- il y a 1 an
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00:00– Monsieur Nice, bonjour, bienvenue chez Sudafo pour cette interview politique de rentrée.
00:10Qui dit rentrée dit aussi évidemment agitation sociale prévue dans la continuité du premier semestre,
00:15avec notamment grèves, manifestations, fin septembre, début octobre qui sont prévues.
00:20Quel regard portez-vous là-dessus comme patron de l'UCM ?
00:23– Vous savez, vous vous en doutez que la rentrée est difficile,
00:28elle va être assez chaude comme on dit, c'est dommage que nous ayons des grèves,
00:33que nous ayons des manifestations, c'est compréhensible dans un premier temps,
00:36mais on a pris un peu trop de grèves en pleine figure, si je peux dire, depuis des mois.
00:44Je vous rappelle qu'on a eu des grèves préventives, on a même eu des grèves récurrentes,
00:48on nous disait tous les X jours on va faire grève, etc.
00:51Donc c'est un message que les indépendants et les PME vivent relativement mal, c'est vrai.
00:56On respecte le droit de grève, sans doute qu'il faudrait le moderniser aussi,
01:01ça je pense que c'est très clair, mais c'est pas du tout avec ces grèves
01:06que l'on va à un moment se calmer et regarder dans la bonne direction,
01:11tous ensemble, pour avoir un message porteur, pour la Wallonie,
01:15pour Bruxelles aussi et pour le pays en tant que tel.
01:20Donc je pense qu'à un moment, on doit pouvoir essayer d'avancer.
01:23Il y a des impératifs très très importants, la remise à l'emploi,
01:28la fin des allocations de chômage, c'est quelque chose que l'on doit vraiment travailler
01:34parce qu'il y a un objectif de remise à l'emploi qui est important,
01:38et c'est ça le plus important, c'est pas d'exclure les gens, il faut être très clair.
01:42Et puis il y a un contexte budgétaire aussi qui fait que, je pense qu'à un moment,
01:46on doit regarder dans la même direction et on doit essayer d'avancer.
01:49Si on ne prend pas ça à bras-le-corps, on va se retrouver avec des situations de véritable chaos
01:55et on voudrait vraiment éviter ça.
01:57Selon vous, est-ce qu'à un moment donné, on doit se dire, ok, les réformes,
02:00elles sont votées, elles vont entrer en application, ça ne sert plus à rien de les contester,
02:04voyons comment améliorer alors leur mise en application, c'est vers ça que vous voulez aller ?
02:08On parle notamment de celle du chômage, évidemment, la réforme un peu problématique.
02:12Alors, les décisions, elles sont prises, les orientations, elles sont prises, c'est vrai.
02:17On peut critiquer comment c'est fait, c'est un peu dogmatique quand même, bien évidemment,
02:22mais je pense que la messe n'est pas dite, il y a encore des choses à voir dans l'application aussi de ces réformes.
02:29Et donc je souhaite, et c'est vraiment un message pour les partenaires sociaux,
02:32je souhaite qu'on continue à se mettre autour de la table, que l'on continue à travailler, que l'on continue à travailler.
02:37Mais c'est encore possible, ça, aujourd'hui ?
02:39Moi, je suis un peu optimiste, peut-être, mais j'ai la conviction que, oui, on doit pouvoir encore discuter
02:45sur des améliorations, sur certains points.
02:49Bien sûr, le cap, il a été tracé, c'est un secret pour personne, c'était déjà, sur les allocations de chômage,
02:54c'était déjà annoncé avant dans le programme de certains partis,
02:58et c'est repris dans l'accord Arizona, et c'est décliné, bien évidemment, au niveau des régions.
03:03Donc je pense qu'il n'y a pas de surprise, maintenant, le temps de la contestation brutale, je pense qu'il est passé.
03:09Maintenant, mettons-nous autour de la table et essayons d'avancer.
03:12Pour autant qu'on partage le même souhait, notamment le fait de remettre des gens à l'emploi,
03:18et d'avoir un modèle de société où, finalement, l'emploi, c'est une situation qui est quand même préférable
03:24au fait de ne pas avoir d'emploi, et c'est peut-être aussi vers une redéfinition de ce qu'on appelle le contrat social.
