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  • il y a 6 mois
Aimé JACQUET en 1998 Ma vie pour une étoile

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Transcription
00:00Générique
00:00Madame, Monsieur, bonjour. L'homme que nous allons recevoir est littéralement entré dans l'histoire.
00:16Il a marqué de son empreinte quelques heures de gloire où tout un pays s'est retrouvé derrière une équipe, une équipe de football.
00:23Derrière des hommes qui ont vécu une aventure extraordinaire autour de lui.
00:26Nous allons écouter son témoignage, mais d'abord, retour sur cette page de rêve.
00:34On en a rêvé, ils l'ont fait. Les 22 meilleurs joueurs du monde sont français.
00:45Entre leurs mains, 5 kilos d'or pur. Un rêve pour tous devenu enfin palpable.
00:56La victoire d'un groupe dominé par l'esprit collectif, l'envie d'être ensemble, de se mettre au service des autres, au service de l'équipe.
01:05Enfin, champion du monde.
01:21Longtemps, le coup passa si près.
01:23La victoire se fit en prier.
01:25L'attente fut si longue que le plaisir en fut encore plus intense, plus immense.
01:30L'équipe de France, dernière championne du monde de ce siècle, succède à l'Italie, l'Argentine, l'Allemagne et le Brésil.
01:47Une victoire qui appartient désormais à l'Histoire.
02:01Aimé Jacquet, merci infiniment d'être avec toute cette victoire.
02:04Elle vous appartient aussi, bien sûr.
02:06Vous dites dans un formidable livre qui vient de sortir aux éditions Robert Laffont-Plont,
02:10vous dites, je ne m'appartenais plus, c'était comme un grand trou noir ce que je vivais.
02:16Oui, paradoxalement, au moment où on a obtenu cette victoire, c'est le vide, c'est le trou noir.
02:22Je ne sais pas très bien où je suis, qu'est-ce que je fais.
02:27Et toutes les images qui repassent, toute une vie qui repasse.
02:31Donc c'est quelque chose de très...
02:32Attendez, vous ne vous appartenez plus, vous dites, j'ai le regard absent sur les photos, je ne suis plus là,
02:36je ne sais même plus si je vais féliciter l'entraîneur de l'équipe du Brésil.
02:39Oui, il y a comme un trou, je ne sais plus ce que j'ai fait à partir du coup de sifflet final.
02:44Je ne m'en souviens plus du tout.
02:46Alors, on va revenir évidemment sur cette épopée des Bleus extraordinaire.
02:48Et puis des images qui nous reviennent, les Champs-Élysées, vous ne pouviez pas y être tout de suite après.
02:53Cette marée humaine, on a dit, on n'avait jamais vu ça depuis la Libération.
02:55Oui, mais c'est la grande fierté, le grand bonheur qu'on a donné aux gens qui restent.
02:59C'est ça qui est fort pour nous, c'est qu'on s'est aperçu subitement que toute la France s'était identifiée à cette équipe.
03:06Et c'était une découverte merveilleuse pour nous.
03:09Et ensuite, tous ces gens qui étaient tellement heureux, qui avaient envie d'échanger, qui avaient envie de parler,
03:16qui avaient envie de faire la fête, on retrouvait une France complètement, je dirais, épanouie.
03:22On revit ces quelques instants, on se replonge dans ces moments de folie.
03:25Du jamais vu, depuis bientôt un demi-siècle.
03:31Paris qui exulte, Paris qui tient ses libérateurs.
03:35Un million et demi de personnes sur les Champs-Élysées.
03:37Une nuit blanche pour voir la vie en bleu.
03:43Et dans cette marée humaine, un déferlement de bonheur.
03:47L'écume d'un rêve qui enfin s'est réalisé.
03:50On a montré que tous unis, on pouvait gagner.
03:55On a montré que tous unis, on pouvait gagner.
03:57On a montré que tous unis, on pouvait gagner la pique du monde.
03:58On a montré que tous unis, on pouvait gagner la pique du monde.
04:00C'est de la pure folie là.
04:02C'est de la pure folie.
04:04Je ne les connais pas, tout le monde sain, tout le monde il est beau.
04:07Et pour tout le monde, les mêmes héros.
04:09Cette équipe de France où chacun peut trouver son idole.
04:11Et pour tous, la même bannière tricolore.
04:34Jusque tôt ce matin, l'esprit unique de cette Coupe du Monde a coulé dans les artères de la capitale.
04:40Et une certitude pour vous, Aimé Jacquier.
04:43Vous saviez déjà à ce moment-là que l'équipe était invincible quasiment pour cette finale.
04:47Il y avait surtout une grande conviction.
04:49Certitude, il faut faire toujours très attention parce qu'il faut pratiquer l'humilité.
04:53Nous, les sportifs, on sait très bien que ça joue sur peu de choses.
04:55Une barre par exemple.
04:56Allez, on va dire une barre.
04:57Non, je dis que moi j'étais tellement confiant dans tout ce qu'on a fait, dans toute notre préparation.
05:04La minutie, le professionnalisme qu'on a mis.
05:07La volonté que ce groupe a voulu, je dirais, vivre ces moments-là.
05:12Et puis toute cette pression, cette tension.
05:16Et puis, comment dirais-je, cette audace qui a animé.
05:20C'est un moment extraordinaire.
05:21Alors, il y a le doute sur la présence ou pas de Ronaldo avant le match.
05:26Ça vous inquiète ça ?
05:27Parce qu'il y a une feuille qui circule.
05:28On voit une feuille de match, il n'y est plus.
05:30Le technicien, il est surpris.
05:32Il est surpris, il dit qu'est-ce qui se passe.
05:36Zagallo, je le connais très bien.
05:37Ce n'est pas lui qui va, comment dirais-je, essayer de monter un coup.
05:41Non, je dis, ce n'est pas possible.
05:42Ça ne vous a pas déstabilisé en tous les cas ?
05:44Non, non, pas du tout.
05:45Puis j'avais Laurent Blanc qui était avec moi, qui était malheureusement privé de cette finale.
