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00:00Europe 1 Soir, 20h12, avec ce soir mes chroniqueurs, Victor Hérault, journaliste politique à valeurs actuelles.
00:07Bonsoir Victor.
00:07Bonsoir Guillaume.
00:08Et également Paul Melun, écrivain et essayiste.
00:10Bonsoir Paul.
00:11Bonsoir Guillaume.
00:12Et dans Europe 1 Soir, nous recevons ce soir Gilles Simeoni.
00:15Bonsoir Monsieur Simeoni.
00:17Oui, bonsoir Monsieur.
00:18Vous êtes le président du conseil exécutif de Corse qui administre la collectivité de l'île de beauté.
00:23Monsieur Simeoni, le projet de révision constitutionnelle de la Corse présenté en Conseil des ministres
00:28pourrait offrir à l'île de beauté plus d'autonomie.
00:31Est-ce que vous pourriez, s'il vous plaît, rapidement nous préciser ce dont on parle pour le peuple Corse ?
00:37Ce dont on parle aujourd'hui, c'est effectivement à la fois d'une révision constitutionnelle
00:41et une révision constitutionnelle qui aurait pour principal objectif de poser les bases d'un véritable statut d'autonomie.
00:49On ne parle pas de plus d'autonomie pour la collectivité de Corse.
00:52La collectivité de Corse n'a pas aujourd'hui de statut d'autonomie.
00:55L'objectif de la révision, si elle aboutit, si elle est votée par le Parlement réuni en Congrès,
01:01c'est de donner à la Corse un statut d'autonomie,
01:04à l'instar de ce qui peut exister déjà depuis longtemps dans d'autres îles méditerranéennes de l'Union européenne.
01:10Est-ce que c'est une manière de s'affranchir de la France, de la métropole ?
01:13Non, dans la mesure où l'autonomie telle qu'elle est prévue par le projet de loi constitutionnel
01:20s'inscrit clairement et explicitement dans le cadre de la République.
01:25Ceci étant, c'est vrai que c'est un statut qui serait innovant par rapport à une tradition globale,
01:32étatique qui est quand même historiquement assez jacobine et centralisatrice.
01:36Alors Gilles Siméonis, nouveau cadre, offre un pouvoir législatif pour la Corse,
01:41sauf en ce qui concerne les sujets régaliens, police, justice, fiscalité ou encore la monnaie.
01:46Est-ce que vous souhaitez ou vous aimeriez plus encore ?
01:49Non, nous, dans l'idéal, nous aurions souhaité le plus vite possible
01:54un statut complet d'autonomie, dans la mesure où la définition que vous avez donnée,
01:59c'est celle qui est reconnue non seulement par les juristes,
02:02mais également par la pratique politique et constitutionnelle.
02:05L'autonomie, c'est d'un côté un État qui conserve bien sûr les pouvoirs régaliens
02:10et de l'autre une collectivité autonome qui se voit transférer la possibilité d'intervenir
02:16dans d'autres domaines qui sont énumérés par la loi organique
02:19à travers un pouvoir normatif qui est tantôt de nature législative,
02:23tantôt de nature réglementaire.
02:25Ça, c'est le cadre idéal.
02:27Dans le cadre des discussions qu'il y a eu avec le gouvernement,
02:30nous avons accepté de faire un certain nombre de concessions
02:34et notamment le fait que les matières qui seraient concernées
02:38par le nouveau pouvoir de nature législative
02:40seraient dans un premier temps énumérées de façon relativement restrictive,
02:45en quelque sorte un cheminement qui s'inscrit dans le temps,
02:49sécurisé de part et d'autre.
02:51C'est le propre du texte qui va être aujourd'hui transmis au Parlement
02:56que d'être un texte constitutif d'un point d'équilibre.
02:59C'est aussi la raison pour laquelle il a été voté dans l'essentiel et pour l'essentiel à 100%
03:05par l'Assemblée de Corse, y compris les forces non-nationalistes ou non-autonomistes,
03:10c'est-à-dire qu'y compris la droite qui sur le continent pour l'instant
03:12est globalement plutôt opposée à ce texte.
