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  • il y a 1 an
Stéphane Troussel, président PS du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, s'exprime sur BFM2 pour les un an des Jeux olympiques et paralympiques de Paris. Que reste-t-il de l'héritage de cet événement sportif planétaire?

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Transcription
00:00Bonjour à tous, on se retrouve sur BFM2. Merci d'être avec nous pour évoquer les un an des JO de Paris.
00:05La France a brillé sous les couleurs des Jeux olympiques et paralympiques l'été dernier.
00:09Que faut-il en retenir ? Nous sommes en ligne avec Stéphane Troussel.
00:12Bonjour et merci d'être avec nous. Vous êtes le président du département de la Seine-Saint-Denis,
00:17un département qui a été marqué par cet événement.
00:20Qu'est-ce que vous gardez de ces Jeux olympiques, Stéphane Troussel ?
00:23Que veut-on en retenir ? Est-ce qu'on peut parler d'héritage ?
00:26Oui, à l'évidence, on peut parler d'héritage en Seine-Saint-Denis
00:29puisque c'est le cœur du territoire où l'héritage s'est déployé.
00:35Je vous donne un chiffre, plus de 82% de l'investissement public qui a été réalisé pour ces Jeux
00:42ont été déployés en Seine-Saint-Denis à travers des stades, des piscines, des routes rénovées,
00:49des passerelles ou des ponts construits, des logements qui ont été construits,
00:54que ce soit à travers le village des athlètes ou le village des médias.
00:59Un certain nombre d'infrastructures, donc oui, de ce point de vue,
01:01les engagements qui ont été pris pour la Seine-Saint-Denis,
01:05soit à travers des constructions qui étaient nécessaires pour l'organisation des compétitions
01:11ou pour l'entraînement, constituent un héritage utile pour les habitants, l'ensemble du territoire.
01:19Et d'ailleurs, en ce moment même, chacun de ces équipements sont mis au service,
01:25sont mis en service pour les habitants et les clubs, les scolaires de la Seine-Saint-Denis.
01:32Alors, on parle d'héritage pratique en termes de sport, d'infrastructure.
01:36Est-ce que c'est aussi une manière de revivre les Jeux, cette parenthèse enchantée, comme on le disait ?
01:41Oui, ça a été un moment particulièrement heureux.
01:45Et d'ailleurs, les habitants de la Seine-Saint-Denis,
01:47c'était d'ailleurs une des raisons de l'engagement des élus du département de la Seine-Saint-Denis,
01:52c'était de faire vivre aux habitants de notre département directement ces Jeux.
01:58Il n'était pas question pour nous que finalement les habitants soient simplement des spectateurs
02:03ou même des téléspectateurs des Jeux.
02:05Et donc, nous avons beaucoup tenu à ce qu'ils puissent être partie prenante des Jeux.
02:09Et d'ailleurs, j'ai réalisé une enquête d'opinion auprès des habitants de la Seine-Saint-Denis au lendemain des Jeux.
02:16Plus de 80% d'entre eux, de 80 à 90% d'entre eux, en fonction des questions qui étaient posées,
02:21se sont dit fiers, ont trouvé ces Jeux populaires, inclusifs, festifs.
02:28Et donc, pour nous, c'était une des raisons principales de notre engagement.
02:31Bien sûr, c'était l'héritage matériel, stade, piscine, équipement sportif, routes rénovées, ponts, passerelles, logements créés,
02:41mais aussi de faire que les habitants participent à travers la distribution de billets gratuits,
02:47à travers des fan zones que nous avons organisées pour célébrer les Jeux,
02:53ou à travers, et c'était particulièrement important compte tenu notamment des difficultés économiques et sociales
02:58qui existent en Seine-Saint-Denis, qu'il puisse y avoir des retombées en matière d'activité économique
03:03pour les entreprises locales ou de l'emploi local, des dispositifs d'insertion pour les demandeurs d'emploi,
03:10les jeunes sans qualification, ou bien encore le développement de la pratique sportive dans notre département.
03:17Justement, c'était la question que j'allais vous poser Stéphane Troussel.
03:20Quel a été l'héritage aussi économique ?
03:22Qu'est-ce que ça a apporté en plus à la ville, au département de la Seine-Saint-Denis, ou au contraire ?
03:26Eh bien, nous avions tenu, par exemple, à ce qu'à travers les contrats réalisés,
03:34soit par la Société de livraison des équipements olympiques,
03:37soit par le comité d'organisation des Jeux lui-même,
03:40que 25% de tous les contrats puissent être fléchés vers des TPE,
03:47des toutes petites entreprises, des petites et moyennes entreprises,
03:51ou même des entreprises du secteur de l'économie sociale et solidaire.
