00:00Pour le maire d'Auriac d'assister à cette cérémonie d'ouverture de ce festival international de théâtre de rue.
00:08C'est un moment important parce que la ville se transforme, elle se modifie,
00:13et c'est vous, artistes, festivaliers, qui amenez cette dynamique sur notre territoire,
00:21mais qui aussi réenchantez le monde et qui nous permettent de regarder l'avenir avec un peu plus d'optimisme
00:28dans les situations difficiles que nous traversons en ce moment.
00:32Et le témoignage des artistes brésiliens est très important pour bien souligner les risques politiques
00:39qui sont immanents à notre évolution de la société.
00:45J'ai pas voulu...
00:46Alors, quand j'ai voulu regarder les discours précédents que j'avais faits,
00:54alors je sais que c'était le thème de la lutte qui était souhaité par le festival Éclat,
01:01et quand j'ai regardé un peu les différents discours que j'avais faits précédemment,
01:06eh bien je me suis aperçu que j'étais pas aussi bon,
01:10et je suis surtout tombé sur un poème d'un artiste que certains d'entre vous ont connu,
01:16qui est Jean-Georges Tartare, et qui a illuminé ce festival.
01:19Jean-Georges était un artiste amoureux, militant du festival, bienveillant et humaniste.
01:30Et quand j'ai relu son poème, toujours d'actualité,
01:33je me suis dit que je ne pouvais rien écrire de mieux.
01:36Et je souhaiterais vous le lire, parce que ce poème, il me l'avait envoyé
01:39à un jour d'inauguration du festival, où il ne pouvait pas être là,
01:42et il avait mis tout ce qui faisait pour lui l'importance de ce festival et des arts de la rue.
01:52Donc je cite Jean-Georges Tartare.
01:55« L'art, dit le poète, est ce qui rend la vie moins ennuyeuse que l'art.
02:01Il est vrai que la vie nous vaut bien des décrochements de mâchoires,
02:06aux litanies des guerres et aux décomptes des morts
02:09qui résonnent dans nos salons sans toucher leur décor,
02:13où l'as d'atrocité, on n'espère plus qu'en la publicité.
02:19Pourtant, les poètes poussent des cris sauvages,
02:22mais leurs cris sont couverts par les radotages.
02:26Pourtant, l'art vivant palpite plus que jamais,
02:30mais la vie cède aux avis de décès.
02:32Le poète tue sa ration de riz à la flamme du gaz de Syrie,
02:40mais l'enfant affalé sur la plage ne lira jamais ses pages.
02:45À son image, prostrée par l'impuissance,
02:48nous errons comme des zombies au cimetière du sens.
02:52La peur nous sert de raison, la terreur de prudence,
02:56et pour comble, nous voilà en gale de finances.
02:59Pourtant, plus de 600 compagnies sont ici,
03:05alors nous distrairons-t-elles de l'ennui ?
03:07Sans doute nous réjouirons-t-elles jour et nuit
03:11pour nous laver l'esprit de l'homme.
03:13Sous-titrage Société Radio-Canada
03:43Sous-titrage Société Radio-Canada
04:13Mais sans blague, hein ?
04:17Madame, tenez, madame, est-ce que vous en voyez une autour de vous ?
04:21Non, plutôt.
04:21Ok, tout le monde scrute, cherchez.
04:23Est-ce que vous en voyez ?
04:25Oui ? Incroyable.
04:27Vous voyez, c'est rare, mais il y en a quand même quelques-unes.
04:29D'autres ? Non ?
04:31Alors, imaginez juste, je vous la fais quand même tranquille.
04:35Imaginez une terre super fertile,
04:39avec un écosystème de dingue,
04:41où ça communique, ça interagit, ça vit,
04:44et là, bam !
04:46Bon, je vous la fais très courte, hein ?
04:47Mais on met du béton partout, partout,
04:49on recouvre tout, hein ?
04:52On bétonnise le vivant,
04:54et qu'est-ce qu'on voit malgré tout ?
04:57La vie.
04:58Ça.
04:58Ça.
05:03Ça, en fait,
05:04c'est une plante qui s'appelle la saxifrage.
05:06Je ne sais pas si vous savez ce que c'est.
05:08En fait, en latin,
05:10saxon, c'est rocher,
05:13et fragaré, c'est brisé.
05:16Donc cette plante,
05:17elle s'appelle perce-pierre.
05:20Non, mais c'est un truc de fou.
05:21Je veux dire, c'est pas anodin si je vous raconte ça,
05:23c'est qu'en fait, cette plante,
05:25vous voyez, sur son chemin, comme ça,
05:27elle avance,
05:28et là, elle voit un énorme obstacle,
05:30mettons un rocher,
05:31ou le capitalisme.
05:32Bon, mettons un rocher.
05:34Elle voit un énorme obstacle, comme ça,
05:36et en fait, elle commence à faire le tour,
05:38mais c'est pas, elle le contourne,
05:40non, non, non.
05:40Elle fait tout le tour, comme ça,
05:43tout le tour de la roche,
05:45elle trouve sa faille,
05:48elle s'immisce dans la faille,
05:50comme ça, péniblement,
05:52elle va à l'intérieur du rocher,
05:54et là,
05:55elle la brise !
05:58Et après, elle continue sa route
06:00et va trouver la lumière à la surface.
06:02Donc cette plante,
06:03elle porte en elle un message incroyable
06:07de lutte et de résistance
06:10quand le climat se fait austère !
06:13Quand le climat se fait austère
06:22et que, voilà, notre humanité,
06:23elle se bétonnise,
06:25comme ça, il y a des petites plantes,
06:26il y a des micro-utopies.
06:28Et le festival d'Oriac,
06:30c'est une de ces micro-utopies
06:32qui percent la pierre
06:34et qui continuent, malgré tout,
06:36à nous offrir des oasis
06:38de liens, de communs,
06:40de diversités,
06:42des oasis où on se raconte des histoires
06:44pour couper la tête des géants,
06:47des histoires
06:48pour se rappeler
06:49que ce qui disparaît
06:51est encore visible,
06:53des jeux aussi,
06:54des jeux que l'on fait
06:56pour briser les cadres,
06:57pour se rappeler
06:58que la rue,
06:59elle est à nous !
07:08Des jeux qui ouvrent
07:09de nouveaux possibles !
07:11Genre, on joue,
07:12viens, on joue !
07:12Viens, en fait, on dit
07:13que demain, il fera beau
07:15et que tous les spectacles
07:16auront lieu !
07:18On joue !
07:21Nous jouons !
07:22Et pendant les quatre prochains jours,
07:24nous allons jouer ensemble !
07:25Parce que nous, nous jouons !
07:27Ici, maintenant, malgré tout,
07:29nous jouons !
07:31Nous jouons !
07:32Alors que les murs s'effritent !
07:35Nous jouons !
07:36Alors que les bombes déchirent le ciel,
07:38que les visages se ferment,
07:40et que la peur écrit les lois !
07:42Nous, nous jouons !
07:44en ce que c'est
08:01il est ensemble.
08:01Il est tout cas attendu !
08:03C'est bon, on fait toute la bâtirée.
08:08Bravo, toute la bâtirée, il y a une équipe de grimpe de l'Éric Guillard.
08:33Sous-titrage Société Radio-Canada
09:03C'est bon, c'est bon.
09:33C'est bon.
10:03C'est bon.
10:33C'est bon.
11:03C'est bon.
11:33C'est bon.
12:03C'est bon.
12:33C'est bon.
13:03C'est bon.
13:33C'est bon.
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