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  • il y a 6 mois
Faites entrer l'accusé Jonathann Daval la trahison du gendre idéal (2017)

Historique et Descriptif de l'affaire criminelle
L'affaire Daval, également appelée affaire Alexia Daval, ou plus rarement affaire Jonathann Daval est une affaire criminelle française concernant le meurtre d'Alexia Fouillot, épouse Daval, domiciliée à Gray-la-Ville en Haute-Saône. Le corps partiellement calciné de la victime est retrouvé dans les environs le 30 octobre 2017, deux jours après le signalement de sa disparition.
Après avoir pleuré publiquement la mort de son épouse aux côtés de ses beaux-parents lors d'une marche silencieuse, Jonathann Daval est rapidement interpellé et placé en garde à vue. Il avoue avoir tué sa femme « accidentellement » avant de se rétracter et d'accuser son beau-frère d'avoir commis le meurtre dans le contexte d'un complot familial. Après plusieurs mois de dénégations, puis de fausses accusations contre son beau-frère, Jonathann Daval avoue son crime et reconnaît avoir tenté d'incendier le corps de sa victime.
L'instruction de l'affaire est close en novembre 2019. Un procès très commenté par l'ensemble des médias nationaux s'ouvre le lundi 16 novembre 2020 et se conclut le 21 novembre, par la condamnation de Jonathann Daval à vingt-cinq ans de réclusion criminelle, sans période de sûreté supplémentaire.

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Transcription
00:00:30C'est une affaire dont on croit tous tout savoir.
00:00:44De la mystérieuse disparition d'une joggeuse, au mensonge d'un mari,
00:00:48de la trahison d'un gendre aimé comme un fils,
00:00:51au désespoir d'une mère qui ne pouvait pas croire à la culpabilité de son fils.
00:00:56On disait non, c'est pas possible, c'est pas Jonathan.
00:00:58Je refusais d'accepter que ce soit lui.
00:01:01Et moi j'ai crié, mais c'est pas possible, vous faites une erreur, c'est impossible.
00:01:07Pendant trois ans, l'affaire Daval a passionné les Français
00:01:11et mobilisé la presse comme rarement dans l'histoire judiciaire.
00:01:16La France a les yeux rivés sur cette affaire parce que la France a été prise à témoin.
00:01:20L'enterrement c'est devenu l'enterrement de quelqu'un de leur famille.
00:01:24Jonathan, ce qu'il a dit, est devenu le mensonge fait à tous les Français.
00:01:30Les gens se sont scindés en deux.
00:01:32Il y avait les pro-fouillot et les pro-daval.
00:01:36Nous ne défendrons pas un meurtrier, nous ne défendrons pas un assassin.
00:01:40L'affaire a même ouvert un débat au plus haut niveau politique.
00:01:43Et la secrétaire d'État, à l'égalité femmes-hommes, va fustiger la défense de Jonathan Daval.
00:01:50Mais jusqu'ici, des hommes et des femmes n'ont pas parlé.
00:01:54Ce sont ceux qui ont travaillé dans l'ombre.
00:01:56Cette médiatisation a perturbé ce début d'enquête.
00:01:59Il y avait des caméras, il faut faire attention, qui n'ont pas le chiffre, etc.
00:02:02Alors il a fallu qu'on prenne des précautions, il a fallu qu'on ferme les volets.
00:02:05Comment les gendarmes et les magistrats ont-ils acquis la conviction que Jonathan Daval était coupable ?
00:02:10Pourquoi ont-ils attendu trois mois avant d'arrêter celui qu'il soupçonnait dès le premier jour ?
00:02:16C'est l'autre volet d'une affaire que l'on croit tous connaître.
00:02:30Je vais aller courir un coup.
00:02:32Je passerai peut-être vous faire un coucou si je suis motivé.
00:02:35Toujours en train de courir, je vais au verre, vider les cadavres que tu bois.
00:02:42Je t'aime.
00:02:48Il s'avère que j'étais de permanent, je reçois un appel des gendarmes ce samedi 28 octobre 2017.
00:02:53Ils signalent la disparition d'une joggeuse.
00:02:56Alexia Daval, une femme de 29 ans.
00:02:59C'est son mari Jonathan qui vient de passer à la mairie de Gray pour signaler sa disparition.
00:03:03Ce matin, elle était partie courir vers 9h, habillée avec des baskets roses.
00:03:12Très rapidement, nous sommes inquiets parce que des déclarations qui sont faites par Jonathan Daval,
00:03:18le compagnon de la joggeuse, on ne la retrouve pas.
00:03:21Il nous indique pourtant un parcours de footing et absolument rien.
00:03:25Une des premières hypothèses, c'est l'accident de la route.
00:03:35Là, on était en période de chasse, bien sûr, l'accident de chasse.
00:03:38Le rôdeur, le prédateur sexuel, et puis le mari, bien entendu.
00:03:42Sans négliger les autres pistes, les gendarmes portent dès le premier jour leur attention sur le mari d'Alexia.
00:03:54Nous avons tout de suite des soupçons, donc je demande une deuxième audition qui va être extrêmement longue en fin de samedi après-midi de Jonathan Daval.
00:04:04Cette deuxième audition va être extrêmement importante parce qu'elle va faire état, spontanément de sa part, de difficultés qu'il a rencontrées dans le couple.
00:04:14Effectivement, il nous fait part d'Alexia Daval, qui ne peut pas avoir d'enfant, qui a un traitement hormonal.
00:04:19Il nous fait part également de ses problèmes d'érection.
00:04:23On comprend très vite qu'il y a un malaise dans le couple par rapport à ça.
00:04:26Il nous dit qu'elle est souvent de brutaliser, de l'insulter.
00:04:29On apprend au fur et à mesure que ce n'était pas un couple harmonieux.
00:04:35Et surtout, nous allons découvrir sur son corps des traces.
00:04:40Des traces qui peuvent soit confirmer effectivement ses déclarations,
00:04:45« Je suis un homme battu », soit au contraire, montrer effectivement un épisode de lutte qu'il aurait eu avec Alexia Daval.
00:04:52Le lendemain matin, les recherches reprennent à grands renforts militaires.
00:05:03Des chiens, un hélicoptère, des drones.
00:05:09La battue des gendarmes est appuyée par une foule d'anonymes.
00:05:13Alexia, c'est la fille d'Isabelle et Jean-Pierre Fouillot.
00:05:20On est à Grès, 5000 habitants, tout le monde se connaît plus ou moins.
00:05:24Et cette famille, ce n'est pas n'importe qui.
00:05:26La maman de la victime est conseillère municipale.
00:05:29Jean-Pierre, le papa, tient le bar PMU de la place.
00:05:33Donc tout de suite, on a peut-être une attention et une inquiétude collective assez puissante,
00:05:38parce qu'à Grès, tout le monde connaît Alexia.
00:05:40Je me disais, mais pourquoi est-ce que tous les médias sont là ?
00:05:44Et en même temps, ça me faisait chaud au cœur, parce que je me disais,
00:05:47ils sont là pour nous aider, on va arriver avec eux à trouver où est Alexia.
00:05:54La famille d'Alexia en profite pour lancer un appel au ravisseur potentiel.
00:06:00S'il avait une hanche d'humanité qui pense qu'Alexia a une vie,
00:06:05elle a un travail, elle a des amis, des collègues,
00:06:08elle a sa famille, on l'attend tous.
00:06:11Je voudrais qu'ils, si c'est ça, qu'ils nous la rendent.
00:06:15Très rapidement, c'est devenu une affaire nationale,
00:06:17dès lors qu'on a évoqué la disparition d'une joggeuse.
00:06:20Les crimes de joggeuse, c'est quelque chose qui interpelle énormément l'opinion publique,
00:06:25parce que beaucoup de femmes courent en France,
00:06:28beaucoup de personnes courent,
00:06:29et il y a un phénomène d'identification qui est très puissant par rapport à ces crimes-là.
00:06:33Donc tout de suite, on comprend que ça va être un fait divers particulier.
00:06:38Malgré l'importante battue du dimanche,
00:06:42aucune trace d'Alexia.
00:06:45Mais le lendemain, après 48 heures de recherches intenses,
00:06:49le déploiement de force des gendarmes paye.
00:06:51Alors en fait, il y a un premier tournant,
00:06:56puisque dès le début d'après-midi,
00:06:57on apprend qu'il y a un corps qui a été découvert dans le bois des moulins.
00:07:02Un corps qui est dissimulé sous des branchages,
00:07:05dans un endroit qui était très loin de la zone qui nous était décrite par Jonathan Daval,
00:07:09la zone du footing.
00:07:10On se trouve assez loin de la maison qui se trouve à Gré-la-Ville,
00:07:19donc on est à peu près à 7 km à vol d'oiseau.
00:07:24On quitte une route, une départementale,
00:07:27pour rejoindre un chemin carrossable,
00:07:29et on longe des bois pendant environ 1 km, 1,5 km.
00:07:32Et de là, il y a un petit sillon qui mène au corps,
00:07:41qui se situe à environ une trentaine de mètres dans la forêt.
00:07:49Donc c'est vraiment un lieu qui est assez isolé, il faut y aller.
00:07:55On a eu énormément de chance, je vous rappelle qu'on est en hiver,
00:07:57que la nuit tombe très tôt, que les conditions sont très dégradées,
00:08:00et je crois qu'on a eu beaucoup de chance, effectivement, de découvrir ce cadavre.
00:08:04Sans cadavre, il n'y avait pas de crime.
00:08:08Moi, je suis convaincu que dans ce dossier,
00:08:10on aurait pu passer à côté du meurtre quasiment parfait.
00:08:22Le corps, il se situe entre deux troncs d'arbres,
00:08:25en décumitus dorsal, c'est-à-dire en position sur le dos.
00:08:28Et là, au fur et à mesure, dans les branchages,
00:08:30effectivement, on s'aperçoit que le corps est partiellement brûlé.
00:08:39Et on reconnaît bien une femme blonde, recouverte d'un drap,
00:08:43un drap blanc, partiellement brûlé également.
00:08:45Donc elle porte effectivement un short, des baskets roses,
00:08:48des lunettes, et tout porte à croire effectivement qu'il s'agisse bien d'Alexis.
00:08:51Les techniciens en identification criminelle
00:08:56travaillent toute la nuit sur la scène de crime.
00:09:01Ils relèvent une trace de pneus à proximité du corps.
00:09:05Et ils découvrent un capuchon en plastique blanc sous le cadavre.
00:09:08Alors que les experts poursuivent leurs constatations,
00:09:15le procureur de la République fait déjà face aux journalistes.
00:09:18Au moment même où je me rendais sur la scène de crime,
00:09:23j'ai été appelé par un organe de presse qui m'indiquait
00:09:25qu'il savait qu'on avait découvert le cadavre
00:09:28et qu'il allait sortir l'information.
00:09:31Donc là, c'est un revirement extrêmement important
00:09:32par rapport à la stratégie d'enquête.
00:09:35Ça veut dire qu'un de nos suspects va être informé
00:09:38par les médias de la découverte du cadavre.
00:09:40Cette médiatisation, vous voyez, a perturbé ce début d'enquête
00:09:44parce que, par définition, elle nous a rendu impossible
00:09:47la possibilité, par exemple, d'immédiatement le placer sous écoute,
00:09:51de suivre son comportement,
00:09:52avant même la révélation de la découverte du cadavre.
00:09:58Le procureur demande aux journalistes
00:10:00de conserver cette information secrète.
00:10:03Une heure.
00:10:05Le temps d'informer la famille d'Alexia.
00:10:10Je reçois seul, à ma gauche, les deux parents,
00:10:14à ma droite, Jonathan Daval.
00:10:16Les parents sont, bien entendu, en larmes
00:10:18parce qu'ils ont compris que je leur annonçais une mauvaise nouvelle.
00:10:22On est là, on entend, on entend.
00:10:27Et en même temps, on s'effondre et...
00:10:32On sait que maintenant, c'est fini.
00:10:36On sait qu'Alexia allait vraiment décéder.
00:10:40Et c'est...
00:10:43Tout s'écroule.
00:10:44Tout s'écroule.
00:10:49Pourquoi notre fille est décédée ?
00:10:51Pourquoi est-ce qu'elle est retrouvée dans un bois ?
00:10:54Pourquoi...
00:10:54Pourquoi tout ça ?
00:10:57J'essaie d'en dire le moins possible
00:11:02parce que c'est quelque chose d'extrêmement choquant, bien sûr, pour la famille.
00:11:05Et j'essaie surtout de me préserver des éléments
00:11:08par rapport à ce soupçon qu'on commence à avoir sur Jonathan Daval.
00:11:13Et j'ai en face de moi une personne, effectivement,
00:11:15qui s'englote.
00:11:17Le veuf est pleuré, en grand chagrin.
00:11:19Dominique, on est 48 heures après la disparition d'Alexia
00:11:29et les gendarmes et le procureur ont déjà des doutes sur le veuf.
00:11:33Pourquoi ?
00:11:34Au départ, c'est assez classique.
00:11:36Toutes les hypothèses sont envisagées,
00:11:37y compris celles du mari.
00:11:39Le mari, d'ailleurs, qui a été entendu deux fois ce samedi-là.
