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  • il y a 7 mois
La jeune femme de 30 ans a été violemment agressée lors d'un cambriolage à son domicile marseillais vendredi 4 juillet au soir par deux individus armés. Ligotée, rouée de coups, menacée, elle a été hospitalisée. Une plainte a été déposée.

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Transcription
00:00Demain, cela fera deux semaines, jour pour jour, que l'influenceuse Soraya Riffi a été sauvagement agressée chez elle, à Marseille,
00:07par trois hommes armés qui sont depuis toujours dans la nature.
00:10Ce soir, Soraya Riffi témoigne en exclusivité sur le plateau du 20h BFM.
00:14Bonsoir.
00:14Bonsoir.
00:15Merci, bonsoir à vous et merci d'avoir accepté notre invitation.
00:18Bonsoir Frédéric Coffano, merci d'être avec nous.
00:21Vous êtes l'avocat de Soraya Riffi.
00:24Soraya, 13 jours sont passés depuis l'agression.
00:27Comment allez-vous d'abord ?
00:29Dans un premier temps, au niveau psychologique, ça ne va pas trop bien.
00:35Il faut dire que j'ai subi une agression d'une extrême violence.
00:39J'ai besoin à ce jour de me reconstruire.
00:42Les séquelles psychologiques sont bien présentes.
00:45J'ai du mal à dormir.
00:47C'est compliqué pour moi de me remémorer tout ce qui s'est passé, de revivre avec des flashbacks.
00:52Et puis cette insécurité, la peur toujours d'être suivie, la peur de peut-être se refaire agresser,
00:59donc c'est un peu compliqué pour moi.
01:00J'ai dû adopter un nouveau quotidien avec une restriction de liberté qui est un peu compliquée.
01:05On va y revenir, évidemment.
01:07J'aimerais, si vous le permettez, qu'on revienne ensemble sur cette soirée du vendredi 4 juillet.
01:13Vous en avez conservé des souvenirs précis ?
01:15Oui.
01:17En fait, c'était une journée comme les autres, où j'étais en mer avec des amis.
01:22Je suis rentrée à mon domicile sur les coups de 20 heures.
01:26Et 30 minutes plus tard, je me trouvais seule à mon domicile.
01:29Ça a sonné à ma porte.
01:31Donc je me suis dirigée vers le judas de ma porte pour regarder qui c'était, sauf qu'il n'y avait personne.
01:37Donc j'ai ouvert la porte du bâtiment, enfin la porte de chez moi.
01:41Et en fait, j'ai aperçu un jeune homme à l'extérieur de mon bâtiment qui me demandait gentiment et poliment de lui ouvrir la porte.
01:47Donc moi, en toute confiance, je me suis dirigée vers la porte et je lui ai ouvert.
01:52Sans me douter que ma descente aux enfers allait commencer ce soir-là.
01:56Descente aux enfers, c'est un euphémisme.
02:00C'est-à-dire que la suite, c'est l'horreur pendant…
02:03Ça a été un vrai cauchemar.
02:05Pendant plusieurs heures ?
02:06Pendant 1h30.
02:07D'accord.
02:071h30.
02:08J'ai été séquestrée à partir de 20h30 environ jusqu'à 22h15.
02:16Et c'était compliqué pour moi parce qu'il y a un deuxième homme qui est rentré dans l'appartement.
02:21Ils m'ont tout de suite roué de coups.
02:23Donc ils m'ont pris à coups de poing dans le visage.
02:24Et à travers certaines photos et vidéos que j'ai pu diffuser, on peut voir à quel point ils ont été d'une extrême violence.
02:32C'est difficile pour moi d'en parler aujourd'hui, mais je suis là et je suis là pour le faire.
02:36D'ailleurs, merci de m'avoir invité sur le plateau pour m'exprimer sur cette situation.
02:40Et donc du coup, ils m'ont roué de coups, frappé, attaché, ligoté, demandé de l'argent, peut-être même abusé de moi.