03:31J'ai des droits, j'ai des obligations, et bien c'est peut-être l'occasion aussi de remettre un peu en équilibre
03:37ces droits et ces obligations, peut-être un peu trop travailler sur les droits,
03:42et peut-être passer sur les obligations.
03:44Ça, ce sont les messages que les indépendants et les dirigeants de PME nous font passer aujourd'hui.
03:48Mais alors, qu'est-ce qu'on peut faire pour tenter de concilier ces points de vue ?
03:52À nouveau, je reviens sur la réforme du chômage, mais c'est celle qui va rentrer vraiment en application
03:55de plein fouet au 1er janvier 2026, avec un phasage des personnes qui seront exclues
04:01et qui vont donc majoritairement se retourner vers les CPS.
04:04Voilà, la messe semble dite, là, par exemple, le périmètre de discussion semble réduit de prime abord.
04:11Vous avez utilisé une phrase, vous avez dit « ça arrive de plein fouet ».
04:14C'est sans doute ça qu'on voulait éviter.
04:16En fait, le problème aujourd'hui, nous sommes à quelques mois de cette échéance du 1er janvier 2026.
04:22Et que nous disent nos employeurs que nous représentons ?
04:25Ils nous disent « mais vous savez, nous, on ne va pas engager des gens qui ont 20 ans de chômage ».
04:32Ça va être compliqué, comme vous le savez, on commence par l'exclusion du chômage
04:36des gens qui sont les plus éloignés 20 ans, puis après c'est 8 ans,
04:40et puis après c'est les autres, entre guillemets.
04:43Un chef d'entreprise, il est prêt à engager s'il a quelqu'un qui est motivé
04:48et qui est formé aux besoins de l'entreprise.
04:50Donc c'est probablement dans la dernière vague qu'on va aller chercher, bien évidemment.
04:54Et donc on commence par ceux qui sont les plus loin du marché du travail,
04:59où on va les sanctionner, les exclure.
05:01Je pense que ce n'est pas comme ça qu'il fallait faire.
05:03Je ne critique pas le message.
05:04Je pense qu'aujourd'hui, un gouvernement qui a décidé de changer le business model
05:10et qui est de ne plus faire reposer un business model sur des allocations de chômage à vie,
05:16je crois que ça, ça rassure quand même.
05:18Beaucoup d'employeurs nous disent « il était temps, on était le dernier pays avec ce système-là ».
05:22Donc il y a un message rassurant.
05:23C'est la mise en place qui est effectivement difficile.
05:26Qu'est-ce qu'on aurait dû faire ?
05:27Soyons francs.
05:28Le 1er janvier 2026, c'était sonner la cloche et dire
05:31« Attention, dorénavant, vous devez vous former.
05:35Vous former aux besoins des entreprises. »
05:37Obligatoire, formation obligatoire.
05:39Là, on ne laisse plus le choix.
05:41Je pense que, à partir du moment où on est capable de supprimer des allocations,
05:45supprimer un droit, je pense qu'on doit pouvoir imposer aussi une formation.
05:50C'est très clair, c'est déjà le cas, plus ou moins, si ce n'est que c'est uniquement sur papier.
05:54Et donc, c'est de former aux besoins des entreprises.
05:57Et c'est au bout du compte.
05:58Celui ou celle qui ne joue pas le jeu,
06:00qui botte en touche systématiquement,
06:03alors là, on peut parler de sanctions.
06:04Mais peut-être pas commencer par sanctionner tout le monde
06:07et puis après, commencer à travailler sur des formations.
06:10Je pense que là, on a un peu inversé les choses, très clairement.
06:14Aujourd'hui, on a des formations, c'est bien.
06:17On doit parler de la réforme du forum.
06:19Il faut faire mieux et il faut faire plus vite.
06:21Ça, c'est fondamental.
06:22Ça sera la même chose sur Actiris,
06:23mais on attend qu'un gouvernement soit là pour donner un peu d'input, bien évidemment.
06:28Mais donc, on doit pouvoir former aux besoins des entreprises,
06:31éviter des gens qui vont faire des formations.
06:34Je vais faire un peu une formation là, quatre mois,
06:36puis je vais faire autre formation.
06:37Et puis, je ne fais que des formations sans jamais travailler.
