- il y a 5 mois
Vote de confiance, économie française, éducation.... François-Xavier Bellamy, député européen, chef de file Les Républicains au Parlement européen est l'invité de Questions politiques ce dimanche. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/questions-politiques/questions-politiques-du-dimanche-07-septembre-2025-7188918
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00:06Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Question politique.
00:12Nous sommes à 24h de ce qui pourrait être une première dans la 5ème République.
00:16Depuis 1958, l'article 49.1, celui qui mène au vote de confiance, a été utilisé à 41 reprises.
00:23Jamais il n'a provoqué la chute d'un gouvernement.
00:25A 15h ce lundi, François Bayrou prononcera une déclaration de politique générale, sans aucun doute sur le risque de surendettement et cet effort qu'il exige d'une quarantaine de milliards d'économies.
00:36Puis discussion, vote, particularité du 49.1, seuls les suffrages exprimés, les pour et les contre seront comptabilisés, les blancs, les nuls, les abstentions n'auront aucun poids.
00:47Si la majorité n'est pas favorable, François Bayrou devra remettre sa démission à Emmanuel Macron, le chef de l'État qui, en réalité, est déjà à la recherche du successeur du Béarnet.
00:57Alors, qui ? A Matignon.
00:59Les socialistes se disent près, le RN et Jordan Bardella caracolent en tête des sondages.
01:05Et pour les Républicains, voici revenir le moment des questions existentielles.
01:08La rentrée de la droite à Port-Marly devait être synonyme de grande réconciliation.
01:13Elle est percutée par ce vote de confiance.
01:16Les LR qui avaient enfin repris des couleurs en revenant aux affaires avec des ministres poids lourds ont été incapables cette semaine d'afficher une ligne claire et unitaire.
01:26Sans doute toujours la peur de l'effacement car ce lundi, il se joue beaucoup de l'avenir du pays et du futur du parti.
01:32On en parle avec François-Xavier Bellamy, le vice-président des Républicains et dans Questions politiques, en direct et jusqu'à 13h.
01:44Bonjour et bienvenue François-Xavier Bellamy. Merci d'avoir accepté notre invitation.
01:51Merci de votre invitation.
01:52Vous êtes le numéro 2 des Républicains, vous êtes également eurodéputé.
01:55A mes côtés pour vous interviewer, mes consoeurs que je salue, Alex Bouillaguet de France Télévisions.
02:00Hello Alix. Bonjour Alexandra, bonjour à tous.
02:03Et Françoise Fressos du journal Le Monde. Bonjour Françoise.
02:06Bonjour à toutes et tous.
02:08Première question, François-Xavier Bellamy.
02:10Vous n'êtes pas député sur le sol national, vous êtes député européen, je l'ai dit.
02:15Mais si demain vous étiez dans l'hémicycle, à Paris, après la déclaration de politique générale, après la discussion, ça va être l'heure du vote de confiance.
02:23Pour ou contre, quel serait votre choix ?
02:26D'abord, je voudrais rappeler que ce n'est pas un vote de confiance.
02:28Dans les institutions de la Ve République, c'est le Premier ministre qui engage la responsabilité de son gouvernement sur cette déclaration qu'il va prononcer demain.
02:37Ce n'était pas notre choix.
02:38Tout le monde reconnaît que le Premier ministre a surpris, y compris le gouvernement, en décidant de ce moment politique qu'il a lui-même provoqué.
02:46Mais le fait est que cette déclaration, nous le savons, vous l'avez dit, elle va porter sur une question très simple.
02:51La France est-elle dans une situation de risque budgétaire majeure ?
02:57Et à cette question, nous ne pouvons que répondre oui, parce que c'est l'alerte que nous partageons depuis des années maintenant.
03:03Nous sommes la seule famille politique à n'avoir jamais varié sur cette question fondamentale.
03:08Depuis des années, nous disons que la France est au bord de la faillite et que cette faillite, elle pèserait sur tous les Français, en particulier sur les plus modestes.
03:16François-Xavier Ménamie, je vous entends. Nous ne pouvons pas, c'est ce que vous allez dire.
03:19Nous ne pouvons pas nous déjuger. En tous les cas, c'est ce qui nous réunit tous.
03:23Et vous commencez en disant que nous étions très divisés, mais ça n'est pas le cas.
03:26Sur le fond, le constat, il est unanime chez nous.
03:29Laurent Wauquiez, le chef de file des députés dans l'hémicycle, dit lui-même que sans doute il y aura un député sur deux qui ne votera pas la confiance.
03:39Qui va dire qu'il n'est pas en capacité de dire « Ok, il y a un constat et je le partage ».
03:44Vous êtes divisés.
03:44Ce qui est certain, c'est que ce vote, écoutez, ce serait dramatique de passer toute notre émission à parler de ce vote.
03:52On en a déjà trop parlé parce qu'en réalité, l'issue, elle est déjà jouée.
03:55Mais je voudrais bien vous entendre quand même. Vous êtes en train d'éviter la question.
03:58C'est très fort. Vous dites « On ne peut pas ». C'est notre ligne. On a toujours défendu ça.
04:02On ne peut pas. Mais aucun parlementaire, les Républicains, ni à l'Assemblée, ni au Sénat, ni au Parlement européen,
04:09n'a une ligne divergente sur le constat fondamental dont il est question aujourd'hui.
04:13Oui, la France est dans une situation de risque budgétaire majeur.
04:17Maintenant, faut-il voter ou non pour soutenir ce choix qu'a fait le Premier ministre d'engager la responsabilité de son gouvernement ?
04:24Objectivement, je comprends. Bruno Retailleau l'a dit dès le début.
04:27Nous comprenons tous que pour les députés qui sont à l'Assemblée nationale, ce soit difficile, en effet, de se sentir otage de cette initiative qui a été prise sans concerter personne.
04:37Donc c'est la méthode. Il a choisi sa sortie. C'est ça que vous êtes en train de dire ?
04:42Et là encore, cette méthode-là, bien sûr, on est tous unanimes pour dire qu'au moins, elle pose un problème de fond dans la solidarité gouvernementale
04:51qui aurait pu prévaloir dans un moment comme celui-là.
04:54Maintenant, ce qui compte, ce n'est pas qu'on parle indéfiniment de ce vote de demain.
04:57On va parler de la dette.
04:58C'est qu'on parle de la réalité du problème de la dette, la réalité des solutions que nous voulons porter et que là encore, nous sommes unis pour porter.
05:06Nous avons été à Matignon dans les consultations qu'organisait le Premier ministre avec Bruno Retailleau, avec Laurent Wauquiez, avec Mathieu Darnot, président des sénateurs LR et moi-même.
05:15Et nous avons parlé d'une seule voix pour dire cette chose très simple.
05:19Pour sortir de la crise budgétaire que la France traverse aujourd'hui, on ne peut pas demander toujours à la France qui paye déjà beaucoup,
05:26à la France qui travaille et qui cotise, de payer encore plus.
05:29C'est pour ça que ces deux jours fériés sont pour nous un symbole qui va dans le mauvais sens.
05:33Ce qui compte, c'est de faire en sorte que ceux qui pourraient travailler, ceux qui pourraient contribuer, ceux qui pourraient cotiser, soient reconduits vers l'emploi.
05:41Et c'est un enjeu existentiel pour la France.
05:43François-Xavier Bellamy, on va bien sûr parler du fond, mais quand même encore quelques questions sur ce...
05:47Vous dites, on va parler de l'après et des solutions.
05:49Il faudra bien quelqu'un à Matignon, il faudra bien une équipe, il faudra bien, car personne n'a la majorité des coalitions,
05:55des compromis.
05:57Alors, le chef de l'État, on le sait déjà, à la recherche du successeur, de François Bayrou, jeudi, Laurent Wauquiez, encore lui, a dit que la droite ne censurera pas un gouvernement socialiste.
06:07Cela, au nom de la stabilité politique, ça a été le tollé dans votre famille.
06:12Est-ce que vous, vous êtes tombé de votre chaise quand vous avez entendu ces propos ?
06:15Pour nous, là encore, les choses sont très claires.
06:17Vous, François-Xavier Bellamy ?
06:19Ce qui compte, c'est le contenu.
06:20Ce que Laurent Wauquiez a voulu dire, c'est que nous ne sommes pas les artificiers de l'instabilité gouvernementale.
06:25Mais sur le fond, il est très clair que nous ne laisserons pas faire un gouvernement qui enverrait la France au tapis.
06:31Si nous sommes rentrés au gouvernement il y a un an,
06:33si nous avons accepté ce choix qui était tout sauf une évidence,
06:37ce n'est pas parce que nous sommes devenus macronistes, nous ne le sommes toujours pas aujourd'hui.
06:41Ce n'est pas parce que nous avions envie de postes ou de places pour nous-mêmes.
06:44Si nous sommes rentrés dans ce gouvernement, c'est pour une seule et unique raison.
06:48C'est parce qu'après la dissolution, si nous ne faisions pas ce choix,
06:52c'était le nouveau Front populaire qui arrivait au pouvoir.
06:54Et cela, nous ne pouvions pas l'accepter.
06:56Et les électeurs qui nous ont fait confiance et qui ont fait que,
06:59grâce aux députés courageux qui se sont engagés dans cette élection législative après la dissolution,
07:04nous avons toujours un groupe fort à l'Assemblée nationale,
07:07eh bien, nos électeurs ne pouvaient pas imaginer que nous laisserions la gauche prendre le pouvoir.
07:12Mais aujourd'hui, le Parti Socialiste fait des offres de service.
07:16Olivier Faure se voit à Matignon et il semble qu'avec LFI, ça n'aille plus aussi bien.
07:21Est-ce qu'Olivier Faure à Matignon, c'est sans la droite ?
07:24Mais est-ce que ça veut dire que la censure est automatique ?
07:27Mais ce qui compte pour moi, c'est qu'Olivier Faure fait des propositions.
07:31Et moi, j'écoute ce qu'il dit.
07:32Et j'écoute le contre-budget qu'ont présenté les socialistes à leur congrès de Blois.
07:36Et ce contre-budget, c'est quoi ?
07:38C'est 30 milliards d'euros de dépenses publiques en plus et 30 milliards d'euros de nouveaux impôts
07:44dans le pays qui est déjà le champion de l'OCDE en matière de dépenses publiques et en matière de fiscalité.
07:50Est-ce qu'on va s'en sortir en allant encore plus loin dans tout ce qui est en train d'asphyxier la France aujourd'hui
07:55et toutes les forces vives de la France ?
07:57C'est impossible.
07:58Moi, je crois que les socialistes français, manifestement, n'ont pas changé.
08:02Et d'ailleurs, Olivier Faure n'a toujours pas exclu de repartir en campagne demain avec LFI,
08:07de repartir en campagne demain avec une extrême gauche qui a décidé de se faire,
08:12je cite Jean-Luc Mélenchon lui-même, le champion de l'organisation du bordel.
08:16Donc, on doit aujourd'hui ouvrir les yeux.
08:19Ce parti socialiste-là ne peut pas gouverner la France sans la mettre en danger mortel.
08:24Donc oui, bien sûr, nous nous y opposerons.
08:26Existe-t-il une autre figure ?
08:27Je vais vous citer des noms.
08:28Éric Lombard, Bernard Cazeneuve, Jean-Yves Le Drian dans le casting.
