00:00C'est toujours intéressant d'avoir le regard aussi des auditeurs et des français qui nous écoutent.
00:06On va changer complètement de sujet, voilà ce qu'on pouvait dire sur la politique.
00:09Et maintenant on va venir sur la question de la sécurité.
00:12La France face à la drogue, la France face au trafic de stupéfiants.
00:18Et c'est une information qu'on pourrait voir dans un film de Scorsese en fait.
00:21C'est ça qui est dingue.
00:22Écoutez bien attentivement Europe 1 parce que c'est une histoire de dingue.
00:26C'est la triste réalité dans une ville française, celle d'Orange.
00:32La préfecture a interdit une distribution de fournitures scolaires organisées par les dealers.
00:39Un réseau de trafiquants avait annoncé son opération caritative en début de semaine.
00:45Et c'est le sous-préfet qui refuse que soit ainsi diffusée une image positive de la criminalité organisée.
00:50Quand je vous dis que c'est un film de Scorsese, c'est cette scène dans Les Affranchis.
00:54Vous savez, vous avez les mafieux qui arrivent, ils ouvrent le camion réfrigéré avec de la viande qui donne à la population.
01:01Bon, on a pu voir ça aux Etats-Unis avec la mafia italienne.
01:05On peut voir ça aussi au moment où la mafia était à son paroxysme en Italie ou encore en Amérique latine.
01:11Bon, mais là c'est en France, c'est à Orange.
01:14On va écouter le sujet de Charles Bouchin et on en parle juste après.
01:17Oui, plus précisément par le FV Gang, un groupe lié au trafic de stupéfiants.
01:21C'est sur TikTok que les dealers annoncent la distribution de fournitures scolaires.
01:25On y voit une image illustrée de dessins colorés avec trombones, classeurs et stylos ainsi que le lieu du rendez-vous.
01:30Un gymnase de la cité de Fourchevieille.
01:32Bruno Bartosetti au micro de CNews.
01:34Il est responsable du syndicat Unité SGP Police pour le sud de la France.
01:38Les réseaux de stupes sont bien implantés, notamment dans ce département du Vaucuse qui est reconnu comme un des plus pauvres de France.
01:46Et ça démontre que ces réseaux fonctionnent encore parce qu'il y a beaucoup de mobilité, on le sait.
01:50Dans son arrêté, le préfet indique que la réalisation par ce réseau d'une action caritative
01:54aurait eu pour effet de diffuser une image positive de criminalité organisée liée au trafic.
01:59Une opération similaire de distribution de fournitures scolaires avait déjà été organisée en septembre 2024
02:04par des personnes liées au narcotrafic local et se revendiquant du groupe FV Gang.
02:09Alors ce qui est essentiel Thomas Bonnet, c'est de dire que c'est dans un quartier prioritaire de la ville.
02:14Et là, on en vient à un sujet qui est majeur, un sujet qui est tabou, une faillite XXL, c'est la politique de la ville.
02:21En France, depuis 2010, il y a plus de 110 milliards d'euros qui ont été déversés pour la politique de la ville.
02:27On est dans un quartier prioritaire, vous avez des dealers qui essayent d'organiser en toute impunité sur les réseaux sociaux,
02:34une sorte de fête caritative, une opération caritative pour donner des fournitures scolaires aux habitants.
02:43On vit dans un autre monde.
02:45On vit dans un autre monde, on est dans la deuxième phase de la conquête du territoire.
02:49C'est-à-dire la première phase, c'est l'occupation du terrain.
02:51Ce sont les dealers qui occupent un quartier et font régner la loi du silence,
02:56où effectivement ils vendent de la drogue, etc.
02:58La deuxième phase, c'est l'occupation des esprits.
03:00Et c'est là où on se situe actuellement.
03:01C'est-à-dire que désormais, ils veulent acheter une forme de bienveillance de la part de ces habitants.
03:05La troisième phase, ce sera l'occupation des institutions.
03:09Et là, on a déjà eu des alertes, notamment de la part des préfets, sur les élections municipales.
03:13Donc c'est évidemment très inquiétant.
03:14Ça pose la question de l'absence de l'État dans ces quartiers,
03:18malgré le fait qu'on ait investi des milliards d'euros au cours des dernières années.
03:22Donc effectivement, la question se pose de qu'est-ce qu'on fait de cet argent ?
03:26Où va cet argent ? Par qui est-il récupéré ? Par qui est-il utilisé ?
03:29Il y a eu un débat cette semaine qui était très intéressant entre Sarah Knafo et Juliette Néadelle,
03:33qui est l'actuel ministre de la Ville, pour quelques jours encore en tout cas.
03:36Et c'est vrai qu'on voyait vraiment deux visions de la société.
03:39Déjà, elle n'était pas d'accord sur les budgets.