03:17Eh bien, en Corse, elle a voté, y compris par exemple la notion de communauté.
03:22L'opposition de droite en Corse dénonce une négociation entre élus sans consultation populaire,
03:26c'est d'ailleurs ce qu'il reproche.
03:27Faut-il consulter les Corses par référendum, comme le réclament certains, selon vous ?
03:31Tout à fait. De toute façon, c'est expressément prévu.
03:35Et dans le projet de loi constitutionnelle, et dans le cadre de l'accord politique global,
03:40et nous avons été les premiers à dire que, bien sûr, le peuple doit être in fine consulté,
03:46mais ceci étant, la démocratie, c'est aussi la démocratie représentative.
03:50Les Corses ont, à trois reprises et à chaque fois de façon plus massive,
03:54en 2015, 2017, 2021, nous ont élus, et ils nous ont élus sur un projet et un mandat très clair,
04:02celui de défendre le principe de la statut d'autonomie.
04:04Gilles Séméoni, cette consultation du peuple corse pourrait se faire quand, selon vous, sous quel calendrier ?
04:10Alors, il est prévu qu'elle se fasse au moment de la présentation de la loi organique.
04:16Donc, le calendrier qui est aujourd'hui pressenti et pratiquement définitivement arrêté,
04:22c'est le Conseil des ministres, celui qui vient de se dérouler aujourd'hui,
04:25transmission du projet d'écriture constitutionnelle vers l'Assemblée nationale et le Sénat,
04:33qui aura ensuite à l'apprécier, éventuellement à le faire évoluer, et nous l'espérons à le voter.
04:39En tout cas, nous aimerions non seulement qu'il soit voté, mais également qu'il soit voté en sa forme actuelle.
04:45Mais c'est bien sûr le travail parlementaire et la souveraineté du pouvoir constituant
04:49qui permettront de donner au texte sa forme finale.
04:52Nous, nous allons monter, bien sûr, auprès des députés et des sénateurs pour les convaincre.
04:57Et ensuite, voilà, si ce texte de révision constitutionnelle est voté par le Congrès,
05:03c'est-à-dire à 3 cinquièmes par l'Assemblée et le Sénat réunis, normalement avant la fin de l'année,
05:09sous réserve, bien sûr, que la vie politique française et européenne...
05:12C'est loin d'être fait encore, c'est loin d'être gagné.
05:14Ben, c'est sûr que c'est un très long chemin.
05:17Vous savez, c'est un chemin qui, pour nous, a commencé il y a plus d'un demi-siècle dans la période contemporaine.
05:22Donc, nous avons à la fois la patience et la détermination.
05:25Et pour finir de répondre à votre question,
05:27si révision constitutionnelle il y a, il y aura derrière une loi organique
05:31qui viendra préciser le statut d'autonomie.
05:34Et c'est sur cette loi organique que le peuple sera consulté.
05:38Alors, justement, je disais que c'était loin d'être gagné,
05:40car le gouvernement, pour l'instant, a choisi de ne pas retirer une seule virgule au texte,
05:45malgré les recommandations du Conseil d'État.
05:47Chacun y va de son avis, de son regard, de son opinion.
05:49Il s'agit d'un avis consultatif,
05:51de la part du Conseil d'État, qui n'est donc pas suivi par l'exécutif.
05:55Pensez-vous donc que ce texte puisse passer devant les sénateurs et les députés ?
05:59C'est vraiment la question qu'on se pose.
06:01Alors, c'est...
06:02Vous avez l'espoir, mais entre l'espoir et la possibilité, c'est autre chose.
06:05Il faut se battre dans la vie, en politique, comme pour le reste,
06:09pour que ces espoirs, ces envies et ces attentes puissent se concrétiser en réalité.
06:15C'est une partie qui est objectivement difficile.