05:49Et lui, il m'a dit, coach, je ne sais rien, je ne sais rien, il sera là.
05:53Et en effet, il a été Israël.
05:55Vous aviez, on peut dire, la meilleure attaque avec Zizou, Djorkaev.
06:00On avait surtout un groupe exceptionnel.
06:02Et ce qui a été pour moi extrêmement fort, c'est qu'il y avait 22 joueurs et 22 hommes.
06:0922 hommes qui avaient envie de réussir quelque chose de fabuleux
06:13et qui s'étaient mis dans la tête d'aller jusqu'au bout et de gagner.
06:17Et de gagner surtout.
06:18Vous avez chanté, et 1, et 2, et 3, 0 ?
06:21On l'a chanté souvent, je vais vous dire.
06:23Après chaque victoire, on s'est libéré.
06:24Ça m'en vient encore, et 1, et 2, et 3, 0.
06:26Et heureusement, et puis toute la France l'a repris derrière.
06:28Alors, on revit, et 1, et 2, et 3, 0.
06:30La France qui gagne la Coupe du Monde, il faut le répéter peut-être pour le croire.
06:36Et pourtant, au vu du match, il n'y a rien à y redire.
06:38Les joueurs français qui étaient entrés déterminés sur la pelouse du Stade de France,
06:41on ne le savait pas encore, on l'espérait juste.
06:43On souhaitait qu'ils ne ratent pas leur finale face aux géants brésiliens.
06:47Barthez, qui a son bisou, et la France, qui a ses premières occasions.
06:50Zidane, pour Guy Varche, ça ne passe pas, mais on sent quand même que c'est bien parti.
06:55Mais les Brésiliens ont un statut à défendre.
06:57Tête de Rivaldo, arrêt de Barthez.
06:59Le gardien français est manifestement dans un grand soir.
07:0427e minute maintenant, ça y est, c'est fait.
07:06La France a ouvert le score.
07:09Et ça n'est pas fini.
07:11Voilà que Guy Varche se présente seul devant Taffarel.
07:142-0 ? Non.
07:15Mais ça n'est que partie remise, car voici bientôt la 46e minute de jeu.
07:20Bis repetita.
07:26C'est encore Zidane, c'est encore de la tête, et c'est encore dans les mêmes circonstances.
07:33Début de deuxième mi-temps maintenant, et voici la seule action de Ronaldo.
07:37Fabuleux Barthez, qui s'interpose magistralement.
07:40Détresse dans les yeux du meilleur joueur du monde, dit-on.
07:43Et les occasions françaises, qui se remettent de la partie.
07:46Guy Varche, une nouvelle fois tout seul.
07:48Non, un Breton ne marquera pas en finale.
07:53Guy Varche bientôt qui sort, remplacé par Dugarry.
07:56Et même cas de figure, ou presque.
07:57Mais non, un ancien Bordelais ne marquera pas en finale.
08:00Et puis, il y a aussi un ancien Nantais, qui ne finira pas la finale.
08:07Marcel Dessailly, qui reçoit là, un deuxième carton jaune, à la suite pourtant d'une belle volonté offensive.
08:13Une bonne volonté, mal récompensée.
08:15La faute est évidente, la sanction aussi.
08:18Dessailly, le meilleur français peut-être de ce mondial, voit sa fête un peu gâchée.
08:22Mais il se consolera bien vite, à la 90e minute.
08:28C'est le temps de l'apothéose, Dugarry, Vieira, et puis Petit, et puis le troisième but.
08:32Un président debout, un stade qui chavire, une équipe en plein soir de gloire,
08:42des joueurs qui battent, des quadruples champions du monde,
08:443-0 score final, mais pas point final de l'histoire,
08:47car croyez-moi, on en reparlera encore dans 100 ans.
08:51Cette étoile, vous l'avez bien gagnée, mais Jacques,
08:53et ma vie pour une étoile, publiée donc chez Robert Laffont et plançons vos souvenirs,
08:58et qui nous ramène aussi à votre enfance, à Saïs-aux-Cousans,
09:01dans ce petit village près de Saint-Etienne, une cinquantaine de kilomètres,
09:04à votre père bouché dans le village, à votre grand-père paralysé des jambes,
09:09que vous veniez voir, qui vous racontait les histoires de la guerre de 1914.
09:12Tous ces souvenirs, ça vous apporte quoi aujourd'hui ?
09:16C'est-à-dire que ça m'a permis surtout de revivre ces bons moments,
09:20parce qu'on vit des bons moments, et puis surtout, ça relativise un petit peu les choses.
09:25Je crois que ça fait du bien de se retremper dans son milieu, dans sa campagne,
09:31et puis à travers tout ce cheminement, voir tous ces gens qui vous ont...
09:35Ton père Claudius !
09:36Oui.
09:37Il vous a appris quoi ?
09:39Vous vous dites quelque part, c'est grâce, c'est grâce à lui, grâce à eux.
09:42Il m'a appris la rigueur, il m'a appris le travail, le respect du travail,
09:47le respect de ce qui est bien fait, et surtout aussi cet amour du travail,
09:53c'est-à-dire d'être toujours là, présent, généreux, disponible.
09:57Donc je n'ai fait que retransmettre ce qui m'a...
10:00Une certaine discipline aussi.
10:01Oui, très grande discipline.
10:02L'instituteur dont vous parlez dans le livre.
10:04Oui, l'instituteur, il existe encore, il est là, il est présent,
10:07il a tellement été pour nous quelque chose de fort,
10:11parce que dans un petit village, c'était le curé, l'instituteur,
10:14les personnes les plus importantes.
10:16Et à partir de là, tout reposait sur ces gens-là.
10:18Et Dieu sait qu'ils avaient sur nous un ascendant extraordinaire.
10:23Et il y avait le football déjà, quand même.
10:25On ne vivait que pour le football, que dans le football.
10:28Et puis moi, à cette époque-là, le football, c'était le jeu,
10:32la convivialité, les copains, la fête.
10:35Donc on faisait la fête.