06:39Non, ce n'est pas ça.
06:40Si on est tous d'accord pour dire qu'on doit améliorer le score de l'emploi,
06:45on doit améliorer le score de l'emploi aussi pour les indépendants.
06:48On pourra en reparler.
06:48On est d'accord aussi.
06:49Mais fondamentalement, si on veut améliorer ce score,
06:53il faut qu'on regarde tous dans la même direction.
06:54Il faut qu'on puisse former.
06:56Alors là, nous aurons des employeurs qui vont dire
06:58« Oui, nous sommes disposés à engager.
07:00Il y a des métiers en pénurie.
07:01Il y a des métiers en tension.
07:03Il y a des employeurs qui veulent engager.
07:05C'est compliqué. »
07:06C'est compliqué.
07:07Et du côté du PS, on met en avant qu'il faut contrebalancer cela
07:11par une obligation d'engagement de la part des employeurs.
07:14Paul Manette dépose une proposition de loi en ce sens,
07:16d'obliger notamment les entreprises d'engager des chômeurs longue durée
07:20avec notamment des compensations financières
07:21parce qu'ils ne seraient pas aussi productifs, pas aussi performants.
07:24On peut obliger un employeur à engager ?
07:27Mais le bon sens veut que non, on n'oblige pas à engager.
07:31Je pense que ce qui est intéressant, c'est d'inciter à engager.
07:34Mais est-ce que vous allez obliger quelqu'un, contre son gré,
07:38d'engager quelqu'un qui n'a pas envie de venir travailler chez vous, nécessairement ?
07:42Non. Je crois que ça, c'est une mauvaise voie.
07:44Si Paul Manette veut faire ça,
07:46que le PS engage tous ceux qui seront laissés pour compte
07:49et on verra s'il joue véritablement le jeu de l'employeur
07:52qu'il souhaite qu'on endosse.
07:55Je pense que ce n'est pas la bonne chose.
07:57Je pense qu'on doit effectivement inciter.
07:59Vous savez, un contrat de travail, c'est quoi ?
08:01C'est une prestation contre une rémunération
08:03dans le cadre d'un lien de subordination.
08:05Il y a des relations, c'est comme ça, ça c'est la loi.
08:08Il y a des relations à mettre en place.
08:09Il faut créer de la confiance entre un futur travailleur et son patron.
08:15Ça, c'est important.
08:16Nous représentons des PME qui sont des PME familiales.
08:19On représente, dans la grande majorité,
08:21on représente des entrepreneurs
08:22qui participent au quotidien,
08:25à la vie de l'entreprise,
08:26avec leurs travailleurs.
08:28Et quand il y a un problème,
08:29on se met à table et on discute.
08:31C'est comme ça que ça fonctionne.
08:32On crée de la confiance.
08:33On a traversé des crises.
08:35On a traversé, notamment, le Covid.
08:37Il faut que c'est un peu plus d'informel, alors ?
08:38Alors, voilà, je pense qu'il faut...
08:40Peut-être sortir des règles ?
08:41C'est quoi votre message, finalement ?
08:42Alors, sortir des règles, ce n'est pas une mauvaise idée.
08:44Il faut, vous savez, nous,
08:45on engage par le bouche-à-oreille.
08:47On engage parce qu'on rencontre quelqu'un
08:49et on se dit, ben tiens,
08:51on va prendre un risque
08:51parce que voilà un jeune qui est motivé,
08:54voilà quelqu'un qui en veut,
08:55il n'a peut-être pas nécessairement tous les diplômes.
08:57Ce n'est pas grave, on prend des risques.
08:58Ce qui me permet de vous dire aussi
08:59que nous allons demander un retour
09:01d'une véritable période d'essai.
09:03Ben oui, parce que si on veut engager,
09:05on prend des risques.
09:06Ben, si on prend des risques,
09:07on doit pouvoir se défaire d'une relation,
09:09tant l'employeur que le travailleur.
09:11La période d'essai, c'est un peu pour se tester,
09:14bien entendu.
09:14Et sous quelle forme est-ce que vous la voudriez ?
09:16On voudrait le retour d'une véritable période d'essai,
09:19c'est-à-dire possibilité de se séparer du travailleur
09:23comme possibilité pour le travailleur de dire
09:25ça ne me convient pas, je m'en vais.