08:32Est-ce que ça, c'est encore la gauche que vous ne voulez pas à Matignon ?
08:35Tout ce qui compte, c'est le contenu.
08:38Si, encore une fois, c'est pour faire la taxe Zuckmann, de nouveaux impôts.
08:42Si, c'est pour faire la retraite à 62 ans, une dette supplémentaire,
08:46alors que toute l'Europe est déjà, y compris dans les pays gouvernés par de socialistes,
08:50en train de regarder, sidérer le délire des finances publiques françaises.
08:53Si, c'est pour faire ça, alors c'est absolument exclu.
08:56Et pardonnez-moi de le dire, mais je vois dans la liste des gens que vous citez,
09:00des personnes qui sont, me semble-t-il, déjà promises à la censure, y compris de la part de la gauche.
09:05Bernard Cazeneuve qui a quitté le Parti Socialiste.
09:07Encore une fois, je ne vois pas comment l'équation peut fonctionner.
09:10Encore une fois, pour nous, ceux qui comptent, sortons des spéculations qui intéressent trois arrondissements parisiens.
09:15Parlons de la France et des Français.
09:16Ce qui compte, c'est de sortir de cette spirale destructrice de l'impôt, des charges, des taxes,
09:23de la complexité, de la réglementation qui est en train d'étouffer ce pays.
09:27Et cela, c'est ce que nous voulons pour la France.
09:29C'est aussi, d'ailleurs, sur les questions de sécurité et d'immigration,
09:32que nous avons manifestement une divergence évidente avec le Parti Socialiste.
09:36Question d'Alix Bouillaguet.
09:37François-Xavier Bellamy, je reviens quand même un petit peu à ce que vous avez dit.
09:41Vous avez dit qu'il n'y a aucune ligne divergente au sein des Républicains concernant la dette.
09:47Alors, expliquez-moi pourquoi, à l'Assemblée nationale, il y a 49 députés LR.
09:52Un tiers va voter contre la confiance ou s'abstenir.
09:57Bruno Retailleau, alors je vous fais dans le détail, c'est quand même des cadors,
10:01dit qu'il faut voter la confiance.
10:03Xavier Bertrand, il dit qu'il est contre.
10:05Pour Nicolas Sarkozy, alors c'est l'abstention, mais c'est aussi la dissolution.
10:09Et puis, David Lysnard, Pécresse, Copé, eux, c'est carrément la démission d'Emmanuel Macron.
10:14C'est quand même le grand bazar au sein des Républicains.
10:17Encore une fois, ce qui compte, c'est le contenu.
10:19Sur le contenu, nous sommes d'accord.
10:21La question de ce vote, qui, je le répète, n'est pas un vote de confiance.
10:24La question de ce vote, c'est qu'est-ce que nous devons répondre à la question posée par le Premier ministre demain.
10:29Ce vote, l'issue, tout le monde la connaît.
10:31Donc, il est inutile de spéculer trop longtemps dessus.
10:32Mais comment vous expliquez ? Vous n'êtes pas d'accord ?
10:33Regardez, je vous dis, les Pécresse, les Nicolas Sarkozy, les Retailleau, les Bertrand.
10:37Vous pouvez citer autant de mots que vous voulez.
10:38La vérité, c'est que, est-ce que toutes ces personnes, et je le répète, ce qui compte le plus,
10:42est-ce que tous nos électeurs, est-ce que tous nos militants,
10:45est-ce que les 135 000 adhérents qui nous ont rejoints,
10:48et qui sont aujourd'hui ceux qui font de notre parti le premier parti de France,
10:52est-ce que tous ceux-là sont d'accord sur le fond du constat,
10:55et sur ce que la France attend ?
10:57La réponse est oui. La France est en situation de danger existentiel
11:02à cause de la dette qui s'accumule sur ses épaules.
11:04Maintenant, la stratégie de François Bayrou, celle qu'il a choisie tout seul,
11:08elle suscite effectivement des divergences d'analyse sur la meilleure manière d'y répondre.
11:12Erreur historique ?
11:13Ça n'est vraiment pas dramatique.
11:14Laurent Wauquiez a dit qu'il voulait répondre oui à la question posée demain.
11:17Erreur historique, vous êtes philosophe, férus d'histoire.
11:17Bruno Retailleau également.
11:19Est-ce qu'aujourd'hui, François Bayrou, qui veut se mettre dans les pas de Pierre Mendès-France,
11:22fait une erreur historique ?
11:24Nous, nous lui avons dit, encore une fois, je crois que la responsabilité d'un Premier ministre,
11:28la responsabilité d'un gouvernement, y compris dans la situation très complexe que nous vivons aujourd'hui,
11:33c'était sans aucun doute de tenter de mettre un budget sur la table,
11:36de porter ce budget jusqu'au bout, comme l'a fait Michel Barnier.
11:39Et si ce budget n'est pas accepté, et s'il est censuré, d'en tirer les conséquences, bien sûr.
11:43Mais effectivement, aujourd'hui, ce qui pose une vraie question pour nous,
11:48c'est qu'on a le sentiment que le Premier ministre a été à ce point de rupture
11:52avant même d'avoir essayé de construire les conditions d'un accord sur un budget.
11:56Et la France, aujourd'hui, a besoin, bien sûr, d'un budget.
11:58Françoise.
11:59Françoise Fresseauze.
12:00Vous essayez d'atténuer les tensions au sein de l'ER,
12:05mais est-ce qu'il n'y a pas quelque chose de fondamental, aujourd'hui, qui se joue entre deux lignes ?
12:09C'est la ligne dissolution qui peut amener peut-être le RN en tête d'une majorité extrême droite-droite
12:16ou la ligne, on essaye de consolider pour éviter ce basculement ?
12:21Est-ce que ce n'est pas ça le fond du problème et comment vous, vous réagissez par rapport à ça ?
12:25Quand vous écoutez Nicolas Sarkozy, ancien président de la République,
12:28qui a bataillé en 2007 pour essayer de contenir le RN,
12:32qui dit, maintenant, c'est la dissolution,
12:34et si jamais, oui, il y a l'hypothèse RN, on y va,
12:37est-ce que vous n'êtes pas extrêmement interloqué
12:40ou en tout cas, envie de nous expliquer ce qui se passe ?
12:44Mais sur la question de la dissolution, ça tombe bien.
12:47Le choix, il appartient institutionnellement au président de la République.
12:51Donc on peut spéculer, là encore, autant qu'on veut,
12:53sur y aura-t-il ou non demain une dissolution.
12:55Ce qui nous importe pour nous, comme famille politique,
12:58c'est de nous y préparer et d'être prêts si cette dissolution intervient.
13:01Maintenant, la question de savoir si elle doit intervenir,
13:04elle ne nous appartient pas.
13:04Mais vous la souhaitez, la question de François de Fréciot ?
13:07Est-ce que vous, François-Xavier Bellamy, numéro 2, DLR,
13:10vous la souhaitez, la dissolution ?
13:12Moi, je crois profondément que le moment démocratique
13:16qui décidera de la véritable alternance profonde
13:19dont le pays a besoin, ce sera l'élection présidentielle.
13:22Et je crois que notre devoir, d'ailleurs,
13:23au-delà de la situation de grande confusion
13:26que nous connaissons aujourd'hui,
13:27qui consiste à tenter de faire au mieux
13:29dans un moment où nous n'avons pas de majorité
13:32à l'Assemblée nationale,
13:33notre devoir, c'est surtout de préparer cette alternance.
13:35Parce que la France a besoin d'un changement profond.
13:38Et nous sommes aujourd'hui, c'est vrai,
13:39nous sommes au gouvernement,
13:40Bruno Retailleau est ministre de l'Intérieur,
13:42mais sans avoir de majorité à l'Assemblée nationale,
13:45il est parfaitement clair,
13:46et tous les Français le savent bien,
13:47qu'il fait tout ce qu'il peut,
13:48mais qu'il ne fait pas tout ce qu'il veut
13:50et tout ce qu'il voudrait faire
13:51pour que le pays puisse demain
13:52retrouver la maîtrise de ses frontières,
13:54retrouver la sécurité pour la France.
13:55On aura besoin pour ça d'une élection présidentielle.
13:58En 2027, je comprends bien, en 2027.
14:01Mais est-ce que vous appelez
14:02à une présidentielle anticipée
14:05comme Jean-François Copé ou Valérie Pécresse ?
14:07Et là encore, cette décision,
14:08elle n'appartient qu'à une seule personne
14:10qui est le président de la République.
14:10Mais vous la souhaitez ?
14:12Moi, je crois que cette élection présidentielle,
14:14dans tous les cas,
14:14qu'elle soit dans deux ans
14:15ou qu'elle soit plus tôt que cela,
14:17elle sera le moment de vérité
14:18dont la France a besoin.
14:20Maintenant, le président de la République
14:21a, lui, de tirer les conséquences
14:22de ce qu'il voit dans la vie démocratique.
14:24Charles de Gaulle avait démissionné
14:26après un référendum manqué
14:27sur la régionalisation en 1969.
14:30Voilà, d'autres présidents
14:32n'ont pas fait le même choix.
14:34François Mitterrand, Jacques Chirac
14:35sont devenus minoritaires dans le pays
14:36sans pour autant démissionner.
14:38Ils ont connu des moments de cohabitation.
14:40Je crois que ce qui serait délétère,
14:42c'est d'organiser une pression
14:43sur le président de la République
14:44parce que je crois que la force
14:47de nos institutions
14:48tient à ce que chacun soit respecté
14:50dans son rôle.
14:51Ça n'enlève rien au fait
14:52que, évidemment, la question
14:53est évidemment posée
14:55et qu'elle existe pour lui.
14:57Elle lui appartient.
14:57Vous souhaitez une élection présidentielle
14:59qui réglera les problèmes.
15:00Mais quand on voit
15:01l'état de division de LR
15:02qui rebondit,
15:03là on voit de nouveau la guerre
15:05Retailleau-Wauquiez.
15:06On voit un parti complètement faibli
15:08qui n'a pas de stratégie.
15:09Est-ce que vous ne dites pas
15:10non, non, mais c'est extrêmement risqué
15:11pour nous ?
15:12Comment vous restez positif
15:13et optimiste
15:14pour votre propre famille politique
15:16dans l'environnement actuel ?
15:17Je serais très heureux
15:19de vous proposer
15:19de venir avec moi
15:20après cette émission.
15:21On file à Port-Marly
15:22où je vais retrouver
15:23tous les adhérents
15:24qui sont réunis
15:25pour notre congrès.
15:26Nous adoptons
15:27nos nouveaux statuts.
15:28Nous avons 3000 personnes
15:29qui participent
15:29à ce grand événement de rentrée.
15:31Je peux vous garantir
15:32que l'ambiance est à l'unité.
15:34Et la vérité,
15:34c'est que ça n'est pas
15:35le vote provoqué
15:36par François Bayrou
15:37qui va suffire
15:38à nous diviser
15:38sur le fond,
15:40sur le constat,
15:40sur le diagnostic
15:42de ce que la France
15:42vit aujourd'hui,
15:43sur les remèdes
15:44dont elle a besoin.
15:46Nous sommes unis
15:46sans doute
15:47comme la droite
15:48l'a rarement été
15:49dans son histoire.
15:50Et la vérité,
15:50c'est que notre responsabilité,
15:52c'est maintenant
15:53de faire de cette unité
15:54l'occasion
15:54de préparer l'alternance.