10:36On jouait au football pour faire la fête.
10:38Au départ, vous étiez dans les buts.
10:39Oui, oui.
10:40Un peu déjà, un peu pour observer ce qui se passait, organiser l'équipe, déjà.
10:43J'étais doué pour les buts, et puis ça m'a un petit peu embêté.
10:46Je m'ennuyais un petit peu.
10:47Alors je suis venu jouer un petit peu avec mes copains.
10:50Bon joueur, vous dites que l'aimé-jacqué n'aurait pas sélectionné l'aimé-jacqué joueur de foot.
10:55Non, non, non.
10:55Non, il manque trop de qualité.
10:57Pour moi.
10:58Vous dites à un moment dans ce livre,
11:00tant pis si l'on me trouve un peu décalé ou rétro,
11:02dans un monde où l'apparence prime de plus en plus sur la réalité,
11:04où les faits d'annonce tient souvent lieu d'action,
11:06où les bonimenteurs de tout poil se servent de l'incrédulité du public.
11:12Tout ça, ce sont des choses contre lesquelles vous avez toujours lutté.
11:15Ah oui, mais je pense que c'est spontané, c'est pas une recherche de ma part,
11:19c'est pas se donner un visage, c'est que je suis comme ça, et puis je vis comme ça.
11:24Puis j'aime bien vivre, moi, dans la spontanéité, dans la simplicité,
11:27et puis surtout dans la chaleur, dans le contact, dans le relationnel.
11:31Donc ça m'a beaucoup apporté, ça, vis-à-vis des joueurs.
11:33Alors, vous allez, évidemment, le parcours, ça va être Saint-Étienne, et puis ensuite, l'équipe...
11:38Mais tout n'a pas été rose, hein.
11:39Non, vous le dites d'ailleurs, il y a des moments où il y a des coups durs,
11:41vous n'y croyez plus, à des moments où vous croyez tout abandonner.
11:44Tout à fait, je connais le chômage, j'ai eu des difficultés,
11:47mais quand on a une passion, et qu'on veut la vivre complètement,
11:52on rebondit toujours bien, parce qu'on se remet en cause sans cesse.
11:55Et c'est ça, un petit peu, la force du sport en général, et du football en particulier,
12:00puisque c'est un jeu collectif, c'est qu'on n'a pas peur de se remettre en cause.
12:04Il y a quand même l'élimination de la France dans la Coupe du Monde précédente,
12:07et là, vous vous dites, je vis ça comme un coup, c'est contre la Bulgarie,
12:12à la dernière minute, la France prend un but et c'est fini.
12:15Tout à fait, j'ai cru que la carrière était terminée pour moi,
12:17puisque je faisais partie de cette équipe-là.
12:19Et puis, vous voyez, la vie m'a donné un petit coup de pouce.
12:22On vient vous chercher quand même.
12:23Oui, on vient me chercher, parce qu'à cette époque-là, il n'y a pas beaucoup de monde.
12:26C'est l'éclatement, les critiques tombent, le football est en explosion,
12:31et on cherche quelqu'un de crédible.
12:33Et de ce côté-là, je pense que j'ai toujours assez bien représenté mes entraîneurs,
12:38les entraîneurs français, la façon française, et puis une certaine expérience.
12:42Donc, j'accepte le défi.
12:44On vous attend au tournant, on va en reparler,
12:47parce que vous disiez, ça n'a pas toujours été très rose.
12:49Il y a une première chose à faire, c'est de tourner la page Cantona.
12:53Parce que là, il y a une pression très forte.
12:55Ça, c'est difficile.
12:56Ça, c'est plus difficile.
12:56On vous dit quand même, c'est l'un des plus grands joueurs français.
12:59Ah oui, tout à fait, c'est difficile.
12:59Il est encore en tournant.
13:00Oui, il vient de subir, je dirais, 8 mois d'expulsion hors des terrains.
13:06Et pour moi, compte tenu de tout ce que j'ai vu, de toutes mes observations,
13:13je suis obligé de prendre une décision.
13:14Elle n'est pas facile, puisque exceptionnellement, je vais lui rendre visite et lui annoncer ça.
13:21À quoi il agit ?
13:22Très bien, il agit en grand joueur qu'il est.
13:27Il dit, coach, vous prenez vos responsabilités ?
13:29Tout à fait.
13:30Même, je ne suis absolument pas d'accord avec vous, mais bon, c'est la vie, c'est normal.
13:36Et nous nous quittons sur une bonne poignée de main.
13:38Et vous dites, vous êtes content en sortant, vous dites, on a tourné la page Cantona ?
13:41Non, non, quand je m'en vais, je ne suis pas si fier que ça.
13:44Dans ma tête, je me dis, est-ce que j'ai bien fait ? Attention.
13:47Parce qu'il faut toujours se poser des questions.
13:49Vous savez que vous allez être critiqué à ce moment-là.
13:50Oui, oui, mais ça, ce n'est pas le problème.
13:52C'est que moi, est-ce que j'ai bien fait le truc ?
13:54Est-ce que c'est bien ce que j'ai fait ?
13:55Est-ce que ça va créer quelque chose ?
13:57Est-ce que je suis dans le bon chemin ?
13:59Est-ce que c'est la bonne ligne directrice ?
14:01Tout ça me vient dans la tête.
14:02Quand je reviens dans l'avion, le soir, tout me vient dans la tête comme ça.
14:05Tout est en face direct avec moi.
14:06Vous avez déjà dans votre tête l'idée des joueurs que vous allez prendre ?
14:10Tout à fait.
14:10Ils sont 28 au départ.
14:12Non, on a commencé par une sélection de 40.
14:15Et puis après, on est arrivé à 29.
14:17Et puis on est arrivé à 28.
14:19Et puis malheureusement, il a fallu prendre la lourde, difficile décision d'éliminer les 6 derniers.
14:26Ça, c'était peut-être une soirée très dure.
14:28L'Aigle, Bade, Jetou, Lamouchi, Anelka ne font pas partie de la sélection.
14:32Et vous leur annoncez un soir ?