09:28Et aussi pendant toute cette durée,
09:30qu'on n'ait pas des droits qui soient,
09:32ou des obligations qui soient mises à charge de l'employeur.
09:35On veut vraiment le retour de la période d'essai.
09:37On se teste pendant un certain temps
09:39et puis soit ça marche, on engage,
09:41soit ça ne marche pas, on arrête là.
09:44C'est très simple.
09:45Et donc c'est vraiment une revendication
09:47parce qu'on représente des gens
09:49qui prennent des risques en engageant nos PME,
09:52c'est 99% de l'économie en Belgique.
09:54C'est vraiment le focus sur lequel on doit le mettre.
09:56Mais les partenaires sociaux vous diront
09:57oui, mais il y a des employeurs
09:58qui vont tout le temps prendre des gens
09:59en période d'essai
10:00et qui n'engageront jamais de manière structurelle.
10:02Alors ça, c'est un procès d'intention.
10:03Je vous fais peut-être l'avocat du diable.
10:05Oui, vous faites vraiment l'avocat du diable
10:07parce que c'est un procès d'intention.
10:08Alors que les choses soient claires,
10:10je ne dis pas que ça n'existe pas non plus,
10:12très clairement.
10:13Mais très franchement,
10:14pour la grande majorité des employeurs,
10:16aujourd'hui, le coût du travail,
10:18il est élevé.
10:19Donc on se dit, si on s'engage,
10:21voilà, si on engage,
10:22on veut être sûr de notre coût.
10:24Ensuite, nous sommes des petites structures.
10:26On ne fait pas passer 36 assessments, etc.
10:28Donc on prend des risques.
10:30Donc si on prend des risques,
10:30on est disposé à offrir des CDI.
10:33Quand même dans les PME,
10:34chez nous, où on a le plus de CDI,
10:36c'est important.
10:37Mais on veut pouvoir,
10:39si ça ne se passe pas bien,
10:41on doit pouvoir se défaire
10:42d'une relation qui est embêtante.
10:44pour tout le monde.
10:45Donc c'est assez légitime
10:46dans notre vision des choses
10:49que d'avoir ce retour
10:50d'une véritable période d'essence.
10:52Vous parliez des charges sur le travail.
10:54Effectivement,
10:54la pression fiscale sur le travail
10:56en Belgique est extrêmement élevée.
10:59Alors si on met ça en parallèle
11:01avec les chiffres du comité de monitoring
11:03qu'on attend,
11:04qui ne seront pas bons,
11:07on doit s'attendre
11:07à un exercice budgétaire très délicat
11:09de la part de l'Arizona.
11:11Est-ce que, très clairement,
11:13on pourrait craindre
11:15une pression fiscale
11:16encore plus importante ?
11:18Alors la réponse,
11:19elle est oui,
11:20on peut craindre
11:21une pression fiscale
11:21encore plus importante.
11:22Je crois que c'est très clair.
11:24On nous annonce
11:25un conclave budgétaire
11:26très très difficile
11:27et on parle de nouvelles recettes.
11:29Qui dit nouvelles recettes ?
11:30Ou bien il y a des recettes
11:31one shot
11:32avec des ventes
11:33de certaines choses.
11:33Ou bien, effectivement,
11:34ça se traduit
11:35par une augmentation
11:37de cotisations,
11:38une augmentation
11:39des impôts, etc.
11:40Donc, on n'est pas dupes,
11:42très clairement.
11:43Ce que nous souhaitons,
11:44ce que nous souhaitons,
11:45c'est qu'on ne se trompe
11:46pas de cible,
11:47très clairement.
11:48Je dois pouvoir regarder
11:50mes PME,
11:52mes indépendants,
11:53droit dans les yeux,
11:54en leur disant
11:55OK, il va y avoir
11:56une augmentation
11:56d'impôts, etc.
11:57Mais ce n'est pas nous
11:58qui sommes ciblés
12:00exclusivement.
12:01Nous aurons une part
12:03d'efforts à faire.