15:56Après,
15:56vous pouvez raconter
15:57indéfiniment
15:57le spectacle des divisions
15:59parce que oui,
15:59c'est vrai,
16:00nous ne sommes pas
16:00un parti caporaliste
16:01et que dans cette famille politique...
16:03Vous l'avez été,
16:03François-Xavier Bellaville.
16:04Non, non.
16:04La droite, en général,
16:05c'est un chef
16:06et des gens qui suivent.
16:08C'est le goût de la liberté
16:09et c'est le fait
16:10que chacun peut apporter
16:11à la discussion
16:11ce qu'il veut donner
16:13pour éclairer la situation.
16:15On a compris tout à l'heure
16:17votre positionnement
16:18par rapport à la gauche.
16:19Moi, ce qui m'intéresse,
16:20c'est par rapport
16:21au Rassemblement National.
16:22Vous êtes un proche,
16:23un ami même
16:24de Marion Maréchal.
16:26Vous connaissez aussi
16:27très bien...
16:28Alors, je ne sais pas
16:28si vous avez suivi
16:29la dernière élection européenne.
16:30Je ne crois pas
16:32particulièrement
16:32que Marion Maréchal
16:33ait été particulièrement
16:35bienveillante
16:36à l'égard
16:36de la liste
16:37que je conduisais.
16:37Regardons devant.
16:38Je défends la même...
16:39Est-ce que les Républicains
16:41vont devoir,
16:42à un moment,
16:43en fonction des circonstances
16:44politiques,
16:45devoir tendre la main
16:47au Rassemblement National ?
16:48Est-ce que c'est
16:48la logique de l'histoire ?
16:50Ce matin,
16:50Laurent Wauquiez disait
16:51que l'union des droites,
16:53c'est souhaitable.
16:54Est-ce que vous la souhaitez, vous ?
16:55Mais moi, je souhaite
16:56l'union de tous
16:57les électeurs de droite
16:58derrière la famille politique
16:59dont la mission est
17:00de les représenter
17:02pour apporter cette alternance
17:03dont la France a besoin.
17:04Les Républicains,
17:05et moi, je suis rentré
17:06dans cette famille politique
17:07en 2019
17:07et je n'ai jamais varié.
17:09J'y suis rentré
17:10pour réussir
17:11à reconstruire
17:12de l'intérieur
17:12cette famille
17:13parce que les Républicains,
17:14c'est historiquement
17:15la formation politique
17:17dont la mission
17:18est d'incarner
17:18la droite en France.
17:20Et aujourd'hui,
17:20notre devoir,
17:21c'est de reconstruire
17:22ce pilier
17:23de notre vie démocratique.
17:25Je n'ai jamais été
17:25macroniste
17:26parce que je n'ai jamais cru
17:27au « en même temps ».
17:28Je n'ai jamais cru
17:29à la fin des clivages.
17:30Je ne crois pas
17:30qu'on puisse être
17:31en même temps
17:31de droite et de gauche.
17:32Mais est-ce qu'il pourrait y avoir
17:33des ministres républicains
17:34dans un gouvernement
17:35rassemblement national ?
17:36Dans toutes les grandes démocraties
17:38du monde,
17:38il y a une droite
17:39et une gauche.
17:39Et oui, c'est vrai,
17:40on a pu croire
17:41ces dernières années
17:42à l'effacement
17:43de ce clivage
17:44par la dévitalisation
17:45des vieux partis
17:46qui incarnaient
17:46la droite et la gauche.
17:48François Cébune,
17:48vous ne répondez pas
17:49à la question d'Alexandra.
17:50Je vais au bout de la logique.
17:51Concrètement,
17:51là, on va parler vrai
17:52et concrètement,
17:53vous rentrez ou pas.
17:54Jordan Bardella
17:55est à Matignon demain.
17:56Est-ce que vous dites,
17:56si on vous propose
17:57un pas de ministre,
17:58vous dites OK ?
17:58Écoutez,
17:59Éric Ciotti est rentré
17:59au Rassemblement National.
18:00Est-ce qu'il a été suivi
18:01par les cadres des Républicains ?
18:03Aujourd'hui,
18:04notre devoir,
18:04c'est de reconstruire la droite.
18:05Et le Rassemblement National
18:06refuse d'assumer
18:08le rôle d'un parti de droite.
18:10D'ailleurs, Marine Le Pen
18:10dit la même chose
18:11qu'Emmanuel Macron sur ce point.
18:12Elle dit,
18:12le clivage gauche-droite,
18:13ça n'existe pas.
18:14C'est un désaccord fondamental
18:15entre nous.
18:16Elle a le droit de le penser.
18:17Moi, je pense le contraire.
18:18Et ce que je vois en Europe,
18:19ce que je vois
18:20dans tous les pays européens,
18:21c'est le retour de la droite.
18:23Pas les amis de M. Macron.
18:25Le groupe Renew,
18:26qui était le troisième groupe
18:27au Parlement européen,
18:27est devenu le cinquième
18:28et n'a quasiment plus
18:29aucun gouvernement en Europe.
18:31Pas les amis de Mme Le Pen.
18:32La force politique
18:33qui gagne partout en Europe,
18:35c'est la droite européenne.
18:35Mais vous n'avez pas la question
18:36Nigel Farage,
18:38Georgia Meloni,
18:39non, c'est pas...
18:40C'est quand même une droite...
18:41Mais Georgia Meloni, pardon,
18:42elle se définit
18:42comme étant de centre-droit
18:43et elle gouverne...
18:44C'est ainsi qu'elle se définit.
18:45L'histoire de son parti
18:46n'est pas tout à fait celle-ci.
18:47La vérité, c'est qu'aujourd'hui,
18:49si vous regardez...
18:50Quand j'ai été élu en 2019
18:51pour la première fois
18:52au Parlement européen,
18:53il y avait 7 gouvernements
18:54de droite sur 28.
18:55Aujourd'hui,
18:56il y a 15 gouvernements
18:57dirigés par la droite
18:58sur 27.
19:00Et donc,
19:01ce mouvement de fond,
19:02il n'y a aucune raison
19:03que la France
19:04ne le rejoigne pas demain.
19:05Et ma conviction profonde,
19:06c'est que la seule force politique
19:08qui peut assurer l'alternance
19:09dont la France a besoin,
19:11c'est la droite de gouvernement.
19:12Vous avez 49 députés,
19:13je le rappelle,
19:14répondez à la question.
19:15Jordan Bardet-Lamatignon,
19:16est-ce que vous êtes ministre ?
19:18Vous ou d'autres républicains ?
19:19Mais je ne vais pas partir
19:21du principe
19:21que ce n'est pas nous
19:22qui pouvons relever la tête.
19:24Depuis...
19:25Mais regardez les sondages
19:26et regardez même
19:27la conclusion de Nicolas Sarkozy
19:29qui dit
19:29qu'il n'y aura peut-être
19:30pas de majorité absolue
19:32dans une éventuelle
19:33prochaine Assemblée nationale,
19:34mais on ne peut pas exclure
19:35que le Rassemblement national
19:36soit en tête.
19:37Regardons en effet
19:39les sondages,
19:40François Sarkozy.
19:40Qu'est-ce qu'ils disent,
19:41les sondages ?
19:4130% pour le RN.
19:42Et que disent les sondages
19:44quand on demande aux Français
19:45quel est le Premier ministre
19:46qu'ils veulent ?
19:47Ils répondent en effet
19:47Jordan Bardet-Lat,
19:4836%.
19:49Et le deuxième ?
19:50Bruno Retailleau,
19:5133%.
19:51Trois points derrière.
19:52Vous voyez,
19:53dire que c'est une fatalité
19:54et que la droite
19:55est condamnée à l'échelle...
19:56Pour être un peu
19:56en capacité,
19:58comme on dit,
19:59en situation d'avoir matignon.
20:00Notre travail,
20:01c'est ça,
20:01c'est de gagner
20:02les prochaines présidentielles
20:03pour pouvoir gagner
20:04les législatives
20:06qui suivront
20:06et redonner à la France
20:08la majorité
20:08dont elle a besoin
20:09pour pouvoir garantir
20:10la politique cohérente
20:11qui sortira
20:12le pays de l'ornière.
20:13C'est ça,
20:13notre travail.
20:15C'est ça.
20:15Alors,
20:16je veux bien que vous expliquiez
20:17que c'est perdu d'avance
20:18mais tout semble prouver
20:19le contraire
20:19et depuis un an en particulier
20:21parce que vous l'aurez constaté
20:22depuis un an,
20:23effectivement,
20:24les Français reviennent vers nous.
20:25Nous sommes redevenus
20:26le premier parti de France
20:27en nombre d'adhérents.
20:28Nous étions le premier parti de France
20:29en nombre d'élus locaux.
20:30Nous avons gagné
20:31toutes les élections partielles
20:32depuis un an.
20:33Toutes.
20:34Et nous allons gagner,
20:35d'ailleurs,
20:35sans aucun doute,
20:36la prochaine élection
20:36qui aura lieu
20:37dans la deuxième circonscription
20:39de Paris.
20:39Donc,
20:39nous aurons un député
20:40LR supplémentaire
20:43vous pouvez expliquer
20:44que c'est perdu.
20:45Moi,
20:46je crois exactement l'inverse
20:47et je crois que notre devoir,
20:48c'est de montrer
20:49que cette vision cohérente
20:51que la droite est seule
20:53à porter,
20:54seule,
20:55parce qu'encore une fois,
20:55je le redis sur la vision
20:57qu'il porte pour le pays,
20:58le Rassemblement national
20:59refuse cette cohérence-là.
21:01C'est bien sûr l'ordre
21:02dans la rue
21:03mais c'est aussi l'ordre
21:04dans les comptes
21:04et sans ça,
21:05on n'y arrivera pas.
21:06Cette vision cohérente,
21:07nous sommes les seuls
21:08à la défendre
21:09et je crois qu'elle gagnera.
21:11Question politique.
21:13Sur France Inter.
21:15Cette crise politique,
21:17François-Xavier Bellamy,
21:18elle s'accompagne
21:18d'une gronne sociale
21:19qui monte avec la date
21:20du 10 septembre
21:21et le mouvement
21:22Bloquons Tous
21:23a démarré sur les réseaux sociaux
21:24à la mi-juillet,
21:26c'était juste après
21:26l'annonce des 44 milliards
21:28d'économies
21:29et ces derniers jours
21:30sur le terrain,
21:31il y a eu des assemblées
21:31générales de citoyens
21:32qui partagent
21:33leurs exaspérations.
21:35C'était encore le cas
21:35cette semaine à Rennes.
21:36On sait très bien
21:38que peu importe
21:38le gouvernement,
21:40les questions
21:41des quartiers populaires,
21:43des gens qui travaillent,
21:44etc.,
21:45ne seront jamais
21:45prises en compte.
21:47Nous, en tout cas,
21:47c'est une chose
21:48qu'on comporte
21:49et qu'on sait
21:50qu'il faut s'organiser
21:50directement.
21:51En fait,
21:51on concentre
21:52toutes les difficultés
21:53et toutes les précarités
21:54qui existent
21:55et là,
21:56on nous demande
21:56de faire des efforts
21:57alors qu'on est...
21:58Alors qu'on est...
21:59On n'a pas eu la fin
22:01du sonore.
22:03Déjà l'os,
22:04ça doit être ça.