14:33Oui, un soir.
14:34Ils sont appelés dans leur chambre à Clairefontaine ?
14:36Oui, ils sont appelés dans ma chambre parce que j'avais organisé un salon où on pouvait causer, échanger.
14:43Et je dois dire que c'était sûrement la plus dure soirée qu'on a vécue.
14:47Il y en a qui pleurent, dites-vous ? L'Aigle pleure ?
14:49Bon, il n'a pas pleuré devant nous, mais je sais que c'était un gros chagrin pour tous, même pour nous, il ne faut pas croire.
14:55C'est une décision humaine terrible, insupportable, mais c'est mon rôle.
14:59Je suis le sélectionneur, je dois prendre mes responsabilités.
15:02Et l'épopée va commencer.
15:03Et je vous propose, Aimé Jacquet, de la revivre en image.
15:06Bleu, blanc, rouge, Marseille accueille la France.
15:25Le cœur serré, on retient son souffle, avant que les deux inséparables, Zidane et Dugarin, ouvrent le bal.
15:32Trois danses à zéro contre l'Afrique du Sud.
15:36Un petit tour à Saint-Denis, et un beau doublé d'Henri face à l'Arabie.
15:44La balade des Bleus continue.
15:48Zizou laisse traîner une semelle, carton rouge.
15:51Le chef d'orchestre des tricolores est suspendu pour deux matchs.
15:54Mais ne boudons pas notre plaisir, la France marque 4 à zéro.
15:57France-Danemark, la première place du groupe est en jeu.
16:08Bien dosé, bien tiré.
16:10Djorkaïf ouvre le score.
16:13Le même de l'autre côté.
16:15Barthez encaisse son premier but.
16:17Avant que Petit ne voit rouge, les choses sérieuses vont commencer.
16:20Crispantes, ces prolongations, pour Barthez comme pour nous.
16:29113ème minute, Laurent Blanc marque un but en or contre le Paraguay.
16:37Barthez, encore lui, face à l'Italie.
16:39Qu'il est agréable, le son de ce ballon écrasé contre la transversale.
16:46De Sailly peut décoller, destination finale, avec une escale en demi.
16:56Mais avant la finale, il faut battre la Croatie.
16:58La France découvre un nouveau buteur, Lilian Thuram, le défenseur.
17:03Thuram puissance 2, qui égalise 50 secondes après le but de Schouker.
17:07et qui propulse quelques minutes plus tard le football français
17:11vers la première finale de son histoire.
17:22Alors évidemment, les moments d'émotion extraordinaire s'entrechoquent dans nos têtes.
17:27Il y a un moment, on pense, terrible, où vous pouvez renoncer complètement.
17:31On pense à l'expulsion de Zidane.
17:34Qu'est-ce qu'on ressent à ce moment-là ?
17:35J'ai beaucoup de colère. Je suis très en colère parce que le matin,
17:38j'avais fait une causerie spéciale là-dessus, sur le comportement.
17:41Ensuite, tout de suite, j'ai pensé à mon équipe, j'ai pensé à l'équipe de France.
17:46Zidane, il est éliminé. L'équipe de France poursuit son chemin.
17:49Alors je me suis vite positionné vis-à-vis de mes joueurs pour leur faire comprendre
17:51qu'il ne fallait surtout pas que cet événement nous déstabilise.
17:55Donc je suis dans mon match.
17:56On ne sait pas encore, il va être expulsé pour deux matchs, ce qui est beaucoup.
17:58Oui, deux matchs après.
17:59On découvre cette sanction qui, à mon avis, est extrêmement lourde, injuste totalement.
18:05Mais c'est la loi.
18:06Et là, on est dans l'événement sans, je dirais, celui par qui le football devient un peu magique.
18:14Quand il est sorti, on a beaucoup dit, vous ne l'avez pas regardé.
18:17Vous étiez sur le banc de touche.
18:18Vous dites dans ce livre, il n'y a pas de place pour les sentiments.
18:20Ah non, non, il ne peut pas, parce que moi je suis pour l'équipe de France, je suis là.
18:24Nous voulons aller en finale.
18:25Zidane vient de faire une faute, il va payer.
18:28L'équipe de France poursuit son chemin, je pense aux autres.
18:31Vous savez que ça a été très dur pour lui ?
18:34Bien sûr que ça a été très dur.
18:35Et même pour nous, je peux vous garantir, on a mesuré qu'il allait être absent pendant deux minutes.
18:40On le suit en coulisses grâce au reportage de Stéphane Meunier.
18:42Les yeux dans Les Bleus, un extrait du reportage diffusé sur Canal+.
18:45Sous-titrage Société Radio-Canada
19:15Sous-titrage Société Radio-Canada
19:45Sous-titrage Société Radio-Canada
20:15Sous-titrage Société Radio-Canada
20:16Sous-titrage Société Radio-Canada
20:17Sous-titrage Société Radio-Canada
20:21Sous-titrage Société Radio-Canada
20:24Sous-titrage Société Radio-Canada
20:25Sous-titrage Société Radio-Canada
20:26Sous-titrage Société Radio-Canada
20:28Sous-titrage Société Radio-Canada
20:30Sous-titrage Société Radio-Canada
20:31Sous-titrage Société Radio-Canada
20:34Sous-titrage Société Radio-Canada
20:36Sous-titrage Société Radio-Canada
20:37Sous-titrage Société Radio-Canada
20:39Sous-titrage Société Radio-Canada
20:40Sous-titrage Société Radio-Canada
20:41Sous-titrage Société Radio-Canada
20:42Sous-titrage Société Radio-Canada
20:43Sous-titrage Société Radio-Canada
20:44Sous-titrage Société Radio-Canada
20:45Sous-titrage Société Radio-Canada
20:46Sous-titrage Société Radio-Canada
20:47Sous-titrage Société Radio-Canada
20:48avec la carrière de certains joueurs,
20:51par mes petites annotations,
20:53j'étais sûr qu'ils allaient se retrouver
20:55dans une vie comme ils l'ont manifestée sur le terrain.
