vrai
00:43:09que les gens
00:43:10et nous connaissons
00:43:11les familles
00:43:12de Grot
00:43:13et de Van Rooij
00:43:14de Nune
00:43:14sont-à-dire
00:43:15qu'ils connaissent
00:43:16et c'est
00:43:18qu'ils connaissent
00:43:19qu'ils connaissent
00:43:19qu'ils connaissent
00:43:21qu'ils connaissent
00:43:21parce qu'ils n'étaient
00:43:22en qu'ils n'étaient
00:43:22pas de Snoukjes
00:43:24de Snoukjes ?
00:43:25Snoukjes ?
00:43:26Snoukjes
00:43:26de Snoukjes
00:43:27qui ont des
00:43:27des tuit-lippes
00:43:28les personnages
00:43:30qu'il a peints
00:43:31ont été des personnes
00:43:32existantes.
00:43:34Il a pris
00:43:35des membres
00:43:36des familles
00:43:36de Grot
00:43:37et de la famille
00:43:39Van Rooij.
00:43:42C'était des familles
00:43:43connues,
00:43:44on sait
00:43:45qu'elles ont existé,
00:43:47mais seulement
00:43:48il a exagéré
00:43:49leurs traits.
00:43:50Tout le monde
00:43:51savait
00:43:51que
00:43:52ces gens-là,
00:43:54les gens
00:43:54appartenant
00:43:55à ces familles-là
00:43:56avaient des traits
00:43:57un peu,
00:43:58oui,
00:43:59vous voudrez
00:44:00que ça
00:44:00qu'ils connaissent
00:44:00très grossiers,
00:44:02si vous voulez,
00:44:03des très grossiers.
00:44:05Et...
00:44:06Ils avaient un surnom
00:44:09de Snoukjes.
00:44:10C'est un nom de poisson
00:44:11qui a les lèvres
00:44:13très avancées.
00:44:15Comme ça.
00:44:25Salut,
00:44:28c'est Daniel Mermet
00:44:29avec Ivan Teal.
00:44:30Là-bas,
00:44:30si j'y suis,
00:44:32not for my dead body.
00:44:36Flight number two.
00:44:38Arriving from...
00:44:40Vous ramenez
00:44:41les cibles quand même, hein ?
00:44:42Ça, c'est ce qu'a fait
00:44:46mon fils aujourd'hui,
00:44:46par exemple,
00:44:47de 8 ans.
00:44:478 ans.
00:44:48Il en a mis
00:44:49une dans le 10, là.
00:44:50À 100 yards.
00:44:52Ça, c'est avec un 45 automatique.
00:44:54Ça, c'est avec un 45 automatique.
00:44:56This is me.
00:44:57Ça, c'est moi.
00:44:59Et là, ils sont toutes...
00:45:00Allez, là,
00:45:00elles sont toutes là, hein.
00:45:02I have five children.
00:45:04I have three girls
00:45:04and two boys
00:45:05and every one of them shoot.
00:45:07J'ai cinq enfants,
00:45:08trois filles,
00:45:08deux garçons
00:45:09et tous,
00:45:09ils tirent à l'arme à feu.
00:45:10Combien d'armes à la maison ?
00:45:12Too many.
00:45:14Trop.
00:45:15Yeah.
00:45:16Une vingtaine.
00:45:1720.
00:45:18Alors, par exemple,
00:45:19pour Noël,
00:45:20quel cadeau on fait aux enfants ?
00:45:22Une arme à feu.
00:45:22It's been Christmas,
00:45:24it's been birthday,
00:45:25it's been graduation.
00:45:26J'ai déjà offert pour Noël,
00:45:27j'ai déjà offert pour des anniversaires,
00:45:29j'ai déjà offert pour des diplômes
00:45:30de fin d'études.
00:45:32Other things, too,
00:45:33but, I mean,
00:45:33you know,
00:45:34if they ask,
00:45:35bien sûr.
00:45:36Mais s'ils me demandent un fusil,
00:45:37ils l'ont, ça, c'est sûr.
00:45:39OK.
