00:03Merci à vous de votre présence. Vous êtes le président du groupe LR à l'Assemblée Nationale, député de la Haute-Loire.
00:08C'est votre grande interview sur CNews et Europe 1.
00:10Au lendemain de la nomination à du nouveau Premier ministre, avant d'en parler, M. Wauquiez, ces images, je les décris à nos auditeurs d'Europe 1.
00:18Nous sommes à Paris, nous sommes à Lyon, nous sommes à Toulouse, avec nos reporters ou des individus au visage dissimulés,
00:24bloquent des routes, s'empruntent déjà aux forces de l'ordre, bloquent des centres de bus.
00:29La plupart sont cagoulés, on voit les premières échauffourées. De quoi tout cela est-il le symbole selon vous ?
00:37Précisément l'image de la France qu'on ne veut pas. J'ai vu ces images en arrivant.
00:42Et la journée n'a même pas commencé. On a déjà des images de violence, chez moi, dans ma région, à Lyon.
00:49Des gens qui assument tellement leurs idées qu'ils sont masqués.
00:52Des forces de l'ordre qui vont devoir faire leur travail dans des conditions extrêmement difficiles.
00:55Des drapeaux palestiniens. Je demande qu'est-ce que font des drapeaux palestiniens dans ce mouvement.
01:00Effectivement, nous en avons vu là, sur ces images, mêlées à des drapeaux de la CGT.
01:04Et je pense que toute une partie majoritaire de la France pense comme moi.
01:09Assez de cette France qui bloque tout, assez de cette France qui casse tout, et assez de l'autre côté de cette France qui paye tout.
01:14Vous ne comprenez rien de cette colère ? Il y a évidemment tout ce qui est condamnable, inacceptable, les violences, les dégradations.
01:20Mais il n'y a pas une colère légitime également, aujourd'hui, que vous comprenez ?
01:24Il n'y a aucune colère qui justifie qu'on aboutisse à casser et qu'on bloque un pays. Aucune.
01:29Et je pense que pour tous ceux qui aiment notre pays, il y a quelque chose de lamentable dans tout ça.
01:35Il y a deux jours. L'image de la France, c'est l'instabilité politique.
01:39Et aujourd'hui, on veut rajouter le blocage.
01:41Et il ne faut pas qu'on se trompe.
01:43Pour moi, c'est le même manipulateur dernier.
01:46C'est-à-dire ?
01:46Quand j'étais le lundi, dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, il y avait dans les tribunes des spectateurs,
01:51quelqu'un qui se réjouissait, qui était Jean-Luc Mélenchon.
01:53Qui soutient le mouvement.
01:54Et aujourd'hui...
01:55Vous le voyez quand même derrière les violences ?
01:56Mais pour moi, c'est une évidence.
01:58C'est l'ombre de la France insoumise, c'est la main de Jean-Luc Mélenchon.
02:00C'est lui qui nourrit le chaos, parce qu'il espère la révolution.
02:04Et donc, on ne doit pas se tromper.
02:06Dernier tous ces visages cachés, derrière tous ces groupuscules,
02:10nos forces de l'ordre vont avoir affaire à cette tentative de déstabilisation.
02:14Et c'est pour ça qu'il faut qu'on soit très clair.
02:15Il ne peut y avoir aucune ambiguïté.
02:17Il y a eu une récupération politique depuis le début de ce mouvement.
02:20On commence la journée avec cette forme de violence.
02:23Pour moi, tout ça est lamentable.
02:24C'est précisément ce que je ne veux pas, c'est pas la France.
02:27Monsieur Wauquiez, vous dites derrière tout cela la France insoumise.
02:30Le Rassemblement national, il y a quelques jours, j'interrogeais Sébastien Chenu ici même à votre place.
02:35Il condamne les violences, mais il comprend une partie du mouvement.
02:39Il comprend la colère.
02:39Vous, vous dites non.
02:40Et quand vous commencez à excuser, vous finissez par justifier.
02:46C'est commencer par dire, ah mais oui, quand même, je comprends ce qui se passe le 10 septembre, etc.
02:50Non, moi, je ne comprends pas ça.
02:52Voilà.
02:53À un moment, moi, j'aime l'ordre.
02:55Je pense qu'on peut s'exprimer.
02:56On est dans une démocratie, on a cette chance.
02:58Mais la démocratie, ce n'est pas ça.
03:00Il est déjà 8h du matin.
03:01On voit ces boubelles incendiées.
03:03Je le disais, des centres de bus bloqués, des autoroutes, des routes.
03:07Également, quand le ministre de l'Intérieur, encore en exercice, Bruno Rotailleau, dit tolérance zéro.
03:11Et qu'on voit déjà cela, Laurent Wauquiez, on se dit, elle est où la tolérance zéro ?
03:16On le sait très bien.
03:17Et le ministre de l'Intérieur, Bruno Rotailleau, il a raison de rappeler cet objectif.
03:23Mais je rêverais qu'on est tolérance zéro dans notre pays.
03:25Donc ce n'est pas le cas.
03:25Mais on le sait bien tous.
03:27Mais vous assumeriez, vous, une tolérance zéro avec les risques que ça peut avoir ?
03:30Mais quand vous avez des gens qui cassent, moi, vous savez à qui je pense ?
03:34Je pense à tous ceux qui nous regardent, qui sont contribuables.
03:37Qui se disent, dans nos villes, c'est nous qui payons par nos impôts les équipements publics.
03:40Vous parlez du mouvement notamment Nicolas qui paye ?
03:42Bien sûr.
03:43Et auquel j'ai apporté tout mon soutien.
03:45Parce que vous savez quel est le cœur de mon combat.
03:47C'est la France qui travaille, qui a travaillé toute sa vie.
03:50Et qui est écoeurée par le sentiment que certains se permettent tout.
03:53Et qu'à l'arrivée, c'est toujours à eux qu'on demande des efforts.
03:55Et donc, je rêverais qu'il y ait la tolérance zéro.
03:57Je rêverais qu'on puisse se dire qu'à la fin de cette journée, bien évidemment, tous les manifestants qui ont cassé vont payer.
04:02Mais la réalité, c'est qu'on a tout un système politique, judiciaire, à secouer pour arriver à ça.
04:09Un système politique auquel vous participez.
04:12Et c'est bien pour ça que je m'emploie à le dénoncer et à le changer.
04:15Et vous connaissez mes opinions dessus ?
04:16C'est-à-dire qu'il faut qu'on se le dise, si on ne change pas le fonctionnement de notre État de droit,
04:21qui n'est plus un État qui protège les citoyens, qui n'est plus un État qui protège la police, on n'arrivera à rien.
04:26Si on n'a pas le courage de poser la question de ce qu'est la jurisprudence du Conseil constitutionnel,
04:30de la Cour européenne des droits de l'homme, nous n'arriverons pas à atteindre cet objectif
04:34que je partage avec Bruno Retailleau, que je partage avec vous,
04:37qui est celui de la tolérance zéro, qui est celui de la fermeté.
04:40Mais ça, il faut aller jusqu'au bout.
04:42Ça suppose qu'on reprenne la main sur notre État de droit qui a dérivé
04:44et qui maintenant, au lieu de protéger le citoyen, protège les délinquants.
Écris le tout premier commentaire