02:49Donc j'ai vécu le calvaire ce soir-là.
02:52Durant l'agression, j'ai perdu connaissance, comme je l'avais stipulé dans certains articles.
02:58Et en fait, j'ai perdu connaissance parce que mes points de ligotage étaient trop serrés.
03:03Et du coup, c'était obstrué.
03:05Donc mon corps n'était presque plus alimenté par mon sang, mes organes vitaux,
03:11la respiration anormale avec un scotch qui me strangulait.
03:15Donc c'est des termes qui sont très forts, mais c'est vraiment ce que j'ai vécu.
03:18Et puis après, il y a eu toutes ces émotions qui se sont entremêlées durant l'agression, la peur de savoir si j'allais survivre ou pas.
03:28Je ne savais pas en fait ce qui allait se passer.
03:31Et du coup, j'ai lâché prise.
03:33Je n'arrivais plus à tenir.
03:34Vous dites « j'ai perdu connaissance » à un moment.
03:36Quand vous prenez connaissance, vous vous réveillez couverte d'eau de Javel.
03:39Je me réveille avec mes ravisseurs.
03:43Ce sont mes ravisseurs qui m'ont réveillée parce que j'ai convulsée, parce que j'ai perdu connaissance
03:47et que mes organes vitaux n'étaient presque plus érigués par mon sang.
03:52Ce qui signifie que j'ai failli perdre la vie.
03:55Donc les ravisseurs, je ne pense pas qu'ils voulaient me tuer, mais ils étaient toujours présents.
03:59Enfin, ils étaient toujours présents parce qu'à la fin, ils étaient seuls.
04:02Donc du coup, ce qui s'est passé, c'est qu'il est arrivé le moment où il est parti
04:07où il m'a arrosé d'eau de Javel pour enlever ses traces ADN.
04:11Il a arrosé également de Javel tout l'appartement.
04:16Et du coup, ce qui s'est passé, c'est que moi, j'ai réussi à me retirer de mes liens
04:21et à me rendre chez mon voisin qui m'a porté secours.
04:24Et d'ailleurs, que je remercie sur ce plateau-là parce que grâce à lui, je suis là aujourd'hui.
04:29Est-ce que vos agresseurs ont agi à visage découvert ?
04:32Oui, mes agresseurs ont agi à visage découvert.
04:36Sinon, si j'aurais constaté l'inverse, je n'aurais jamais ouvert la porte.
04:40Par contre, je ne me rappelle plus de leur visage.
04:43Vous seriez dans l'incapacité de les reconnaître ?
04:46Non.
04:48Qu'ont-ils dit ? Ils ont parlé pendant l'heure et demie qu'a duré cette horrible...
04:54Oui, j'étais menacée de mort.
04:56Alors, si je parlais, si je bougeais, si je faisais quoi que ce soit, il y avait des règles que je devais respecter.
05:03C'était de rien dire, de ne pas parler, de ne pas bouger.
05:07Sauf qu'avec une strangulation et du sang qui n'irrigue plus, normalement, les organes vitaux,
05:14forcément, le corps, il bouge.
05:16Le corps, il appelle à l'aide.
05:18Ce n'est même plus moi qui parlais, c'est mon corps qui parlait pour moi.
05:20Et du coup, ce qui s'est passé, c'est que j'étais menacée de mort et qu'il me disait clairement que si je bougeais ou que je parlais,
05:28il me prenait un coup de couteau.
05:30Que si je faisais quoi que ce soit, il m'avait mis...
05:34Pardon.
05:36Allez-y, prenez votre temps.
05:39Il m'a mis un calibre sur la tête.
05:40Donc, j'y ai stressé.
05:43Je lui ai dit que je n'avais rien à lui offrir, mais que j'avais que 900 euros, 1000 euros, je ne sais plus.
05:49Et c'est tout ce que j'avais à lui offrir.