00:45:40Un père heureux.
00:45:41OK.
00:45:42I know all my kids are safe.
00:45:43Je sais que tous mes enfants
00:45:44sont en sécurité.
00:45:45You know ?
00:45:46Vous, vous avez des armes,
00:45:58madame ?
00:45:59Yes, I have two.
00:46:00J'en ai deux, oui.
00:46:01Qu'est-ce que vous avez comme arme ?
00:46:02Nine millimètres.
00:46:03Nine millimètres.
00:46:04Et vous en avez déjà servi ?
00:46:05No, actually not.
00:46:07Actually, the funny story behind that
00:46:08is my husband and I bought one each
00:46:10for Valentine's Day,
00:46:11two years ago.
00:46:11Moi, je n'en suis jamais servi,
00:46:13mais en fait,
00:46:14le truc drôle,
00:46:14c'est que mon mari et moi,
00:46:15on s'en est offert un à chacun
00:46:16pour la Saint-Valentin
00:46:17il y a deux ans.
00:46:26Dans le cas de la traduction simultanée,
00:46:29par exemple,
00:46:30ce qui importe,
00:46:31c'est l'acquisition
00:46:32d'une attention divisée,
00:46:34l'entraînement à la capacité
00:46:36de suivre un texte
00:46:37tout en en produisant un autre,
00:46:39d'accomplir donc
00:46:40deux opérations mentales
00:46:41simultanément.
00:46:54Mesdames et messieurs,
00:46:56les membres du Congrès des États-Unis,
00:46:59merci beaucoup
00:46:59et à mes chers compatriotes,
00:47:04l'Amérique est de retour.
00:47:05Quand Trump est devenu
00:47:10un personnage politique
00:47:11quand il est devenu candidat
00:47:13et qu'on a commencé,
00:47:14nous, les traducteurs,
00:47:15à le lire
00:47:15et à l'écouter surtout
00:47:16parce qu'il n'avait pas écrit
00:47:17grand-chose à part des tweets
00:47:18et à le traduire,
00:47:20les premiers réflexes,
00:47:21c'était les réflexes
00:47:21de traducteur,
00:47:22c'est-à-dire
00:47:22on a lissé sa langue,
00:47:24on a lissé son langage
00:47:25et son discours
00:47:26pour qu'à l'arrivée,
00:47:27en français,
00:47:27ça donne quelque chose.
00:47:28Alors pour faire ça,
00:47:29on a une technique
00:47:30qui s'appelle
00:47:30la déverbalisation
00:47:31en traduction,
00:47:32c'est-à-dire qu'on extrait
00:47:33la subscientifique moelle
00:47:34du message
00:47:34et on la restitue
00:47:36dans notre langue d'arrivée.
00:47:37Et en faisant ça
00:47:38avec Trump,
00:47:39le texte d'arrivée
00:47:40était tellement différent
00:47:41du texte de départ
00:47:42qu'il y avait vraiment un loup,
00:47:43il se passait vraiment
00:47:44quelque chose,
00:47:44un tel décalage
00:47:45qu'en fait,
00:47:46on aurait dit
00:47:46que ce n'était pas
00:47:47la même personne
00:47:47qui parlait.
00:47:48Et donc la seule technique
00:47:49pour bien traduire Trump,
00:47:51pour rester fidèle
00:47:51à la personne
00:47:52et pour rester fidèle
00:47:53au message
00:47:53qui n'était pas seulement
00:47:54un message de fond
00:47:55mais aussi
00:47:55beaucoup un message de forme
00:47:56est de rester dans le brutal,
00:47:59de respecter finalement
00:48:00les incohérences,
00:48:02qu'elles soient de fond
00:48:02et de forme
00:48:03sans aucune intervention
00:48:05stylistique.