00:11:42Là, les gendarmes s'intéressent à ce qu'ils ont fait,
00:11:45Alexia et lui, la veille au soir, le vendredi,
00:11:48et le matin, avant qu'elles partent courir.
00:11:49Des déclarations qui peuvent croiser avec leur première constatation
00:11:53et est-ce qu'ils y trouvent des contradictions ?
00:11:54Oui, une première contradiction dans les horaires.
00:11:58En fait, Jonathan Daval explique qu'il a fait plusieurs fois le trajet
00:12:01que prenait sa femme habituellement quand elle allait courir,
00:12:04en voiture, pour tenter de la retrouver.
00:12:07Les gendarmes vont vérifier tous les horaires,
00:12:09c'est-à-dire qu'ils vont recalculer ses trajets qu'il a faits en voiture
00:12:12et ça ne colle pas avec les horaires qu'il a déclarés.
00:12:15Et puis, est-ce qu'il y a d'autres incohérences ?
00:12:17Oui, il y en a une qui va être capitale, c'est la version du voisin.
00:12:21Le vendredi soir, il s'est couché à 22h.
00:12:23Il dit au gendarme, à 1h26, j'ai été réveillé par un bruit,
00:12:27un bruit caractéristique qu'il connaît bien.
00:12:29C'est le bruit d'une plaque métallique qui est devant la maison des Daval
00:12:32et à chaque fois qu'ils bougent leur voiture, ils passent sur cette plaque.
00:12:35Et machinalement, il a regardé son réveil, il était 1h26.
00:12:38Il dit au gendarme, je me suis dit, tiens, les Daval rentrent chez eux.
00:12:42Et il avait dit quoi, Jonathan Daval, sur leur emploi du temps cette nuit-là ?
00:12:46Jonathan Daval a dit au gendarme, on a dîné chez mes beaux-parents,
00:12:49on est partis vers 23h30, minuit, il leur faut 10 minutes pour rentrer chez eux.
00:12:53Logiquement, ils arrivent à minuit, minuit 10.
00:12:55Là, il dit, on n'est plus sortis de la maison, ni Alexia, ni moi,
00:12:59on a fait des bricoles, lessives, lave-vaisselle, mais on n'est plus ressortis de la maison.
00:13:04Et ça, ça ne correspond pas aux déclarations du voisin
00:13:07qui entend leur voiture passer sur la plaque à 1h26.
00:13:16Le patron de Jonathan Daval vient très vite étayer ce premier indice.
00:13:22Jonathan Daval est informaticien.
00:13:24Il possède un utilitaire blanc professionnel, qui est équipé d'un tracker.
00:13:32Le patron, dont il a su la disparition d'Alexia Daval,
00:13:35il a voulu interroger ce tracker.
00:13:38Et ça a permis d'avoir un élément,
00:13:40un élément comme quoi le tracker, il y a eu un hit à 1h26 du matin,
00:13:44la nuit du vendredi à samedi.
00:13:45Ce qui correspond à la plaque qui se situe à côté de chez le voisin.
00:13:49Les gendarmes vérifient.
00:13:54L'utilitaire de Jonathan Daval a bien bougé cette nuit-là.
00:13:59On sait que Jonathan Daval nous ment.
00:14:01Il nous raconte une histoire.
00:14:03Et nous, on essaie de démonter cette histoire,
00:14:06de confirmer ou d'infirmer ce qu'il dit.
00:14:08Au moment où les gendarmes accumulent les présomptions contre Jonathan Daval,
00:14:18l'unité des sciences et du comportement de l'IRCGN va venir appuyer leur enquête.
00:14:25Ces experts, ces profilers français, décryptent la scène de crime.
00:14:31Et ils relèvent tout de suite le soin
00:14:34avec lequel le cadavre a été déposé entre deux troncs d'arbre.
00:14:38Ses lunettes sont en place, bien positionnées sur son visage.
00:14:43Elle a ses mains qui sont mises dans ses poches.
00:14:46Elle est recouverte d'un drap de façon assez précautionneuse.
00:14:50Donc il s'agit de gestes de réparation.
00:14:54Quand un individu commet un homicide violent,
00:14:57ce qui est le cas ici,
00:14:58mais qu'ensuite il y a des gestes
00:15:02qui finalement viennent réparer un peu cette violence,
00:15:06viennent contrebalancer cette violence,
00:15:08il y a quelque chose d'émotionnel là-dedans.
00:15:11Il y a une volonté de dire excuse-moi.
00:15:15Et effectivement, nous, nous allons en déduire
00:15:18qu'il peut y avoir un lien de connaissance
00:15:20entre l'auteur et la victime.
00:15:21car un individu qui ne la connaîtrait pas
00:15:25n'aurait pas la nécessité de faire ce type de geste.
00:15:31Et puis l'autopsie tombe.
00:15:34Et elle aussi vient orienter l'enquête.
00:15:36Au niveau d'autopsie,
00:15:39donc DJ assisté, bien entendu,
00:15:40on relève une trace d'impact.
00:15:42La radio du corps ne permet pas de dire
00:15:44qu'elle a été percutée par une voiture.
00:15:46Et puis on relève pas mal de coups au visage,
00:15:48d'hermabrasions dans le dos,
00:15:50les ongles retournés.
00:15:51Donc on sait qu'elle s'est battue.
00:15:53Elle s'est battue avec son agresseur potentiel.
00:15:56Et le légiste déterminera
00:15:57qu'elle est morte par strangulation.
00:16:01Le légiste relève plusieurs départs de feu
00:16:03sur la face avant du corps.
00:16:05des pieds à la tête.
00:16:09Et par ailleurs,
00:16:11les médecins légistes ne constatent pas
00:16:12d'agression sexuelle.
00:16:14Donc en l'absence de motivation sexuelle,
00:16:17le lien de connaissance est remis sur le tapis.
00:16:23Un lien qui vient encore appuyer
00:16:25la multitude de coups
00:16:27qu'Alexia a reçus en pleine figure.
00:16:32On est dans l'affectif
00:16:33quand on s'en prend au visage de quelqu'un.
00:16:35On a vraiment une décharge
00:16:36émotionnelle
00:16:39de type
00:16:39de colère,
00:16:41de rage,
00:16:42de haine,
00:16:42que sais-je.
00:16:43Mais en tous les cas,
00:16:44il y a quelque chose d'émotionnel là-dedans.
00:16:46Donc là, l'idée,
00:16:47ça va être
00:16:47d'aller
00:16:48investiguer
00:16:49sur les potentiels conflits
00:16:51que la victime a pu avoir
00:16:53avec
00:16:53différentes personnes.
00:16:55C'est donc dans le plus grand secret
00:17:03que les gendarmes
00:17:04vont continuer à creuser
00:17:05la piste du mari
00:17:06et se plonger dans la vie intime
00:17:08du couple.
00:17:09Jonathan Daval est placé sur écoute,
00:17:10les gendarmes ne le lâchent plus.
00:17:13Et pendant ce temps-là,
00:17:14le mystère de Grey
00:17:15déchaîne les passions.
00:17:17Une semaine après la mort d'Alexia,
00:17:24un jogging s'organise à Grey,
00:17:26en mémoire d'Alexia Daval.
00:17:28Son mari
00:17:29prend la tête
00:17:29de ce rassemblement.
00:17:32Des centaines d'autres
00:17:33ont lieu partout en France.
00:17:36On est en plein
00:17:37dans le mouvement MeToo,
00:17:38dans l'affaire Weinstein,
00:17:40où on a en France
00:17:41une montée de la problématique
00:17:43des violences faites aux femmes
00:17:44très très forte
00:17:44qui se politisent à ce moment-là.
00:17:46Et Alexia devient
00:17:47un symbole
00:17:47par rapport à ce contexte général
00:17:49de femmes qui en ont marre
00:17:50de se faire agresser,
00:17:51de se faire maltraiter
00:17:52dans l'intimité.
00:17:53Et ça devrait vraiment,
00:17:54encore une fois,
00:17:54un symbole.
00:17:55On se souvient que quand même,
00:17:56une semaine après sa mort,
00:17:59toute la France court.
00:18:04Le lendemain,
00:18:05c'est une marche blanche
00:18:06qui réunit une foule
00:18:08autour de la famille d'Alexia.
00:18:13Grey, c'est 5000 habitants,
00:18:15à peu près.
00:18:15Le jour de cette marche blanche,
00:18:17il y a près de 10 000 personnes
00:18:18dans les rues de Grey.
00:18:20La mairie de Grey n'a jamais vu ça,
00:18:22les habitants de Grey
00:18:23n'ont jamais vu ça.
00:18:24On tombait des nus
00:18:25de voir le monde.
00:18:30On parle du pays grélois,
00:18:31mais c'était beaucoup plus que ça.
00:18:33C'était des gens
00:18:34qui avaient fait des centaines
00:18:35de kilomètres
00:18:36pour venir à cette marche blanche.
00:18:37Ça m'a réchauffé le cœur
00:18:39de les voir tous là autour de nous.
00:18:43C'est ça qui nous a fait tenir aussi
00:18:44et qui nous fait tenir encore maintenant.
00:18:49Ce qui est vraiment frappant,
00:18:51c'est que c'est Jonathan Daval
00:18:52qui est entouré du début
00:18:54à la fin de cette marche blanche
00:18:55par les parents d'Alexia.
00:18:56Ils l'enlacent,
00:18:57ils le rassurent.
00:18:58Isabelle et Jean-Pierre Fouillot,
00:19:03ils vont s'employer
00:19:04à rester le plus digne possible
00:19:06et à ne jamais craquer.
00:19:08Celui qui craque,
00:19:09en revanche,
00:19:09à plusieurs reprises,
00:19:10c'est Jonathan Daval.
00:19:12Elle était ma première supportrice,
00:19:15mon oxygène.
00:19:16La force qui nous poussait
00:19:17à me surpasser
00:19:19lors de mes challenges physiques.
00:19:22Nous savions puiser
00:19:23dans nos regards,
00:19:24nos échanges,
00:19:25l'énergie nécessaire
00:19:26pour aller plus loin ensemble.
00:19:28Ce petit mari,
00:19:29c'est la première fois
00:19:29presque qu'il s'exprime
00:19:30publiquement
00:19:31avec cette voix enfantine
00:19:33qui pleure,
00:19:33qui a du mal à parler,
00:19:35qui a même du mal à respirer
00:19:36et qui a un discours,
00:19:37un petit peu,
00:19:38on le sent en décalage
00:19:39peut-être par rapport
00:19:40à la situation.
00:19:41Avec ce lapsus sur l'oxygène,
00:19:42on vient d'apprendre
00:19:43qu'elle est morte asphyxiée.
00:19:47Évidemment,
00:19:47dans ce genre de crime,
00:19:48c'est toujours le premier cercle
00:19:49de la victime qui est suspectée.
00:19:51Donc, il y a quelques personnes
00:19:53qui tiquent un petit peu,
00:19:54que ça interpelle.
00:19:56Les journalistes
00:19:57traquent le scoop.
00:19:58Et si le mari
00:19:59était impliqué ?
00:20:01Les gendarmes
00:20:02qui ne quittent pas
00:20:03Jonathan Daval
00:20:04des yeux
00:20:04font tout ce qu'ils peuvent
00:20:06pour préserver leur enquête
00:20:07de la curiosité
00:20:08de la presse.
00:20:09Les médias,
00:20:12ils ont été omniprésents
00:20:13dès le début
00:20:14parce qu'on était agréés
00:20:15au premier étage
00:20:16de la brigade.
00:20:17Sur la petite place devant,
00:20:18déjà, il y avait des caméras
00:20:19qu'il faut faire attention,
00:20:20qu'on ne vous chiffre pas,
00:20:21etc.
00:20:21Alors, il a fallu
00:20:22qu'on prenne des précautions,
00:20:23il a fallu qu'on ferme les volets.
00:20:24On avait changé
00:20:25les barillets des portes
00:20:26parce que, vraiment,
00:20:27le fait de divulguer
00:20:28des éléments du dossier
00:20:29dans la presse,
00:20:30c'est un risque d'échec
00:20:30pour les enquêteurs.
00:20:31Le but des enquêteurs,
00:20:32c'est vraiment maintenir
00:20:33le secret
00:20:34pour garder toujours
00:20:35toutes les cartes en main
00:20:36quand on va être confronté
00:20:38au suspect, quoi.
00:20:43Jusque-là,
00:20:44les gendarmes
00:20:44n'ont eu qu'un seul son de cloche,
00:20:46celui de Jonathan Daval lui-même,
00:20:48le jour de la disparition
00:20:49d'Alexia,
00:20:50quand il leur a expliqué
00:20:51qu'elle l'insultait
00:20:52et le brutalisait
00:20:53pendant des crises d'hystérie.
00:20:57Mais en creusant davantage,
00:20:59les gendarmes comprennent
00:21:00que le veuf
00:21:01ne leur a pas dit
00:21:03toute la vérité.
00:21:06Alexia n'avait que 17 ans
00:21:14quand elle a rencontré
00:21:15Jonathan Daval
00:21:16et lui, 21.
00:21:19C'était un jeune homme
00:21:20très timide,
00:21:21mais au contact
00:21:21de cette fille,
00:21:22au caractère affirmé,
00:21:24il s'est émancipé.
00:21:27On a vu Jonathan changer,
00:21:29il était heureux,
00:21:31il souriait,
00:21:31il nous a présenté
00:21:33tout de suite Alexia.