21:00À un moment, il y a ces fameux tirs au but contre l'Italie.
21:02Et là, tout le monde...
21:03Alors, c'est terrifiant, on a tous peur.
21:05Vous dites, vous, j'étais serein, tranquille.
21:07Je pensais qu'on allait gagner.
21:09Mais les tirs au but, c'est la loterie quand même.
21:10Oui, tout à fait.
21:11Enfin, pas tout à fait une loterie.
21:12Il y a la concentration,
21:13il y a une manifestation de sérénité, de confiance.
21:16Et puis, il y a une équipe de France
21:18qui est tellement bien dans sa peau
21:20qu'il vient de réaliser des meilleures prestations
21:23que j'ai vues, moi.
21:25Qui a battu l'une des meilleures équipes du monde.
21:27Et Dieu sait que ce n'est pas facile à les battre.
21:29Parce qu'ils emploient tout.
21:30Et tout, c'est beaucoup.
21:32Le cinéma aussi, hein.
21:32C'est beaucoup, oui.
21:34Donc, il y a de ma part aussi
21:36une volonté du leader que je suis
21:40de rester serein pour bien aimer aux joueurs
21:42que la confiance est totale.
21:43Ça, c'est aussi un comportement
21:45que nous devons avoir constamment.
21:46En revue, cette séance mémorable
21:49de tir au but contre l'Italie.
21:51Les pénaltys, c'est tous aux abris.
21:55Les voilà, les hommes, les vrais, les virils,
21:58les athlètes, redevenus des petits garçons
22:00prêts à se cacher pour ne pas voir ça.
22:03Même les entraîneurs, les papas des joueurs,
22:05touchent du bois en douce
22:07pour se rassurer un peu.
22:08Bref, les pénaltys,
22:09il n'y a pas de quoi rire à priori.
22:11Sauf pour Fabien Barthez,
22:14qui, avant la série, trouve ça amusant.
22:16À côté de lui, Lionel Charbonnier,
22:17le troisième gardien des Bleus,
22:19a l'air nettement plus angoissé.
22:20Allez comprendre.
22:21Bref, regardez, ne pas regarder,
22:23telle est la question.
22:24La réponse, elle est dans la cinquième frappe italienne.
22:29La délivrance.
22:31Même ceux qui n'ont pas vu ça,
22:32sautent de joie.
22:33Regardez ce pauvre stadier en rouge,
22:35obligé de faire face à la foule
22:36pour la surveiller.
22:38On a beau avoir le sens du devoir,
22:39il y a des moments où on ne peut plus se contrôler.
22:41Finalement, les pénaltys,
22:42c'est un peu comme dans la vie.
22:43Le bonheur des uns fait le malheur des autres.
22:45C'est Deux Sailly qui décolle
22:46et Di Biagio qui s'écrase au sol.
22:48En tout cas, ça valait le coup d'œil.
22:51Voilà.
22:52Et Jacques est tranquille.
22:54Oh non, pas tranquille,
22:55mais bon, quand même,
22:57on vient d'éliminer une grande équipe,
22:59une grande nation de foot.
23:00Et on est en demi-finale,
23:01et là, le contrat est rempli.
23:03Mais vous vous dites, on ne s'arrête pas.
23:04Oui, non, mais c'était, je dirais,
23:05c'était le minimum.
23:06Moi, j'avais pensé,
23:07j'avais dit à notre président
23:08de regretter M. Sasse,
23:11j'avais dit, président,
23:12vous ne faites pas de souci,
23:12on sera dans le dernier carré.
23:14Je vous promets qu'on sera dans le dernier carré.
23:16Parce qu'il m'avait dit,
23:17il faut que la France réalise
23:18une grande prestation
23:19et pour qu'il y ait la fête dans la France,
23:21il faut que l'équipe de France
23:22accompagne le plus longtemps possible.
23:24Je dis, on sera dans le dernier carré.
23:25Vous avez même dit,
23:26parce qu'on sera en finale,
23:27vous aviez dit, même au départ.
23:28Ça, c'était un peu des broufles.
23:30Non, non, non.
23:30Moi, j'avais toujours mon langage
23:32de gagner cette Coupe du Monde
23:33parce qu'on a souvent été en finale,
23:35on a souvent perdu.
23:35Moi, je voulais gagner la Coupe du Monde.
23:37Je voulais qu'elle reste ici,
23:38cette Coupe du Monde.
23:38Et vous avez dit,
23:39si on gagne,
23:39je ferai le tour du stade
23:40à reculons.
23:41Oui.
23:41Et voire même,
23:42je descendrai en luge
23:43avec la Coupe du Monde
23:44dans les mains.
23:44C'est des paris
23:45qui ont fait un peu fou, ça.
23:46Le seul que vous avez fait,
23:46c'est que vous avez descendu
23:47en luge avec la Coupe du Monde.
23:48On l'a fait, oui.
23:49Vous ne faisiez pas beau, non ?
23:50Il faisait très, très froid
23:51et très mauvais.
23:52Mais bon,
23:53ça a été un bon moment aussi.
23:54Moment très dur.
23:55On est en demi-finale.
23:56La Croatie,
23:56une équipe qu'on disait simple.
23:57Vous ne dites absolument pas.
23:59Ce n'est pas une équipe simple du tout.
24:00Redoutable.
24:00La réalité le montre.
24:01C'est très dur,
24:02la première mi-temps.
24:03Et alors là,
24:03vous allez voir vos hommes
24:04au vestiaire.
24:05On revit encore
24:06grâce à Stéphane Meunier
24:06ces instants.
24:08C'est très dur.
24:09Regardez.
24:11Moi, je vous dis,
24:12vous allez du recul,
24:13je vous dis sur le plan.
24:14Et mettez-moi en opposition.
24:16Le but, il vient comment ?
24:17Il vient comme ça.
24:18Et on a malanqué les buts,
24:19à poison.
24:21Deuxième chose sur le plan défensif.
24:22Lolo, Marcel.
24:24Il y a un seul mec.
24:25Un.