05:51Et en fait, comme je n'avais pas grand-chose de valeur à lui donner, j'avais peur à ce moment-là,
05:55soit qu'il me prenne un coup de couteau, soit qu'il me tire une balle dans la tête.
05:58Donc, j'ai eu très, très peur.
06:01Et aujourd'hui, j'en suis meurtrie à l'intérieur de moi.
06:03Je suis abîmée, je suis détruite.
06:06Je suis détruite.
06:06Vous avez une idée de qui vous a fait ça ?
06:10Parce qu'à ce jour, il n'y a eu encore aucune interpellation.
06:14Le problème, c'est que j'ai reçu plusieurs emails d'extorsion de fonds et de chantage,
06:18trois semaines avant l'agression.
06:20Est-ce que c'est lié ? Je ne sais pas.
06:23Donc, l'enquête judiciaire est en cours.
06:25C'est pour ça que je vais peut-être laisser la parole à Maître Kofano,
06:29qui est aussi mon avocat, en complément de Tom Michel,
06:33et qui pourra vous donner peut-être plus d'informations sur l'enquête judiciaire.
06:36Mettre peut-être une parenthèse, justement, sur l'enquête en cours.
06:40Quelles sont les nouvelles que vous avez ?
06:42L'enquête judiciaire en cours, il y a eu deux phases.
06:45Il y a eu la première phase, au moment où les faits se sont produits,
06:48l'enquête en flagrance, qui a été prolongée une nouvelle fois,
06:52donc de huit jours.
06:53Et là, on va bientôt basculer en enquête préliminaire.
06:55On est sur des faits de nature criminelle, il ne faut pas l'oublier.
06:58Des faits de nature criminelle, où les auteurs risquent 20 ans de réclusion criminelle,
07:02après ça dépendant des circonstances aggravantes ou pas dans ce dossier.
07:05L'enquête préliminaire, après, l'enquête préliminaire va commencer,
07:11et peut-être même une ouverture d'informations.
07:12C'est-à-dire que là, on aura une ouverture d'informations,
07:15une instruction qui va être ouverte,
07:16et on va pouvoir participer les avocats de Mme Soraya aux actes d'instruction.
07:22Depuis cette agression, comment vous tenez ?
07:24Parce que quelques jours après, vous disiez ceci,
07:27trop d'expositions médiatiques mènent au danger,
07:29je vais quitter Marseille définitivement, quitter les réseaux sociaux.
07:32Pour l'instant, disiez-vous, à ce moment-là, 13 jours sont passés,
07:35vous apparaissez encore extrêmement affectée, on le serait à moins.
07:39Comment vous tenez ? Comment vous envisagez la suite ?
07:42Après ce qui vous est arrivé ?
07:43Comment j'ai survécu ces 13 derniers jours ?
07:47Avec les nombreux messages de soutien que j'ai reçus de toute la France,
07:50c'est ce qui m'a permis de tenir le cap, d'avancer,
07:54de prendre du recul et de me soigner surtout,
07:57parce que le jour des faits, je ne sais pas si vous avez vu les images,
08:01j'avais envie d'en finir, parce que je n'arrivais plus à faire face.
08:04J'ai vu la mort, j'ai survécu à une agression d'une extrême violence,
08:11donc aujourd'hui je suis suivie par un psy,
08:13donc j'ai toute une équipe médicale qui m'accompagne au niveau psychologique.
08:17Je prends également de nombreux traitements,
08:19des bêtas bloquants pour gérer mon stress et ma tachycardie.
08:22Je prends la trithérapie,
08:24parce qu'il y a une éventuelle agression sexuelle présumée.
08:31Je prends également des antidouleurs et des anti-inflammatoires,
08:33mais comment je vis, c'est avec la force et le soutien de toute la France
08:37qui a été touchée par mon histoire.