00:21:35Non, c'était un beau couple.
00:21:36Et on avait compris
00:21:38dès le début
00:21:38qu'il allait faire sa vie
00:21:39avec Alexia.
00:21:41Il y avait Alexia
00:21:42qui comptait,
00:21:42c'était sa princesse, Alexia.
00:21:44Nous, Alexia
00:21:45avait choisi Jonathan,
00:21:46donc Jonathan
00:21:47faisait partie intégrante
00:21:50de la famille,
00:21:50ça c'est sûr.
00:21:51Le gamin,
00:21:52on l'a aimé
00:21:53comme notre fils,
00:21:55on lui a tout donné.
00:21:56C'était...
00:21:57Il n'y avait aucun frein,
00:22:00aucun mur.
00:22:01C'était notre gamin,
00:22:03tout simplement.
00:22:03Après dix années
00:22:07de vie commune,
00:22:09Alexia et Jonathan
00:22:09se sont mariés
00:22:10et installés à gré.
00:22:14Beaucoup de personnes
00:22:14ont été entendues,
00:22:15ils parlent d'un couple harmonieux,
00:22:17où tout se passe très bien,
00:22:19ils ont une belle qualité de vie,
00:22:20etc.
00:22:20Et on a deux, trois personnes
00:22:22qui nous disent
00:22:22un petit peu l'inverse,
00:22:23comme quoi le couple,
00:22:24ça va plus trop en ce moment.
00:22:26Alexia Daval
00:22:26téléphonait à sa confidente,
00:22:28elle lui raconte
00:22:28un petit peu sa vie
00:22:29avec Jonathan
00:22:29qui n'est pas une vie rêvée
00:22:31comme elle l'espérait.
00:22:32Il m'énerve.
00:22:34C'est un cas désespéré
00:22:35qui ne comprend rien aux femmes.
00:22:37À moi.
00:22:39Alexia semblait triste.
00:22:41Malgré le beau mariage,
00:22:43la belle maison avec piscine,
00:22:45il lui manquait
00:22:45un grand bonheur,
00:22:47un enfant.
00:22:49Mais pour cela,
00:22:50fallait-il encore
00:22:50que son homme
00:22:51la désire.
00:22:52Quand j'essaie
00:22:54d'être tactile,
00:22:55il me repousse.
00:22:56Il ne veut pas faire l'amour.
00:22:57En fait,
00:22:58ce qu'elle lui reproche
00:22:59et ce qu'on peut voir
00:23:00dans leurs échanges SMS,
00:23:02c'est son manque
00:23:04de virilité.
00:23:05Ça, elle le dit
00:23:05très clairement.
00:23:06Elle dit
00:23:06« Tu n'es pas un homme
00:23:08» ou quelque chose
00:23:09de cet ordre-là.
00:23:10Il avait des problèmes
00:23:11érectiles,
00:23:12c'était avéré.
00:23:14Il avait vu
00:23:14un médecin pour ça.
00:23:16Et je crois
00:23:17qu'Alexia lui reprochait
00:23:18véritablement
00:23:20cette difficulté-là
00:23:22et mettait sur ce compte-là
00:23:25le fait qu'elle ne puisse
00:23:26pas tomber enceinte.
00:23:27furieuse,
00:23:28Alexia,
00:23:29parce qu'elle tentait
00:23:30tout pour être enceinte.
00:23:31Le couple avait même
00:23:32commencé un processus
00:23:33de procréation
00:23:34médicalement assistée.
00:23:36Mais Alexia
00:23:36se sentait bien seule
00:23:38dans ses démarches.
00:23:39Jonathan
00:23:40ne s'investissait pas
00:23:42autant qu'elle.
00:23:43Je pense qu'elle sait
00:23:44qu'elle est dure,
00:23:45mais elle dit aussi
00:23:46qu'elle est dure
00:23:46pour le réveiller,
00:23:47pour le secouer,
00:23:48pour déclencher
00:23:49quelque chose chez lui
00:23:50qui…
00:23:52Allez,
00:23:52réveille-toi en fait.
00:23:54Là, je suis en train
00:23:54d'essayer peut-être
00:23:55de sauver notre couple
00:23:56et elle lui demande
00:23:58aussi des explications
00:23:59ou de pouvoir se voir
00:24:01le soir et d'en reparler.
00:24:03Il ne le veut pas.
00:24:04Il évite,
00:24:05il fuit,
00:24:06il part.
00:24:07Comme d'hab,
00:24:08quand ça va pas,
00:24:09tu fuis.
00:24:10Depuis des mois,
00:24:14Jonathan Daval
00:24:15se réfugiait
00:24:16chez sa mère.
00:24:17Jonathan,
00:24:18il vient nous voir
00:24:18mais en cachette.
00:24:20Il cachait sa voiture
00:24:22pour pas que
00:24:23ça soit revenu
00:24:24à Alexia
00:24:26qu'il est venu chez nous.
00:24:29Dès la fin de journée,
00:24:31il traîne chez sa mère
00:24:32jusqu'à 23 heures
00:24:33pour rentrer chez lui
00:24:34quand sa femme dort.
00:24:36Une fois,
00:24:38je lui ai dit
00:24:39mais qu'est-ce qui se passe
00:24:39donc ?
00:24:40Ça va pas avec Alexia ?
00:24:41Elle me dit
00:24:41si, si, ça va.
00:24:42Je lui ai dit
00:24:42écoute,
00:24:43pourquoi tu viens comme ça ?
00:24:45C'est parce que je rentre
00:24:46une fois qu'elle dort
00:24:46comme ça,
00:24:47j'ai pas de crise.
00:24:48J'ai dit
00:24:49quelle crise ?
00:24:49Il me dit
00:24:50non, non,
00:24:50mais t'inquiète pas
00:24:51parce qu'il voulait
00:24:51pas qu'on sache.
00:24:53Il voulait rien nous dire
00:24:54pour pas qu'on s'inquiète.
00:24:58Les gendarmes poussent
00:24:59leurs recherches
00:25:00sur ces fameuses crises
00:25:01d'hystérie
00:25:02dont Jonathan Daval
00:25:03leur a parlé.
00:25:03Des épisodes de furie
00:25:09n'ont jamais été révélés
00:25:10dans le cadre
00:25:10de cette enquête
00:25:11que ce soit
00:25:11son médecin traitant
00:25:12ou l'ensemble des proches
00:25:13à aucun moment
00:25:15nous avons un témoin
00:25:16qui déclare
00:25:17effectivement
00:25:17des scènes
00:25:17de violence physique
00:25:19ou psychologique
00:25:20de la part
00:25:21d'Alexia Daval
00:25:22donc c'était une thèse
00:25:23qui ne pouvait aboutir.
00:25:26Pendant que les gendarmes
00:25:28travaillent sur la vie du couple
00:25:29les expertises techniques
00:25:31de l'IRCGN tombent
00:25:32et une fois encore
00:25:34les conclusions
00:25:34ramènent au mari.
00:25:36L'utilitaire
00:25:37de Jonathan Daval
00:25:38le trahit
00:25:39deux fois.
00:25:41D'abord le tracker
00:25:41qui borne
00:25:43dans la zone du bois
00:25:44où a été découvert
00:25:45le corps d'Alexia
00:25:46et puis ses pneus
00:25:47et l'empreinte
00:25:49sur le chemin.
00:25:49on s'aperçoit
00:25:53qu'en tout point
00:25:54le pneumatique
00:25:54correspond
00:25:55c'est la même marque
00:25:56c'est la même taille
00:25:57c'est la même structure
00:25:58il y a vraiment
00:25:59tous les éléments
00:26:00qui laissent penser
00:26:01que ce véhicule là
00:26:02se trouvait là
00:26:04le samedi matin
00:26:05et donc là
00:26:07on se dit
00:26:08c'est bingo
00:26:10il n'y a plus de doute
00:26:12on a tous les éléments
00:26:13qui permettent
00:26:14de laisser penser
00:26:14que le mari
00:26:15est impliqué
00:26:16dans les faits.
00:26:24Dominique
00:26:25le tracker
00:26:25les marques de pneus
00:26:27ça fait déjà
00:26:27beaucoup d'éléments
00:26:28de preuve
00:26:28et ce n'est pas terminé
00:26:29il y en a d'autres
00:26:30qui vont arriver
00:26:30avec la suite
00:26:31de l'autopsie.
00:26:32Oui l'analyse
00:26:33du bol alimentaire
00:26:34qui va tomber
00:26:34à la mi-novembre
00:26:35et là
00:26:36l'expert observe
00:26:37dans l'estomac
00:26:38d'Alexia
00:26:39des feuilles de salade
00:26:40qui ne sont pas
00:26:41digérées
00:26:42et ça correspond
00:26:43au dîner
00:26:44qu'elle a pris
00:26:44la veille
00:26:45chez ses parents.
00:26:46Ce qui signifie
00:26:46qu'elle serait morte
00:26:47le vendredi soir
00:26:48et qu'elle n'a jamais
00:26:48fait de footing
00:26:49le samedi matin.
00:26:50Et la toxicologie ?
00:26:52La toxicologie révèle
00:26:53des traces
00:26:54de médicaments
00:26:55psychotropes
00:26:56mais selon l'expert
00:26:57ces médicaments
00:26:58ne peuvent pas être
00:26:59à l'origine
00:27:00du décès d'Alexia
00:27:01pas non plus
00:27:02à l'origine
00:27:03d'une altération
00:27:04de son comportement
00:27:05mais cette histoire
00:27:06de médicaments
00:27:07va avoir de l'importance
00:27:08pour la suite.
00:27:10Est-ce qu'on a pu déterminer
00:27:11qui a rédigé
00:27:12le texto
00:27:13qu'Alexia aurait envoyé
00:27:14à sa soeur
00:27:14le samedi matin ?
00:27:15Alors ce fameux texto
00:27:16qui dit
00:27:18je vais aller courir
00:27:19un coup
00:27:19je passerai peut-être
00:27:20vous faire un coucou
00:27:21si je suis motivé
00:27:23point bisou.
00:27:24Alors
00:27:25quand on compare
00:27:26l'écriture de ce SMS
00:27:27au SMS
00:27:28qu'envoie habituellement
00:27:30Alexia
00:27:30ça ne colle pas
00:27:31parce qu'elle écrit
00:27:32en abrégé
00:27:33celui qui soigne
00:27:34ces textos
00:27:35pour Rachid
00:27:36c'est Jonathan
00:27:37après trois mois
00:27:38d'enquête
00:27:38le juge décide
00:27:39enfin
00:27:40d'interpeller Jonathan
00:27:41mais pourquoi
00:27:42est-ce qu'il a attendu
00:27:42aussi longtemps ?