00:48:07Et là,
00:48:07ça changeait tout
00:48:07parce que le discours
00:48:10de Trump
00:48:10devenait apparent
00:48:11dans sa brutalité
00:48:12et parfois
00:48:13et très souvent
00:48:13dans son incohérence
00:48:14mais ça pouvait aussi
00:48:17permettre de transmettre,
00:48:18enfin de permettre
00:48:18aux auditeurs français
00:48:19de se rendre compte
00:48:20justement de la violence
00:48:21qu'il y avait dans un langage
00:48:23qui se voulait très simple
00:48:24parce qu'il utilisait
00:48:25un vocabulaire simplissime
00:48:26que tout le monde connaît,
00:48:27pas très varié,
00:48:28pas très sophistiqué.
00:48:29Donc oui,
00:48:30c'est ça qui est troublant
00:48:30et c'est ça aussi
00:48:31qui est très malin finalement.
00:48:32Parce que cet appauvrissement
00:48:34du langage
00:48:34conduit forcément
00:48:36à un appauvrissement
00:48:36de la pensée
00:48:37et là,
00:48:37on est vraiment
00:48:38dans 1984
00:48:38puisque le novlangue
00:48:40de 1984
00:48:41c'est non seulement
00:48:42utiliser des mots
00:48:43qui existaient déjà
00:48:44en utilisant une distorsion
00:48:45du langage
00:48:45pour leur donner
00:48:46une nouvelle signification,
00:48:48parfois même
00:48:49deux significations inversées
00:48:51qui sont en fait différentes
00:48:52en fonction du contexte,
00:48:53mais c'est aussi
00:48:53en inventer des nouveaux
00:48:54et inventer
00:48:55des nouveaux mots
00:48:56très simples
00:48:57qui permettent
00:48:57d'avoir une pensée
00:48:58unique,
00:48:59très binaire,
00:49:00qui n'autorise pas
00:49:01le cerveau
00:49:02à aller voir ailleurs
00:49:03en fait,
00:49:03à élargir sa réflexion
00:49:04et à se demander
00:49:05s'il peut y avoir
00:49:05des nuances
00:49:06dans les concepts.
00:49:07Et pour ça,
00:49:07Trump était très très fort
00:49:08puisque justement,
00:49:09avec que good et bad,
00:49:10sad, great et tremendous,
00:49:12il n'y a pas de nuance possible
00:49:13ni dans l'expression
00:49:14ni même dans les sentiments.
00:49:15En revanche,
00:49:16ça va droit dans les tripes.
00:49:17Quand c'est bad,
00:49:18on sait qu'on est contrarié
00:49:19et quand c'est good,
00:49:20on sait que c'est le camp du bien
00:49:21donc on peut y aller.
00:49:22Donc,
00:49:23dans le contexte actuel,
00:49:27il faut considérer,
00:49:29et la francophonie
00:49:30ne le fait pas assez,
00:49:32que nous n'allons pas
00:49:35sauver une langue
00:49:36sans sauver
00:49:38toutes les autres.
00:49:40Moi,
00:49:41je crois que c'est
00:49:41une des conditions actuelles,
00:49:44par exemple,
00:49:44de l'écrivain,
00:49:46je le dis souvent,
00:49:48j'écris en présence
00:49:50de toutes les langues du monde,
00:49:52même si je n'en connais aucune.
00:49:55Et elles sont là,
00:49:56elles peuplent mon imaginaire,
00:49:58elles forment ma sensibilité,
00:50:00même si je ne les connais pas.
00:50:02Chaque fois qu'une langue disparaît,
00:50:04c'est une part de l'imaginaire humain
00:50:06qui disparaît.
00:50:07C'est une manière de concevoir,
00:50:09de connaître et de fréquenter le monde
00:50:12qui est différente
00:50:13et qui disparaît à jamais.
00:50:16et qu'il faut défendre
00:50:19toutes les langues du monde.
00:50:20Même si elles sont parlées
00:50:21par 20 personnes,
00:50:23il faut défendre
00:50:24toutes les langues du monde.
00:50:26de l'écrivain et de l'écrivain et de l'écrivain.
00:50:31C'est un peu d'écrivain et de l'écrivain et de l'écrivain et de l'écrivain et de l'écrivain.
00:50:36C'est un peu d'écrivain et de l'écrivain.