12:04Mais je dois pouvoir
12:04les regarder droit
12:05dans les yeux
12:06parce qu'ils vont me dire
12:07oui, mais regardez,
12:07en Belgique,
12:08il y a des multinationales
12:09qui investiguent le pays,
12:12qui balancent,
12:13passez-moi l'expression,
12:14des biens,
12:14des services
12:15à partir de l'étranger
12:16et qui ne payent pas
12:17d'impôts.
12:18Et ça, ça pose
12:18un réel problème.
12:19Je dois pouvoir regarder
12:20mes indépendants
12:21et mes dirigeants
12:23d'entreprises
12:24dans les yeux
12:24en leur disant
12:25nous nous battrons
12:28pour qu'on ne se trompe
12:29pas de cible.
12:30Oui, il y a une fiscalité,
12:31mais une fiscalité modérée,
12:33bien évidemment.
12:34Il faudra sans doute
12:35déplacer certaines choses.
12:36Je pense qu'on est
12:36beaucoup plus
12:37sur des taxes GAFAM,
12:39etc.
12:39Je pense que ça,
12:40c'est très clair,
12:41c'est compréhensible.
12:42Mais si on nous dit
12:42qu'on va mettre
12:43finalement l'impôt
12:44exclusivement
12:45sur la classe moyenne
12:46au niveau des PME
12:47et des indépendants,
12:48on aura tout loupé,
12:49bien évidemment.
12:50C'est ça qu'on doit éviter.
12:51Ça, pour vous, c'est non ?
12:52C'est non, bien évidemment.
12:53Et qu'est-ce que vous...
12:55Voilà, à la tête
12:56de votre organisation,
12:57à la tête de l'ICM,
12:58quand vous voyez aussi
12:59qu'une région
13:01capitale
13:02de l'Europe,
13:03capitale de la Belgique,
13:05est dans une impasse
13:06politique totale.
13:08Au regard des défis,
13:09on parle évidemment
13:10des défis financiers,
13:12de la réforme aussi,
13:13là, du chômage,
13:14puisque ça va être
13:15les régions
13:16qui doivent
13:16la mettre en œuvre.
13:19Quel regard
13:20portez-vous là-dessus
13:20finalement,
13:21à Bruxelles,
13:22en termes de messages ?
13:24Alors, en termes de messages,
13:26c'est catastrophique.
13:28Quel est le message
13:29qu'on a d'abord reçu
13:30des indépendants
13:30et des PME
13:31bruxelloises ?
13:32Au tout début,
13:34c'était, bon,
13:34ben voilà,
13:35on va leur laisser
13:35un peu de temps
13:36et de toute façon,
13:37on continue à travailler,
13:38tout va bien.
13:39Et puis,
13:41ça s'est aggravé.
13:42Et aujourd'hui,
13:43on commence à avoir
13:44des messages
13:44où on nous dit,
13:45là, c'est vraiment
13:46la catastrophe.
13:47Alors, bien sûr,
13:47les chefs d'entreprise
13:48ont un regard
13:49sur le monde politique
13:51qui est particulièrement
13:52affûté en ce qui concerne
13:54le monde politique bruxellois
13:55et c'est valable
13:56pour tout le monde.
13:57C'est un manque
13:58de responsabilité,
13:59etc.
14:00Donc ça,
14:00ce sont des messages
14:01très clairs.
14:01Mais aussi,
14:02on constate
14:03que les entreprises disent
14:04mais est-ce que Bruxelles
14:06va rester une terre intéressante ?
14:08Est-ce que c'est une terre d'avenir ?
14:09Et la réponse,
14:10elle est négative.
14:11Et donc,
14:11on a des entreprises
14:12qui envisagent
14:13de se délocaliser,
14:14en partie en Flandre.
14:16Malheureusement,
14:17pas assez en Wallonie,
14:19pour être clair.
14:19Pourquoi ?
14:20Ben tout simplement
14:20parce que
14:21ça n'est pas
14:22nécessairement
14:23aussi attrayant.
14:24Il y a aussi
14:24un climat social
14:25qui peut décourager.
14:27Et vous savez
14:27où vont ces entreprises
14:28ou en tout cas
14:29où elles envisagent
14:31d'aller ?
14:31C'est dans le nord
14:32de la France.
14:33Tous les Hauts-de-France,
14:34au-delà de Moucron,
14:35il y a effectivement
14:36une politique
14:37très très attractive
14:39pour les sociétés.