00:27:43Parce que les gendarmes
00:27:44ont établi
00:27:45le profil psychologique
00:27:47de Daval
00:27:48c'est un monteur
00:27:49ils le savent
00:27:50c'est un manipulateur
00:27:52le juge
00:27:53et les gendarmes
00:27:54veulent un dossier
00:27:54qui tienne
00:27:56sans aveu
00:27:56et c'est pour ça
00:27:57qu'ils ont attendu
00:27:59le retour
00:27:59de toutes les expertises
00:28:01avant de placer
00:28:02Jonathan Daval
00:28:03en garde à vue
00:28:03Une garde à vue
00:28:04qui va avoir lieu
00:28:05le 29 janvier 2018
00:28:07J'aimerais en domicile
00:28:15de la famille Fouillot
00:28:16je suis reçu
00:28:16par Madame Fouillot
00:28:17donc je lui apprends
00:28:18que nous nous donnons
00:28:19de placer
00:28:19en garde à vue
00:28:20Jonathan
00:28:21pour le meurtre
00:28:22de sa fille
00:28:22et là Madame Fouillot
00:28:25me dit
00:28:26c'est pas possible
00:28:26vous vous trompez
00:28:27vous êtes en train
00:28:28de faire
00:28:29une affaire Grégory
00:28:30C'était tellement
00:28:33impossible pour moi
00:28:34que ce soit lui
00:28:35et que j'avais peur
00:28:35qu'il fasse un faux coupable
00:28:38Moi j'ai crié
00:28:39mais c'est pas possible
00:28:41vous faites une erreur
00:28:43c'est impossible
00:28:44le gamin
00:28:45dans quel état
00:28:45qu'il doit être
00:28:46ça doit être horrible
00:28:47pour lui
00:28:48Les gendarmes
00:28:50ont demandé
00:28:50aux deux avocats
00:28:51qui assistent
00:28:52Jonathan Daval
00:28:53en tant que parti civil
00:28:54de les rejoindre sur place
00:28:55La première chose
00:28:57qui m'interpelle
00:28:58c'est que je vois
00:28:59que les gendarmes
00:28:59sont en train
00:29:00de placer les scellés
00:29:01ce qui n'est pas habituel
00:29:02et ce qui est en général
00:29:03assez mauvais signe
00:29:04Mon idée
00:29:05c'est soit
00:29:06ils jouent le tout
00:29:06pour le tout
00:29:07parce qu'ils n'ont
00:29:07pas grand chose
00:29:08qu'ils pensent
00:29:09faire basculer
00:29:09le dossier
00:29:10pendant une guerre d'avus
00:29:11ce qui arrive
00:29:11les aveux
00:29:12soit ils ont des choses
00:29:14mais en l'état
00:29:14je n'ai aucun élément
00:29:15me permettant de penser
00:29:16qu'ils puissent avoir
00:29:17des éléments
00:29:17impliquant Jonathan
00:29:19de près ou de loin
00:29:19dans la disparition
00:29:20d'Alexia
00:29:20Avant de conduire
00:29:25Jonathan Daval au poste
00:29:27les gendarmes
00:29:28fouillent la maison
00:29:28Lors de la perquisition
00:29:34on tombe
00:29:35sur une bombe aérosol
00:29:35de mousse expansive
00:29:36dépourvue du bouchon
00:29:38qui correspond
00:29:39au fameux bouchon
00:29:40qui se trouvait
00:29:40sous le bras
00:29:41d'Alexia Daval
00:29:42donc ça
00:29:43on l'a saisi
00:29:44et on retrouve également
00:29:45des draps
00:29:46des draps similaires
00:29:47à celui qui couvrait le corps
00:29:48peut-être pas de la même couleur
00:29:49mais exactement
00:29:50avec le même motif
00:29:51donc là vraiment
00:29:53on a tous les éléments
00:29:53du dossier
00:29:54là on se dit
00:29:55c'est lui quoi
00:29:56puis Jonathan Daval
00:30:04est conduit
00:30:04en garde à vue
00:30:05à la section
00:30:06de recherche
00:30:07de Besançon
00:30:08il y avait
00:30:10une cinquantaine
00:30:10de mètres
00:30:11de journalistes
00:30:12en meute
00:30:13je dirais
00:30:13donc oui
00:30:15on sent une pression
00:30:17autour de nous
00:30:17tout le pays
00:30:18regardait
00:30:18à ce moment là
00:30:19il regardait
00:30:20cette gendarmerie
00:30:21où Jonathan Daval
00:30:23était interrogé
00:30:24pour essayer de comprendre
00:30:25ce qui s'était passé
00:30:27il y a également
00:30:27la pression
00:30:28de la garde à vue
00:30:28trois mois
00:30:29se sont passés
00:30:30donc trois mois
00:30:31où Jonathan Daval
00:30:32a pu d'autant plus
00:30:34s'installer dans le déni
00:30:35il est choyé
00:30:36par ses beaux-parents
00:30:37ce sera compliqué
00:30:38de le faire sortir
00:30:38de ce déni
00:30:39les gendarmes
00:30:41ont donc préparé
00:30:42minutieusement
00:30:43l'interrogatoire
00:30:44nous allons travailler
00:30:46en collaboration
00:30:46avec les enquêteurs
00:30:47pour savoir comment
00:30:48aborder Jonathan Daval
00:30:50quel type de questions
00:30:51lui poser
00:30:52comment lui poser
00:30:53à quel moment
00:30:54qu'est-ce qu'on fait
00:30:55quand on arrive
00:30:56s'il refuse de nous parler
00:30:57qu'est-ce qu'on fait
00:30:57s'il fait un malaise
00:30:58qu'est-ce qu'on
00:30:58on essaie d'imaginer
00:30:59un petit peu
00:31:00tous les possibles
00:31:00de manière à avoir
00:31:02des parades à tout
00:31:03on essaie de ne pas
00:31:06se faire surprendre
00:31:06par l'imprévu justement
00:31:07avec énormément
00:31:08d'anticipation
00:31:09mais avant même
00:31:12que la première audition
00:31:13ne débute
00:31:14les avocats
00:31:15de Jonathan Daval
00:31:16découvrent
00:31:16un scoop
00:31:17le magazine Le Point
00:31:19révèle que les gendarmes
00:31:20ont déjà
00:31:21trois éléments
00:31:22à charge
00:31:23contre le mari
00:31:23d'Alexia
00:31:24le témoignage
00:31:26du voisin
00:31:27le tracker
00:31:29la trace de pneus
00:31:31bref
00:31:33des indices
00:31:34extrêmement sérieux
00:31:35alors
00:31:35se posent deux réflexions
00:31:36à nous
00:31:36d'abord
00:31:37est-ce que c'est vrai
00:31:37est-ce que c'est
00:31:38pas des fausses informations
00:31:40des informations
00:31:41fantaisistes
00:31:41des mauvaises interprétations
00:31:43d'un journaliste
00:31:44on ne sait pas
00:31:46assisté de son avocate
00:31:49Jonathan Daval
00:31:50fait face
00:31:51à deux gendarmes
00:31:53dans une pièce voisine
00:31:54les comportementalistes
00:31:56et le commandant
00:31:57de la section de recherche
00:31:58suivent le déroulé
00:31:59de la garde à vue
00:32:00c'est une première audition
00:32:02sur comment fonctionne
00:32:03le couple
00:32:04ce qui s'est passé
00:32:05ce soir-là
00:32:05la soirée en famille
00:32:07etc
00:32:07donc je sors
00:32:08de cette première audition
00:32:09je ne suis pas plus inquiète
00:32:11que cela
00:32:11après trois heures de repos
00:32:14Jonathan Daval
00:32:16est entendu
00:32:16une deuxième fois
00:32:18et les gendarmes
00:32:19changent de ton
00:32:21ça va aller
00:32:23de manière
00:32:23crescendo
00:32:24en fait
00:32:24on commence
00:32:25déjà
00:32:26par lui mettre
00:32:27en avant
00:32:28les incohérences
00:32:28flagrantes
00:32:29et puis petit à petit
00:32:30on va un petit peu
00:32:31plus loin
00:32:31on essaie
00:32:32de vraiment
00:32:33tout ramener
00:32:34pour le pousser
00:32:35aux aveux
00:32:36on se rend compte
00:32:37que tout ce qui est
00:32:37dans la presse
00:32:37est vrai
00:32:38et ce sont
00:32:38des indices
00:32:39qui sont
00:32:40on ne peut les qualifier
00:32:41que comme ça
00:32:42d'accablant
00:32:43contre Jonathan
00:32:43on sait maintenant
00:32:45que Jonathan
00:32:46est effectivement
00:32:46impliqué
00:32:47parce que nous
00:32:48on assiste
00:32:48à ses réponses
00:32:49par rapport
00:32:49aux questions
00:32:50qui lui sont posées
00:32:51et où il ne peut pas répondre
00:32:52c'est pas possible
00:32:53il n'y a pas de réponse
00:32:54et s'il n'y a pas de réponse
00:32:55c'est que tout simplement
00:32:56c'est lui
00:32:57malgré l'évidence
00:33:00Jonathan Daval
00:33:01persiste à nier
00:33:02on s'est dit
00:33:05que ça allait être
00:33:06plus compliqué
00:33:06que ce qu'on pensait
00:33:08c'est quelqu'un
00:33:14qui baisse la tête
00:33:15c'est quelqu'un
00:33:16qui ne vous regarde
00:33:16pas dans les yeux
00:33:17c'est quelqu'un
00:33:17qui est dans la fuite
00:33:18dans l'évitement
00:33:19comme ce qu'Alexia
00:33:20disait finalement
00:33:20donc ça va durer
00:33:23des heures
00:33:24des heures
00:33:24et il peut
00:33:25ne pas parler
00:33:25pendant des heures
00:33:26les gendarmes
00:33:31tentent alors
00:33:31de créer
00:33:32un lien d'empathie
00:33:33avec lui
00:33:33c'est une stratégie
00:33:38c'est pas nécessairement
00:33:39ce qu'on pense
00:33:40mais la stratégie
00:33:41qui va être adoptée
00:33:42c'est plutôt
00:33:43d'inculper Alexia
00:33:45en fait
00:33:45l'idée c'est quand même
00:33:48d'essayer de prendre
00:33:49un peu soin de lui
00:33:49et de faire en sorte
00:33:50qu'il ait envie
00:33:51de nous parler
00:33:51donc on va effectivement
00:33:53insister sur le fait
00:33:55qu'Alexia
00:33:56n'était pas facile
00:33:56qu'elle le dévalorisait
00:33:58que ça n'était pas simple
00:34:00et qu'au bout d'un moment
00:34:01on peut le comprendre
00:34:03ça fasse péter un plomb
00:34:05mais le plan ne fonctionne pas
00:34:10alors
00:34:11les gendarmes
00:34:12changent encore de tactique
00:34:14pour la deuxième journée
00:34:15de garde à vue
00:34:15en général
00:34:19l'avocat
00:34:20est rarement
00:34:21notre allié
00:34:21en fait
00:34:21mais là
00:34:22dès le début
00:34:23on a senti que les avocats
00:34:25allaient vraiment
00:34:25dans notre sens
00:34:27celui d'aller
00:34:28vers obtenir des aveux
00:34:29et donc
00:34:30ils m'accordent
00:34:31exceptionnellement
00:34:32un entretien
00:34:33avec Jonathan
00:34:34je lui expose
00:34:38la difficulté
00:34:39je lui dis
00:34:40voilà Jonathan
00:34:40il y a des éléments
00:34:41il faut quand même
00:34:42que vous expliquez
00:34:43là c'est pas satisfaisant
00:34:44on n'y arrivera pas
00:34:45et pour autant
00:34:47il campe sur sa position
00:34:48il a effectivement
00:34:55un côté un peu
00:34:57juvénile
00:34:57un peu enfantin
00:34:58quand on le voit
00:35:00qui pourrait
00:35:01nous faire croire
00:35:03à une certaine
00:35:04fragilité
00:35:05une fébrilité
00:35:06alors je pense
00:35:06qu'il est fragile au fond
00:35:07mais en tout cas
00:35:08face
00:35:10à l'adversité
00:35:11il est solide
00:35:14il reste très peu de temps
00:35:18garde à vue
00:35:19mais l'adjudant Blanchard
00:35:21ne lâche pas
00:35:21il tente
00:35:23une cinquième
00:35:24et ultime audition
00:35:25on va accepter
00:35:30un très bref entretien
00:35:32en fait
00:35:33de moins de 5 minutes
00:35:34avec ses deux avocats
00:35:35il faut sortir
00:35:39de cette impasse
00:35:40et à ce moment là
00:35:42le conseil
00:35:43qui lui est donné
00:35:43c'est
00:35:43soyez honnête
00:35:45maintenant
00:35:46il faut dire les choses
00:35:47et par contre
00:35:49c'est le choix
00:35:50de Jonathan Daval
00:35:51c'est à dire que
00:35:51on le force pas
00:35:52il ressort
00:35:55et il vient
00:35:55s'asseoir vers nous
00:35:56et en fait
00:35:57il se passe
00:35:58comme un grand moment
00:35:59de silence
00:35:59et là
00:36:02Jonathan
00:36:03se met
00:36:04à verser une larme
00:36:06à pleurer
00:36:08je lui dis
00:36:11qu'est-ce que tu as
00:36:13à nous dire
00:36:13il va nous dire
00:36:15qu'il regrette
00:36:15ce qui s'est passé
00:36:16que c'est lui
00:36:16qui l'a fait
00:36:17il dit qu'en fait
00:36:22qu'elle aurait fait
00:36:23une crise
00:36:23qu'il a voulu
00:36:24la faire taire
00:36:25il a essayé
00:36:25de la contenir
00:36:26c'est un accident
00:36:29des aveux à minima
00:36:37Jonathan Daval
00:36:38ne parle
00:36:38ni des coups
00:36:39qu'Alexia a reçus
00:36:40en pleine figure
00:36:41ni de la strangulation
00:36:42ni de la crémation
00:36:43du corps
00:36:44mais les 48 heures
00:36:45légales de garde à vue
00:36:46sont terminées
00:36:48les gendarmes
00:36:49n'ont plus le droit
00:36:50de le cuisiner
00:36:50ce sera au juge
00:36:52d'instruction
00:36:52d'essayer d'obtenir
00:36:53des explications
00:36:54sur les circonstances
00:36:55du crime
00:36:56en attendant
00:36:58ce sont les propres
00:36:59avocats de Jonathan Daval
00:37:00qui vont annoncer
00:37:01son arrestation
00:37:02à la presse
00:37:03nous ne défendrons
00:37:07pas un meurtrier
00:37:07nous ne défendrons
00:37:08pas un assassin
00:37:09nous défendrons
00:37:10un jeune garçon
00:37:11qui dans une crise
00:37:13de couple
00:37:14a effectivement
00:37:15de façon accidentelle
00:37:17occasionné la mort
00:37:18de son épouse
00:37:19on regardait ça
00:37:24à la télé
00:37:24on attendait
00:37:25et quand on a su
00:37:27qu'on s'est tous
00:37:28effondrés
00:37:28on disait
00:37:31non c'est pas possible
00:37:32c'est pas Jonathan
00:37:33ça peut pas être lui
00:37:35je refusais
00:37:38d'accepter
00:37:39que ça soit lui
00:37:39pour un jeune garçon
00:37:41a effectivement
00:37:42de façon accidentelle
00:37:44occasionné la mort
00:37:46de son épouse
00:37:46j'en revenais pas
00:37:47c'était tellement
00:37:48inimaginable pour moi
00:37:49que ce soit lui
00:37:50que j'avais du mal
00:37:53à réaliser
00:37:53on avait perdu
00:37:54notre fille
00:37:55maintenant on a
00:37:56prancé notre jante
00:37:57on a repris un coup
00:37:58de poignard
00:37:59dans le coeur
00:38:00et c'était dur
00:38:02emmagasiner
00:38:03il a vécu trois mois
00:38:05avec nous
00:38:05il pleurait avec nous
00:38:07tous les soirs
00:38:08il nous disait
00:38:09je pourrais pas
00:38:10survivre à ça
00:38:11si je reste en vie
00:38:13c'est parce que
00:38:14vous êtes là
00:38:14c'est parce qu'il avait
00:38:16envie d'être avec nous
00:38:17mais ça il nous mentait
00:38:18encore
00:38:19alors qu'il venait
00:38:20de faire quelque chose
00:38:21d'immonde
00:38:22mais nous
00:38:23on n'en est jamais
00:38:24rendu compte
00:38:25comment explique-t-il son geste
00:38:28il l'explique parce qu'ils avaient
00:38:31une relation de couple
00:38:31avec de très fortes tensions
00:38:33qu'Alexia avait une personnalité
00:38:35écrasante
00:38:36qu'il se sentait complètement
00:38:38écrasé
00:38:39rabaissé
00:38:40et qu'à un moment
00:38:41il y a eu
00:38:42des mots de trop
00:38:43une crise de trop
00:38:44qu'il n'a pas su gérer
00:38:45et ça a débordé
00:38:46qu'Alexia avait une personnalité
00:38:48écrasante
00:38:49j'ai encore ces paroles-là
00:38:51dans la tête
00:38:52et je ne les supporte pas
00:38:54je veux dire
00:38:54comment est-ce possible
00:38:56d'affliger à des parents
00:38:58autant d'horreurs
00:38:59en même temps
00:39:00qu'il y a meurtrier
00:39:02et que c'est la faute
00:39:03de ma fille
00:39:04qu'elle a cherché
00:39:05ce qu'elle a eu
00:39:06l'avocat
00:39:10était en train
00:39:11de salir
00:39:12la mémoire d'Alexia
00:39:13et là
00:39:14c'était pas possible
00:39:15et de ce jour-là
00:39:16je me dis
00:39:17s'il va sur ce terrain-là
00:39:19je serai là
00:39:19ni un meurtrier
00:39:21ni un assassin
00:39:22une mort accidentelle
00:39:23dans une crise au couple
00:39:24les déclarations
00:39:25de Randall Schwerdorfer
00:39:26font immédiatement scandale
00:39:28jusqu'au gouvernement
00:39:29oui
00:39:30les associations féministes
00:39:31dénoncent tout de suite
00:39:33cette défense
00:39:33et Marlène Schiappa
00:39:35secrétaire d'état
00:39:36à l'égalité
00:39:36femme-homme
00:39:37réagit très vivement
00:39:38elle aussi
00:39:39en qualifiant ses propos
00:39:41de scandaleux
00:39:42et dangereux
00:39:42elle parle
00:39:43d'assassinat
00:39:45elle refuse
00:39:46le terme
00:39:47de mort accidentelle
00:39:48ça va lui être reproché
00:39:50parce que c'est une entorse
00:39:51à la séparation des pouvoirs
00:39:53Randall Schwerdorfer
00:39:54l'avocat de Jonathan Daval
00:39:55lui va s'engouffrer
00:39:56dans la brèche
00:39:57et il va lui répondre
00:39:59par médias interposés
00:40:00et ça fait de la publicité
00:40:02à cette affaire
00:40:02qui devient un feuilleton judiciaire
00:40:03suivi par la France entière
00:40:05il faut dire que l'accusé
00:40:06l'alimente aussi
00:40:07qu'est-ce qu'il dit
00:40:08devant le juge ?