24:26Il faut qu'il y en ait un
24:26qui vienne dessus.
24:28Un.
24:28Et l'autre,
24:29tac.
24:29Et à ce moment-là,
24:30on peut venir comme ça.
24:31On peut venir.
24:33Il ne faut pas laisser prendre.
24:35Il ne faut pas laisser prendre,
24:36les mecs.
24:37Il y en a quoi ?
24:38Il n'y a pas de soucis.
24:41Et il faut suivre.
24:42Tu ne suis pas assez, Thierry.
24:43Tu laisses partir,
24:44tu laisses partir ton pote là-bas.
24:46Tu le laisses,
24:47tu le regardes.
24:47Non.
24:48Bien, tiens.
24:49Les mecs.
24:50Derrière.
24:57Musclé, les mecs.
24:58Musclé.
25:00C'est la gagne.
25:02Il manque trop de choses.
25:05Un récupère.
25:05Un milieu récupère.
25:06Il donne.
25:07Il y a quatre attaquants.
25:08Un quatre attaquants.
25:08Il ne doit pas bouger.
25:10Il faut bouger, les attaquants.
25:11Ils ne bougent pas, on sort.
25:12Il y a quatre.
25:15Oh.
25:16Putain de merde.
25:17On n'enlèvera rien.
25:20On gardera tout tel quel.
25:21C'est donné dans les écoles de football.
25:23Je vois, je vois.
25:24Oui, c'est l'intervention de la mi-temps où il est toujours très difficile d'intervenir.
25:29C'est la plus dure intervention pour un entraîneur.
25:32Parce qu'il ne faut pas se tromper.
25:34Et souvent, parfois, les mots vous dépassent.
25:37Il faut faire très attention.
25:38Vous avez le temps de réfléchir.
25:38Vous dites, je vais rentrer dedans, là.
25:40Oui, oui, bien sûr.
25:41Ah oui, oui.
25:41Bien sûr.
25:42Mais après, il ne faut pas se laisser emporter.
25:45Il faut quand même bien se contrôler.
25:46Et là, ils vous écoutent.
25:47Ils sont complètement abattus.
25:48Ils ont conscience que ça ne marche pas.
25:50Bien sûr, mais parce que le professionnel, il est dans son match.
25:54Il a vu son match, mais il n'a pas vu le match peut-être comme il fallait.
25:57Donc, il faut quand même le réveiller et lui rappeler certaines choses.
26:02À ce moment-là, les joueurs se parlent entre eux.
26:04Comment ça s'est changé ?
26:05Ça, c'est indispensable.
26:06Quand une équipe se parle, quand elle s'apostrophe, quand elle s'interpelle, c'est une équipe qui vit bien.
26:13Alors, elle repart, manque de bol, on prend un but dès le début de la seconde mi-temps.
26:17Et là, vous vous retournez et vous dites, est-ce que je n'ai pas tapé trop fort ?
26:20Oui, parce que, ben oui, c'est ce que je vous disais tout à l'heure.
26:23Parce que je ne suis pas assis que je vois le ballon au fond des filets de l'équipe de France.
26:28Je me dis, qu'est-ce qui se passe ?
26:29Alors, je me retourne vers Philippe Bergerot, qui est mon entraîneur très présent.
26:35Je lui dis, écoute, je crois que j'ai tapé trop fort.
26:37Et puis, je n'ai pas le temps de dire que non, on a égalisé.
26:40Avec Thuram.
26:41Et alors, ça aussi, parce qu'on peut dire que chaque joueur a eu son match, ou presque, même si c'est une collectivité.
26:46Thuram, ce n'est pas le match de Thuram.
26:48Il y a ces deux buts consécutifs de ce défenseur.
26:50Donc, il n'y avait jamais marqué quasiment.
26:52Et vous dites, ce n'est pas son match.
26:54C'est grâce, si tu ramais bon, c'est grâce à l'équipe.
26:56Oui, tout à fait.
26:57Parce qu'il faut se remettre dans le contexte.
27:01Lilian vient de faire une grosse faute sur le but qu'a marqué Souter.
27:04Et il est en colère après lui-même.
27:07Et toute l'équipe a la rage.
27:09Vous savez, la rage de vouloir dire comment, qu'est-ce qui nous arrive ?
27:12C'est la première fois qu'on est mené, qu'on est un petit hop, ça repart, le collectif est en place.
27:17Et lui, lui, il a la baguette.
27:19C'est lui qui a la baguette.
27:20Mais parce que dans son subconscient, il dit, il faut que je rattrape ce coup-là.
27:23Et il va le faire.
27:24Et puis, il va même le faire brillamment.
27:27C'est ça qui est formidable.
27:28Et là, vous allez le voir après, vous lui dites, j'ai dit que tu avais les pieds carrés.
27:31Non, mais c'était un veille.
27:33On se charme un peu chez nous.
27:34Vous savez, on est toujours en train de...
27:35Alors, justement, Claire Fontaine, ça c'est vous.
27:39Vous avez fait aménager des lieux pour que les entraînements soient agréables,
27:42que ce soit un peu coupé des médias, que c'est tranquille.
27:45Et les femmes, les joueurs viennent.
27:46Vous dites, c'est presque une équipe féminine de foot qui est là.
27:49Tout à fait.
27:49On a associé, c'est la grande réussite de cette Coupe du Monde.
27:52Et on a associé les épouses et la famille.
27:55Et ça, c'est la grande réussite parce qu'elles ont participé comme nous.
27:58Elles ont été complices.
27:59Elles ont vécu comme nous.
28:00Et puis, elles sont venues de temps en temps.
28:02Elles sont reparties.
28:03Elles repartent encore sagement, dites-vous.
28:05Le soir, elles ne restent pas.
28:06Ah non, bien sûr.
28:07Mais elles savent qu'elles sont avec nous.
28:11Et puis, le joueur sait.
28:12Et il a eu un moment de détente.
28:13Il a eu un moment de décompression.
28:15Il a parlé d'autres choses du football.
28:16Et chacun vit bien sa vie.