03:41Bon, ça à la limite, on a bien compris.
03:42C'est 110 milliards, plus de 110 milliards depuis 2010.
03:45Mais la question c'est, est-ce que c'est le rôle de l'État d'aller investir de l'argent dans des quartiers
03:49pour des résultats qui ne sautent pas aux yeux ?
03:51Quand vous allez aujourd'hui dans un quartier prioritaire de la ville,
03:53vous ne vous dites pas qu'on a investi beaucoup d'argent au cours des dernières années ?
03:55Moi, ce qui peut être insupportable pour les Français, par exemple, dans les zones rurales,
04:00c'est de se dire, mais pourquoi nous, on n'a pas la chance d'avoir ces milliards qui sont investis,
04:04alors que nous aussi, on est en déshérence.
04:06Nous aussi, on est en souffrance.
04:08Et pour autant, on n'est pas dans le trafic de stupéfiants.
04:10Pour autant, on ne casse pas.
04:11Pour autant, on ne pille pas.
04:12Je pense à la mère de Romand-sur-Isère, par exemple.
04:14Rappelez-vous, après l'affaire de Thomas, Marie-Hélène Thoraval,
04:18qui disait, le quartier de la monnaie, c'est un quartier qui est pourri par le trafic de drogue.
04:23Ce sont quelques familles seulement qui font régner la loi.
04:26Elle a eu le malheur de dire ça en disant que ce n'est pas un fait divers,
04:29c'est un fait de société.
04:31Elle a été menacée, attaquée.
04:33Vous avez même eu une manifestation dans le quartier de la monnaie
04:35contre elle parce qu'ils considéraient qu'elle avait stigmatisé le quartier, Jules Torres.
04:40Non, parce qu'en réalité, les narcotrafiquants veulent faire une bataille de territoire,
04:45comme l'a dit très justement Thomas.
04:47Donc, dans une bataille de territoire, il y a une bataille de société,
04:51il y a une bataille de culture,
04:53et la culture doit être celle qui est dominante quand on veut accaparer le territoire.
04:58C'est la raison pour laquelle on s'en prend aux représentants de l'État.
05:01Ce ne sont pas les préfets, ce sont bien souvent les maires.
05:04Mais il faut savoir quand même qu'on se bat face à une entreprise qui est de la taille du CAC 40.
05:10Le narcotrafic, c'est 7 milliards d'euros de chiffre d'affaires,
05:15selon le dernier rapport de l'Office anti-stubifiant.
05:18Et là où moi je mettrais un bémol sur les quartiers et la politique de la ville,
05:23c'est que le narcotrafic ne touche pas que la politique de la ville.
05:26Il y a un rapport de la Cour des comptes qui vous dit qu'il y a 79% des communes aujourd'hui
05:31qui sont touchés par le narcotrafic, donc même des petites communes de 3 000 ou 4 000 habitants
05:35au fin fond du Jura ou de la Creuse, et bien ils sont touchés par ce narcotrafic.
05:40Donc le sujet, il n'est pas finalement que sur la politique de la ville.
05:43Oui c'est pire parce qu'on a mis des millions, pour ne pas dire des milliards, là-dedans,
05:47mais le sujet il est national, on doit s'en prendre à un mastodonte qui est une pieuvre.
05:56C'est pour ça qu'on n'est peut-être pas dans un narco-état, mais en tous les cas on a des narco-quartiers.
06:01Ça c'est une évidence.
06:02Je l'ai raison de rappeler que ça ne touche pas que les quartiers prioritaires de la ville.
06:05En revanche, on peut dire ici assez facilement que la quasi-totalité des quartiers prioritaires de la ville
06:09sont gangrénés par le narcotrafic.
06:11Donc dans ce sens-là, c'est que là ça pose un problème.
06:12Et moi je pense aux habitants de ces quartiers, parce que vous avez une grande majorité de ces habitants
06:17qui subissent au quotidien la loi de ces narcotrafiquants,
06:20qui pour certains peuvent bénéficier de la politique de la ville.
06:23Il ne s'agit pas ici de dire que ça ne sert à rien.
06:26Effectivement, il faut qu'il y ait des investissements, notamment pour les établissements scolaires.
06:30C'est tout à fait normal.
06:30Le problème c'est, est-ce qu'il y a une vérification de l'État pour aller voir où va cet argent ?
06:34Moi j'ai le souvenir du plan Marseille en grand, qui avait été initié par Emmanuel Macron.
06:39La Cour des comptes, qui n'est quand même pas la plus anti-macroniste des institutions,
06:43avait dit qu'on ne sait pas où va cet argent.
06:45C'est-à-dire qu'on investit des milliards sans se préoccuper d'où on les investit.
06:49D'oh serons de je plot en quelque sorte.
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