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  • il y a 6 mois
Un incendie s'est déclaré à Martigues (Bouches-du-Rhône) ce jeudi 17 juillet. Poussées par le vent, les flammes ont parcouru plus de 200 hectares. Du côté de la forêt de Brocéliande, en Ille-et-Vilaine, ce sont 120 hectares de végétation qui ont brûlé avant que le feu ne soit fixé.

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Transcription
00:00Des feux de forêt plus virulents, plus fréquents, plus précoces.
00:04On connaît la nouvelle donne liée au dérèglement climatique.
00:06Dernier élément, la zone géographique concernée, beaucoup plus étendue.
00:097 minutes pour comprendre la nouvelle carte du risque incendie en France.
00:18Avec nous pour en parler, Olivier Richepout, président du Conseil départemental de la Mayenne
00:23et de la Conférence nationale des SDIS.
00:26Thomas Modoré, expert du Comité des forêts.
00:28Et Marion Russel, envoyée spéciale de BFMTV en forêt de Brosséliande.
00:32Ce foyer qui est un peu ce matin le symbole de l'extension géographique de la menace incendie en France.
00:38On va commencer avec vous Marion, avec un point de situation à 8h12, très exactement.
00:45Eh bien la situation va mieux ici en forêt de Brosséliande.
00:48Le feu est fixé depuis le milieu de la nuit.
00:50L'annonce avait été faite vers 23h30 hier soir.
00:53Mais feu fixé ne veut pas dire feu éteint.
00:55Alors forcément, une énorme vigilance est toujours de mise avec des moyens engagés qui sont toujours très importants.
01:02Notamment 270 sapeurs-pompiers toujours sur le terrain.
01:05Des moyens aériens qui sont en train d'être déployés pour la journée.
01:08Le but c'est de venir noyer les braises restantes pour éviter qu'elles puissent s'envoler et embraser un secteur plus loin.
01:15La poche de l'incendie fait environ 120 hectares.
01:17Ce sont plus d'une centaine qui sont complètement brûlées dans une zone qui normalement est plutôt forestière.
01:23Et qui donc est plutôt peu sujette à ces incendies.
01:26Mais à noter qu'en 2022 tout de même, la forêt de Brosséliande avait déjà connu un incendie majeur.
01:32Et là ce sont les conditions une nouvelle fois climatiques qui ont déclenché cet incendie.
01:35On ne connaît pas exactement la cause.
01:36Mais en tout cas, la sécheresse, le temps sec et parfois venteux a favorisé la prise de cet incendie qui a pris très vite hier après-midi.
01:43Les pompiers restent donc mobilisés en espérant une accalmie aussi ce soir avec la météo qui pourrait cette fois se mettre de leur côté.
01:49Et des pluies attendues sur la Bretagne.
01:51Merci Marion Roussel.
01:52Thomas Modori, Marion Roussel faisait allusion à 2022 des premiers incendies à Brosséliande.
01:57Dans les monts d'Arrée aussi, on s'en souvient.
01:59C'était des images très impressionnantes.
02:00Est-ce que trois ans après, on a exactement les mêmes conditions pour vivre un été en enfer en Bretagne ?
02:06On a à nouveau un été qui s'annonce difficile.
02:11Je crois qu'il est temps maintenant de s'y préparer.
02:16On est sur des territoires qui n'ont pas la culture du feu.
02:19On n'a pas cette habitude-là comme ce qu'on peut avoir sur la partie sud de la France.
02:23Donc la grande problématique, c'est qu'il faut préparer, il faut faire en sorte d'avoir suffisamment de prévention
02:28pour éviter qu'un départ de feu se transforme en véritable brasier.
02:35C'est ça qui est délicat.
02:37Et là, on commence à avoir dans tous les territoires français.
02:40Il faut se souvenir qu'en 2022, c'est le Jura qui a connu ces premiers feux.
02:45On commence à être dans une situation où il faut que la totalité de la population française se rende compte
02:52que les feux de forêt peuvent arriver à côté de chez eux.