06:18Moi, ce que je constate aujourd'hui, c'est que ce combat vient de très loin, vous le savez.
06:23Il a également conduit à des moments et des épisodes,
06:27des années et des décennies extrêmement douloureux.
06:30Et un des objectifs de cette révision constitutionnelle, le statut d'autonomie,
06:35c'est aussi de clore la page de cette logique de conflit
06:38qui a perduré depuis des décennies
06:39pour permettre d'ouvrir une nouvelle page des relations entre la Corse et l'État,
06:44entre la Corse et la République,
06:45fondée, bien sûr, sur l'apaisement, mais également sur une confiance retrouvée.
06:50Donc, nous, ce que nous allons faire,
06:52quand je dis nous, c'est l'ensemble des forces nationalistes,
06:55autonomistes en Corse, progressistes de façon générale,
06:57qui soutiennent ce processus de révision et l'idée de ce statut d'autonomie,
07:02c'est bien sûr maintenant nous rapprocher des députés, des sénateurs,
07:07et leur expliquer ce que nous voulons,
07:09ce que ce statut organise,
07:12les garanties qu'ils donnent de part et d'autre,
07:14expliquer aussi pourquoi le texte qui a été transmis par le gouvernement
07:17est un point d'équilibre.
07:19Et de ce côté-là, je suis bien sûr heureux que le gouvernement ait accepté de,
07:25je dirais, de respecter l'accord politique public qui avait été passé,
07:29de dire que ce texte est un point d'équilibre
07:31et il sera transmis en l'État,
07:32non obstant l'avis du Conseil d'État, quel qu'il soit.
07:36Maintenant, l'avis du Conseil d'État existe aussi,
07:39son avis est un avis important,
07:40il pose des limites qui, à notre avis, vont trop loin,
07:44et je le dis aussi très directement,
07:45je l'ai déjà l'occasion d'exprimer à ce point de vue,
07:49c'est que si demain, bien sûr,
07:52les députés ou les sénateurs,
07:54qui ont totalement le droit de le faire,
07:56devaient reprendre tout ou partie de l'avis du Conseil d'État
08:00sur des dispositifs qui, pour nous,
08:03sont des dispositifs qui remettent en cause
08:05des points fondamentaux du texte,
08:06les députés et les sénateurs ont bien sûr
08:08toute l'attitude pour le faire,
08:10mais nous, nous considérerions que nous ne sommes plus tenus par l'accord.
08:13Vous viendrez contester, forcément, forcément, vous viendrez contester.
08:15Bien sûr, si c'est pour avoir un statut d'autonomie,
08:18soit qu'un ersatz,
08:20ou qui ne va pas assez loin,
08:22par rapport à nos attentes,
08:23et par rapport à nos demandes,
08:25me semble-t-il légitime,
08:26à ce moment-là,
08:27on serait dans une difficulté politique,
08:28mais je me situe pas dans une perspective,
08:31quelles que soient les difficultés,
08:33je pense que nous avons les moyens de convaincre,
08:35en tout cas, je l'espère fortement.
08:36Alors, un que vous allez devoir convaincre aussi,
08:38c'est le président LR du Sénat, Gérard Laché,
08:40qui s'inquiète de l'inscription dans la Constitution
08:42d'une communauté historique, linguistique et culturelle.
08:45L'autonomie Corse est à un risque de dérive communautariste,
08:48comme le dénonce Gérard Laché, selon vous, M. Siméonnier.
08:51Alors, bien évidemment, nous avons lu, écouté,
08:55et analysé avec attention les propos
08:58et les prises de position du président du Sénat.
09:00Je vais, bien sûr, avec d'autres,
09:02essayer de le convaincre d'évoluer.
09:04Ce que je veux dire aujourd'hui, de façon très claire,
09:06c'est que nous ne sommes absolument pas dans une logique communautariste.
09:10Nous connaissons les inquiétudes.
09:11Et alors, c'est quoi les angles d'attaque que vous avez à proposer
09:14pour expliquer, justement, que ce n'est pas une dérive communautaire ?