22:05Ça doit être ça.
22:05Merci, Alex Bouillaguet.
22:07Comment est-ce que
22:07vous le regardez,
22:08ce mouvement
22:09qui est inédit quand même,
22:10François-Xavier Bellamy ?
22:11Bloquons tout.
22:12À quoi vous attendez ?
22:13Comment vous l'analysez ?
22:15Moi, je comprends profondément
22:18la colère
22:18qui traverse le pays
22:19aujourd'hui.
22:20Je ne crois pas
22:21que le blocage
22:22soit la réponse
22:22à lui apporter.
22:24Je ne crois pas
22:24en particulier
22:25que rejoindre un mouvement
22:26qui semble être
22:27désormais directement
22:28instrumentalisé
22:29par Jean-Luc Mélenchon
22:30et la France Insoumise
22:30soit la meilleure façon
22:33de répondre
22:34aux aspirations
22:35très légitimes
22:36que le pays
22:37est en train d'exprimer.
22:38Le fait est
22:39qu'aujourd'hui,
22:41nous vivons
22:41notre pays
22:42et tous les Français
22:44connaissent
22:44un appauvrissement
22:45sans précédent.
22:47Si vous regardez
22:47l'évolution
22:48du niveau de vie
22:49des Français
22:49par rapport
22:50à leurs voisins allemands,
22:51par rapport
22:52aux Etats-Unis,
22:53si nous regardons
22:54la trajectoire
22:55de notre pays,
22:55nous constatons,
22:56nous touchons du doigt
22:57la réalité
22:58de cet appauvrissement.
22:59Et donc,
22:59maintenant,
23:00la question,
23:00c'est comment
23:00on passe de ce constat
23:02à la réponse
23:03indispensable ?
23:03Alors,
23:04justement,
23:05tout le discours
23:06a consisté
23:06du Président de la République,
23:08du Premier ministre,
23:09a consisté à dire
23:09oui,
23:10il y a sans doute
23:11risque d'appauvrissement,
23:12en tout cas,
23:12il y a risque
23:13de ne plus pouvoir
23:14financer le modèle social
23:15tel qu'il existe,
23:16et donc,
23:16il faut produire plus.
23:18Il n'y a aucun,
23:19absolument aucun consensus
23:20sur ce sujet.
23:22On voit bien que
23:22sur la question des retraites,
23:24l'allongement
23:24de l'âge de la retraite,
23:26ça est le premier mouvement social.
23:28Quand vous essayez
23:29d'élargir
23:30et de dire aux Français
23:31il faut travailler plus,
23:32ça ne marche pas,
23:34est-ce qu'on est aujourd'hui
23:35dans une crise politique,
23:37institutionnelle,
23:39sociale,
23:39sociétale ?
23:40Et pourquoi vous pourriez
23:42prétendre avoir la solution
23:43alors qu'on voit que
23:44personne n'est d'accord
23:45sur la solution à venir ?
23:46D'abord,
23:47parce qu'il faudrait commencer
23:48par ouvrir lucidement
23:49les yeux sur le constat.
23:50Et là,
23:50c'est notre responsabilité collective.
23:52François Bayrou l'a quand même fait
23:53sur la dette.
23:54Revenons sur la dette,
23:55je pense que le constat,
23:56il est absolument inévitable
23:58et malheureusement
23:58je suis sidéré de voir
24:00qu'il y a encore en France
24:01à gauche
24:03un camp du déni
24:04qui refuse de regarder en face
24:06la réalité du danger
24:07que représente
24:08notre trajectoire budgétaire.
24:10Et encore une fois,
24:10je le redis,
24:11les Européens,
24:12y compris les socialistes européens
24:13ont beaucoup de mal à comprendre
24:15l'ampleur de cet aveuglement.
24:17Mais si on regarde
24:17la réalité du constat,
24:19est-ce que la France
24:19travaille assez
24:20pour produire
24:21ce dont elle a besoin ?
24:22La réponse est
24:23évidemment non.
24:24Parce que,
24:25et le C2 l'a encore rappelé
24:26il y a quelques jours
24:27dans une enquête
24:28qui vient de paraître,
24:29la réalité c'est que la France
24:30c'est le pays de l'OCDE
24:31où sur une vie
24:33on travaille
24:33le moins par habitant
24:34en moyenne.
24:35Mais maintenant,
24:36pourquoi est-ce qu'il y a
24:36un malentendu ?
24:37C'est parce qu'en effet
24:38la question est
24:38qui doit travailler plus ?
24:40Et le grand drame,
24:41c'est là où nous divergeons
24:43profondément
24:44avec la réponse
24:44qu'a apportée François Bayrou
24:45à cette question.
24:47Le grand drame,
24:47c'est qu'on demande
24:48à la France
24:49qui travaille déjà
24:50de travailler encore plus.
24:51Derrière cette moyenne,
24:53derrière le fait
24:53qu'en moyenne
24:54on travaille le moins
24:54par habitant
24:55sur une vie en France,
24:56il y a en fait
24:57une immense inégalité
24:58qui est une immense injustice.
25:00Il y a dans ce pays
25:00des gens qui bossent
25:01et qui bossent beaucoup
25:02et qui travaillent très dur
25:04et qui ont du mal
25:05à s'en sortir,
25:06même en travaillant très dur,
25:07qui ont du mal
25:07à joindre les deux bouts.
25:09Et il y a malheureusement
25:09dans notre pays,
25:10et c'est ça,
25:11la réalité du problème,
25:13beaucoup de gens
25:14qui devraient pouvoir
25:15être en emploi
25:15et qui n'y sont pas.
25:17Ça se concentre
25:18sur les deux grandes parties
25:19de la vie
25:20que sont d'une part
25:21la jeunesse
25:22et là on a un immense sujet
25:24sur l'emploi des jeunes
25:25et je le dis comme professeur,
25:26on parlera peut-être
25:27de l'école tout à l'heure,
25:28mais j'étais professeur
25:29pendant dix ans,
25:29je crois que la crise
25:30de l'école,
25:30c'est le sujet
25:31qui devrait tous
25:32nous empêcher de dormir.
25:34Chaque année,
25:34le système scolaire
25:35perd 150 000 jeunes.
25:37On a 150 000 jeunes
25:38par génération
25:39qui sont ce qu'on appelle
25:40des nids,
25:41qui ne sont ni dans un emploi,
25:42ni dans une formation,
25:44ni dans un stage.
25:45Ces jeunes-là,
25:45ce sont autant de jeunes
25:47qui sont d'abord privés
25:48de la capacité
25:48de s'accomplir
25:49dans leur vie professionnelle,
25:50dans leur talent,
25:51dans leur existence,
25:53mais ce sont aussi
25:54autant de jeunes
25:54qui ne contribuent pas
25:55à la vie de la société.
25:56Ces jeunes,
25:56si on reste sur les jeunes,
25:57donc les jeunes
25:58et les plus vieux,
25:58en effet,
25:59ils n'ont pas la capacité
26:01d'avoir un emploi,
26:01ils n'ont pas accès à l'emploi.
26:03Est-ce que ce que vous leur proposez...
26:04Les plus vieux,
26:04ce n'est pas la même chose,
26:05c'est que là,
26:06on a aussi une divergence majeure
26:07manifestement sur la question
26:08de la retraite.
26:09Mais oui,
26:09est-ce qu'elle est
26:09au moment où il fallait voter
26:11la réforme des retraites ?
26:13Nous l'avons votée,
26:13cette réforme,
26:14elle a été adoptée.
26:14Une partie a refusé.
26:15Elle a été adoptée,
26:16cette réforme...
26:16Parce que c'est devenu
26:17votre clientelectorat,
26:18je suis les retraités.
26:20Cette réforme,
26:21elle a été adoptée
26:21parce qu'elle est à la soutenue,
26:23ce qui était objectivement
26:24extrêmement difficile.
26:26Et le moins qu'on puisse dire,
26:26c'est qu'elle n'était pas parfaite.
26:27Mais il fallait faire
26:29cette réforme des retraites,
26:30il faudra encore y revenir
26:31pour plus de justice
26:32et pour plus d'efficacité.
26:33Le fait est qu'aujourd'hui,
26:35on a un problème majeur,
26:36en effet,
26:36sur cette partie de la vie.
26:38Et vous proposez quoi aux jeunes,
26:39par exemple,
26:39pour aller vers le travail ?
26:40C'est ça la vraie folie
26:41que représente la retraite
26:41à 62 ans.
26:42Oui, peut-être que sur les jeunes,
26:43c'est vrai que...
26:43Sur les jeunes,
26:44vous leur proposez quoi
26:45pour aller vers le travail, donc ?
26:46Mais d'abord,
26:47il faut repenser complètement.
26:48Il faut d'abord reconstruire
26:49notre éducation nationale.
26:50On en parlera qu'ils traversent
26:51une crise.
26:52Ça, on en parlera.
26:53Mais l'enjeu,
26:54il est absolument majeur.
26:56Et ensuite,
26:57la meilleure des choses à faire
26:58pour reconduire vers le travail
26:59et ceux qui n'y sont pas aujourd'hui,
27:01eh bien,
27:01c'est de libérer le travail.
27:03C'est de faire en sorte
27:03que le travail paye.
27:05C'est de faire en sorte
27:06que le travail soit mieux rémunéré.
27:08Je le disais à l'instant,
27:09il y a beaucoup de gens
27:09qui bossent beaucoup,
27:10qui ont du mal à s'en sortir.
27:11Et dans beaucoup de situations,
27:13il est préférable,
27:14dans notre pays,
27:15de ne pas travailler
27:16que de retourner vers l'emploi.
27:17Vous voulez une réforme
27:18de l'assurance chômage ?
27:18La folie, absolue.
27:19C'est pour ça qu'il faut absolument
27:21qu'on arrive à créer
27:22cette allocation sociale unique
27:23qui agrègera
27:24toutes les allocations reçues
27:27aujourd'hui
27:27au titre des différents dispositifs
27:29de ce maquis social
27:30qui a fini d'être construit
27:31et qu'on plafonne
27:32toutes les aides sociales
27:34à 70% du SMIC.
27:35Pourquoi ?
27:36Parce que c'est absolument
27:37intolérable
27:38que dans notre pays,
27:40il soit parfois
27:41mieux rémunéré
27:42de ne pas travailler
27:43que de travailler.
27:44C'est ça la folie
27:45dans laquelle on est.
27:45Question d'Alex Bourguiat.
27:46Si on se situe
27:47dans l'enveloppe globale,
27:50c'est-à-dire le budget,
27:51et si on se situe aussi
27:53dans l'après-Bayro,
27:53vous dites quoi ?
27:54Face à cette crise sociale
27:55et politique,
27:56vous dites
27:57est-ce qu'il faut s'entendre ?
27:59C'est-à-dire trouver un compromis,
28:00sans doute faire un pas
28:01vers le Parti Socialiste,
28:02comme le dit le chef de l'État,
28:03ça veut dire
28:04enterrer les jours fériés,
28:06taxer quand même
28:06un peu plus
28:07les grands patrimoines,
28:09réduire le montant global
28:11des économies à réaliser.
28:13François Bayrou
28:13en veut 44,
28:14la gauche en veut 22,
28:16est-ce qu'on peut se mettre
28:17d'accord sur,
28:17je ne sais pas,
28:1830 ?