02:55Un de vos confrères nous expliquait hier que la canicule de juin avait en quelque sorte grillé la végétation.
03:02Et ça là, un peu partout, c'est très répandu.
03:05Ça veut dire que le risque pour cet été, il est dans tous les départements ?
03:09Alors tous les départements, non, non, c'est pas ça.
03:12Mais on avait une concentration des problèmes, une concentration de la vigilance sur la partie sud du territoire français.
03:19Ça permettait d'organiser notamment les problématiques de lutte.
03:23Et puis ça permettait également d'avoir des forestiers et des populations qui étaient sur le qui-vive,
03:29qui savaient quoi faire parce qu'on avait des problèmes récurrents.
03:32C'était quelque chose qui était fait de façon, entre guillemets, un peu traditionnelle.
03:37Là, on se retrouve avec des feux sur des territoires où il y a très peu d'équipements,
03:40où il y a très peu de connaissances de ces difficultés-là.
03:43Et puis les moyens de lutte, quand on commence à les éparpiller aux quatre coins du pays,
03:47quand on va avoir, et si malheureusement on commence à avoir des départs de feu un peu partout,
03:52on aura des grandes difficultés à concentrer des moyens de lutte efficaces partout.
03:57C'est ça qui est délicat.
03:59Donc la prévention, la prévention, la prévention.
04:02Olivier Richefoux, vous avez connu il y a quelques jours une vigilance orange incendie en Mayenne.
04:06Je rappelle, en Mayenne.
04:06Est-ce que vous êtes armé pour faire face à un grand feu,
04:09que ce soit en termes de culture du feu, comme disait Thomas Modori, ou en termes de moyens ?
04:13Alors je crois d'abord qu'il faut se rendre à l'évidence.
04:17La Mayenne, à la chance, est un département très peu forestier.
04:20Et ce que nous avons eu comme alerte essentiellement et comme feu,
04:23ce sont des feux de chôme, des feux de récolte, liés essentiellement à l'activité agricole.
04:28Néanmoins, au-delà de la prévention, moi je veux vous dire que nous sommes de mieux en mieux préparés.
04:34Nous avons de plus en plus de moyens.
04:36Le gouvernement, il y a quelques années, a mis en place ce que nous avons appelé un pacte capacitaire,
04:40qui nous a permis, grâce à des subventions de l'État, de nous équiper de camions supplémentaires.
04:46Et puis nous formons de plus en plus nos sapeurs-pompiers, professionnels et volontaires,
04:51à combattre ce risque, même dans des départements où le risque est peu important,
04:56comme le département de la Mayenne, et je veux dire toute la zone ouest d'une façon générale.
05:00– Ça pose la question de la répartition des moyens au niveau national, notamment les moyens aériens.
05:05Est-ce qu'aujourd'hui ça vous paraît cohérent que les Canadaires soient installés principalement dans la Nîmes ou même en Corse ?
05:14– Je pense que oui, parce que les Canadaires d'abord sont un peu, peut-être pas suffisamment nombreux,
05:21mais on sait une bonne dizaine.
05:23Il faut les maintenir en capacité opérationnelle, et pour ça c'est beaucoup plus efficace d'avoir une seule base.
05:28– En revanche, le système qui a été mis en place est de répartir d'autres moyens aériens sur tout le territoire,
05:35avec notamment ce qu'on appelle des pélikandromes, pardon pour ce nom un peu curieux,
05:40qui sont des bases de ravitaillement, et à l'occasion du feu hier,
05:44une a été activée à Vannes, à l'aéroport de Vannes, et une autre à l'aéroport d'Angers,
05:49pour permettre le ravitaillement en produit retardant des avions,
05:52qui en revanche eux, comme les hélicoptères bombardiers d'eau, sont davantage répartis sur tout le territoire.
05:58Mais vous avez raison, il faut sans doute renforcer les moyens aériens.
06:02Il n'est pas normal aujourd'hui que des SDIS, je pense à celui du Finistère,
06:07doivent eux-mêmes s'équiper d'un hélicoptère qu'ils louent pendant toute la saison,
06:11pour faire face à ces risques, alors que les moyens nationaux devraient prendre en charge
06:16l'ensemble de la couverture du territoire.