14:42Et donc,
14:43on a de plus en plus
14:43de messages
14:44qui nous disent
14:44mais voilà,
14:45nous allons nous délocaliser
14:47en France,
14:48etc.
14:48Et ça,
14:49c'est une catastrophe.
14:50Ça,
14:50c'est une véritable catastrophe.
14:51Spécifiquement en Bruxelles,
14:52vous avez des entreprises
14:52wallonnes aussi
14:53qui vont former
14:54un peu partout.
14:55Mais pour le moment,
14:55à Bruxelles,
14:56c'est tellement compliqué.
14:58L'absence totale
14:59de perspective
15:00fait que
15:01les décisions
15:02de délocalisation,
15:04elles commencent
15:05à trotter
15:05dans la tête
15:06des dirigeants.
15:07Avant,
15:07oui,
15:08c'était vrai,
15:08on cherchait aussi
15:09des expansions,
15:10on cherchait des terrains.
15:12Alors en Flandre,
15:12il n'y a pas assez de terrains.
15:14Il y en a en Wallonie.
15:15Mais alors là,
15:15maintenant,
15:16il y a cette attractivité
15:17au niveau français
15:18qu'il faut s'y intéresser.
15:20Vous parliez du climat social
15:21qui est plus difficile
15:22en Wallonie ?
15:23C'est toujours d'actualité
15:24selon vous, ça ?
15:25C'est une image ?
15:26En Belgique,
15:27on a un climat social
15:29qui est compliqué.
15:30Je vous rappelle
15:30les grèves à répétition,
15:32les manifestations,
15:33etc.
15:34Chaque fois qu'il y en a,
15:36nous avons des messages
15:37très difficiles.
15:39Souvenez-vous
15:39ce qui s'était passé
15:40aussi avec Deleuze
15:41il y a deux ans,
15:42au moment où
15:43les camions sortaient
15:44pour aller ravitailler
15:45des franchisés
15:46et des magasins intégrés.
15:49Même les camions
15:50qui allaient chez les franchisés
15:51étaient bloqués.
15:52Ça s'est très très mal passé.
15:53Il ne fait pas bon
15:54d'être patron, Wallonie ?
15:55Alors, je ne dis pas
15:56qu'il ne fait pas bon
15:56d'être patron
15:57parce que quand vous êtes patron,
15:58vous avez eu une idée,
15:59vous vous êtes lancé,
16:00vous avez repris une entreprise,
16:01vous l'avez créé,
16:02vous avez créé votre job,
16:04vous avez mis vos économies,
16:06vous avez mis votre...
16:07beaucoup de temps,
16:09peut-être un peu sacrifié
16:10votre vie de famille aussi.
16:11Et donc,
16:11vous êtes accroché véritablement
16:13et vous êtes optimiste
16:14et ce que vous souhaitez,
16:16c'est pouvoir être mis
16:17dans la meilleure situation
16:18pour faire ce que vous faites
16:19de mieux dans la vie,
16:21c'est gérer votre boîte.
16:22Donc, vous avez besoin
16:23d'avoir...
16:24Vous avez besoin
16:25de politiques
16:26qui sont, un,
16:27qui sont là,
16:28deux,
16:29qui vous favorisent
16:30un petit peu votre...
16:32Enfin, favorisent,
16:32qui vous aident
16:33dans votre travail.
16:34On ne demande pas
16:34nécessairement des sous,
16:36on ne demande pas
16:37grand-chose,
16:38on demande une administration
16:39qui travaille avec nous,
16:41qui regarde dans le même sens
16:42et une simplification administrative.
16:43Si on a de la simplification administrative,
16:46ce qui nous permet de faire
16:47ce qu'on a de mieux à faire
16:50dans nos entreprises,
16:51c'est les gérer.
16:52Alors là,
16:52on fera un grand pas en avant.
16:53Vous savez,
16:53je fais un peu la comparaison
16:55avec une Formule 1.
16:57Nos dirigeants d'entreprises,
17:00ce sont des super pilotes
17:01de Formule 1.
17:02Alors,
17:02ils n'ont pas besoin
17:03de sponsors,
17:04puisqu'on sait que
17:04les régions n'ont plus
17:05de sous,
17:06de subsides,
17:06etc.