09:17Très simplement, rappelez d'abord que nous,
09:19nous étions plutôt favorables à la notion de peuple corse
09:22plutôt qu'à la notion de communauté
09:23qui a été avancée, notamment pour le président de la République,
09:27qui l'a considérée comme moins difficile à faire passer.
09:32Si on parle du peuple corse à l'instant,
09:33le peuple corse, c'est une évidence historique,
09:36une évidence culturelle, linguistique.
09:39C'est aussi une volonté...
09:40Il y a un lien singulier avec votre terre.
09:42C'est un lien singulier avec notre terre
09:44qui nous a constitués à travers les siècles.
09:47Donc, cette réalité politique, elle existe.
09:49Et moi, je crois que la France, comme pays,
09:52l'État, la République, sont aujourd'hui suffisamment forts
09:56pour reconnaître une réalité.
09:59Alors, bien sûr, ça vient, quelque part,
10:02bousculer un petit peu l'ordre constitutionnel
10:05tel qu'il s'est construit jusqu'à aujourd'hui.
10:06Mais comme je le dis souvent,
10:08à partir du moment où le peuple corse existe,
10:11il vaut mieux demander à la Constitution
10:12d'évoluer pour reconnaître cette existence
10:16plutôt que de demander au peuple corse
10:18de renoncer à être.
10:19Merci beaucoup, M. Siméoni,
10:21d'avoir répondu aux questions d'Europe un soir.
10:23Une toute petite question.
10:24Comment ça se passe, le temps, en ce moment ?
10:26Est-ce qu'on est plutôt sur du beau temps en Corse ?
10:28Là, c'est pour nous faire rêver,
10:29nous qui sommes en métropole.
10:30Alors, si on parle de météo, il fait très beau,
10:33comme presque toute l'année.
10:35Et si on parle de politique,
10:36on va dire que le temps est beau,
10:38mais nous espérons qu'il va le rester
10:40et qu'il ne se mettra pas à l'orage.
10:41Merci beaucoup, Gilles Siméoni.
10:43Je vous souhaite une très bonne soirée.
10:44Gilles Siméoni, président du Conseil exécutif de Corse,
10:47qui administre la collectivité de l'île de beauté.
10:50Bonsoir, monsieur.
10:50Bonsoir.
10:51Europe un soir, 20h22.
10:53Alors, Paul Melun, Victor Hérault,
10:54on vient d'entendre à l'instant cette interview
10:56avec Gilles Siméoni,
10:57qui nous a répondu à nos questions,
10:59président du Conseil exécutif de Corse.
11:01Le gouvernement qui a choisi
11:03de ne pas retirer une seule virgule.
11:05C'est ce qui se dit du texte,
11:06malgré les recommandations du Conseil d'État.
11:08Il s'agit bien sûr du Conseil d'État
11:09d'un avis consultatif,
11:10donc rien d'obligatoire.
11:12Est-ce que le gouvernement, Paul Melun,
11:14peut-il ignorer le Conseil d'État
11:15sans fragiliser nos institutions
11:17où est le contre-pouvoir ?
11:18Ou Victor Hérault, d'ailleurs.
11:20C'est tout l'enjeu, si vous voulez.
11:21C'est qu'il y a un numéro d'équilibriste,
11:23il y a un dilemme,
11:24quelque chose de complexe
11:24dont il faut faire la synthèse,
11:27entre l'avis du Conseil d'État
11:29et l'idée selon laquelle
11:30la France est une et indivisible,
11:32y compris avec la Corse,
11:34et un autre impératif,
11:35qui est un impératif démocratique,
11:37qui est que, comme ça a été rappelé,
11:39le peuple corse,
11:41pour reprendre l'expression de Gilles Siméoni,
11:43dans sa majorité,
11:44il semblerait en tout cas,
11:45au regard des enquêtes d'opinion,
11:47souhaitent cette autonomie.
11:48Donc, on est vraiment tiraillé.