28:19Est-ce que vous dites
28:19ce ne sera pas
28:20le budget parfait
28:21de la droite ?
28:22Donc,
28:23il faut faire un compromis.
28:25Ah non, mais ça c'est sûr
28:26que dans les deux ans qui viennent,
28:28je le redis,
28:28avant une élection présidentielle,
28:30nous ne pourrons pas faire
28:31tout ce que nous voudrions
28:32pour le pays.
28:33Et notre premier devoir,
28:33c'est de préparer l'alternance.
28:35Mais en attendant,
28:35on ne va quand même pas faire
28:36le contraire de ce qu'on pense
28:38nécessaire pour le pays.
28:38C'est quoi les lignes rouges ?
28:39Et le contraire de ce qui est
28:41nécessaire pour le pays,
28:43c'est de rajouter des dépenses publiques
28:44et de rajouter des impôts.
28:46Je le répète.
28:47Alors,
28:47attendez,
28:48soyons précis.
28:49Les deux en même temps,
28:49Françoise Fresseuse.
28:50Soyons précis.
28:51Sur les impôts,
28:52s'il y a une taxation
28:53des hauts patrimoines,
28:55qui ne sera peut-être pas forte,
28:56c'est finalement la taxe Zuckmann,
28:57mais qui peut ressembler à ça,
28:59est-ce que vous dites non ?
28:59C'est sans nous ?
29:00Sans participation ?
29:01Sans soutien ?
29:02Est-ce qu'il y a un pays,
29:03Françoise Fresseuse,
29:04où les impôts,
29:06où la part de taxation
29:08sur le PIB
29:09est plus importante
29:11qu'en France,
29:12dans le monde,
29:13dans l'OCDE aujourd'hui,
29:14dans le monde,
29:14des pays développés ?
29:16Là, on parle des ultra-riches.
29:17Françoise Fresseuse
29:18vous questionne sur les ultra-riches.
29:19C'est ça, la taxe Zuckmann ?
29:20Vous savez très bien,
29:21je rajoute juste,
29:22et après vous répondrez,
29:23que les ultra-riches,
29:23ils échappent quand même
29:24beaucoup plus à l'impôt
29:25que les classes moyennes,
29:26les classes supérieures.
29:27Il y a l'optimisation,
29:28il y a la transmission
29:29du patrimoine par l'héritage.
29:30Est-ce qu'il n'y a pas
29:31quand même quelque chose
29:31à faire ?
29:32Mais vous savez,
29:33ça fait...
29:34Alors, d'abord,
29:35la suppression de l'ISF,
29:39ça a coûté à la France
29:40quelques milliards,
29:423 milliards de mémoire.
29:43La transformation
29:44de l'ISF onifie.
29:45Aujourd'hui,
29:46la réalité de la dette publique,
29:48c'est 3 000 milliards.
29:49Donc, on peut fantasmer
29:50autant qu'on veut
29:51sur le patrimoine
29:51des ultra-riches.
29:52Vous pouvez prendre
29:53à Arnaud et Pinault
29:54la totalité de ce qu'ils possèdent.
29:56À la fin,
29:56ça ne résout pas
29:57votre problème.
29:58Et on a plutôt
29:59intérêt à garder en France
30:00des gens dont la richesse
30:01permet de créer des emplois.
30:03On a plutôt intérêt
30:05à faire en sorte
30:06qu'on évite
30:08de perdre définitivement
30:10les capacités productives
30:11qui restent encore
30:12dans ce pays.
30:13Maintenant,
30:13le sujet de fond,
30:15encore une fois,
30:15c'est plutôt que
30:17de désigner
30:18des boucs émissaires,
30:19de chercher des coupables,
30:20de trouver
30:21les grands méchants
30:23auxquels il faudrait
30:24faire les poches,
30:25le vrai grand sujet,
30:26c'est d'aller résoudre
30:26structurellement
30:27le problème
30:28de la dépense.
30:28Oui, mais vous voyez bien,
30:29la deuxième fois
30:30une présidentielle...
30:31Aujourd'hui,
30:31ceux qui crèvent
30:32du poids des impôts,
30:33ce n'est pas
30:34les ultra-riches,
30:34en effet.
30:35Ceux qui crèvent
30:36du poids des impôts
30:37dans ce pays,
30:37c'est les classes moyennes
30:38qui bossent
30:39et qui ne s'en sortent plus.
30:41C'est ça,
30:41la réalité de la France.
30:42Et donc,
30:43quand on arrive
30:43avec un programme
30:44qui consiste à dire
30:44qu'on va faire
30:45des taxes en plus,
30:46moi, je dis que
30:46c'est l'exact inverse
30:48de la France.
30:48rouge et en même temps,
30:49vous entendez aussi
30:50cette espèce de besoin
30:52de justice sociale
30:53de dire
30:53si on nous demande
30:54des efforts à nous,
30:56ce n'est pas normal
30:56que les plus riches
30:57s'en exonèrent.
30:59Ça, vous ne l'entendez pas ?
31:00Moi, vous savez,
31:01quand je vais partout
31:01dans le pays,
31:02le besoin de justice sociale,
31:03je l'entends surtout
31:04de la part des Français
31:04qui m'expliquent
31:05qu'aujourd'hui,
31:06ils payent des impôts
31:06pour beaucoup de gens
31:07qui n'en payent pas.
31:08Comment est-ce que ça se fait
31:09qu'effectivement,
31:09aujourd'hui...
31:10Qui ça ?
31:10Qui n'en paye pas ?
31:10Par exemple,
31:11quand vous arrivez
31:12tout juste en France,
31:13que vous êtes immigré,
31:14y compris de manière irrégulière,
31:16que vous arrivez
31:16sur le sol français,
31:17vous avez droit,
31:18par exemple,
31:18dans le cadre de l'AME,
31:19à des soins,
31:20à des médicaments
31:21que les Français
31:22vont devoir payer plus cher
31:23parce que les franchises augmentent.
31:24Moi, j'entends ça
31:25de la part des Français.
31:26Est-ce que cette injustice-là,
31:27on l'entend aussi
31:28chez France Inter ?
31:28Là non plus,
31:29vous n'allez pas résoudre
31:30le problème de...
31:30C'est quand même important
31:31de l'expliquer.
31:31On entend tout sur France Inter,
31:32qui est le service public.
31:33J'ai l'impression que ça va
31:34un peu dans le même sens.
31:34Pour l'instant,
31:35on parle surtout des ultra-riches.
31:36Moi, ce que me disent
31:37les Français que je rencontre
31:37tous les jours,
31:38ce que nous dit
31:39la France des honnêtes gens
31:40que nous défendons
31:41avec Bruno Retailleau,
31:42la France des gens qui bossent
31:43et qui essayent
31:43de s'en sortir,
31:53à la solidarité nationale
31:55avant d'en tirer
31:55les bénéfices et les fruits.
31:57Et ça, ça me paraît
31:58effectivement une mesure
31:59de justice sociale
32:00absolument indispensable.
32:02François-Xavier Bellamy,
32:03je voudrais vous faire réagir
32:05à cette déclaration
32:05de François Bayrou
32:06qui est de nouveau
32:07sur un plateau ce dimanche.
32:09Il dénonce des forces politiques,
32:11je cite,
32:11en guerre civile
32:12les unes avec les autres
32:13depuis trois ans à l'Assemblée
32:15qui vont s'allier ensemble
32:16pour abattre le gouvernement.
32:19Des forces politiques
32:20en guerre civile
32:21les unes avec les autres.
32:22En fait,
32:22c'est votre irresponsabilité
32:24qui...
32:24L'irresponsabilité,
32:25vous avez dit...
32:26Je ne pense pas
32:26tellement qu'il parle de nous.
32:27C'est l'irresponsabilité
32:28du monde politique.
32:28Ce qui me semble
32:29que c'est les forces politiques
32:30qui le désignent,
32:30c'est d'un côté
32:31le Rassemblement National,
32:32de l'autre côté
32:33la France Insoumise
32:33qui vont voter ensemble
32:34pour faire tomber
32:35le gouvernement
32:35comme ils ont voté ensemble
32:37pour faire tomber
32:37Michel Barnier.
32:38Et la moitié des Républicains
32:40qui ne va pas voter la confiance.
32:41Mais encore une fois,
32:42le fait est que
32:43la question pourrait se poser
32:46de notre responsabilité
32:47dans ce sujet
32:49si le Rassemblement National
32:51et la France Insoumise,
32:52si le Parti Socialiste,
32:53les Verts,
32:54le Parti Communiste
32:54décidaient tous
32:55de soutenir avec enthousiasme
32:56François Bayrou.
32:57À partir du moment
32:58où ils se sont tous associés
32:59pour dire qu'ils allaient voter contre,
33:00de toute façon,
33:01l'issue du vote,
33:01elle est déjà connue.
33:03Une question en avance
33:03dans l'actualité,
33:04une question sur l'international.
33:05Vous êtes eurodéputé.
33:07L'Ukraine a subi
33:08la nuit dernière
33:09la plus grande attaque aérienne
33:10depuis le début du conflit.
33:12Plus de 800 missiles russes.
33:14Le siège du gouvernement
33:14a été incendié.
33:16Qu'est-ce qu'on retient,
33:17François-Xavier Bellamy,
33:17de cette réunion
33:18de la coalition des volontaires
33:20jeudi à Paris
33:21et des garanties
33:23de sécurité promises
33:24à l'Ukraine ?
33:25Est-ce qu'on va envoyer
33:25des milliers de militaires
33:26en Ukraine ?
33:28Le travail déterminant
33:29qui attend l'Europe,
33:30c'est de réussir
33:30à surmonter la réalité
33:32de sa vulnérabilité
33:33d'aujourd'hui.
33:34Pourquoi est-ce que
33:34nous sommes incapables
33:36d'apporter à l'Ukraine
33:37des garanties de sécurité
33:38solides,
33:38y compris aujourd'hui,
33:40dans ce moment
33:41de conflit
33:43qui ne cesse pas,
33:43vous le rappeliez à l'instant,
33:45parce que tout simplement,
33:46les Européens ont vécu
33:48pendant trop longtemps
33:50dans l'idée
33:50qu'ils pouvaient goûter
33:51les dividendes de la paix
33:52et que notre continent
33:54s'est désarmé.
33:55Et ce désarmement,
33:56il faudra des années
33:57pour y faire face.
33:58C'est le sujet
33:59sur lequel je travaille
34:00au Parlement européen
34:01aujourd'hui,
34:02parce que nous sommes
34:03en train d'aboutir
34:04dans les négociations
34:04sur le programme
34:05pour l'industrie
34:06de défense européenne.
34:07Moi, je crois que c'est là
34:08que l'Europe peut contribuer
34:09le plus,
34:09pas en créant une armée
34:11européenne qui serait
34:11une chimère,
34:12mais en faisant en sorte
34:13que notre industrie
34:14de défense reçoive
34:16enfin les moyens nécessaires
34:17pour recommencer
34:18à produire massivement
34:19sur notre sol
34:20ce dont nous avons besoin
34:21pour équiper
34:21nos forces armées.
34:22Vous êtes plutôt optimiste
34:23sur ce qui se passe ?
34:24Parce qu'en fait,
34:25il y a de lectures.
34:26Soit cette coalition se dit
34:27qu'il y a quand même
34:28un sursaut européen,
34:30on ne laisse pas Poutine
34:33prendre l'Ukraine,
34:36mais est-ce qu'on est capable
34:38là, actuellement,
34:39de se ressaisir
34:40sur la défense ?
