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  • il y a 5 mois
Figure du don solidaire en France depuis plusieurs décennies, Emmaüs est aujourd’hui menacé par la fast-fashion. Depuis quelques années, les arrivages massifs de vêtements trop souvent de mauvaise qualité et impossible à redistribuer submergent les centres de tri.

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Transcription
00:00Ah du chi-in !
00:01A l'odeur, on sent que ça a été vachement porté.
00:05Figure du don solidaire en France depuis plusieurs décennies,
00:08Emmaüs est aujourd'hui menacée par la fast fashion.
00:11Depuis quelques années, la communauté est submergée
00:14par des arrivages massifs de vêtements,
00:16trop souvent de mauvaise qualité et impossibles à redistribuer.
00:20Pas ouf du tout celui-là.
00:22Celui-là, on voit qu'il a été pas mal porté parce qu'il est assez déformé.
00:25Au bout, on voit que c'est sale, que c'est jauni.
00:26Et puis, on veut pas vendre des choses qui vont tenir un, deux lavages
00:30et qui, à force, vont faire des trous.
00:34Alors, ah ouais, non.
00:37Celui-là, il est pas du tout en bon état.
00:39Là, il y a une tâche.
00:40Ici, il y a un joli trou, donc on va pas pouvoir le vendre en l'état.
00:44Au total, sur un an, le centre de tri de Pantin
00:47collecte à lui seul 150 tonnes de vêtements et n'en garde que 15%.
00:50On arrive à notre grosse difficulté.
00:53C'est du coup les vêtements qui ont des défauts, qu'on peut pas réutiliser.
00:58Donc là, c'est l'équivalent d'une journée de travail.
01:03Chez In, Primark, franchement, on en reçoit énormément.
01:06C'est la majorité des choses qu'on reçoit.
01:08Et en fait, ça tient pas le lavage.
01:11On reçoit tellement de textiles, tellement de choses
01:14qu'on a des difficultés à envoyer cette quantité-là à nos partenaires.
01:20Pour bien comprendre la menace que représente la fast fashion pour Emmaüs,
01:24il faut se rendre à quelques kilomètres du centre de tri.
01:26On a cet espace qui est un espace un peu particulier,
01:28qui est un espace d'apport volontaire.
01:30Donc là, les donateurs, le grand public, peuvent venir ici déposer leurs éventuels dons.
01:36Aujourd'hui, c'est un petit peu particulier parce que l'endroit est fermé pour les vacances.
01:39Et du coup, on en profite pour gérer un flux qui est un peu exceptionnel ces derniers temps,
01:45qui est un peu cette montagne de textiles ici.
01:48Les anciens de chez nous nous disent que ça fait une vingtaine d'années, bien vingt ans,
01:54que les quantités augmentent, mais surtout, surtout que la qualité baisse
01:58et est de plus en plus catastrophique.
02:00Ces dizaines de sacs de vêtements entassés sont la conséquence d'une crise majeure
02:03qui touche les boutiques solidaires jusqu'au bout de la chaîne de dons.
02:07Notre plus gros problème, c'est plus sur l'après et en effet,
02:10que faire de tout ce stock qu'on n'arrive pas à réemployer.
02:14Car même les relais partenaires d'Emmaüs, censés trouver un point de chute aux pièces invendables,
02:19refusent d'absorber autant de textiles de mauvaise qualité,
02:22eux qui pâtissent déjà de l'instabilité géopolitique.
02:24Là, le relais du coup, un peu en contestation et pour montrer aussi l'ampleur du problème,
02:31il y a un peu moins de deux semaines, a stoppé ces collectes.
02:37Et du coup, là, pour vous montrer un peu l'ampleur des quantités,
02:42c'est deux semaines de quantité que d'habitude on envoie nous au relais.
02:47On dit qu'il y a à peu près par habitant en France par an,
02:5142 vêtements de neuf qui sont mis sur le marché.
02:54Donc c'est quand même énorme par habitant.
02:56Le vrai sujet étant le début de la chaîne,
02:59parce que forcément on n'arrivera jamais à réguler et à bien traiter la fin de la chaîne
03:06si on est toujours dans le plus de consommation, toujours dans le plus de production.
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