11:50Et quand on regarde ce qui s'est passé,
11:51par exemple, avec la Catalogne en Espagne,
11:53avec cette organisation de référendum, etc.,
11:55il faut faire très attention
11:57parce qu'on marche sur des oeufs,
11:58il faut à la fois entendre
12:00les revendications des Corses
12:02et essayer d'y répondre,
12:03notamment sur le problème du logement.
12:0540% des résidences en Corse
12:06sont des résidences secondaires,
12:07c'est compliqué pour les Corses aussi,
12:08en termes de pouvoir d'achat,
12:09en termes de logement,
12:11sur les transpositions de lois,
12:12qu'est-ce qu'on peut faire, etc.
12:13Donc, moi je pense qu'il y a une ligne rouge,
12:15c'est l'indépendance de la Corse.
12:16Ça, à mon avis, il ne faut évidemment
12:17pas aller là.
12:19Quant à un statut particulier d'autonomie,
12:22un peu comme ce qui se fait en Espagne
12:23avec le Pays Basque, par exemple,
12:25ou ce qui peut se faire en France
12:26avec certains territoires ultramarins,
12:28à mon avis, ça peut être étudié.
12:29Mais encore une fois,
12:30il faut le faire de façon intelligente.
12:32Pourquoi pas avec l'organisation
12:33d'une conférence citoyenne
12:34avec des élus, des citoyens de Corse.
12:36Pourquoi pas avec un référendum ?
12:38Mais il faut prendre son temps
12:39parce qu'il ne faut pas ouvrir
12:41une boîte de Pandore
12:41qui serait celle
12:42de revendications communautaires
12:44où chacun ferait sécession
12:45avec le pays.
12:47Ce serait dramatique.
12:48En tout cas,
12:48Jelsi Maloney appelle justement
12:49à un vote local.
12:52Victor Hérault,
12:52François Réves-Samen
12:53vente un compromis.
12:54Bruno Retailleau
12:55exprime son désaccord.
12:56Justement, ça c'est un sujet
12:57très intéressant.
12:58Vous l'avez dit,
12:59le gouvernement pousse
13:00à ce que ce texte reste intact
13:02et soit voté tel quel.
13:03François Bayrou,
13:04il faut revenir un petit peu en arrière,
13:05c'est Gérald Darmanin
13:06qui avait rouvert ce dossier
13:07du temps où il était ministre
13:07de l'intérieur.
13:09François Bayrou est très favorable.
13:10François Réves-Samen également.
13:12Il se trouve qu'il y en a un
13:13au gouvernement
13:13qui représente son camp politique,
13:15c'est-à-dire l'ère républicain,
13:16Bruno Retailleau,
13:16pour ne pas le nommer,
13:17qui est parfaitement hostile
13:19à cette mesure-là
13:19et au texte,
13:20en tant que,
13:21c'est-à-dire que ce qui crispe
13:23toute la droite
13:24sur cette question-là,
13:25Gérard Larcher, etc.,
13:27c'est la question
13:27de la reconnaissance
13:28d'un peuple corse,
13:29alors qu'il n'est pas écrit
13:29tel quel dans le texte,
13:30là c'est une communauté corse,
13:32mais enfin bon,
13:32ça revient à peu près au même
13:33et Bruno Retailleau,
13:34ce matin en Conseil des ministres,
13:35l'a rappelé devant
13:36le président de la République
13:37et tous les autres ministres,
13:37l'a rappelé son désaccord
13:38de fond avec cette question-là.
13:40Politiquement,
13:41qu'est-ce que ça implique ?
13:42Moi, je pense qu'il s'agit là,
13:43le sujet de l'autonomie
13:44de la Corse,
13:45d'un sujet très sérieux
13:47qui pourrait servir
13:48de prétexte à Bruno Retailleau
13:50pour quitter le gouvernement.
13:51Pourquoi ?