00:50:39C'est un peu d'écrivain et de l'écrivain et de l'écrivain et d'écrivain sur le monde.
00:50:45Ce n'est pas l'écrivain.
00:50:48On a voulu dire qu'il n'y la plus.
00:50:50Il est peu de temps.
00:50:51...
00:50:54...
00:50:58...
00:51:00Il faut encore bien quitter un poids jusqu'à 1è de 14h00.
00:51:05En fait, nous venons de toute la fille.
00:51:07Il faut tous faire un poids...
00:51:17Il n'y a pas de rangs.
00:51:19Mais il ne les a pas beaucoup de choses.
00:51:22Le va en train de faire quelque chose.
00:51:28Faut tellement de choses..
00:51:30Tu dis à toi, il n'y a pas.
00:51:34Tu ne peux pas à ce que j'ai vu,
00:51:37mais il faut que tu avais ce que je fais,
00:51:40tu vois, je vais te faire.
00:51:42J'ai vu comme ça.
00:51:43Tu as vu que tu as vu,
00:51:44tu ne peux pas.
00:51:47Tu ne peux pas se faire.
00:51:50J'ai vu que tu as vu.
00:51:53On s'en fout.
00:51:54On s'en fout.
00:51:55On s'en fout.
00:51:56On s'en fout.
00:51:57On s'en fout.
00:51:58On s'en fout.
00:51:59On s'en fout.
00:52:00C'est parti.
00:52:30J'ai choisi de rester ici.
00:52:39Ici, la vie s'écoule lentement.
00:53:00On ne pense jamais tout seul.
00:53:04On pense avec d'autres, les morts et les vivants.
00:53:08Faites curieusement, pour écouter, il faut voir, il faut regarder.
00:53:12Et peut-être l'inverse aussi.
00:53:13Par les temps qui courent, Mathilde Wagman.
00:53:20Noémie Grenenwald, vous êtes traductrice de l'anglais
00:53:34et avez notamment traduit des autrices telles que Bell Hooks, Dorothy Allison, Sarah Ahmed ou Julia Serrano.
00:53:40Dans un essai qui vient de paraître, vous racontez votre expérience de la traduction féministe,
00:53:45c'est-à-dire, comme vous l'expliquez, de la traduction de textes féministes et de la traduction de textes en féministe.
00:53:52C'est aussi un plaidoyer pour une langue vivante,
00:53:55une déclaration d'amour à cette démarche qui consiste à inventer une langue
00:53:58pour dire nos réalités complexes, à jouer avec la langue,
00:54:02pour éviter qu'elle ne se joue de nous.
00:54:04C'est une lecture qui éveille et réveille.
00:54:07On est ravis de vous recevoir pour en parler.
00:54:09Bonsoir à vous, Noémie Grenenwald.
00:54:11Bonsoir.
00:54:12Et merci beaucoup d'être avec nous ce soir pour parler de ce livre
00:54:16sur les bouts de la langue, traduire en féministe.
00:54:19C'est son titre.
00:54:20Quel sens ça recouvre pour vous, cette expression traduire en féministe ?
00:54:26Il y a déjà le point de départ qui, pour moi, était de traduire des textes féministes.
00:54:32Donc ça, c'est quand même l'élément principal au départ.
00:54:35Et après, c'est vrai qu'en traduisant ces textes féministes,
00:54:38je me suis rendue compte qu'on pouvait les traduire de différentes façons
00:54:42en lisant aussi des traductions de textes féministes.
00:54:44Et que traduire des textes féministes en féministes,
00:54:49ou même traduire d'autres textes,
00:54:51ce n'est pas forcément limité aux textes féministes,
00:54:53avec un point de vue féministe, avec une position féministe,
00:54:56c'est quelque chose de particulier.
00:54:57Parce que là, on va proposer une lecture du texte en lui-même,
00:55:01mais qui est alimentée par une lecture du monde,
00:55:04qui est particulière.
00:55:07L'un des termes théoriques fondamentaux
00:55:09que, pour ma part, j'ai découvert à vous lire,
00:55:12Noémie Grenenwald, c'est le terme androlecte.