17:07On peut faire
17:08sans les sponsors.
17:10Mais on a besoin
17:11qu'on nous dégage
17:13la piste.
17:14La simplification administrative,
17:15c'est ça.
17:16Dégagez-nous la piste
17:17et nos pilotes,
17:18qui sont les meilleurs pilotes,
17:19ils feront les meilleurs chronos.
17:21Ça,
17:21on en est convaincus
17:22et ça,
17:22c'est ce que nous voulons faire.
17:24Pour le faire...
17:24Ça perd le message ou pas ?
17:25Bien sûr.
17:26Pour pouvoir le faire,
17:27il faut que l'administration
17:28et le politique simplifient la vie.
17:31Il faut que l'administration
17:32change de mentalité.
17:34Contrôler,
17:35c'est bien.
17:36Il y a de l'argent public.
17:37Contrôler,
17:37c'est bien.
17:38Mais ce n'est pas la priorité.
17:39Aujourd'hui,
17:40nous devons faire
17:41de la croissance
17:42dans nos entreprises
17:43en Wallonie,
17:45à Bruxelles,
17:46en Belgique,
17:47par rapport
17:47à nos voisins,
17:49par rapport
17:49à des défis extrêmes,
17:51notamment l'e-commerce.
17:52Aujourd'hui,
17:52les commerçants,
17:53c'est difficile.
17:54Ce n'est que comme ça
17:55que les petites et moyennes
17:55pourront engager
17:56plus de gens formés,
17:58plus de simplification administrative
18:00et alors la responsabilité
18:01quand même
18:01de l'entrepreneur aussi.
18:02Exactement.
18:03Et vous savez
18:04que le premier atout,
18:05c'est la confiance.
18:06Si vous avez de la confiance,
18:07dans nos entreprises,
18:09on peut faire
18:09des merveilles.
18:10Si le politique
18:11n'est pas à la hauteur,
18:12il n'y a pas de confiance
18:13et donc on se taigne.
18:15Ça,
18:15c'est vraiment problématique.
18:16Il faut vraiment
18:17convaincre
18:18que l'on doit travailler
18:19ensemble,
18:20qu'on doit avancer
18:21sur des défis,
18:22bien sûr,
18:23de croissance,
18:24des défis
18:25du coût du travail.
18:26Il faut travailler ensemble
18:27à des diminutions.
18:28Le défi de la fiscalité,
18:29le défi de la mobilité,
18:31c'est quand même compliqué.
18:32Le défi environnemental aussi.
18:34C'est bien de vouloir sanctionner,
18:37OK,
18:37mais si d'abord,
18:39on avait un message positif
18:40et qu'on allait regarder
18:42ce qui se passe
18:42dans les entreprises.
18:43Ces entreprises,
18:44elles sont beaucoup plus loin
18:45qu'on ne le pense.
18:46Elles ont déjà changé
18:47leur business model.
18:48Elles ont déjà intégré
18:49une décarbonation,
18:51etc.
18:51Bien,
18:52qu'on les récompense,
18:53qu'on leur fasse confiance,
18:55qu'on simplifie la vie.
18:56Alors là,
18:56nous aurons nos PME
18:58qui vont croître.
18:59Et croître,
19:00c'est notamment
19:00engager plus de personnes.
19:02Ça veut dire que vous avez
19:04aujourd'hui un décalage
19:05entre la PME flamande
19:06et la PME wallonne.
19:08Moi,
19:08je souhaiterais
19:09que chaque PME
19:11en Wallonie
19:12puisse augmenter
19:14le nombre de travailleurs
19:15et qu'on puisse
19:16rivaliser véritablement
19:17avec la Flandre.
19:18On a la capacité
19:19de le faire
19:20si tout se met en place
19:22dans ce cadre
19:23de cercle vertueux.
19:24Et c'est ça
19:25que nous essayons
19:25de faire passer
19:26auprès des politiques.
19:28Et c'est le message
19:29que nous recevons aussi
19:30de nos indépendants
19:31et de nos employeurs.
19:32Monsieur Nist,
19:33merci beaucoup.
19:34C'était très complet.
19:35Merci.
19:38Merci.
19:39Merci.
19:40Merci.
19:41Merci.
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