28:18C'est ça qui est formidable.
28:19Alors, les grands moments que vous avez vécu dans ces endroits-là,
28:22c'était la vie en collectivité.
28:24Qu'est-ce que...
28:26C'est-à-dire, vous faisiez des spectacles le soir.
28:28Vous faisiez venir du Music Hall, l'Olympia à Clairefontaine.
28:31C'est un peu surprenant.
28:32Vous leur appreniez ça dans l'après-midi.
28:34Non, bien oui, parce qu'il fallait surprendre.
28:36Et parce que c'est dur, une préparation.
28:38C'est exigeant.
28:39Surtout que les entraînements se succèdent aux entraînements,
28:42au massage, aux causeries.
28:44Donc, il y a une agression.
28:45Et pour détendre l'atmosphère,
28:47donc, on surprenait.
28:48Là, on a porté quelques petits spectacles
28:50et on a passé des soirées extraordinaires.
28:52Alors, il y a une chanson.
28:53Ça, c'est Tigne.
28:55Tigne, oui.
28:56Voilà, Oski.
28:57Le formidable texte de cette chanson.
28:59Je ne sais pas si, mais, Jacquet, c'est dans votre livre.
29:01Je ne peux pas dire qu'il n'y a pas mes yeux.
29:02Je n'y a pas mes yeux.
29:04Mais la fin dit, salut les Bleus, salut la France.
29:06Toutes les différences qui sont nos chanses.
29:08Salut la France.
29:09À vous, l'équipe des Bleus, etc.
29:10Ah oui, ça, c'est...
29:12Et là, vous chantez, vous dites, c'est notre chanson, ça.
29:14Ah oui, ça, c'était...
29:15Parce que lui aussi, il nous a surpris.
29:17C'est un moniteur de ski.
29:18Oui, c'est un moniteur.
29:19Et il a fait la relation entre les pulls rouges,
29:21ce sont les moniteurs ski, et puis le maillot bleu.
29:23Moi, je trouvais que c'était...
29:24C'était vraiment...
29:25C'était déjà un clin d'œil vers notre parcours.
29:28Je crois que c'était formidable.
29:29Et toute la France se mettre derrière vous.
29:31Vous les voyez dans votre bus.
29:32Vous dites, j'aime les voyages en bus.
29:34Ça me ramène à mon enfance.
29:35Vous voyez, c'est une foule massée qui vous envoie des mots,
29:38qui vous parle.
29:39Et là, vous dites, c'est merveilleux, on a les larmes aux yeux.
29:42Ah oui, oui.
29:42Là, on a vécu des moments d'intensité, d'émotion extraordinaire.
29:47Parce que toute la France, on a bien senti que toute la France était là.
29:51Et puis, s'identifiait à nous.
29:53S'identifiait.
29:55Et puis, il n'y avait que dans les yeux que du bonheur et de la fierté.
29:58De la fierté.
29:59Alors, ça va rester pour nous longtemps.
30:01J'ai l'impression que c'était quelque chose qui était enfoui chez les gens,
30:03qui demandait à sortir comme ça.
30:04Oui, mais peut-être que ça a été un bon moment de se retrouver dans un contexte de folie,
30:12dans un contexte de convivialité.
30:14Et je crois que tout le monde avait envie de faire la fête ensemble.
30:18Alors, vous allez au Palais de l'Élysée, parce qu'il y a la fête nationale le 14 juillet,
30:21tout de suite après, le président de la République, il va vous décorer, il y a la foule.
30:25Et puis, surtout, il y a cette remontée, les chances d'y aller en quart, que vous décidez.
30:29On va revoir ces instants de délire.
30:31Parce que là, à un moment, vous dites, on craint l'incident.
30:34C'est grave.
30:34Là, on a eu peur.
30:35On a eu un peu peur.
30:36Là, ça nous a gâché un peu.
30:36Millions de gens qui vous entourent.
30:38Ils voulaient tellement être présents avec nous qu'on a eu un peu très peu.
30:40On regarde ça en images.
30:42Et avec une chanson, Aimé Jacquet, qui va peut-être vous rappeler des souvenirs.
31:45Qui c'est qui a lancé ça ?
31:46C'est Vincent Candela.
31:48Vincent Candela, qui, le soir de la première match à Marseille, alors qu'on avait été percuté par les chants Zoulous,
31:54lui, il s'est mis à taper dans ses...
31:56Et puis là, toute l'équipe a repris.
31:58Et ça a été le début, je dirais, de cette chanson qui nous a complètement accompagnés, solidarisés et nous a fait exploser.
32:05Les chants Zoulous, c'est terrible pour le premier match.
32:08Vous les entendiez derrière les cloisons, l'équipe d'Afrique du Sud qui chantait les chants Zoulous.
32:11Ah oui, oui.
32:12Et puis après, quand vous étiez en rang pour aller sur le terrain, ils continuaient.
32:15Ils continuaient, mais nous, on était présents.
32:17Elle était bien.
32:17Les Français se sont bien ressaisis.
32:19Et puis, sur le terrain, c'était encore mieux.
32:20C'était encore mieux.
32:23Footix, voilà.
32:24C'était l'emblème, oui.
32:25C'était l'emblème.
32:26L'emblème, la Coupe du Monde.
32:27Je vous la rends, cette emblème.
32:28Merci, c'est gentil.
32:29Vous dites, j'ai gardé la Coupe du Monde en or que quelques heures.
32:32Ah oui, parce qu'on n'a pas le droit de la garder.
32:36Elle repart vite dans un coffre, mais on l'a gardée toute la nuit avec nous.
32:40Elle a vécu toute la nuit avec nous.
32:42On était tellement fiers d'être près d'elle.
32:47Il y a un peu d'amertume aussi.
32:49Vous ne le cachez pas dans ce livre.
32:50Contre le journal L'Équipe, par exemple.
32:53Sur tout ce qui est venu de l'extérieur, qui vous a gêné, qui a voulu vous abattre.
32:57Les critiques qui venaient de ce journal.