00:55:14Vous citez le travail de chercheuse canadienne, notamment.
00:55:18Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que cette notion désigne ?
00:55:23Oui, alors c'est une notion qui a été développée par Michelle Koss,
00:55:26qui est une traductrice et une écrivaine,
00:55:28qui a été très active dans le mouvement des femmes depuis les années 70.
00:55:33Et elle développe cette idée d'androlecte,
00:55:35qui est l'expression d'une conscience-expérience située au masculin,
00:55:40qui est appliquée aux deux sexes,
00:55:42et qui vise l'effacement d'une conscience-expérience située au féminin.
00:55:46Donc là, elle a vraiment cette idée que la langue,
00:55:49comment elle est employée,
00:55:51est une langue qui est dominante,
00:55:54qui est proposée par les catégories dominantes de la société,
00:55:57qui sont en l'occurrence, entre autres, les hommes,
00:56:00et que cet androlecte,
00:56:03c'est un langage particulier dans la langue en général.
00:56:07Bonsoir à tous, merci de nous rejoindre.
00:56:12Je vous présente José Camoun,
00:56:13José Camoun, je vous présente les auditeurs d'Encore Heureux.
00:56:16José Camoun, venons-en au fait, quel est votre métier ?
00:56:20Je suis traductrice littéraire.
00:56:22J'en parlais avec Alain Borer, un poète et séiste français récemment,
00:56:26qui disait en français,
00:56:27le genre du mot est souvent muet.
00:56:29C'est-à-dire, c'est le E muet,
00:56:32qui féminise, mais qui coexiste avec le genre masculin.
00:56:34On n'a pas de A ou de O, comme dans d'autres langues.
00:56:37On a le masculin et le féminin mélangés.
00:56:39C'est étrange ?
00:56:41Oui, c'est étrange,
00:56:42mais je pense que c'est aussi un phénomène sonore, ça, en français.
00:56:46Par rapport à l'anglais, c'est très prégnant.
00:56:49Vous êtes rassurée pour la suite du monde pour les traducteurs ?
00:56:52C'est vrai qu'on parle beaucoup des traducteurs depuis quelques années.
00:56:55J'entends bien ça.
00:56:56Et que d'ailleurs, nous sommes présents sur les ondes.
00:56:58Voilà une preuve de l'intérêt qu'on nous porte.
00:57:02Et j'en suis ravie.
00:57:03Je pense que si, de toute façon, on veut occuper le devant de la scène,
00:57:06il vaudrait mieux écrire.
00:57:07Oui, bonjour.
00:57:09Tout en menant ma thèse de mannequinat sur l'étude et l'incidence de la démarche
00:57:13sur la démarche de la femme modèle en tant que corps animé,
00:57:17je propose mes services de traductrice résumeuse de quatrième de couverture,
00:57:21en anglais et en espagnol,
00:57:23pour des chroniqueurs trop aresseux ou trop occupés,
00:57:25mais qui veulent quand même faire genre, j'ai lu votre livre.
00:57:28C'est pour ça que je vous appelle, pour faire un peu de pub.
00:57:32Voilà, donc j'ai déjà fait quelques jobs à France Culture.
00:57:34Alors, pourquoi pas France Inter ?
00:57:36Sinon, j'ai déjà résumé régulièrement les infotrafiques sur FIP.
00:57:41Par exemple, l'accident de poids lourd renversé en flamme sur la 13
00:57:44avec bouchon sur 30 km au niveau de Rouen
00:57:46est devenu
00:57:48« Éloge du feu et de la lenteur sur voie rapide à l'écoute de FIP ».
00:57:53Voilà, c'était moi.
00:57:54Exceptionnellement, c'est aussi moi qui étais au micro ce jour-là pour un remplacement,
00:57:57mais en principe, je m'efface et mes résumés s'incarnent dans d'autres bouches.
00:58:02Crachat, brimade, campagne pourrie,
00:58:05martyr de jeunes homosexuels,
00:58:07dans famille et environnement super beauf.