00:40:08Bien sûr, six semaines
00:40:09après son arrestation
00:40:10Jonathan Daval
00:40:12confirme ses propos
00:40:13devant le juge
00:40:14il dit qu'il a
00:40:15accidentellement étouffé
00:40:16sa femme
00:40:17il ne voulait pas
00:40:18en arriver là
00:40:19il n'a pas suggéré
00:40:20une énième crise
00:40:21d'hystérie d'Alexia
00:40:23mais trois mois plus tard
00:40:24il revient sur ses propos
00:40:26Et c'est quoi
00:40:26sa nouvelle version ?
00:40:27Alors c'est une fiction
00:40:28fin juin 2018
00:40:29Jonathan Daval
00:40:30déclare spontanément
00:40:31au juge
00:40:31qu'il n'a pas dit
00:40:32la vérité
00:40:33en fait
00:40:33il a voulu protéger
00:40:35sa belle famille
00:40:36alors cette fois-ci
00:40:37il raconte
00:40:38que le fameux
00:40:39vendredi soir
00:40:39de la raclette
00:40:40c'était les deux ans
00:40:41du fils de Stéphanie
00:40:43et Grégory
00:40:43Stéphanie la soeur d'Alexia
00:40:45Alexia
00:40:46s'est disputée
00:40:47avec sa soeur
00:40:48Grégory le mari de Stéphanie
00:40:49monte
00:40:50pour essayer
00:40:51d'arranger le problème
00:40:52et puis
00:40:53il se dispute lui aussi
00:40:54avec Alexia
00:40:55bagarre
00:40:56et c'est lui
00:40:57qui étrangle Alexia
00:40:59et Jonathan Daval
00:41:00dit
00:41:00avec mon beau-père
00:41:02Jean-Pierre Fouillot
00:41:03pour que ça ne fasse pas
00:41:04un scandale
00:41:05on a décidé
00:41:06d'aller dans le bois
00:41:07des moulins
00:41:07et on s'est débarrassé
00:41:09du corps d'Alexia
00:41:10mais alors pourquoi
00:41:10il se serait tu
00:41:11si c'est vrai ?
00:41:13parce qu'il explique
00:41:14qu'il a voulu respecter
00:41:16un secret de famille
00:41:16et que Grégory
00:41:17le mari de Stéphanie
00:41:19est un jeune papa
00:41:20et Jonathan Daval
00:41:21ne voulait pas
00:41:22que Grégory
00:41:23et en prison
00:41:23il y a un rebondissement
00:41:24qui fait les choux grains
00:41:25de la presse
00:41:27mais qui du côté
00:41:27des enquêteurs
00:41:28fait plutôt sourire
00:41:29cette nouvelle version
00:41:33d'un crime familial
00:41:34d'une Alexia
00:41:35tuée par son beau-frère
00:41:37personne n'y croit
00:41:38mais la juge demande
00:41:40quand même
00:41:40aux gendarmes
00:41:40de vérifier
00:41:41quand la famille
00:41:43d'Alexia
00:41:43découvre cette accusation
00:41:45sortie de nulle part
00:41:46c'est l'effondrement
00:41:47il ne s'est même pas
00:41:49contenté de tuer Alexia
00:41:51il a voulu détruire
00:41:52notre famille aussi
00:41:53quand il nous fait
00:41:54la théorie du complot
00:41:55il n'a aucun scrupule
00:41:56à nous mettre en danger
00:41:59pour sauver sa peau
00:42:00là je me suis demandé
00:42:02s'il nous avait aimé
00:42:02un jour
00:42:03pour nous accuser
00:42:04de meurtre comme ça
00:42:05je me suis dit
00:42:07bon ben
00:42:08un coup on accuse Alexia
00:42:10maintenant on se retourne
00:42:13contre nous
00:42:14il me dit
00:42:15mais il ne nous a jamais aimé
00:42:17on a été vraiment
00:42:18des imbéciles
00:42:19du côté de Jonathan Daval
00:42:23sa mère
00:42:24s'accroche
00:42:25à la nouvelle version
00:42:26de son fils
00:42:26ben j'y ai cru
00:42:29tout simplement
00:42:31j'ai dit
00:42:32bon c'est quand même
00:42:33ça serait quand même grave
00:42:35qu'ils aient fait ça
00:42:36à Alexia
00:42:37mais
00:42:37je l'ai cru
00:42:40je ne voulais pas admettre
00:42:42que ça pouvait être lui
00:42:43la mère
00:42:46et la défense
00:42:47relaie aussitôt
00:42:48cette nouvelle théorie
00:42:49dans la presse
00:42:50Jonathan n'aurait jamais
00:42:53pu faire ça
00:42:54il aimait trop sa femme
00:42:55d'ailleurs
00:42:56il l'aime toujours
00:42:56il nous le dit
00:42:57assez souvent
00:42:58dans n'importe quel foyer
00:42:59en France
00:43:00on commentait
00:43:01cette affaire
00:43:02comme si c'était
00:43:03un feuilleton
00:43:03les gens
00:43:04se sont scindés en deux
00:43:06il y avait
00:43:06les profouillots
00:43:08et les pros d'aval
00:43:09certains
00:43:11avaient envie
00:43:12de croire Jonathan
00:43:13parce que c'est vrai
00:43:13qu'il renvoyait
00:43:14cette image
00:43:15de garçon fragile
00:43:16on ne peut pas imaginer
00:43:18qu'il ait sauvagement
00:43:19tué sa femme
00:43:19alors si ce n'est pas lui
00:43:20c'est quelqu'un d'autre
00:43:20nous on le sait bien
00:43:29qu'on n'a rien à voir
00:43:30là dedans
00:43:31mais dans des petites villes
00:43:34il n'y a pas de fumée
00:43:35sans feu
00:43:35ça on l'a entendu
00:43:39plus d'une fois
00:43:39une rumeur
00:43:41c'est un poison
00:43:42c'est un poison
00:43:44qui s'infiltre partout
00:43:47et c'était le rôle
00:43:48de ces journaux
00:43:49de mettre une rumeur
00:43:50on remettait une pièce
00:43:51dans la machine
00:43:52ça faisait repartir
00:43:53l'histoire
00:43:55et pourquoi pas eux
00:43:56après tout
00:43:57elle est peut-être louche
00:43:59la mère
00:43:59ou le père
00:44:01t'as vu
00:44:02il ne souriait pas
00:44:02à tel moment
00:44:03elle n'est pas habillée
00:44:05comme il faut
00:44:05et là je me suis dit
00:44:07là c'est plus possible
00:44:08il faut vraiment
00:44:09qu'on bouge
00:44:10il faut vraiment
00:44:11qu'on réagisse
00:44:13et de ce jour-là
00:44:14on s'est mis en mode combat
00:44:15tous les quatre
00:44:16l'avocat de la partie civile
00:44:19demande au juge
00:44:21d'instruction
00:44:21de confronter
00:44:22Jonathan Daval
00:44:23à ses clients
00:44:23la famille d'Alexia
00:44:25veut comprendre
00:44:26et répondre
00:44:27à ses accusations
00:44:28le 7 décembre 2018
00:44:33au palais de justice
00:44:34de Besançon
00:44:35Jonathan Daval
00:44:36fait face
00:44:37tour à tour
00:44:38aux quatre personnes
00:44:39qui l'accusent
00:44:39le matin
00:44:43Grégory est entendu
00:44:44je suis là
00:44:45à ses côtés
00:44:46et Jonathan Daval
00:44:48maintient ses accusations
00:44:49c'est pas moi
00:44:50c'est toi
00:44:51ça va être un dialogue
00:44:52de sourds
00:44:53M. Gay
00:44:54conteste formellement
00:44:56toute implication
00:44:56dans les faits
00:44:57et objectivement
00:44:58on n'avait vraiment rien
00:44:59dans la formation judiciaire
00:45:01pour considérer
00:45:03qu'il pouvait être impliqué
00:45:03de près ou de loin
00:45:04dans ces faits là
00:45:05la confrontation
00:45:06avec la belle-sœur
00:45:07de Jonathan Daval
00:45:08pareil
00:45:08on n'aboutira à rien
00:45:10M. Daval
00:45:11est très peu convaincant
00:45:13dès ce moment là
00:45:13parce qu'il est
00:45:15très peu descriptif
00:45:16explicite
00:45:17et donc
00:45:18cette confrontation
00:45:18du matin
00:45:19n'apporte rien
00:45:20mais la confrontation
00:45:23que tout le monde attend
00:45:24c'est celle de Jonathan
00:45:25et de ses beaux-parents
00:45:26avec laquelle
00:45:27il entretenait
00:45:27une relation filiale
00:45:28en début d'après-midi
00:45:32la mère d'Alexia
00:45:34est la première
00:45:35à lui faire face
00:45:36Isabelle déjà
00:45:40rentre dans la salle
00:45:41elle dit bonjour
00:45:42à Jonathan
00:45:43c'est la seule
00:45:44qui fait cela
00:45:45et il nous regarde
00:45:47avec Ornella
00:45:48et il nous dit
00:45:49est-ce que je peux lui répondre
00:45:50bien sûr Jonathan
00:45:51il lui dit bonjour
00:45:53à son tour
00:45:53on sort du cadre judiciaire
00:45:55déjà
00:45:55si vous voulez
00:45:56l'interrogatoire du juge
00:45:59ne débloque pas
00:46:00Jonathan Daval
00:46:01alors
00:46:03le magistrat
00:46:04prend une décision
00:46:05rarissime
00:46:06le juge d'instruction
00:46:09a eu la grande intelligence
00:46:10de laisser
00:46:11Mme Fouillot
00:46:12s'exprimer directement
00:46:13et quasiment
00:46:15d'interroger
00:46:15le mis en examen
00:46:18ce qui
00:46:18j'insiste
00:46:18c'est vraiment
00:46:19très très atypique
00:46:20d'emblée
00:46:23elle va dire
00:46:24en mise en examen
00:46:25je suis prêt
00:46:25à te pardonner
00:46:26avec tout ce
00:46:28qu'elle a subi
00:46:29avec tout ce
00:46:30que sa famille
00:46:31a subi
00:46:31elle est capable
00:46:32de lui dire
00:46:33les yeux dans les yeux
00:46:34Jonathan
00:46:35on est prêt
00:46:36à te pardonner
00:46:36mais il faut
00:46:37que tu nous dises
00:46:37la vérité
00:46:38pour briser le mutisme
00:46:40de son gendre
00:46:41Isabelle Fouillot
00:46:42lui montre
00:46:43une photo d'Alexia
00:46:44avec le chat du couple
00:46:45Happy
00:46:46je me suis dit
00:46:49si ça peut lui faire
00:46:50remémorer des souvenirs
00:46:52je me disais
00:46:53le chat
00:46:54il ne l'a pas oublié
00:46:56le chat
00:46:57il doit encore être
00:46:58dans son esprit
00:46:59est-ce qu'il se soucie
00:47:00encore du chat
00:47:01c'est pour ça
00:47:02que j'ai pris la photo
00:47:03du chat
00:47:03ça représentait
00:47:05un lien affectif
00:47:06à tous les deux
00:47:06je me suis dit
00:47:08ça il faut que
00:47:09je l'exploite
00:47:10elle va lui parler
00:47:11du chat
00:47:12lui dire qu'il va bien
00:47:13lui parler d'Alexia
00:47:14et là
00:47:15ça va terriblement
00:47:16secouer Jonathan
00:47:17c'est-à-dire qu'il va
00:47:18beaucoup pleurer
00:47:19en voyant cette photo
00:47:20et on sent que ça bouillonne
00:47:21on le voit
00:47:22qu'il est sur sa chaise
00:47:23et qu'il bascule
00:47:24mais j'ai même le réflexe
00:47:26de le maintenir
00:47:27comme si vraiment
00:47:30je le sentais vulnérable
00:47:31mais Jonathan Daval
00:47:33ne concède rien
00:47:34le juge
00:47:36est sur le point
00:47:37de mettre fin
00:47:38à l'audition
00:47:39à ce moment-là
00:47:40la maman d'Alexia
00:47:41me dit à Jonathan
00:47:42j'en peux plus
00:47:43il faut qu'on en sorte
00:47:45tu comprends
00:47:46tes accusations
00:47:47sur Grégory
00:47:48c'est dur
00:47:49ce qui s'est passé
00:47:50il faut qu'on sache
00:47:51aide-nous
00:47:52je compte sur toi
00:47:53moi je voulais
00:47:54qu'on sorte de ce mensonge
00:47:55je voulais que mes enfants