03:5525% de l'ensemble de ces marchés leur ont été réservés,
04:00ou bien encore que, non pas 5%, comme c'est le cas la plupart du temps dans les marchés publics,
04:05mais 10% de toutes les heures travaillées soient réservées à des salariés en difficulté d'insertion,
04:13à des demandeurs d'emploi, à des jeunes sans qualification.
04:16Et donc, au total, c'est plus de 600 millions d'euros de chiffre d'affaires
04:20qui ont été générés pour les entreprises du territoire.
04:24C'est plus de 900 entreprises locales qui ont été mobilisées.
04:28C'est plus de 4 000 personnes qui ont bénéficié de contrats durant les Jeux.
04:34Et au total, c'est 1 720 000 heures d'insertion qui ont été réalisées
04:39pour à la fois les chantiers, mais aussi pour l'organisation des Jeux
04:44pendant les deux quinzaines olympiques et paralympiques.
04:48On parle des deux quinzaines paralympiques et olympiques.
04:51Est-ce qu'actuellement, les habitants du département
04:54peuvent aussi profiter économiquement de cette réussite, on peut le dire ?
04:56Oui, alors c'était clairement une réussite pour nous.
05:01Ça a été un accélérateur des transformations sur notre territoire
05:06avec aussi un développement des transports collectifs.
05:08Je pense à la livraison de la ligne 14 du métro jusqu'à Saint-Denis-Pleyel.
05:15Saint-Denis-Pleyel va devenir le plus grand hub de transports
05:18à l'échelle du Grand Paris après Châtelet-Léal.
05:21Ça, c'est une première chose.
05:22Deuxième chose que je voudrais dire aussi en matière sportive,
05:25en Seine-Saint-Denis, nous avons par exemple permis à plus de 13 000 enfants
05:31entre 2021 et 2024 de participer à des sessions d'apprentissage de la natation
05:38parce que c'est aussi une difficulté que nous avons, que nous avions en Seine-Saint-Denis.
05:42Trop d'enfants arrivant en sixième ne savaient pas nager
05:47et donc nous avons obtenu des financements importants de la part du comité d'organisation
05:51complétés par le département lui-même pour permettre l'organisation
05:56de ces sessions d'apprentissage de la natation.
05:58Alors, est-ce que pour autant tout est réglé ?
06:01Non, bien évidemment.
06:02Tout n'est pas réglé en Seine-Saint-Denis.
06:04Et moi, je ne suis pas un JO-BA.
06:07Il faut rester absolument mobilisé,
06:10notamment pour faire en sorte que ces avancées que nous avons connues
06:13pendant ou avant les Jeux se poursuivent,
06:15notamment en matière de développement de la pratique sportive.
06:18Et disons les choses, il y a de quoi être inquiet parce que la baisse,
06:22les coûts de rabot successifs sur le budget des sports,
06:26nous font craindre le pire dans la capacité du pays
06:29à continuer de développer le sport pour tous dans le pays,
06:34comme en Seine-Saint-Denis.
06:35Parce que j'ai pu lire que vous dites que néanmoins,
06:38le combat n'est pas terminé, que l'héritage JO est bien présent,
06:41mais que ce n'est pas terminé.
06:42Il y a encore du travail à faire dans le département ?
06:45Il faut continuer le travail en Seine-Saint-Denis pour développer le territoire.
06:53Alors, nous avons encore de très nombreux grands projets,
06:56les gares du métro du Grand Paris Express,
06:58la rénovation urbaine, l'installation de grands équipements.
07:02Je pense au centre hospitalier universitaire à Saint-Ouen,
07:05je pense aux ateliers Médicis à Clichy-Montfermeil,
07:07et je pense aux 6 000 salariés du ministère de l'Intérieur
07:11qui vont s'installer dans les bureaux du village des athlètes
07:15à Saint-Denis et à Saint-Ouen.
07:17Mais à l'évidence, il faut absolument à la fois continuer ce développement,
07:22mais aussi faire en sorte que ce développement,
07:24il profite à toutes et à tous par des politiques publiques
07:26en matière d'éducation, de formation,
07:29en matière de santé, de grands services publics,
07:32à la police, à la justice.
07:33Et puis, comme je vous le disais, oui, des inquiétudes aussi lourdes,
07:37parce que quand le budget des sports a été déjà très largement diminué en 2025
07:44et que le Premier ministre annonce 40 milliards d'économies supplémentaires,
07:48moins 22% sur le budget des sports,
07:51ce n'est pas de cette manière qu'on tiendra l'engagement
07:53qui a été pris pendant les Jeux de faire de la France une grande nation sportive.