00:58:09Bon là, je vous l'ai fait en français,
00:58:11mais c'est le résumé de ma traduction d'Eddie Bellegole
00:58:14pour un chroniqueur littéraire espagnol.
00:58:16Voilà, je suis rapide et compétitive.
00:58:19Mon but, faire en sorte que mes mots deviennent les vôtres.
00:58:24On fait quoi maintenant ?
00:58:27On improvise.
00:58:46À l'improviste reçoit aujourd'hui Isabelle Loubert et François Corneloup.
00:58:54Le parler noir, c'est la spécificité du village où vivait Bernard Mansiette.
00:59:06À la jusqu'à 12 mètres,
00:59:09les turbines dans le débat,
00:59:11le silence,
00:59:13que ben,
00:59:18que baby,
00:59:21que ben,
00:59:24à 11,
00:59:26parkins,
00:59:28sonores,
00:59:29courants d'angels,
00:59:31que ben,
00:59:32que ben,
00:59:36de skating,
00:59:41bord,
00:59:43que slissi,
00:59:49au soleil de la maman,
01:00:22Que m'appellent, que m'appellent Napalm, que m'appellent Phosphore, que m'appellent Pétrole et Gazelac.
01:00:36Bernard Mansiette est aujourd'hui trop peu connu.
01:00:40C'est grâce à vous, Bernard Lubat, que je l'ai découvert.
01:00:43C'est grâce à vous que je l'ai lu.
01:00:45Et c'est grâce à vous qu'on a pu entendre sa parole poétique embraser le ciel et la terre.
01:00:52Pouvez-vous nous dire comment il a fécondé votre travail ?
01:00:57Nous étions voisins et je ne le connaissais pas.
01:01:00Avant de comprendre ce qu'il disait, parce que je ne comprenais pas tout son gascon nègre, un gascon noir,
01:01:11j'ai entendu sa voix, j'entendais de la musique dans sa voix, dans sa poésie.
01:01:16Puis après j'ai lu évidemment la poésie écrite en occitan et ensuite en français.
01:01:24Et là, je pensais qu'il fallait que j'apprenne dans la relation avec lui.
01:01:31Et ça n'a pu se faire que par l'improvisation.
01:01:35C'est-à-dire, voilà, tu dis des textes, moi je joue.
01:01:39C'est la lutte.
01:01:42Ça n'a pas été la lutte fidèle, mais on a lutté comme ça pendant une vingtaine d'années.
01:01:46Poésique, c'est un vingt ans de concert.
01:01:51Dans l'ombre, je n'existais plus.
01:01:53J'étais devenu une voix, mais pas la mienne.
01:01:56Mon étonnement, j'avais retrouvé l'accent le plus rude et le plus âpre de ma grande lande.
01:02:02La respiration de l'auditoire, je la sentais, je la prenais, je la perdais aussi,
01:02:07avec l'envie de laisser tout en plan.
01:02:10Mais j'avais pour moi d'abord l'ascendant de Lubat et ensuite mon patois.
01:02:14J'avais reconnu ce souffle court et haché, un peu autoritaire, des foules de chez moi.
01:02:21Nous étions sur la même longueur de respiration.
01:02:25Voilà, c'est...
01:02:26Le seul truc que j'ai pu faire, c'est de faire entendre la voix du poète.
01:02:30Et vous parlez Gascog ?
01:02:31Oui, parlez Gascog,
01:02:33je parle encore, c'est mes parents.
01:02:42Je chante aussi des fois, mais ça ne se parle plus, ça ne se transmet plus dans la vie courante.
01:02:48Et l'heure bleue en Gascog, ça se dit comment ?
01:02:50Le haut bleu.
01:02:52Pas mal.
01:02:53Pas mal.
01:02:53Sur le plan de l'histoire, de la revendication politique, de la spécificité culturelle,
01:03:03on a tendance à mélanger deux choses que les linguistes ne peuvent pas mélanger,
01:03:08qui sont d'une part les dialectes qui font partie d'un ensemble des dialectes gallo-romans,
01:03:13c'est-à-dire tous issus du latin et tous développés dans ce qui a été la gallo-romania,
01:03:19c'est-à-dire la Gaule colonisée par les Romains, et puis d'autres langues.