00:47:57soient lavés
00:47:57de tout soupçon
00:47:58même nous
00:47:59et c'est pour ça
00:48:00que je voulais
00:48:01arriver à le faire parler
00:48:03et là Jonathan
00:48:04s'effondre complètement
00:48:05il se met à genoux
00:48:06et il lui dit
00:48:08c'est moi
00:48:09c'est moi
00:48:10je ne suis pas pardonnable
00:48:11c'est moi
00:48:12qui ai tué Alexia
00:48:13et scène
00:48:21encore plus incroyable
00:48:23que je ne reverrai
00:48:24très certainement jamais
00:48:24durant une confrontation judiciaire
00:48:27c'est cette femme
00:48:28qui se lève
00:48:29qui relève
00:48:31le ministre en examen
00:48:33qui le prend dans ses bras
00:48:35et il s'englote
00:48:36l'un et l'autre
00:48:36pendant de longues minutes
00:48:38dans un tas
00:48:38de sidérations collectives
00:48:40où tout le monde
00:48:41s'est eu
00:48:41évidemment
00:48:42à ce moment là
00:48:43j'ai jamais vu ça
00:48:46en 20 ans de carrière
00:48:48je crois que le juge d'instruction
00:48:50est dépassé
00:48:51le procureur aussi
00:48:51on est tous dépassés
00:48:53par l'intensité émotionnelle
00:48:54de cette scène
00:48:56hors norme
00:48:57il a quand même reconnu
00:48:58avoir tué sa fille
00:48:59et cette femme trouve la force
00:49:02de le prendre dans les bras
00:49:03et de le remercier
00:49:05on n'imagine pas vivre
00:49:09ce genre de choses
00:49:09Dominique ça y est
00:49:18Jonathan n'accuse plus que lui
00:49:19mais il n'explique toujours pas
00:49:21les circonstances du crime
00:49:22c'est pourquoi
00:49:23le juge décide d'organiser
00:49:25en juin 2019
00:49:27une reconstitution
00:49:28qui commence
00:49:29au domicile
00:49:30de Jonathan et Alexia
00:49:33il est ici
00:49:33on l'a extrait de prison
00:49:34on lui demande de refaire
00:49:36les gestes qu'il a posés
00:49:37ce soir là
00:49:37il y a le juge
00:49:39le procureur
00:49:40les avocats de la défense
00:49:41les avocats de la partie civile
00:49:43et il y a même
00:49:44c'est exceptionnel
00:49:45les parties civiles
00:49:46les parents d'Alexia
00:49:47c'est rare
00:49:48c'est rare
00:49:48mais le juge a accepté
00:49:49les parents d'Alexia
00:49:51Isabelle et Jean-Pierre Fouillot
00:49:52la soeur d'Alexia Stéphanie
00:49:53son mari Grégory
00:49:54en fait l'espoir du juge
00:49:56c'est que la présence
00:49:57de Madame Fouillot
00:49:57avec laquelle
00:49:59Jonathan Daval
00:49:59et une relation particulière
00:50:01puisse le déverrouiller
00:50:02comme ça a déjà été le cas
00:50:04une fois
00:50:04dans le cabinet
00:50:06du juge d'instruction
00:50:07oui parce qu'il y a quand même
00:50:08des questions
00:50:09qui restent sans réponse
00:50:09quel a été l'élément déclencheur
00:50:11et est-ce que Jonathan
00:50:12a agi seul ?
00:50:13oui ça c'est la grande question
00:50:14est-ce que
00:50:15Jonathan Daval
00:50:16peut avoir
00:50:17seul
00:50:17sorti le corps
00:50:19de sa femme
00:50:20du coffre
00:50:20de sa voiture
00:50:21et l'avoir
00:50:22transporté
00:50:23traîné
00:50:24à 20 mètres
00:50:25à l'intérieur du bois
00:50:26là où on l'a retrouvé
00:50:27c'est la question
00:50:28et il y a aussi
00:50:29la question
00:50:30de la crémation du corps
00:50:30oui
00:50:31lui dit qu'il n'a rien à voir
00:50:32là-dedans
00:50:335 heures du matin
00:50:42la reconstitution
00:50:43débute dans la maison
00:50:45du jeune couple
00:50:45la maison
00:50:48c'est très dur
00:50:49de rentrer dedans
00:50:50quand on voit
00:50:51toutes les affaires
00:50:52les chaussures
00:50:54son manteau
00:50:56comme si elle était là
00:50:58la veille
00:50:58comme si le temps
00:51:00s'était arrêté
00:51:01et qu'elle allait
00:51:02franchir la porte
00:51:04et qu'elle allait arriver
00:51:06quoi
00:51:06et ça
00:51:08c'est une épreuve
00:51:09pour les parents
00:51:10selon l'accusé
00:51:14Alexia a insisté
00:51:16ce soir-là
00:51:16pour qu'il y ait
00:51:17un rapport sexuel
00:51:18monsieur Daval
00:51:22explique à ce moment-là
00:51:22il est dans la fuite
00:51:23il ne souhaite pas
00:51:24ce rapport sexuel
00:51:24et qu'il prend les clés
00:51:26de la voiture
00:51:26en disant
00:51:27je vais faire un tour
00:51:27et sa femme
00:51:33l'interpelle
00:51:34en disant
00:51:34que se passe-t-il
00:51:35c'est un projet
00:51:36commun
00:51:37ce projet d'enfant
00:51:38je prends un traitement
00:51:39médical
00:51:40qui est lourd
00:51:41qui est difficile
00:51:41pourquoi tu fuis
00:51:42il faut qu'on parle
00:51:44et donc il y aura
00:51:44des mots
00:51:45qui pourront être
00:51:45dits à Jonathan
00:51:46t'es pas un homme
00:51:48j'en ai marre
00:51:50voilà
00:51:51qu'en gros
00:51:53il assure pas
00:51:54en tant que mari
00:51:55Jonathan a décidé
00:51:59de partir
00:52:00mais Alexia le rattrape
00:52:02pour l'empêcher
00:52:02de fuir
00:52:03comme d'habitude
00:52:04et Alexia va essayer
00:52:09de lui reprendre
00:52:09les clés
00:52:10pour ne pas qu'il s'en aille
00:52:11et à ce moment-là
00:52:13elle va le mordre
00:52:13au niveau du bras
00:52:15cette morsure
00:52:17ces griffures
00:52:18il décresse
00:52:19une véritable explosion
00:52:20et il porte des coups
00:52:21extrêmement violents
00:52:22à la face
00:52:22il tape la tête
00:52:24à plusieurs reprises
00:52:25de sa femme
00:52:26contre le mur
00:52:26qui est un mur
00:52:27en parpaing
00:52:28donc autant de blessures
00:52:31et de coups
00:52:31qui sont
00:52:32en parfaite corrélation
00:52:35avec les données
00:52:35médico-légales
00:52:36liées à l'autopsie
00:52:37et puis il expliquera
00:52:42par la suite
00:52:43il voulait que
00:52:43elle se taise
00:52:45quoi
00:52:45qu'elle arrête
00:52:46qu'elle arrête
00:52:47d'avoir ce genre
00:52:48de propos à son égard
00:52:49et donc il va
00:52:50l'étrangler
00:52:51Jonathan Daval
00:52:55dit
00:52:56je suis resté
00:52:57bien
00:52:57oui
00:52:574 à 5 minutes
00:52:59à l'étrangler
00:53:00et donc
00:53:01quand il mime
00:53:02il reste
00:53:0310-15 secondes
00:53:0420 secondes
00:53:04puis il lâche
00:53:05puis la juge
00:53:07dit non
00:53:07non monsieur Daval
00:53:08vous nous avez dit
00:53:094 à 5 minutes
00:53:10donc vous allez tenir
00:53:114 à 5 minutes
00:53:11maintenant
00:53:12je peux vous dire
00:53:14que c'est long
00:53:15c'est très long
00:53:16s'il avait eu
00:53:18la volonté
00:53:19d'arrêter
00:53:19il avait la possibilité
00:53:21d'arrêter
00:53:22mais il voulait
00:53:24vraiment la tuer
00:53:26et puis il va expliquer
00:53:31qu'Alexia
00:53:31à partir de là
00:53:32elle va tomber
00:53:33dans les escaliers
00:53:34et puis
00:53:35qu'il s'aperçoit
00:53:38qu'en fait
00:53:39au delà
00:53:40d'être inconsciente
00:53:41elle est morte
00:53:44un mannequin
00:53:47lesté d'une cinquantaine
00:53:49de kilos
00:53:49a été apporté
00:53:51pour les besoins
00:53:51de la reconstitution
00:53:52quand il fait tomber
00:53:55le mannequin par terre
00:53:56et qu'il nous explique
00:53:58qu'il lui a mis
00:53:58deux tartes
00:54:00dans la tronche
00:54:01pour la réveiller
00:54:02et c'est ce qu'il nous dit
00:54:04et puis que
00:54:06spontanément
00:54:07tout de suite
00:54:08il rentre dans l'action
00:54:09de
00:54:09je prends le corps
00:54:10et je vais le mettre
00:54:11dans le coffre
00:54:11de la bagnole
00:54:12moi ce qui m'a choqué
00:54:19c'est qu'il cherche pas
00:54:21à demander à l'aide
00:54:21à droite à gauche
00:54:22est-ce que j'appelle
00:54:23la police
00:54:24est-ce que j'appelle
00:54:25une ambulance
00:54:25est-ce que j'appelle
00:54:26mes beaux-parents
00:54:26est-ce que j'appelle
00:54:27ma mère
00:54:27rien
00:54:28tout de suite
00:54:31ça devient naturel
00:54:32pour lui
00:54:32ça y est
00:54:33elle est enfin morte
00:54:34je vais m'en débarrasser
00:54:36selon lui
00:54:41il pense au suicide
00:54:42mais il dit
00:54:44qu'il n'a pas le courage
00:54:45pour se suicider
00:54:45et donc
00:54:46il va
00:54:47très clairement
00:54:48essayer d'échapper
00:54:49à sa responsabilité
00:54:50c'est là
00:54:52qu'il imagine
00:54:53un plan
00:54:54pour éloigner
00:54:55les soupçons
00:54:55ce scénario
00:54:59de la joggeuse
00:55:00il expliquera
00:55:01qu'Alexia avait déjà
00:55:02la tenue
00:55:02avec laquelle
00:55:03elle est retrouvée
00:55:03et que simplement
00:55:05lui aura l'idée
00:55:05de lui mettre
00:55:06les baskets
00:55:06la suite
00:55:11de la reconstitution
00:55:12se déroule
00:55:13dans le bois
00:55:14des moulins
00:55:14où le corps brûlé
00:55:16d'Alexia
00:55:16a été découvert
00:55:17c'est toute une ambiance
00:55:22absolument
00:55:23hors norme
00:55:25je me souviens
00:55:25des hélicoptères
00:55:26qui tournaient
00:55:27je me souviens
00:55:28de gendarmes
00:55:29qui patrouillaient
00:55:30à cheval
00:55:30je me souviens
00:55:31de toute cette presse
00:55:33qui était là
00:55:34pressante
00:55:34c'est le cas de le dire
00:55:35à quelques centaines
00:55:37de mètres
00:55:37de nous
00:55:38c'est peut-être
00:55:39la partie la plus dure
00:55:40pour lui
00:55:40parce que
00:55:41d'abord on veut voir
00:55:42s'il est capable
00:55:43d'avoir traîné
00:55:44le corps d'Alexia
00:55:45seul
00:55:46Jonathan Daval
00:55:50y parvient seul
00:55:50l'hypothèse
00:55:52d'un complice
00:55:53tombe
00:55:54Jonathan
00:55:56prend Alexia
00:55:57par les pieds
00:55:58la descend
00:55:59comme ça
00:56:01de la voiture
00:56:02la tête
00:56:02qui tombe par terre
00:56:03et il la traîne
00:56:06dans les bois
00:56:07on manipule pas
00:56:09un corps
00:56:10qu'on dit avoir aimé
00:56:13tel qu'il l'a
00:56:14manipulé
00:56:15après
00:56:16après l'acte
00:56:18c'est quelque chose
00:56:19d'énorme
00:56:20ça ça me marquera
00:56:22toujours
00:56:22Jonathan Daval
00:56:27s'est expliqué
00:56:27sur tout
00:56:28sauf
00:56:29sur un élément
00:56:31la crémation
00:56:32du corps d'Alexia
00:56:33il nie
00:56:34il nie