33:00Je trouvais que c'était tellement malhonnête de faire des choses comme ça.
33:04Quand on ne peut pas attaquer le professionnel, on attaque l'homme.
33:08Et puis, on veut le dévaluer, le diminuer.
33:09Alors que la France, elle est accueillie à une grande Coupe du Monde.
33:11Je trouve que c'était dommage.
33:13Et je trouve que ces gens-là méritent aucun respect.
33:16C'est tout.
33:16Mais maintenant, c'est terminé.
33:17Vous vous dites carrément, je ne le pardonnerai jamais.
33:20Non, non, de toute manière, je ne pardonne jamais des choses comme ça.
33:22Parce que moi, j'ai été élevé dans le respect.
33:25Moi, je respecte les gens.
33:26Et je mérite un minimum de respect, comme tout un chacun.
33:29Il y a, je crois, un des journalistes de ce journal qui avait dit
33:31« Si l'équipe de France gagne, je me ferais tondre les cheveux. »
33:34Je crois, hein ?
33:35C'est pas du tout.
33:37Je ne veux pas croire beaucoup en notre étoile.
33:42Les autres moments, c'est quand vous rentrez, évidemment, à Saïsoukouzan, que vous retrouvez les vôtres.
33:46Vous espérez avoir un peu de tranquillité.
33:48Et puis, il y a encore cette…
33:50Oui, et puis, il y a le public français, il est là.
33:53Et il vient de vivre un moment de bonheur.
33:56Donc, je me dois d'être avec lui.
33:57Bon, c'est pour ça que je passe des vacances un petit peu chahuté.
34:01Mais ce n'est pas grave.
34:02Vous dites à la fin de ce livre « J'aimerais qu'on dise de moi, aimer Jacquet, quelqu'un qui a bien fait son travail. »
34:08C'est tout ?
34:09Oui, c'est tout.
34:09Parce que c'est, je dirais, un petit peu dans ma nature.
34:12Et puis, de retourner maintenant d'où je viens.
34:16Et je trouve que c'est bien.
34:17On a fait une mission.
34:18On l'a bien remplie.
34:19On a rendu des gens heureux.
34:21Tout le monde est fier de ça.
34:22Et bien, on revient sur les pieds sur terre, tranquillement.
34:26Oui, mais vous savez qu'on ne vous lâchera pas là-dessus.
34:28Vous êtes rentré dans l'histoire.
34:29On vous demande encore votre avis aujourd'hui.
34:31Qu'est-ce que vous pensez de l'équipe de France actuelle ?
34:33Ah, mais moi, j'ai une…
34:35Il y a eu un match un peu décevant contre la Russie.
34:36Non, mais c'était pas très méchant.
34:39Ce qu'il faut savoir, c'est qu'elle est sur la même ligne de conduite.
34:43Elle a le même enthousiasme, la même volonté.
34:47Et puis, je pense qu'on va en reparler avec beaucoup de force.
34:51Vous croyez à la prochaine Coupe du Monde pour la France ?
34:53Tout à fait.
34:53Déjà ?
34:54Tout à fait.
34:54Il faut commencer maintenant.
34:55Non, parce que vous avez fait quatre ans de préparation.
34:56Tout à fait.
34:57Mais là, il faut penser aux championnats d'Europe.
34:59La championnats d'Europe, la France sera, je peux vous dire, elle sera là.
35:03Et puis après, on pensera à la Coupe du Monde.
35:05Et la Coupe du Monde, ça sera une autre génération.
35:07Pas tout à fait, mais il y aura sûrement des changements.
35:09C'est logique.
35:10Ça ne va pas vous démanger un peu d'y aller dire un petit peu, tiens, voilà, il faudrait faire cette sélection-là ou celle-là ?
35:16Non, chacun a sa place, comme d'habitude.
35:19Les plus grands moments de bonheur, pour terminer, Aimé Jacquet, s'il n'y a que quelques images qui vous reviennent de cette épopée magnifique, c'est quoi ?
35:25L'image la plus forte pour moi, c'est quand je brandis la Coupe du Monde, elle restera tout le temps, parce que je la tiens, je dis, c'est bien, ça y est, on l'a mérité, et puis elle est bien à nous.
35:37Et puis il y a aussi les moments de, je pense, le premier match à Marseille.
35:40Je pense à Marseille, on a vécu quelque chose de tellement fort, parce qu'on avait tellement envie de la commencer, cette commune qu'il faut que...
35:50Vous savez, on ne sait pas, hein ?
35:51Puis le public marseillais, vous étiez allé les voir avant, parce que vous aviez un peu peur, hein ?
35:55Ah oui, mais il était fabuleux, mais c'était le public, c'est le public que tout le monde rêve.
35:58Il a été là, il a été présent, il nous a permis vraiment de nous exprimer totalement, c'était une communion extraordinaire.
36:06Ce sont vos enfants un peu, tous ces joueurs, dont vous décrivez dans ce livre, vous faites un petit portrait de chacun.
36:10Pas mes enfants, non, mais comme on a vécu quand même quelques temps ensemble, et puis que je n'ai pas toujours été très agréable avec eux,
36:17il faut bien que ça se termine bien pour eux, il faut que ça se termine bien.
36:22Vous avez envie de vous revoir de temps en temps ?
36:23Oh, je les vois, mais très peu, parce qu'eux ont tellement d'objectifs, et ils sont dans des grands clubs, mais on s'est vus, on s'est côtoyés quelque temps.
36:32C'est les enfants qui grandissent après qu'ils partent.
36:33Ah oui, tout à fait, et puis chacun a son objectif.
36:37Merci infiniment Aimé, Jacquet, d'être venu nous refaire partager ces merveilleux moments de bonheur.
36:41Ma vie pour une étoile est publiée chez Robert Laffont-Plon, c'est un livre formidable,
36:45et qui va nous ramener dans toute cette épopée merveilleuse des Bleus, que vous dire de plus.
36:50Merci, et vous avez bien fait votre travail.
36:52Merci à vous de nous avoir suivis pour TV 5 questions, et excellente soirée à tous.
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