01:03:24Alain Rey, linguiste, historien de la langue française,
01:03:28nous rappelle les lointaines et multiples racines de ce qui constitue le patrimoine linguistique de la France.
01:03:35Et là, on fait entrer en scène le flamand, dans l'extrême nord-est de la France,
01:03:42qui est une variété du Néerlandais.
01:03:43On fait entrer en scène l'alsacien, qui est un ensemble de parler alémanique,
01:03:49et qui, en plus, chez beaucoup d'alsaciens, entraîne la maîtrise de l'allemand standard.
01:03:55Et il y a le breton également.
01:03:56Il y a évidemment le breton, il y a évidemment, en outre, une langue qu'on ne peut pas oublier,
01:04:02pour des raisons historiques, parce qu'elle est plus ancienne que toutes celles qui sont parlées en Europe,
01:04:06c'est le basque, qui était là avant que les celtes, avant que les gaulois n'arrivent.
01:04:11Et puis, n'oublions pas le corse, et n'oublions pas le niçois, qui est dans une situation comparable,
01:04:18mais avec un dialecte différent de l'italien.
01:04:20J'ai oublié le catalan, qui se parle en France aussi.
01:04:24Le bilinguisme est une situation dominante dans presque tout le monde entier,
01:04:28et les Français, comme les Anglais d'ailleurs, sont étonnamment peu bilingues,
01:04:33parce qu'on leur a appris à ne plus l'être, on leur a appris à n'avoir comme référence
01:04:38que la langue française, ou en tous les cas, de donner à la langue française,
01:04:42dans l'ensemble linguistique, qui est normal, de tout pays.
01:04:45Pensez à un Africain, il n'y a pas d'Africain qui ait moins de trois langues à sa disposition.
01:04:48Et en France, on est trop habitué à considérer que la seule langue possible, c'est le français.
01:04:54On est un peu dans la position réductrice qu'avaient les Grecs de l'Antiquité,
01:04:59pour qui tout ce qui n'était pas grec était barbare.
01:05:01...
01:05:14...
01:05:14Chers auditeurs de Radio Hülenspiegel,
01:05:37bienvenue sur le 91.8
01:05:39pour l'émission Parler de la langue,
01:05:42de la langue flamande bien sûr,
01:05:44avec l'Institut de la langue régionale flamande.
01:05:47Merci à la rédaction de France Inter
01:05:50et bonsoir à tous les auditeurs
01:05:51qui viennent nous rejoindre sur le 93 MHz
01:05:54et ce pour une veillée qui nous mènera jusqu'à 24 heures
01:05:57avec l'aide d'Alain à la technique et Marie Zostandard.
01:06:02Cette soirée se déroulera comme de coutume
01:06:05en breton jusqu'à 22 heures avec Daniel Jeckel.
01:06:09Allez Mazut, mais nous n'avons pas beaucoup de gens.
01:06:11Parler, quelle est-ce que je pense ?
01:06:14Elle est un temps plus de choses
01:06:16et il y a un grand nombre pour nous.
01:06:18Il y a un tour de la mécanique,
01:06:20il y a un tour de Marie, il y a un tour de la langue,
01:06:23et il y a un téléphone, et il y a un tour de la langue,
01:06:26qui en fait, nous nous devons faire un tour de la langue,
01:06:29et il y a un tour de la langue,
01:06:31Je vous remercie à faire un nouveau livre pour vous dire un livre et un livre, un livre, un livre, un livre.
01:09:31J'ai appris le galop avec mes grands-parents. Il y a des situations qui font que je me sens mal à l'aise de parler. J'ai encore un peu l'impression que l'image du plouc, des fois j'ai un peu peur. Donc il y a des moments où il faut vraiment que je me fasse violence pour le faire. Et puis il y a des situations où au contraire j'ai une fierté énorme où j'ai envie de le crier.
01:10:27Bonjour à tout le monde.
01:12:11Toutes les langues du monde

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