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  • il y a 6 mois

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00:00Jean Bexon, journaliste, parce qu'on va parler de Mayotte.
00:03Pourquoi je vous parle de Mayotte ? Parce que les chiffres de reconduite à la frontière sont en forte baisse
00:07et pourtant il y a des moyens considérables qui ont été mis en place.
00:10Visiblement, ça ne marche pas.
00:12Anaïs Bauchet revient sur cette situation et on ouvre le débat juste après.
00:15Et merci à vous deux.
00:17C'est une frontière de plus en plus poreuse.
00:20Selon les chiffres de la préfecture, en 2024, plus de 19 000 personnes ont été expulsées de Mayotte,
00:26soit 21% de moins qu'en 2023.
00:27La majorité sont des Comoriens arrivés sur des bateaux de pêche appelés Kwasa Kwasa.
00:32L'année dernière, 61% ont été interceptés, contre 79% en 2023.
00:38Dans les colonnes du Figaro, Estelle Youssoufa explique cette baisse des interpellations par deux raisons.
00:43Les Kwasa peuvent aussi arriver en nuages.
00:45Ils sont parfois une dizaine à arriver en même temps.
00:48Les passeurs sont de plus en plus agressifs.
00:49Ils tapent et menacent de renverser leur bateau ou celui des forces de l'ordre
00:53plutôt que de stopper leur opération.
00:54Cette baisse significative des expulsions s'explique par deux événements majeurs survenus en 2024.
01:00Des barrages mis en place sur l'île lors de mouvements sociaux
01:02et le passage du cyclone Shido le 14 décembre dernier.
01:05Pourtant, cela fait plusieurs années que les opérations se succèdent
01:08pour tenter de lutter contre l'immigration clandestine.
01:11On se demande pourquoi autant de moyens financiers sont mobilisés pour si peu de résultats.
01:15Plusieurs dizaines de millions d'euros ont été injectés dans ces opérations.
01:18Pour Wambouchou, on parle de 26 millions d'euros.
01:21Cet argent aurait pu nous servir à développer l'île.
01:23Le 10 juillet dernier, le Parlement a adopté le projet de loi pour refonder Mayotte.
01:27De nouvelles mesures sont prévues pour lutter contre l'immigration clandestine
01:30et l'habitat illégal, comme la destruction de bidonville
01:33et le durcissement des conditions d'obtention d'un titre de séjour.
01:36Et j'ai le plaisir d'accueillir sur Europe 1 et sur CNew ce soir Jean Bexon, journaliste.
01:42Merci, ça me fait plaisir de vous voir en chair en os
01:43parce que d'habitude, nous communiquons par Skype, donc vous êtes le bienvenu.
01:47Pour ouvrir le débat, on est avec Mansour Kamardine, ancien député LR de Mayotte.
01:52Merci à Mansour Kamardine d'avoir accepté notre invitation.
01:56Une émission un peu bouleversée, évidemment.
01:58Vous l'avez vu avec ce témoignage exclusif sur CNew et sur Europe 1
02:01de la directrice de cette colonie de vacances.
02:04Mais dites-moi, je n'ai pas 50 000 questions à vous poser,
02:07mais pourquoi ça ne marche pas ?
02:10Ça ne marche pas tout simplement parce que pendant très longtemps,
02:13et je dirais jusqu'à maintenant, on a vu encore dans les débats
02:16sur le projet de loi, je crois que l'État a pendant très longtemps hésité
02:25sur la nécessaire mobilisation de lutte contre l'immigration clandestine.
02:31Vous l'avez dit tout à l'heure, quand on a un essai de Kwasa qui arrive,
02:36une dizaine de Kwasa qui arrive par exemple dans cette nuit,
02:41durant cette nuit, vous n'avez que deux intercepteurs dans l'eau.
02:44Naturellement, il y en a au moins six qui ont toutes les chances d'arriver,
02:47si ce n'est pas la dizaine.
02:49D'autant que les forces de l'ordre, notamment la PAF,
02:52sont positionnées à Zahoudi à 45 minutes du théâtre des événements.
02:58Donc il faut que l'État accepte enfin de changer de braquet,
03:03de venir au contact immédiat et assez rapidement
03:08contre les passeurs, de mobiliser des vrais moyens.
03:13On nous a promis un mur de fer depuis avril, février, mars 2014.
03:21Le mur de fer n'est pas toujours là.
03:23Le président de la République est venu encore en janvier dernier nous annoncer,
03:27ou au mois de mai plus tôt, nous annoncer un Oura Ouachaba,
03:31un mur de fer qui n'est pas là.
03:33Donc on parle beaucoup, peu d'action, de mobilisation,
03:38parce que loin des yeux, loin du cœur.
03:40Pourtant, il me semblait qu'il y avait eu des moyens qui avaient été mis en place.
03:44Ou alors, Jean Bexon qui est à mes côtés me le dira,
03:47mais il y a des moyens, tout n'a pas été mis,
03:49mais il y a quand même des moyens conséquents qui ont été mis en place.
03:51– Surtout la question qu'on peut se poser.
03:54En 2009, on avait en gros le tiers des moyens mobilisés aujourd'hui,
04:00on faisait déjà 30 000.
04:02Aujourd'hui, on a multiplié par trois les moyens, on fait 19 000.
04:06Effectivement, l'interrogation est légitime.
04:09L'interrogation est légitime, comme je le disais tantôt,
04:12tout simplement parce qu'on ne se donne pas les moyens pour le faire.
04:15Quand on essaie d'adapter la législation, parce qu'on est dans un état de droit,
04:22d'adapter la législation à la situation, on est confronté à 1 000 murs de fer,
04:27cette fois-ci, législatives, pour nous empêcher de le faire.