00:56:35il nie
00:56:36ses avocats
00:56:37sont un peu gênés
00:56:38légèrement sur la défensive
00:56:40et à ce moment là
00:56:41se déroule
00:56:42quelque chose
00:56:43qui
00:56:44oui que je n'ai jamais
00:56:46connu dans ma vie
00:56:47peut-être le moment
00:56:48le plus intense
00:56:49de ma vie professionnelle
00:56:50et j'en ai vu
00:56:51quelques-uns
00:56:51
00:56:52Isabelle et
00:56:54Jean-Pierre
00:56:55s'approchent de lui
00:56:56ils sont à quelques mètres
00:57:00de lui
00:57:01et une sorte
00:57:02de discussion
00:57:03à bâton rompu
00:57:05d'interpellation
00:57:06à bâton rompu
00:57:07s'instaure entre eux
00:57:09on est obligé
00:57:13de supplier
00:57:14un accusé
00:57:17d'avouer
00:57:18il faut
00:57:19on se met à genoux
00:57:20devant lui
00:57:21pour avoir
00:57:22la vérité
00:57:23on lui a dit
00:57:29par rapport
00:57:30à tout ce qu'on a fait
00:57:32ensemble
00:57:33par rapport
00:57:33à tout l'amour
00:57:35qu'on lui avait donné
00:57:36on l'a supplié
00:57:37d'avouer
00:57:38d'avouer la crémation
00:57:39c'est ce qu'on cherchait
00:57:40à ce moment là
00:57:41c'était uniquement ça
00:57:42on était dans les bois
00:57:43c'était uniquement pour ça
00:57:44vraiment c'était
00:57:45un échange
00:57:46lui répondait
00:57:47non c'est pas moi
00:57:48je ne peux pas avouer
00:57:49ce que je n'ai pas fait
00:57:51Isabelle
00:57:52montée
00:57:53d'un cran
00:57:54Jean-Pierre
00:57:55s'en mêler
00:57:56je me souviens
00:57:57que Grégory
00:57:57est intervenu
00:57:58dans la conversation aussi
00:57:59tout le monde
00:58:05laisse faire
00:58:05je l'atteigne
00:58:09au bout d'un moment
00:58:11j'ai bien cru
00:58:11qu'il allait craquer
00:58:12mais
00:58:13non
00:58:15ça s'est arrêté là
00:58:16la juge d'instruction
00:58:20met un terme à cet échange
00:58:21mais avant de clore
00:58:22la reconstitution
00:58:24elle permet exceptionnellement
00:58:26à Jonathan Daval
00:58:27de s'entretenir
00:58:28avec ses avocats
00:58:29très spontanément
00:58:33Jonathan nous dit
00:58:33voilà
00:58:34je crois que je suis bloqué
00:58:36je crois que je peux pas
00:58:39c'est moi
00:58:40mais je peux pas
00:58:41je peux pas le dire
00:58:42et ça c'est déjà beaucoup
00:58:44ça
00:58:45et je suis dans le déni
00:58:48parce que c'est pas possible
00:58:50parce que je peux pas l'accepter
00:58:51je peux pas accepter
00:58:52de l'avoir fait
00:58:53parce que c'est
00:58:53parce que c'est tellement pas moi
00:58:55et pourtant c'est moi
00:58:56Jonathan
00:58:58prenez
00:58:59le temps qu'il vous faut
00:59:01et dès que vous êtes prêt
00:59:03on prendra la reconstitution
00:59:05et vous direz
00:59:05ce que vous avez à dire
00:59:06au juge d'instruction
00:59:08aux parents d'Alexia
00:59:09et à un moment
00:59:11Jonathan dit
00:59:12c'est bon
00:59:13on peut y aller
00:59:13il se lève
00:59:14et il explique
00:59:16ce qui s'est passé
00:59:16cette crémation
00:59:17ce qu'il a fait
00:59:18Jonathan Daval
00:59:24a brûlé le cadavre
00:59:25de son épouse
00:59:26en l'espergeant
00:59:27de mousse expansive
00:59:28qu'il a enflammée
00:59:29cette bombe aérosol entamée
00:59:32que les gendarmes
00:59:32ont découvert
00:59:33dans son garage
00:59:33le 16 novembre 2020
00:59:41le procès de Jonathan Daval
00:59:42s'ouvre devant
00:59:43la cour d'assises
00:59:44de la Haute-Saône
00:59:45un tribunal pris d'assaut
00:59:4740 médias
00:59:48se sont fait accréditer
00:59:49pour suivre l'épilogue
00:59:50d'une affaire
00:59:50qui passionne les gens
00:59:51depuis 3 ans
00:59:52une pression médiatique
00:59:54avec laquelle
00:59:56les deux camps
00:59:57vont continuer à composer
00:59:58la France a les yeux rivés
01:00:10sur cette affaire
01:00:11parce que la France
01:00:11a été prise à témoin
01:00:13tous les médias
01:00:14s'intéressent à cette affaire
01:00:15depuis le départ
01:00:16depuis la disparition
01:00:18d'Alexia
01:00:18la presse est là
01:00:20cette affaire
01:00:23et c'est rare
01:00:24pour une affaire criminelle
01:00:25les français
01:00:25se la sont accaparés
01:00:27c'est devenu
01:00:28leur affaire
01:00:29l'enterrement
01:00:30c'est devenu
01:00:30l'enterrement
01:00:31de quelqu'un
01:00:32de leur famille
01:00:32Jonathan
01:00:34ce qu'il a dit
01:00:35est devenu
01:00:35le mensonge
01:00:36fait à tous les français
01:00:38c'est une trahison
01:00:39de tous
01:00:39et donc
01:00:40on se retrouve
01:00:41dans une affaire
01:00:42
01:00:43Jonathan Daval
01:00:44n'est pu l'accuser
01:00:45uniquement
01:00:46de la famille
01:00:47d'Alexia
01:00:47parce qu'il a tué
01:00:48leur fille
01:00:48il est l'accusé
01:00:49de toute la France
01:00:50ils ont changé
01:00:59en quelques mois
01:01:00les parents d'Alexia
01:01:02ils semblent
01:01:03bien plus
01:01:04combatifs
01:01:05et ils ont fait
01:01:06le deuil
01:01:07vraiment
01:01:08du gendre
01:01:09idéal
01:01:09qu'ils avaient
01:01:10imaginé
01:01:11le temps du pardon
01:01:12était loin
01:01:12le temps
01:01:13d'Isabelle Fouillot
01:01:16qui en serre
01:01:17dans ses bras
01:01:17Jonathan Daval
01:01:18là il est très très loin
01:01:19on est dans quelque chose
01:01:21de beaucoup plus conflictuel
01:01:23on s'est dit au procès
01:01:24on va nous faire passer
01:01:25Alexia pour la méchante
01:01:27on va nous faire croire
01:01:29qu'elle méritait bien
01:01:30ce qu'elle a subi
01:01:31il fallait encore
01:01:32qu'on occupe le terrain
01:01:34elle n'a pas mérité
01:01:40d'avoir 15 coups de poing
01:01:41dans la figure
01:01:42elle n'a pas mérité ça
01:01:43elle n'a pas demandé
01:01:44à avoir un étranglement
01:01:45elle ne pensait
01:01:47qu'à vivre
01:01:47à aimer
01:01:48et à fonder un foyer
01:01:49c'est tout ce qu'elle attendait
01:01:50de la vie
01:01:51alors il faut arrêter
01:01:53avec tous ces
01:01:54ces mensonges
01:01:56qui ont été dits
01:01:57on était là
01:01:57uniquement pour ça
01:01:58pour commencer
01:02:02la partie civile
01:02:03attaque tout de suite
01:02:04la thèse du crime spontané
01:02:06et si Jonathan
01:02:07avait prémédité
01:02:09son geste
01:02:09Grégory
01:02:11le beau frère
01:02:12d'Alexia
01:02:12qui est ingénieur
01:02:13a étudié le dossier
01:02:15et relevé
01:02:16que les experts
01:02:17avaient découvert
01:02:17des traces d'anxiolithique
01:02:19et de somnifères
01:02:20dans les cheveux
01:02:21d'Alexia
01:02:22la famille
01:02:23remet ce sujet
01:02:25sur le tapis
01:02:25pour elle
01:02:26cette prise de médicaments
01:02:27est incompatible
01:02:28avec son projet de bébé
01:02:30et c'est pour ça
01:02:31qu'on en arrive
01:02:31à cette notion
01:02:32d'empoisonnement
01:02:33enfin d'empoisonnement
01:02:34quand on dit empoisonnement
01:02:36souvent on a la notion
01:02:37de vouloir tuer
01:02:38nous ce qu'on pense plus
01:02:40c'est que c'était
01:02:41un empoisonnement
01:02:42plus pour la soumettre
01:02:43pour être tranquille
01:02:44parce qu'il en avait
01:02:45peut-être marre
01:02:46qu'elle vienne lui parler
01:02:47de projet bébé
01:02:47parce qu'il se sentait
01:02:49peut-être oppressé par elle
01:02:50j'en sais rien
01:02:50il lui a donné des médocs
01:02:52pour qu'elle lui foute la paix
01:02:53clairement
01:02:54à l'audience
01:02:57l'avocat de la famille
01:02:59relève un autre point
01:03:00jamais évoqué
01:03:01au cours de la procédure
01:03:02du sperme
01:03:04a été retrouvé
01:03:05sur le short d'Alexia
01:03:07pour la partie civile
01:03:08ça ouvre l'hypothèse
01:03:10d'un viol
01:03:10après la mort
01:03:11c'est d'entrer
01:03:14et qu'il fallait évoquer
01:03:16ces sujets
01:03:17ne serait-ce que
01:03:17pour mettre
01:03:18la partie adverse
01:03:20en porte-à-faux
01:03:21la stratégie
01:03:22c'est tout simplement
01:03:23de dire
01:03:23on va occuper le terrain
01:03:24et je dois dire
01:03:25que pendant deux jours
01:03:26on n'a parlé que de ça
01:03:27ça permet
01:03:29au travers de ces notions-là
01:03:30d'asseoir l'idée
01:03:31que Jonathan
01:03:32est un véritable monstre
01:03:33il a voulu l'empoisonner
01:03:35ça n'a pas marché
01:03:36il l'a étranglé
01:03:37et en plus de ça
01:03:38elle est morte
01:03:38et il l'a violé
01:03:39t'imaginez
01:03:41il est horrible ce garçon
01:03:43ce serait tellement plus simple
01:03:46s'il avait eu
01:03:47un vrai esprit criminel
01:03:48s'il avait été mauvais
01:03:50mais au plus profond
01:03:51de lui-même
01:03:52de l'accabler
01:03:53et ils ne vont pas y arriver
01:03:55parce que la cour d'assises
01:03:57ne va pas y aller
01:03:58le légiste
01:04:00passe une journée entière
01:04:02à la barre
01:04:03et le martèle
01:04:04rien ne lui permet
01:04:06de confirmer
01:04:06la réalité
01:04:07d'une soumission chimique
01:04:08ni celle d'un viol
01:04:09j'ai décidé effectivement
01:04:13de ne pas retenir ces éléments
01:04:14je crois que dans ce dossier
01:04:15il n'y avait pas suffisamment
01:04:15d'éléments
01:04:16pour caractériser
01:04:17véritablement
01:04:17une intention
01:04:19de tuer
01:04:21avant le passage
01:04:22à l'acte
01:04:23le lendemain
01:04:26c'est au tour
01:04:28d'isabelle fouillot
01:04:28de témoigner
01:04:29qu'est-ce qu'on vous attendait
01:04:34aujourd'hui
01:04:35tu le craques
01:04:36encore une fois
01:04:37mais ne mettez pas
01:04:38trop de pression
01:04:39voilà
01:04:40un morconge de pluie
01:04:41sûrement
01:04:41ouvert ou bien
01:04:43je lui dirai
01:04:44ce que j'ai sur le coeur
01:04:45pas le plus important
01:04:46aujourd'hui
01:04:47à la barre
01:04:50la mère d'Alexia
01:04:51s'adresse
01:04:52à Jonathan Daval
01:04:53pour l'attendrir
01:04:55elle lui lit
01:04:56une lettre
01:04:57que sa fille
01:04:57lui avait écrite
01:04:58pour la Saint Valentin
01:05:00je voulais essayer
01:05:01de lui faire revivre
01:05:02encore
01:05:02quelque chose
01:05:04d'Alexia
01:05:05pour qu'il sorte