34:41Mais le grand problème,
34:42c'est la question
34:43de la temporalité.
34:44C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
34:45oui, la prise de conscience,
34:46elle est claire.
34:47Et les Européens ont compris
34:48qu'ils avaient devant eux
34:49l'urgente obligation
34:51de sortir de leur dépendance
34:53à l'égard des Etats-Unis.
34:54Mais pour pouvoir y parvenir,
34:56il va falloir
34:56quelques années à minima.
34:58On ne reconstruit pas
34:59à partir de rien
35:00un outil militaire,
35:02un outil d'industrie de défense
35:03qui s'est si profondément
35:05fragilisé au cours
35:06des dernières années.
35:07Et donc,
35:07la grande difficulté,
35:09ça va être de gérer
35:09cette temporalité.
35:11Et dans l'immédiat,
35:12il ne faut pas se mentir,
35:12il faut regarder en face
35:13la réalité.
35:14Dans l'immédiat,
35:15il est très clair
35:16que les pays européens
35:16ne sont pas capables
35:17d'assurer tout seuls,
35:19y compris leur propre sécurité.
35:21La France fait certainement
35:22exception dans l'Union Européenne
35:24parce que grâce
35:24à la dissuasion nucléaire,
35:26grâce à cette armée
35:27d'intervention
35:27que nous avons gardée,
35:29nous avons encore
35:30une capacité
35:31d'agir
35:31et de maîtriser
35:32de manière souveraine
35:33les conditions fondamentales
35:34de notre sécurité.
35:35Mais même nous
35:36avons un effort à faire,
35:37un effort à continuer.
35:39Et dans le contexte
35:40de tensions budgétaires
35:40que nous vivons aujourd'hui,
35:42il faudra que cela
35:43reste absolument
35:44une priorité.
35:45François-Xavier Bellamy,
35:46vous êtes l'invité
35:47de Questions politiques,
35:48vous êtes un homme discret.
35:49On va essayer de mieux
35:50vous connaître aujourd'hui.
35:51France Inter
35:52Alexandra Ben Saïd
35:56Questions politiques
35:59Mais voici maintenant
36:02que je m'en vais,
36:03Athénien,
36:05et nous nous quittons,
36:08moi pour mourir
36:09et vous pour vivre.
36:11Mais qui de nous
36:15a le meilleur sort ?
36:18Seul le Dieu le sait.
36:24Un extrait de vos
36:25seules en scène,
36:26les soirées philo
36:27au théâtre ?
36:27C'était sur la scène
36:28de l'Olympia d'ailleurs.
36:29C'était le 9 octobre 2023.
36:32Celle qui dévoile
36:32nos invités,
36:33qui fouillent dans leur bio,
36:34c'est Alix Bouillaguet.
36:35Alors justement,
36:36sur cet extrait,
36:37effectivement,
36:37on vous entend,
36:38on vous voit repenter
36:39la scène de l'Olympia.
36:41Je le rappelle,
36:41vous êtes agrégé de philosophie
36:42et donc vous organisez
36:43régulièrement comme ça
36:44des soirées philo au théâtre.
36:47Est-il fou d'être toujours sage ?
36:49C'était la question
36:49d'une de vos soirées
36:51l'année dernière
36:51où vous plaidiez
36:52pour une dose de folie
36:54alors que, bon,
36:55on vous regarde,
36:56vous avez vraiment
36:56le physique d'un gendre idéal,
36:58vous êtes courtois,
36:59vous êtes polissé.
37:00Bref, vous donnez vraiment
37:01l'impression d'être toujours sage.
37:03Quelle a été
37:03votre dernière folie ?
37:05Peut-être le grain de folie,
37:07c'est de continuer
37:08les soirées de la philo.
37:08En effet,
37:09qui est une sorte
37:10de respiration
37:11un peu surprenante
37:13dans le paysage politique.
37:16Je m'oblige
37:17à continuer
37:17ce cycle
37:18de conférences
37:19à Paris
37:20parce que d'abord,
37:21c'est un bonheur absolu
37:22de retrouver le public.
37:22Vous avez l'œil qui brille.
37:24Au théâtre Antoine,
37:25on reprend le 22 septembre.
37:26Vous me permettez
37:27de faire
37:28cette proposition
37:29à tous ceux
37:30qui nous écoutent.
37:31Et je fais ça
37:32bénévolement
37:34à la tête
37:36de la structure
37:38que j'ai créée
37:38pour pouvoir partager cela.
37:40Mais parce que je crois
37:41qu'aujourd'hui,
37:42ce n'est pas pour un intérêt matériel,
37:43mais parce qu'aujourd'hui,
37:44on a un besoin profond
37:45de revenir
37:46à la source,
37:48de revenir au sens
37:49de ce qui fait
37:49nos engagements.
37:51Et il me semble
37:52que ce qui est
37:52le plus dévastateur
37:54dans le spectacle
37:54que la vie politique
37:55donne aujourd'hui,
37:56c'est ce sentiment
37:57de l'absurde,
37:58ce sentiment
37:59de vacuité absolue
38:01que les Français
38:02doivent percevoir
38:03parfois,
38:04remettre les questions
38:05essentielles
38:05au cœur
38:06de la vie politique.
38:07C'est aussi
38:07ce que j'essaie de vivre
38:08à travers les soirées.
38:09Vous n'étiez absolument
38:10pas programmé
38:10pour faire de la politique.
38:11Je rappelle,
38:12vous avez été enseignant,
38:13philosophe.
38:13C'est Philippe Devilliers
38:14qui souffle votre nom
38:15à Laurent Wauquiez
38:16pour prendre la tête
38:16de liste des Européennes
38:18en 2019.
38:20À l'époque,
38:21qu'est-ce qu'on entend ?
38:22On dit que vous êtes
38:23trop tendre,
38:24pas assez offensif,
38:25que vous aurez du mal
38:26à survivre,
38:27que vous détestez les polémiques.
38:28Est-ce que vous êtes taillé
38:29vraiment pour la rudesse
38:30du combat politique ?
38:31Je ne crois pas
38:33que parce qu'on essaye
38:35d'être à la hauteur
38:36des enjeux,
38:37on puisse pour autant
38:38être moins combatif.
38:40Je pense que personne
38:41ne contestera
38:41que je n'ai pas varié,
38:43que j'ai affronté
38:45bien souvent l'adversité,
38:46y compris dans les deux
38:47campagnes européennes
38:48que j'ai menées
38:48en 2019 et en 2024.
38:51C'est à chaque fois
38:52dans ces contextes
38:53extrêmement complexes
38:54à travers ces campagnes
38:56que la droite
38:57a pu commencer
38:59de retrouver
38:59le nouvel élan
39:00dont elle avait besoin,
39:01y compris,
39:02encore une fois,
39:02parfois dans des confrontations
39:04assez rudes,
39:04comme celles que j'ai pu vivre
39:05face au macronisme
39:08à l'époque triomphant,
39:09face à l'extrême gauche.
39:10Mais vous avez aussi
39:11horreur du conflit.
39:12Alors comment on peut
39:13survivre chez Le Républicain
39:14coincé entre Laurent Wauquiez
39:15et Bruno Retailleau ?
39:16Non, non,
39:16j'ai horreur des conflits absurdes.
39:18Je n'ai pas horreur du combat
39:19quand il est nécessaire
39:20pour défendre des idées
39:21qui sont, je crois,
39:23indispensables
39:24à l'avenir de notre pays.
39:25Ce qui compte,
39:26c'est que le conflit
39:26ne devienne pas
39:27la vanité
39:29d'une guerre d'égo
39:30ou l'artifice...
39:32Ça l'est un petit peu
39:33quand même,
39:33Bruno Retailleau,
39:34Laurent Wauquiez.
39:35Vous savez,
39:36Bruno Retailleau...
39:36La guerre d'égo,
39:36elle est là.
39:37Je connais les deux
39:38depuis longtemps
39:39et je pense qu'on peut
39:40leur reconnaître
39:41d'être animés,
39:42là encore,
39:42par des lignes
39:44qui n'ont jamais varié.
39:46Et Bruno Retailleau,
39:47je l'ai soutenu...
39:47Laurent Wauquiez
39:48a souvent varié quand même
39:49en termes de lignes.
39:50Bruno Retailleau,
39:50je l'ai soutenu
39:51il y a trois ans
39:52quand il était candidat
39:53pour la présidence du parti.
39:54Je l'ai soutenu à nouveau
39:55il y a quelques mois
39:56au moment où il a gagné.
39:58Je ne l'ai jamais vu
39:59varier sur les sujets
40:00essentiels
40:01pour l'avenir de notre pays.
40:02On peut être ou pas
40:03d'accord avec lui,
40:04mais c'est quelqu'un
40:05dont la constance
40:06et dont la clarté
40:06font qu'il est aujourd'hui
40:08la clé de la confiance
40:10retrouvée par beaucoup
40:11de Français
40:11envers notre famille politique.
40:13Je reviens à vous.
40:14Vous êtes jeune,
40:14vous avez 40 ans,
40:16vous êtes engagé,
40:17vous êtes aussi
40:17un gros bosseur,
40:18c'est ce qui se dit
40:19au Parlement européen.
40:21Pourquoi depuis
40:22Michel Barnier
40:23vous n'avez jamais
40:24été ministre ?
40:26Qu'est-ce qui cloche
40:28chez vous ?
40:28Est-ce que c'est parce
40:29que c'est vos convictions
40:31qui vous freinent ?
40:32Vous êtes catholique
40:32contre le mariage
40:33pour tous,
40:34contre l'IVG ?
40:35Est-ce que vous êtes
40:35trop conservateur ?
40:37J'ai droit à tout le...
40:38Est-ce que vous êtes
40:38trop conservateur
40:39pour l'époque ?
40:39Dites-nous si c'est faux.
40:41Je me suis exprimé
40:42sur ce sujet
40:42des milliers de fois.
40:43C'est ça qui peut
40:44vous freiner ?
40:45Écoutez, je ne crois pas
40:46encore une fois.
40:47Si les Républicains
40:49m'ont confié deux fois
40:50la tête de leur liste
40:51pour l'élection européenne,
40:52si je suis aujourd'hui
40:53le premier vice-président
40:54de ce parti,
40:55si j'ai le grand honneur
40:57de pouvoir jouer
40:58ce rôle important
40:58au sein de notre
40:59famille politique,
41:00c'est parce que,
41:01j'imagine,
41:01on ne m'a pas considéré
41:02comme étant trop marginal
41:04et peut-être que
41:04par le travail que je fais
41:05tous les jours
41:06au Parlement européen
41:07et qui a permis
41:08de gagner des victoires
41:08majeures sur les questions
41:10d'énergie,
41:11la lutte pour remettre
41:12le nucléaire au cœur
41:12du mix politique européen,
41:14pour l'industrie,
41:15pour défendre notre capacité
41:16de production en Europe,
41:16pour les agriculteurs
41:17qui sont aujourd'hui
41:18si éprouvés,
41:19pour les pêcheurs de fonds.
41:20C'est ça,
41:20les combats que je mène
41:21tous les jours
41:21et en particulier
41:22et peut-être en premier lieu
41:23le combat pour l'école
41:25parce que nous en avons
41:26tellement besoin.