06:18Thomas Modori, est-ce qu'il va falloir s'adapter à ce risque ?
06:23Je veux dire, vous parliez de prévention, mais aussi peut-être de débroussailler,
06:26beaucoup plus qu'au nord qu'auparavant, adapter nos forêts, ça se joue là aussi ?
06:31Oui, oui, oui, cette thématique-là, elle est absolument centrale.
06:34Je vais vous donner un chiffre qui va, j'espère, qui va vous faire comprendre
06:38qu'il faut qu'on change un petit peu, c'est que 94%, 94% des départs de feu
06:45sur le territoire national, ils sont d'origine humaine.
06:47La forêt ne prend pas feu toute seule, c'est assez rare qu'on ait un coup d'orage,
06:54un coup de foudre qui fasse partir un peu.
06:56Ça veut dire que c'est dans nos pratiques, c'est dans nos habitudes,
06:59c'est dans notre façon d'appréhender les interfaces avec la forêt qu'il faut qu'on change.
07:0494% de départs de feu d'origine humaine, ça veut dire que si on s'y prend,
07:09si on fait le nécessaire, on n'est pas dans une fatalité.
07:13On n'est pas dans une fatalité.
07:14Donc ça, c'est très important et je vous parlais de la prévention.
07:17Pourquoi ? Parce qu'il y a eu des notes qui ont été publiées,
07:22notamment par le ministère de la Transition écologique,
07:24qui expliquaient qu'un euro dépensé en prévention pour les incendies,
07:28c'était 10 euros économisés sur la lutte.
07:31Voilà, donc les choses, elles sont très claires.
07:33C'est à la population de prendre conscience du risque et d'adapter ses comportements.
07:39Un mégot jeté de la fenêtre d'une voiture,
07:42un barbecue qui est installé pas loin d'une limite où vous avez de la forêt derrière,
07:48tous ces comportements-là, il faut absolument que ça s'arrête.
07:50Reprenez l'historique des quelques incendies qu'on a pu avoir ici ou là ces derniers temps,
07:54il y a des choses qui sont un peu ubuesques quand même.
07:57Donc c'est quelque chose de très important, mais ce n'est pas une fatalité.
08:01Il faut que la population française prenne la culture de la protection des forêts
08:06parce que la forêt ne prend pas feu, la forêt est victime de l'activité humaine.
08:12Olivier Richefou, est-ce que dans le contexte actuel où la menace désormais partout,
08:15on va se retrouver un jour, peut-être à brève échéance,
08:18où il faudra dégarnir un département pour aller renforcer d'autres départements
08:23et le dégarnir au détriment de la vigilance qu'il peut y avoir chez lui ?
08:26Alors c'est déjà en partie le cas puisque les zones de défense coordonnent des renforces,
08:33des renforts. Si je prends l'exemple de mon département,
08:35il y a une colonne de renforts qui vient d'être mobilisée
08:39et qui est partie en soutien des opérations du Sud.
08:42Les pompiers ont cette habitude de se coordonner au niveau zonal
08:45et ça fonctionne plutôt bien.
08:48En revanche, il n'échappe à personne que pendant ce temps-là, l'activité continue
08:53et qu'il faut pouvoir faire face aux risques courants.
08:56C'est la raison pour laquelle nous attendons beaucoup du Beauvau de la Sécurité civile
09:00qui a été lancé par le ministre de l'Intérieur
09:02pour voir comment cette coordination peut se renforcer
09:05et comment sans doute nous pouvons avoir des moyens supplémentaires
09:09sur le plan matériel, peut-être aussi sur le plan humain,
09:13pour faire face à cette dégradation.
09:14Parce qu'il ne vous a pas échappé, quand il est vilaine,
09:17aujourd'hui, nous allons être en alerte orange, orage, inondation,
09:21alors que nous étions en alerte orange, incendie.
09:25Donc vous voyez que d'un jour à l'autre, le risque existe mais qu'il est différent.
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