13:51Parce qu'il faut rappeler
13:52que c'est un projet de loi,
13:54c'est-à-dire que c'est un projet
13:55porté par le gouvernement,
13:56le gouvernement pousse
13:57à la reconnaissance
13:58de la Corse
13:59en tant que territoire autonome.
14:01C'est-à-dire que ça engage
14:03tous les membres du gouvernement,
14:04dont Bruno Retailleau,
14:05ministre de l'Intérieur,
14:06on est là dans ses prérogatives.
14:07Et donc,
14:08Bruno Retailleau pourrait dire
14:08au nom de la droite,
14:09si ce texte est voté tel quel,
14:11je m'en vais,
14:11je retire la droite,
14:12je ne veux pas que la droite
14:13soit responsable
14:14de cette chose-là,
14:15de cette reconnaissance
14:16de la Corse
14:16comme peuple autonome
14:17qui considère,
14:18pour la droite,
14:18comme une trahison
14:19des engagements de la droite.
14:20Et donc,
14:20ça pourrait être
14:21une porte de sortie
14:22pour Bruno Retailleau,
14:22on l'a dit,
14:23fin d'année 2025
14:24ou début d'année 2026,
14:26porte de sortie confortable
14:27étant donné le timing
14:28que cherche en ce moment
14:28Bruno Retailleau
14:29pour s'extraire du gouvernement
14:30et lancer sa campagne présidentielle.
14:32En tout cas,
14:32c'est vrai que ce texte
14:33qui va être proposé,
14:34ce projet de loi,
14:35il va être débattu
14:35par les parlementaires
14:36et les sénateurs
14:37sont déjà très divisés dessus
14:39par rapport à ce projet de loi
14:41Paul Melun.
14:41Ce qui est intéressant,
14:42c'est de regarder
14:42comment les autres partis politiques
14:43vont fonctionner.
14:45L'excellent exposé de Victor
14:46nous rappelle
14:46les dissensions
14:47qu'il peut y avoir
14:48au sein du gouvernement,
14:49mais il y a aussi
14:49une lecture différente peut-être
14:51entre la France insoumise,
14:53entre les socialistes,
14:54pourquoi pas,
14:55dont est issu
14:56M. Rebsamen,
14:57le Rassemblement National.
14:58N'oublions pas
14:59que le Rassemblement National
15:00fait des scores
15:00très importants en Corse
15:01et pour autant,
15:03le Rassemblement National
15:03est engagé
15:04contre le communautarisme,
15:06contre toutes les sécessions
15:07territoriales, culturelles
15:08ou populaires
15:09qu'il peut y avoir
15:10dans le pays
15:10et en même temps,
15:11comme dirait l'autre,
15:12ils ont cet ancrage électoral
15:13important en Corse.
15:15Donc,
15:15que va faire Marine Le Pen ?
15:17Comment va-t-elle réfléchir
15:18à ce sujet-là ?
15:19Et le bloc central,
15:20il va être divisé.
15:20Donc, vous voyez,
15:21la classe politique française,
15:23à l'image, je pense,
15:24du peuple français,
15:24cette fois,
15:25est divisée.
15:26Il n'y a pas de consensus
15:27sur cette question
15:28et là encore,
15:29moi,
15:30j'entends la revendication
15:31d'autonomie des Corses
15:31et je pense qu'il convient
15:32d'y répondre
15:33avec modération
15:34mais d'écouter
15:34ce qu'il se dit
15:35mais en même temps,
15:36il faut se méfier
15:37de ce type de revendication
15:38si demain,
15:39l'Alsace,
15:39la Lorraine,
15:41la Bretagne,
15:41les envies d'ailleurs,
15:43ne pas donner l'autonomie
15:45à tous les départements
15:46de France.
15:46On s'est beaucoup battus
15:47pour centraliser notre pays
15:48puis Philippe Le Bel,
15:49il ne s'agirait pas
15:50de revenir à un temps.
15:50Là, ça enterrinerait
15:51une certaine jurisprudence
15:52d'autonomisation
15:53des peuples qui se considèrent
15:53comme des peuples autonomes.
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