41:27Eh bien,
41:27si j'ai mené tous ces combats-là,
41:29c'est peut-être que
41:30je ne correspond pas
41:31tout à fait à la caricature
41:32que certains essayent
41:33de donner de moi.
41:33On y arrive à l'école,
41:35ça fait plusieurs fois
41:36que vous le prononcez.
41:37Ce mot vous a demandé
41:37de choisir un thème
41:38et le prof que vous êtes
41:39a choisi l'éducation nationale.
41:40La rentrée,
41:42commençons avec ce drame,
41:43les obsèques de Caroline
41:44Grand-Jean-Pacou,
41:45elles ont eu lieu
41:45cette semaine,
41:46ce jeudi.
41:47Cette directrice d'école
41:48dans le Cantal
41:49s'est suicidée
41:49le jour de la rentrée scolaire.
41:51Maria a une femme,
41:52elle était victime
41:53d'injures homophobes
41:54et de menaces.
41:55Aujourd'hui,
41:55nombre de professionnels
41:57de l'éducation
41:57dénoncent un échec
41:58de l'institution
41:59et disent que cette homosexualité
42:02est un sujet tabou
42:03dans l'éducation nationale.
42:05Qu'en pensez-vous ?
42:05Je pense que le problème
42:06est plus large.
42:07Cette directrice d'école,
42:09elle a été effectivement
42:09insultée à plusieurs reprises
42:11de manière très publique.
42:13Elle a fait état
42:14de la situation
42:14à sa hiérarchie.
42:17Elle a dit
42:18son mal-être profond.
42:20Elle a dit
42:20le danger
42:21dans lequel elle se sentait.
42:23Et au fond,
42:23on lui a demandé
42:24ce que l'éducation nationale
42:25fait avec tant de professeurs
42:26depuis si longtemps.
42:27On lui a demandé
42:28surtout de
42:28ne rien dire.
42:30On lui a demandé
42:30d'étouffer l'affaire.
42:32On lui a demandé
42:32de faire comme si
42:33tout allait bien.
42:34Mais l'affaire de quoi ?
42:35Des menaces
42:35ou de son orientation sexuelle ?
42:36Qu'est-ce qu'on lui demande
42:37de taire dans vos propos ?
42:39Mais c'était son orientation sexuelle
42:40qui était ici en jeu.
42:42Mais d'autres professeurs
42:43ont vécu
42:43tellement
42:44d'autres situations similaires
42:46parfois pour d'autres raisons.
42:48Je pense à
42:49cette professeure
42:50d'un collège
42:52d'Ile-de-France
42:53que j'ai été rencontrer.
42:55J'ai été rencontrer
42:55ses collègues
42:56dans une petite manifestation
42:57qu'ils organisaient
42:58il y a quelques semaines
42:59de cela juste avant l'été
43:00après avoir écrit
43:01plusieurs courriers
43:02à l'éducation nationale.
43:03Cette professeure
43:04qui reçoit des menaces
43:05de mort
43:06et qui dit sa détresse
43:07devant le risque
43:08dans lequel elle se trouve
43:09et à qui on explique
43:11que non finalement
43:11tout va bien
43:12et qu'il n'y a pas de raison
43:13de s'inquiéter
43:14alors que
43:14en fait...
43:15qu'aurait-il fallu faire ?
43:16Mais il faut sortir
43:17de la culture
43:18qui aujourd'hui
43:19gangrène l'éducation nationale
43:20qui est la culture
43:21du pas de vague.
43:22Tous les professeurs
43:23de France connaissent
43:24cette culture
43:24et malheureusement
43:25Samuel Paty en est mort.
43:27Pas de vague.
43:28Faire comme si tout allait bien.
43:29Pas de vague face
43:30à l'islamisme.
43:31Pas de vague face
43:32à l'insécurité.
43:33Pas de vague face
43:33à la crise éducative
43:35dont les effets
43:35se font sentir
43:36tous les jours
43:37et qui fait qu'aujourd'hui
43:38pour beaucoup d'enseignants
43:38qui ont repris
43:39les semaines de classe.
43:40Il y a eu quand même
43:41des ministres
43:42qui sont arrivés
43:42avec l'intention de...
43:44En tout cas
43:44un affichage,
43:45un discours
43:46qui n'était pas pas de vague.
43:47Je ne conteste pas l'intention
43:48mais la réalité
43:49c'est que ça n'a pas changé
43:50aujourd'hui.
43:51Et la réalité
43:51c'est que
43:52dans l'éducation nationale
43:53nous vivons
43:54l'effondrement
43:55d'un service public
43:57l'effondrement silencieux
43:59de la mission
44:00la plus fondamentale
44:01pour notre société.
44:02Malgré le dévouement
44:03des professeurs
44:04qui se donnent
44:05tous les jours
44:05dans des conditions
44:07souvent extrêmement difficiles
44:08notre école
44:10est en train
44:10de s'effondrer
44:11sur elle-même.
44:12Comme l'hôpital public
44:13sans aucun doute
44:13dont on parle parfois
44:14un peu plus
44:15dans une forme de silence
44:16qui me paraît extrêmement dangereux
44:18pour l'avenir de notre pays.
44:19Jean-Michel Blanquer
44:20avait essayé
44:22de changer en profondeur
44:23l'éducation nationale.
44:24Est-ce que vous
44:25vous pensez
44:26qu'au fond
44:26dans les structures actuelles
44:28c'est plus possible
44:29et qu'il faut changer
44:30entièrement de modèle ?
44:31Il faut changer de modèle
44:32en tous les cas
44:33il faut tout reprendre
44:34du début.
44:35Regardez encore une fois
44:36simplement la réalité
44:37du constat.
44:38Repartons des
44:38et repartons des chiffres.
44:39Nos élèves sont
44:40c'est ce que montre
44:41l'enquête Teams
44:42qui est une enquête internationale
44:43que personne ne conteste
44:44pour son sérieux
44:45nos élèves sont
44:46les derniers
44:47d'Europe
44:48en mathématiques
44:49les derniers.
44:50L'enquête
44:50publiée par le ministère
44:52de l'éducation nationale
44:52lui-même
44:53mais vous qu'est-ce que vous
44:54feriez ?
44:54Le constat
44:56il est très important
44:56parce que malheureusement
44:57on fait l'impasse
44:58bien trop souvent.
45:00L'enquête
45:00publiée par le ministère
45:01de l'éducation nationale
45:02après la journée
45:03de défense citoyenneté
45:04qui permet
45:04de faire un test
45:06de lecture
45:07à tous les jeunes
45:07français à 18 ans.
45:09Un jeune français
45:09sur 5 à 18 ans
45:10a des difficultés
45:12majeures
45:12pour lire
45:13le français
45:14correctement.
45:15Un jeune français
45:16sur 5.
45:1620% des jeunes français.
45:18Et nous avons
45:18le système scolaire
45:19le plus inégalitaire
45:20de l'OCDE.
45:21Une fois qu'on a posé ça
45:22on voit la réalité
45:23du changement
45:23complet
45:25qu'il va falloir
45:26vivre au sein
45:27de l'éducation nationale.
45:28Et ça, ça suppose
45:29encore une fois
45:30de mettre en oeuvre
45:31une politique
45:32très très ambitieuse.
45:34Mon regret
45:34c'est que depuis des années
45:35finalement
45:35quelles que soient
45:36les majorités
45:36qui se sont succédées
45:37depuis finalement
45:38en particulier
45:39François Hollande
45:40et ses ministres
45:41on n'a jamais cessé
45:42de faire toujours
45:43la même chose
45:44moins d'heures de cours
45:45moins de cours
45:46sur les matières fondamentales
45:47toujours plus
45:48de dispersion
45:49des savoirs
45:50toujours moins
45:51de transmission
45:51et d'une certaine manière
45:53toujours moins
45:55de concentration
45:55de l'école
45:56sur ce qui est
45:56le cœur de sa mission
45:57c'est-à-dire
45:57enseigner et instruire.
45:59Une dernière question
45:59très très rapide
46:00sur ce sujet
46:01qui peut sembler
46:01plus anecdotique
46:02mais il y a
46:03de nombreux profs
46:03qui témoignent aujourd'hui
46:04de l'irruption
46:05de l'intelligence artificielle
46:06dans leur quotidien
46:07notamment les copies
46:09rendues par les élèves
46:10avec souvent du copier-coller
46:12comment on fait
46:13avec l'IA ?
46:15D'abord
46:16comment on fait
46:16avec le numérique ?
46:17Beaucoup de professeurs
46:18témoignent
46:18c'est Camille Desjardins
46:19qui a publié un livre magnifique
46:21qui s'appelle
46:21Pour sauver l'école républicaine
46:23qui parle du danger majeur
46:25que représente aujourd'hui
46:26l'irruption des écrans
46:27dans les salles de classe
46:28et le fait que l'écran
46:29fait concurrence
46:30directement au travail
46:31de l'enseignement
46:32on voit bien qu'il y a là
46:33un enjeu majeur
46:34et moi je le dis depuis
46:35très longtemps
46:36j'ai publié un livre
46:36en 2014
46:37Donc l'IA il faut faire
46:38comme si ça n'existait pas ?
46:39J'ai publié un livre
46:39en 2014 sur ce sujet
46:40dans lequel je disais
46:41l'avenir de l'école
46:43c'est l'école sans écran
46:44l'avenir de l'enfance
46:46c'est l'enfance sans écran
46:47et peut-être que ça
46:48m'a valu à l'époque
46:49d'être traité d'horrible
46:50conservateur rétrograde
46:51mais vous verrez
46:52qu'on y viendra
46:52pourquoi ?