01:05:06encore une fois
01:05:06tous ces mensonges
01:05:08et qu'il puisse
01:05:09aller jusqu'au bout
01:05:10et reconnaître
01:05:11encore des choses
01:05:13parce qu'on n'a pas
01:05:13toute la vérité
01:05:14on est loin
01:05:15d'avoir toute la vérité
01:05:16elle allait le chercher
01:05:17elle allait le chercher
01:05:18encore et encore
01:05:19et encore
01:05:19et encore
01:05:20pour essayer
01:05:21qu'il parle
01:05:21et là franchement
01:05:24il n'y avait plus
01:05:24un bruit dans la salle
01:05:25et c'était très très
01:05:27très intense
01:05:27il a pleuré
01:05:28il a été ému
01:05:29plusieurs fois
01:05:30et il s'enfonce
01:05:33dans le box
01:05:34à un point tel
01:05:35qu'on ne voit plus
01:05:36son visage
01:05:37lorsqu'Isabelle
01:05:38se retire
01:05:39sans avoir eu
01:05:40de réponse
01:05:40à ses questions
01:05:41il est invisible
01:05:44dans le box
01:05:45des accusés
01:05:45malgré les conclusions
01:05:50de l'enquête
01:05:50malgré les expertises
01:05:53la famille d'Alexia
01:05:55ne croit toujours pas
01:05:57à la thèse
01:05:57de la dispute
01:05:58qui dégénère
01:05:59on ne savait plus
01:06:02quoi répondre
01:06:02au parti civil
01:06:04quelle vérité
01:06:04vous voulez
01:06:05une autre
01:06:06plus sombre
01:06:07l'empoisonnement
01:06:08beaucoup plus sombre
01:06:09l'assassinat
01:06:10mais vous voulez
01:06:11la vérité
01:06:13ou une vérité
01:06:14qui vous permettrait
01:06:15d'effacer
01:06:16Jonathan
01:06:17de votre mémoire
01:06:17de vous dire
01:06:19cet homme
01:06:19n'a jamais mérité
01:06:20notre amour
01:06:21mais cette vérité là
01:06:25c'est pas possible
01:06:27de leur donner
01:06:28ce qu'ils veulent
01:06:28parce que c'est pas
01:06:30la réalité de l'enquête
01:06:31et la réalité
01:06:32c'est tristement
01:06:33cette soirée
01:06:34qui a mal tourné
01:06:35cette altercation
01:06:37qui a dégénéré
01:06:37et ces violences
01:06:39qui ont fini
01:06:40par un meurtre
01:06:41au troisième jour
01:06:46du procès
01:06:46il est plus de 18 heures
01:06:48quand le président
01:06:49interroge
01:06:50un Jonathan Daval
01:06:51très éprouvé
01:06:52par les débats
01:06:53ses réponses
01:06:56se raccourcissent
01:06:57il en vient même
01:06:58à des oui
01:06:58des non
01:06:59des silences
01:06:59on sent que ça devient
01:07:00très compliqué
01:07:01et c'est au moment
01:07:02où il l'interroge
01:07:03sur ses rapports intimes
01:07:04que là arrive
01:07:05le coup de théâtre
01:07:06où Jonathan Daval
01:07:07se sent mal
01:07:08je le vois se rasseoir
01:07:09chanceler
01:07:11demander une bouteille d'eau
01:07:12son escorte
01:07:13comprend avant tout le monde
01:07:14ce qui se passe
01:07:15il tombe
01:07:15et c'est pas du cinéma
01:07:17il est tout blanc
01:07:18ça se voit
01:07:19il est tout blanc
01:07:19et il tombe dans les pommes
01:07:20un malaise qui manifeste
01:07:28clairement
01:07:29l'état dans lequel il était
01:07:31c'est à dire
01:07:33apeuré
01:07:34et complètement
01:07:35tétanisé
01:07:37de devoir s'exprimer
01:07:39après avoir entendu
01:07:40tout ce qu'il avait entendu
01:07:41dans la journée
01:07:41quand le procès reprend
01:07:51c'est pour mieux
01:07:51se cristalliser
01:07:52sur le mobile
01:07:53l'enquête
01:07:54n'a retrouvé
01:07:55aucune trace
01:07:56de violence
01:07:56dans le couple
01:07:57alors pourquoi
01:07:58Jonathan Daval
01:07:59un homme normal
01:08:00et aimé
01:08:01est-il soudainement
01:08:02passé à l'acte
01:08:04on se dit tous
01:08:05est-ce que nous
01:08:06on a ça en nous
01:08:07est-ce que nous
01:08:07on a un potentiel criminel
01:08:08en nous
01:08:09est-ce que mon frère
01:08:10mon père
01:08:11mon ami
01:08:11a ça en lui
01:08:12ou pas
01:08:13et c'est ça qui fait
01:08:14que la France
01:08:15est allée loin
01:08:15dans cette affaire
01:08:17et a été fascinée
01:08:17et a voulu avoir
01:08:18le dernier mot
01:08:19parce que
01:08:20on a tous
01:08:21cette question
01:08:22est-ce que
01:08:22quelqu'un de normal
01:08:23d'ordinaire
01:08:24peut tuer
01:08:25la cour
01:08:30tente de trouver
01:08:31des réponses
01:08:32dans l'enfance
01:08:33de l'accusé
01:08:33une enfance
01:08:36heureuse
01:08:36choyée
01:08:37jusqu'à la mort
01:08:39du père
01:08:39quand Jonathan
01:08:40avait 13 ans
01:08:41quand son papa
01:08:45est décédé
01:08:46il n'a rien dit
01:08:48il n'a rien dit
01:08:49du tout
01:08:49mais puis après
01:08:50par la suite
01:08:51il a attrapé
01:08:51des toques
01:08:52quand je faisais son lit
01:08:55il se baissait
01:08:56en dessous le lit
01:08:57pour voir si ses draps
01:08:58étaient bien mis
01:09:00sans plis
01:09:00il prenait une douche
01:09:03ça durait facilement
01:09:04une heure et demie
01:09:05deux heures
01:09:05des gestes répétitifs
01:09:07comme ça tout le temps
01:09:08l'expert psychiatre
01:09:12vient alors établir
01:09:13un lien
01:09:13entre cette obsession
01:09:15et le passage à l'acte
01:09:17cet expert
01:09:19va dire notamment
01:09:20que les personnes
01:09:21qui sont toquées
01:09:22peuvent avoir
01:09:24tendance
01:09:25à intérioriser
01:09:26la violence
01:09:27et à la refouler
01:09:28il explique que
01:09:29Jonathan Daval
01:09:30à un moment
01:09:31a pu totalement
01:09:33perdre pied
01:09:33face à une situation
01:09:35et à des mots
01:09:36qu'il n'a pu accepter
01:09:38et qui pour autant
01:09:39par le passé
01:09:39il avait pu
01:09:40les tolérer
01:09:42c'est à dire que
01:09:44t'es pas un homme
01:09:45c'était peut-être
01:09:46une phrase
01:09:46qu'il avait entendue
01:09:47une vingtaine de fois
01:09:48mais la vingt-et-unième fois
01:09:50c'était la vingt-et-unième fois
01:09:51de trop
01:09:51c'était le mot de trop
01:09:53qui fait qu'on était
01:09:54face à une cocotte minute
01:09:56qui à un moment
01:09:56avec ce mot de trop
01:09:58a éclaté
01:09:59la défense demande alors
01:10:03au père d'Alexia
01:10:04ce qui se serait passé
01:10:05si Jonathan
01:10:06après son geste fatal
01:10:08l'avait tout de suite appelé
01:10:10il me regarde
01:10:13et il me dit
01:10:14j'y ai déjà pensé
01:10:17s'il avait fait ça
01:10:19je serais venu
01:10:20et ça aurait été
01:10:24un meurtre ordinaire
01:10:27et il dit
01:10:32ce que je n'ai pas
01:10:33le droit de dire
01:10:33et les jurés
01:10:36bien sûr
01:10:37l'entendent
01:10:37parce qu'effectivement
01:10:40si on enlève
01:10:40la folie médiatique
01:10:41l'hystérie médiatique
01:10:43cette affaire
01:10:44ressemble à
01:10:45énormément d'autres
01:10:46affaires criminelles
01:10:47beaucoup d'autres
01:10:48et là
01:10:49effectivement
01:10:50il sort Jonathan
01:10:51de ce côté
01:10:52exceptionnel
01:10:54hors normes
01:10:56monstre
01:10:57pour revenir
01:10:59sur une chose
01:11:00criminelle
01:11:00ordinaire
01:11:01habituelle
01:11:03et ça vaut pas
01:11:05perpétuité
01:11:06après six jours
01:11:09d'audience intense
01:11:10vient le réquisitoire
01:11:12de l'avocat général
01:11:13Emmanuel Dupic
01:11:14la grande majorité
01:11:16des homicides conjugaux
01:11:18ne donne pas lieu
01:11:19à une crémation du corps
01:11:19la grande majorité
01:11:20des homicides conjugaux
01:11:21que nous avons
01:11:22je rappelle que c'est
01:11:22malheureusement
01:11:23une femme
01:11:24tous les deux jours
01:11:25et demi en France
01:11:25qui décèdent
01:11:26sous les coups
01:11:26de son compagnon
01:11:27ce sont des personnes
01:11:28qui tuent
01:11:29et puis parfois même
01:11:30qui appellent immédiatement
01:11:31les enquêteurs
01:11:32pour se livrer à la justice
01:11:33donc on n'est pas du tout
01:11:34dans ça
01:11:35et compte tenu
01:11:36de l'horreur de ce crime
01:11:37qui est une lente suffocation
01:11:40de plus de quatre minutes
01:11:41avec
01:11:41j'ai employé ces mots
01:11:43un tabassage
01:11:43il m'a semblé
01:11:44que Jonathan Daval
01:11:46méritait effectivement
01:11:47et je lui ai requise
01:11:47la peine de réclusion
01:11:49criminelle à perpétuité
01:11:49je leur explique simplement
01:12:00que c'est la peine maximale
01:12:01qui est réservée
01:12:02aux hommes ou aux femmes
01:12:03les plus dangereux
01:12:04qui ont fait le pire
01:12:06qui ont une personnalité
01:12:08d'une dangerosité extrême
01:12:10qu'on la retrouve
01:12:11dans des affaires
01:12:12comme celle de Fourniret
01:12:13Francis Holm
01:12:15Guy Georges
01:12:16et que dans le box
01:12:17des accusés
01:12:18c'est Jonathan Daval
01:12:19ça n'a rien à voir
01:12:21on ne peut pas juger
01:12:23Jonathan Daval
01:12:24comme on juge
01:12:25Fourniret
01:12:27c'est une aberration
01:12:28comme c'est l'usage
01:12:31l'accusé se lève
01:12:32pour ses derniers mots
01:12:33Jonathan Daval
01:12:35regarde la famille d'Alexia
01:12:36porte la main sur son coeur
01:12:38et dit
01:12:39pardon
01:12:40pardon
01:12:41après un délibéré court
01:12:45à peine 2h30
01:12:47Jonathan Daval
01:12:48est condamné
01:12:49à 25 ans de prison
01:12:50sans peine de sûreté
01:12:52c'est exactement
01:12:55ce que j'espérais
01:12:56ce que j'escomptais
01:12:57c'est à la hauteur
01:12:58de notre souffrance
01:13:00et maintenant
01:13:00nous sommes arrivés
01:13:01à la fin du combat
01:13:02et maintenant
01:13:04on va essayer
01:13:04de se reconstruire
01:13:06et de tourner la page
01:13:07et de passer à autre chose
01:13:08comme il l'avait annoncé
01:13:31avant le procès
01:13:32Jonathan Daval
01:13:34a accepté sa peine
01:13:35et n'a pas fait appel
01:13:35du verdict
01:13:36Isabelle et Jean-Pierre Fouillot
01:13:38ont fait effacer
01:13:39de la pierre tombale
01:13:40le nom du meurtrier
01:13:41Alexia
01:13:42repose désormais
01:13:44sous son nom
01:13:45de jeune fille
01:13:46Sous-titrage Société Radio-Canada
01:13:49Sous-titrage Société Radio-Canada
01:13:52Sous-titrage Société Radio-Canada
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