04:31Lorsqu'il y a eu le débat sur la loi Mayotte,
04:35nous avons proposé des mesures de bon sens,
04:38notamment la possibilité, qui est une mesure réclamée par la PAF elle-même,
04:43la possibilité de pouvoir l'intercepter depuis la zone contiguë.
04:47Et on nous l'a refusé.
04:48Nous avons demandé à ce qu'on ait ici,
04:53on développe ici une base navale,
04:56avec un positionnement des bâtiments de la marine
04:59pour tourner autour et empêcher que l'Équassavienne,
05:04on nous l'a refusé.
05:05Nous avons proposé à ce qu'il y ait la possibilité
05:08des saisies administratives des immeubles
05:10qui participent au logement dans des conditions
05:16insupportables et inhumaines des clandestins,
05:21on nous l'a refusé.
05:22C'est un émo, on danse sur place pour montrer,
05:27on s'agite sur place pour montrer qu'on agit,
05:29mais la réalité n'est pas du tout celle-là.
05:32Merci beaucoup pour ce témoignage,
05:34Monsour Camardine, je rappelle que vous êtes ancien député LR de Mayotte.
05:37Jean Bexon, visiblement, beaucoup de discours et peu d'actes.
05:41C'est la petite musique.
05:42En tout cas, quand j'étais à Mayotte,
05:45c'est ce que me disaient les membres...
05:46Je vais saluer M. Jean Bexon également.
05:49Merci, c'est ce qu'on a fait.
05:51Je n'ai pas entendu, mais...
05:52Non, il vous salue, je crois, M. Camardine.
05:55Je vous rends salue, maître.
05:56Tout se fait en direct, sur l'antenne de CNews et d'Europe, ce soir.
06:00Passer après M. Carbandine, c'est un peu compliqué,
06:03parce qu'il est très exhaustif dans sa façon de se dire.
06:05Mais très rapidement.
06:05Je vais essayer de compléter, mais...
06:07Les Maurés, en tout cas, que j'interviewais, que je rencontrais,
06:11ils faisaient cet état-là de...
06:14Pour eux, l'immigration, c'est un vrai souci dans leur quotidien,
06:19en permanence.
06:20Pourquoi ? Parce qu'ils font un lien entre l'immigration à Mayotte
06:23et la hausse de l'insécurité à Mayotte.
06:26Par exemple, vous n'avez aucune maison qui n'a pas de barreaux sur ces fenêtres.
06:32Vous ne sortez pas une sorte de couvre-feu informel après 18h, après 19h.
06:37Dès que la nuit tombe, personne ne sort.
06:40C'est pour vous montrer un peu ce climat permanent d'insécurité qui réside à Mayotte.
06:46Et puis, vous avez eu des annonces qui ont été proposées par les ministres de l'Intérieur.
06:51Mais à chaque fois, les Maurés étaient choqués par la différence entre ce qui était annoncé
06:56et les effets qu'il y avait sur le terrain.
06:59Quand il y a eu des blocages de l'île à Mayotte, c'était en 2024, en début d'année 2024.
07:03En fait, quand vous écoutiez...
07:04Vous écoutiez, donc c'était des Maurés qui bloquaient l'île de Mayotte
07:07pour protester contre la politique de Gérald Darmanin,
07:11jugé trop laxiste en termes d'immigration.
07:13Et quand vous écoutez sur ces barrages, ce qu'il vous expliquait,
07:16c'était que l'insécurité bloque l'île.
07:19Et bien nous, en réaction par rapport à cette insécurité, on va bloquer cette île.
07:24Très rapidement, Frédéric Gloss, on arrive au terme de notre émission.
07:27Deux mots.
07:27C'est un échec.
07:28C'est une île où on a plus de clandestins que de maorais.
07:36Le problème également qui n'est pas mentionné, c'est que l'état des Comores ne joue pas le jeu.
07:39On n'a pas de laissé-passer consulaire.
07:41On a une pression maritime forte et constante.
07:44Le canal de Mozambique est devenu une autoroute et un aimant en termes d'immigration.
07:50On manque de moyens, certes, en termes de radars, de contrôles maritimes.
07:54En même temps, on a un crade 136 places qui est surchargé.
07:58Des procédures judiciaires qui sont inadaptées.
08:01Mais le problème, c'est aussi le problème avec l'état des Comores.
08:04L'état des Comores ne joue pas le jeu.
08:07On le retrouve dans d'autres cas.
08:09Et ça, c'est un problème.
08:10Je ne parle même pas des fraudes à l'identité, des problèmes des mineurs, etc.
08:15Des quoi-ça-quoi-ça qui arrivent par 20, par 15, qui sont très violents dans leur approche.
08:19Et la justice sociale, les opérations Wambouchou, elle fait partie du problème également.
08:23Ça sera le mot de la fin, les amis.
08:24Merci beaucoup de m'avoir accompagné pour ces deux heures.
08:27Merci Jean Bexon, ça me faisait plaisir de vous voir en chair en os.
08:30Même en vrai.
08:30Merci à l'équipe qui m'a entouré.
08:32Merci à l'équipe qui m'a entouré ce soir.
08:33David Brunet, Abiba, Elfino, Valérie Acknin, Quentin Loport, Mathieu Devesse pour l'information.
08:37Merci à la promotion.
08:38Magdala Dervich, Julia Ferrande.
08:40Sans oublier les brillantes équipes techniques.
08:43Sur Europe 1, c'est l'excellent Guillaume Lariche.
08:46Et sur CNews, c'est l'excellent Elliot Deval.
08:48Belle soirée sur nos deux antennes.
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