46:53Parce qu'aujourd'hui
46:54ce qui fera la différence
46:55demain
46:56entre ceux qui seront capables
46:57de gouverner
46:58leur propre vie
46:59et ceux qui seront conduits
47:00à ne faire que la subir
47:01c'est le fait d'avoir grandi
47:03avec sa capacité d'attention
47:05sa capacité de concentration
47:06d'avoir pu contrôler
47:08sa propre attention
47:09et c'est ce qui est menacé
47:10aujourd'hui
47:11par une société
47:12qui donne des téléphones
47:13supposément intelligents
47:15à des enfants
47:15à partir de 8, 9, 10 ans
47:17parfois plus jeunes encore
47:18c'est ce qui fait
47:19que les réseaux sociaux
47:20sont devenus
47:20l'ennemi mortel
47:22de la liberté
47:23l'ennemi mortel
47:24de l'équilibre
47:25l'ennemi du développement
47:26et de la vie des enfants
47:27Et les enfants
47:30qui auront grandi
47:31sans ces écrans
47:31seront les mieux à même
47:32de se servir de l'IA
47:33seront les mieux à même
47:34de se servir
47:35de tout ce qu'il y a
47:35dans le digital
47:36et de numérique
47:37de promesses
47:37pour réussir à servir
47:39l'humanité
47:39sans quoi
47:39nous vivrons
47:40une déshumanisation profonde
47:42de notre société
47:42On avance
47:43Nous avançons
47:48car comme chaque semaine
47:49François-Xavier Bellamy
47:50Françoise Fresseau
47:51interroge une question
47:52il y aura sans doute l'école
47:53mais il y en aura une autre
47:53qui sera au coeur
47:54du débat public
47:55et de la présidentielle
47:56c'est la question de l'immigration
47:58Oui vous disiez tout à l'heure
47:59que les partis conservateurs
48:01relèvent la tête en Europe
48:02mais on voit aussi
48:03en Europe
48:04l'extrême droite
48:06forte dans les sondages
48:08au Royaume-Uni
48:09en Allemagne
48:10en France
48:11des partis populistes
48:12qui travaillent
48:14les forces conservatrices
48:15sur le thème
48:16de l'immigration
48:17et c'est là-dessus
48:18que je voudrais
48:19vous interpeller
48:20on a vu quand même
48:21LR
48:21la doctrine de LR
48:22en matière migratoire
48:23évoluer fortement
48:24vous demandez notamment
48:25une révision constitutionnelle
48:27depuis très longtemps
48:28voilà
48:29pas depuis très longtemps
48:30ah si si si
48:31pas depuis très longtemps
48:32depuis quelques années
48:33pour dire au fond
48:34remettre aussi en cause
48:35certaines
48:36du droit européen
48:38contester
48:39la Cour européenne
48:40justice
48:41et donc
48:42c'est là-dessus
48:43que je voulais
48:43vous interpeller
48:44c'est au fond
48:45est-ce que vous estimez
48:46comme le Rassemblement
48:47national
48:47que
48:48pour reprendre
48:50la main
48:52sur l'immigration
48:52il faut revenir
48:53à des politiques
48:54nationales
48:55il faut dire
48:56non à l'Europe
48:57et il faut
48:58complètement inverser
49:00le cours des choses
49:01aujourd'hui
49:01ce que nous disons
49:03est très clair
49:04il faudra
49:05changer
49:06profondément
49:07de politique
49:08au plan européen
49:09comme au plan national
49:10et ça fait pas
49:11hier que nous disons ça
49:13je disais
49:13en 2019
49:14que nous avions besoin
49:15d'une double frontière
49:16reconstruire
49:17la capacité de l'Europe
49:18à maîtriser
49:19ses frontières extérieures
49:20pour redonner
49:21à nos états membres
49:22la capacité
49:22de décider
49:23de leur politique
49:24migratoire
49:25de manière souveraine
49:26c'est la politique
49:27que nous voulons
49:28et c'est celle
49:29que nous défendons
49:29et c'est pas le
49:30Rassemblement national
49:31qui dit ça
49:31en l'occurrence
49:32sur le problème
49:33que représente
49:34la jurisprudence
49:34de la Cour de justice
49:36de l'Union européenne
49:36et de la Cour européenne
49:37des droits de l'homme
49:38on pourrait ajouter
49:39pour nous en France
49:39le Conseil constitutionnel
49:40on l'a vu encore cet été
49:42avec la décision
49:42qu'il a rendu
49:43c'est 12 états
49:44européens
49:45sur 27
49:46qui ont signé
49:47un courrier
49:48pour demander
49:49qu'on sorte
49:50de cette jurisprudence
49:51affolante
49:52qui désarme
49:53aujourd'hui nos états
49:53quand le Conseil constitutionnel
49:55cet été
49:55censure la loi
49:57qui prévoyait
49:58qu'on pouvait retenir
49:59plus de 90 jours
50:01dans des centres
50:01de rétention
50:02des étrangers
50:03en situation irrégulière
50:04suspectés
50:05ou condamnés
50:06pour terrorisme
50:06pour terrorisme
50:07alors que la règle européenne
50:09c'est qu'on peut les garder
50:10pendant plusieurs mois
50:11la règle appliquée
50:12en Allemagne
50:13en Espagne
50:14dans la plupart
50:15des pays européens
50:15c'est parfois
50:16qu'on peut les retenir
50:17jusqu'à deux ans
50:18le Conseil constitutionnel
50:19interdit
50:19aux législateurs français
50:21détendre au-delà
50:22de 90 jours
50:22mais c'est une folie
50:23comment vous voulez
50:24que les français
50:24comprennent ça
50:25oui mais ce qu'on comprend
50:26aussi c'est qu'au fond
50:27vous vous dites
50:28il faut changer
50:29je peux comprendre
50:30votre réflexion
50:33mais ce que je ne comprends pas
50:34c'est où elle aboutit
50:35c'est à dire que
50:36première chose
50:37que vous faites
50:38c'est vous engagez
50:39un bras de fer
50:39avec le Conseil constitutionnel
50:40avec les institutions européennes
50:42et vous dites
50:43non non mais
50:43on reste quand même
50:44dans l'Europe
50:45mais en fait
50:45c'est explosif
50:46vous remettez en cause
50:47un certain nombre
50:49de règles européennes
50:50de valeurs européennes
50:51et vous dites
50:52non tout va très bien se passer
50:53qu'est-ce que vous appelez
50:53ces valeurs européennes
50:55est-ce que l'impuissance
50:56est une valeur européenne
50:57moi je suis rapporteur
50:59la sauvegarde des libertés fondamentales
51:01c'est une sauvegarde
51:02de ce qu'on appelle
51:03les droits de l'homme
51:03donc jusqu'où
51:05vous le remettez en cause
51:06et au nom de quoi
51:08vous le remettez en cause
51:08c'est un droit de l'homme
51:10de pouvoir immigrer
51:11illégalement
51:12n'importe où
51:13dans le monde
51:14quand on veut
51:15et quand on en a envie
51:16ça ne l'est pas
51:17et Françoise Ressau
51:17pour vous montrer
51:18que je crois
51:19que l'Europe doit
51:20jouer son rôle
51:21sur ce sujet
51:22je suis rapporteur
51:23sur le règlement européen
51:24sur les retours
51:25c'est le règlement
51:26qui détermine
51:27la manière
51:28dont les expulsions
51:29doivent s'organiser
51:30aujourd'hui nous avons
51:31une directive sur ce sujet
51:32qui en fait
51:33est une directive anti-retour
51:34qui empêche les états membres
51:35d'agir
51:36il faut changer la logique
51:37et demain
51:37et c'est un combat
51:38que nous portons
51:39avec la majorité
51:40des états membres
51:41de l'Union Européenne
51:42demain nous allons faire en sorte
51:43qu'effectivement
51:44quelqu'un qui rentre
51:45illégalement sur le sol européen
51:47soit certain
51:48de ne pas y rester
51:48aujourd'hui comme vous le savez
51:50quelqu'un qui a été débouté
51:51du droit d'asile
51:52une fois, deux fois, trois fois
51:53après cinq recours
51:54est sûr
51:55ou presque sûr
51:56de ne jamais être expulsé
51:58donc le droit d'asile
51:59il est contourné
51:59tous les jours
52:00dans notre pays
52:00est-ce que ça s'appelle
52:01les droits de l'homme ?
52:02Moi je crois
52:03exactement le contraire
52:04l'immigré
52:06essaye de forcer
52:08vos portes
52:08pour
52:08l'immigré
52:10il est peut-être là aussi
52:11parce qu'il vit
52:12des choses épouvantables
52:13parce qu'il va y avoir
52:14dans le monde
52:14des réchauffements climatiques
52:16des choses
52:17et qu'au fond
52:18on va sortir
52:19des fantasmes
52:21abstraits
52:21la réalité est très simple
52:22quelqu'un
52:23est soit éligible
52:25soit n'est pas éligible
52:26au droit d'asile
52:26quelqu'un qui est éligible
52:28au droit d'asile
52:28il doit pouvoir demander
52:29l'asile en dehors
52:30des frontières européennes
52:31et ensuite être accueilli
52:32et moi je crois
52:33qu'effectivement
52:34la France
52:35même parfois
52:36a refusé l'asile
52:37à des gens
52:38auxquels
52:39elle aurait dû
52:39le donner
52:40je pense aux interprètes
52:41afghans
52:41qui ont travaillé
52:42pour l'armée française
52:43qui n'ont jamais pu
52:44être accueillis en France
52:45et dont on sait
52:45malheureusement
52:46le sort terrible
52:47qu'ils ont eu
52:47au retour des talibans
52:48maintenant
52:49aujourd'hui
52:49la réalité
52:49elle est très loin de ça
52:50la réalité c'est que
52:52des gens qui ne sont pas
52:53éligibles à l'asile
52:53et qui ont présenté
52:55leurs demandes
52:55qui ont été déboutés
52:56qui ont fait un recours
52:57qui ont été déboutés
52:57un deuxième recours
52:58débouté également
52:59à la fin
53:00reste sur le sol français
53:02indéfiniment
53:03et ça pour ma part
53:04je crois
53:05que ça n'est pas
53:06les droits de l'homme
53:06que c'est un dévoiement
53:08total des droits de l'homme
53:09et que c'est même
53:09un dévoiement total du droit
53:11et que ce dévoiement
53:12du droit
53:12nous devons y mettre fin
53:13et nous allons le faire
53:15parce que oui
53:15nous organiserons
53:16en France
53:17quand nous aurons gagné
53:18l'élection présidentielle
53:19un référendum
53:20qui permettra aux français
53:21de décider souverainement
53:23de leur politique migratoire
53:24ce n'est pas
53:25le conseil constitutionnel
53:25on s'arrête
53:27qui est en dernier recours
53:27à la souveraineté
53:29sur cette question
53:29l'émission touche à sa fin
53:31François-Xavier Bellamy
53:32et on voudrait inaugurer
53:33avec vous
53:33une nouvelle petite séquence
53:35je pose des questions
53:36tous azimuts
53:37tous azimuts
53:38vous répondez d'un mot
53:39vrai ou faux
53:40ça va vite
53:41est-ce que vous voyez
53:42ministre de l'économie
53:43de l'éducation
53:44vrai ou faux
53:45François-Xavier Bellamy
53:46vous vous voyez bien
53:47vous verriez bien
53:48ministre de l'éducation
53:48vrai ou faux
53:49faux
53:52c'est une mission
53:53infiniment difficile
53:53ce qui compte
53:54c'est qu'on reconstruise l'école
53:55mais la question
53:55avec la garantie
53:57donnée par Bruxelles
53:58la France devrait donner
53:59son feu vert
53:59à l'accord commercial
54:00du Mercosur
54:01faux
54:02parce que cette garantie
54:03ne semble pas opérationnelle
54:04pour l'instant
54:05il faudrait revenir au septennat
54:06mais un septennat unique
54:07vrai ou faux
54:08pas forcément unique
54:09mais en tous les cas
54:10je crois qu'il faudrait
54:10revenir au septennat
54:11il y a beaucoup
54:12de mixité sociale
54:13aux soirées de la philosophie
54:14que vous organisez
54:15au théâtre Antoine
54:15vrai
54:16je serais heureux
54:17d'y accueillir France Inter
54:17vous avez déjà voté
54:19Rassemblement National
54:20vrai ou faux
54:23ça vous laisse perplexe
54:28ça vous laisse perplexe
54:29je crois qu'il y a un isoloir
54:30en France
54:30c'est sans doute
54:30pour de bonnes raisons
54:31la vérité c'est que mon travail
54:32c'est de reconstruire la droite
54:33et je vous explique
54:33pourquoi le Rassemblement National
54:34refusait de l'incarner aujourd'hui
54:36j'ai pas de réponse
54:37pas de vrai ou faux
54:37merci
54:38merci beaucoup
54:39François-Xavier Bellamy
54:40d'avoir été
54:41l'invité de questions politiques
54:43auditeurs
54:44téléspectateurs
54:45nous vous souhaitons
54:46un excellent dimanche
54:47on se retrouve
54:48la semaine prochaine
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