07:58Et je pense aussi au coup de rabot qui a été donné au passeport,
08:01qui est réduit seulement aux enfants, aux jeunes à partir de 14 ans
08:08pour faire 60 millions d'économies.
08:11Eh bien, ce n'est pas acceptable au moment où on célèbre
08:14le premier anniversaire des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024.
08:20Oui, parce qu'on se souvient que plusieurs personnalités sportives
08:22s'étaient indignées de ce rabais il y a quelques mois.
08:25Est-ce que c'est aussi un moyen, le sport, pour les jeunes, justement,
08:28de s'extirper d'une certaine condition de vie ?
08:32C'est tout à la fois.
08:33C'est à la fois des questions de cohésion sociale,
08:37c'est à la fois des questions de lien aussi,
08:40parce que bien évidemment, quand on participe à des activités sportives,
08:43quand on est membre d'un club,
08:45eh bien, on développe ses capacités de cohésion avec le groupe,
08:50d'apprentissage des règles de la vie collective,
08:53c'est bon pour la santé de chacun des individus,
08:56c'est bon pour l'équilibre personnel,
08:58c'est bon pour son développement physique,
09:00et puis c'est bon aussi, effectivement,
09:03eh bien, pour la vie ensemble.
09:05Donc, oui, et quand on sait,
09:08et puis par ailleurs, c'est bon aussi pour la fierté individuelle et collective,
09:12quand on obtient des résultats.
09:14Et donc, les Jeux ont été ce moment de fierté individuelle et collective,
09:19la France a célébré ses valeurs communes,
09:26sa capacité, justement, à retrouver du goût à être ensemble,
09:31à faire ensemble, à célébrer ensemble.
09:35Et donc, cette politique d'austérité budgétaire
09:39que veut annoncer une nouvelle fois le Premier ministre,
09:43ce n'est pas acceptable.
09:45Encore une fois, si on veut faire de notre pays une grande nation sportive,
09:48si on veut développer les clubs,
09:51si on veut permettre le développement du sport pour toutes et tous,
09:55notamment pour les personnes en situation de handicap,
09:57si on veut aussi développer le sport dès le plus jeune âge,
10:01si on veut favoriser et le développement du sport pour tous,
10:04mais aussi la performance et le haut niveau,
10:07eh bien, on ne peut pas faire des économies sur le sport,
10:11alors même que notre pays consacre finalement très peu au sport aujourd'hui.
10:17Aujourd'hui, si le sport dans notre pays et les clubs sont soutenus,
10:21c'est en partie largement grâce aux collectivités locales.
10:25L'État fait finalement assez peu, il ne peut pas faire encore moins.
10:29L'État fait assez peu.
10:30Vous avez cité le nom de François Bayrou, Premier ministre,
10:32qui a donc fait ses mesures et ses annonces budgétaires.
10:36Ça vous inquiète finalement, c'est ce qu'on comprend ?
10:39Oui, ça nous inquiète beaucoup,
10:40notamment au moment où on célèbre ce premier anniversaire des Jeux.
10:45Le premier anniversaire des Jeux, ça doit être un moment de fête.
10:48Et cette date, pour nous, elle est importante,
10:51parce que c'est un moment important dans la mémoire collective,
10:56une cérémonie d'ouverture particulièrement réussie,
10:59qui célébrait justement cette identité française,
11:03française, diverse, multiple,
11:06et où le pays a été heureux de se retrouver et de célébrer,
11:11en particulier avec cette cérémonie mise en scène par Thomas Jolie.
11:19Et donc, ça doit être un bel anniversaire.
11:23Mais si cet anniversaire est gâché dans les jours,
11:27dans les semaines, dans les mois qui viennent,
11:29par des coups de rabot budgétaires,
11:33eh bien, on aura raté quelque chose.
11:38Donc, moi, je vois ce premier anniversaire
11:41comme à la fois un moment de fête,
11:43mais ça doit être l'occasion d'en faire une alerte collective
11:47pour dire, non, il n'est pas possible de faire des économies sur le sport,
11:53parce qu'il faut développer la pratique sportive,
11:55il faut développer les équipements,
11:57les communes ont besoin,
11:59les communes, les départements, les régions ont besoin de moyens
12:01pour continuer de rattraper le retard
12:04quand il y a encore du retard.
12:06Et si la Seine-Saint-Denis a eu un coup d'accélérateur
12:09pendant les Jeux,
12:10eh bien, nous n'en avons pas fini,
12:12même en Seine-Saint-Denis,
12:13avec ce rattrapage nécessaire
12:15en matière d'équipement sportif
12:17et de développement de la pratique sportive
12:19dans les clubs, à l'école
12:20ou même dans les équipements de proximité.
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