00:00Le consulat, bien évidemment, on l'a saisi, on les a informés de ce qui se passait,
00:03ils étaient déjà informés, ils font ce qu'ils peuvent.
00:06Après, vous savez, ils sont extrêmement limités.
00:08Ils ont un rôle uniquement...
00:13Si vous voulez, ils vont voir s'ils allaient en bonne santé,
00:15mais ils ne peuvent pas faire grand-chose de plus.
00:18Le droit pénal reste la souveraineté de chaque État
00:20et la Turquie sera libre de rendre la décision qu'elle estimera juste au regard des faits.
00:27Mais sinon, on peut apporter des éléments supplémentaires.
00:30Ça nous permettra éventuellement d'aider la défense d'Iptisem en Turquie, bien évidemment.
00:35Qu'est-ce que vous espérez aujourd'hui ?
00:39D'un point de vue purement judiciaire, pour Iptisem,
00:43j'espère que le parquet d'Amyen va faire son travail
00:45et qu'on aura accès assez rapidement à des informations
00:48qui nous permettront de nourrir le dossier en Turquie.
00:52Notre objectif, c'est de rapporter suffisamment d'éléments
00:56pour que les juges turcs aient une vision juste de la situation.
01:01Parce que sinon, on va devoir passer par le biais de commissions rogatoires internationales
01:05et ça va prendre énormément de temps.
01:07Et ce sera à la Turquie de faire ces demandes-là.
01:09Et compte tenu des relations diplomatiques qui ne sont pas forcément au beau fixe,
01:12je ne suis pas certaine qu'ils le fassent.
01:14Donc nous, dans un premier temps, ce qu'on souhaite,
01:17c'est que la France fasse son travail au regard de la situation d'Iptisem.
01:21Après, dans un second sujet qui est le sujet de politique pénale,
01:26nous, ce qu'on demande, c'est que l'administration pénitentiaire fasse son boulot,
01:30qu'on arrête de faire des effets d'annonce avec la création de prison
01:35qui est en réalité l'organisation d'un G7 de la criminalité organisée,
01:39et qu'on fasse appliquer les règles en détention classique,
01:43qu'il n'y ait plus de téléphone portable,
01:45qu'ils aient accès à un téléphone dans leur cellule,
01:49mais qui est régi par l'administration pénitentiaire
01:53et pour lesquelles les conversations seront enregistrées en permanence,
01:56mais pas de téléphone portable.
01:57Et ce qui permet aujourd'hui, c'est le fléau de la société.
02:00Ça leur permet de continuer toutes leurs activités depuis la détention.
02:03Une dernière question, Matt, comment vont votre cliente et son ami ?
02:08Quel est leur état de santé et leur morale ?
02:10Et dans quelles conditions elles sont incarcérées ?
02:13Déjà, contrairement à la France, en Turquie, il n'y a pas de téléphone en prison,
02:20donc on a très peu de nouvelles.
02:22On en a quand même, puisque sa tante est allée lui rendre visite à deux reprises.
02:26C'est difficile, c'est évident.
02:28À partir du moment où vous êtes incarcéré dans un pays où vous ne connaissez pas la langue,
02:31pas la culture, vous êtes totalement livré à vous-même,
02:36et tout devient un combat.
02:37Même le choix de l'avocat en Turquie, il est extrêmement compliqué.
02:40Donc, d'un point de vue santé, le consulat a fait ce qu'il fallait
02:44pour qu'elle puisse bénéficier des soins nécessaires.
02:47Parce que, je vais parler de choses pratico-pratiques,
02:49mais tout simplement, quand vous arrivez en maison d'arrêt
02:52et que vous n'avez pas un euro et que vous ne connaissez personne dans le pays
02:54et que vous êtes une femme,
02:56il y a des produits de première nécessité dont on a besoin et qu'elle n'avait même pas.
02:59Donc, voilà.
03:00Tout ça, c'est des choses qui ont dû se mettre en place au début,
03:03qui a donné lieu à une incarcération qui était compliquée,
03:06qu'il l'est toujours et qu'il le sera jusqu'au bout.
03:09Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, ici en France,
03:11sa famille se bat pour qu'on ait un dénouement heureux à cette horrible histoire.
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