08:40Et je remercie toutes ces personnes-là aujourd'hui,
08:43cette vague de soutien qui m'a aidée à surmonter et à garder le cap ces 13 derniers jours.
08:47Pour l'instant, d'une certaine manière, vous êtes en mode pause,
08:50ce qui est une partie de votre vie, peut-être de votre vie d'avant.
08:54J'ai besoin d'une reconstruction intérieure, avant tout,
08:58avant de revenir, avant de garder cette proximité avec mes abonnés,
09:02parce que je suis quand même créatrice de contenu, c'est mon travail.
09:06Je suis aussi influenceuse et infirmière.
09:08Et vous êtes aussi infirmière, c'est ça ?
09:09Vous n'êtes pas que créatrice de contenu.
09:12C'est ça. Je cumule deux métiers pour bien gagner ma vie.
09:16Mais du coup, les gens mélangent tout.
09:18Et c'est vrai qu'il y a beaucoup de gens qui fantasment sur cette vie-là,
09:22sauf que je n'entretiens pas la vie de luxe
09:25ou une stratégie d'opulence sur mes réseaux sociaux,
09:28bien au contraire.
09:29C'est uniquement de la prévention et du bien-être.
09:32Un dernier mot, Maître.
09:33Ce qui est arrivé à Soraya Rifi, il y a deux semaines,
09:36n'est pas un phénomène isolé.
09:38Non, ce n'est pas un phénomène isolé,
09:39parce qu'il y a de plus en plus d'influenceurs
09:42qui sont victimes du même mode opératoire,
09:45c'est-à-dire que victimes chez eux d'agressions violentes.
09:49Et encore, je pèse mes mots,
09:50parce que lorsque Soraya nous a contactés,
09:53ils m'ont conformé à Tom Michel,
09:54nous avons eu les photos, nous avons vu ces photos.
09:57C'est une horreur, une horreur.
09:59Je le dis clairement, parce qu'on est tous là en plateau
10:02à discuter de ce qu'elle a pu vivre.
10:04Elle essaye de l'exprimer.
10:06Nous, on a vu des photos, on a vu le sang,
10:09on a vu ces images-là.
10:11Et vous voyez, on est avocat,
10:12mais on pense aussi à Mme Soraya,
10:15on pense aussi à toutes les autres personnes
10:16qui ont été victimes d'homme jacking
10:17et qui revivent à chaque fois les mêmes scènes.
10:20Il y a de plus en plus d'homme jacking.
10:22Et à mon confrère, à maître Michel,
10:23on s'est posé la question aussi,
10:24toutes ces personnes qui sont exposées,
10:28qu'est-ce qu'elles peuvent bénéficier comme protection ?
10:30Parce qu'on peut ouvrir le sujet,
10:32se poser la question sur la question de la protection.
10:34Alors, à un moment donné,
10:36c'était les footballeurs qui étaient visés
10:37pour des faits d'homme jacking.
10:39Et c'était récurrent,
10:40que ce soit à Marseille, à Paris
10:41ou dans les autres clubs de foot.
10:42Il suffisait qu'ils disent sur les réseaux sociaux
10:45où ils étaient, ils sont partis en stage, tout ça,
10:47pour qu'à un moment donné, il y a une déchavement...
10:48Vous regrettez un manque de protection, actuellement ?
10:50Oui, mais on s'est posé la question sur cette protection.
10:51En fait, on s'est posé la question,
10:53vous voyez, pour les clubs de football,
10:54ils ont mis en place toute une série de protections.
10:59Pour les influenceurs ou les influenceuses,
11:00comment se protègent-ils ?
11:01Ils sont que chez eux.
11:03Vous savez, le domicile, c'est l'endroit inviolable.
11:07C'est-à-dire, c'est le domicile,
11:07c'est là où on se sent en sécurité tous.
11:09En théorie, on se sent tous en sécurité.
11:11Qu'est-ce qui est possible de faire ?
11:12Alors, on s'est posé la question,
11:13est-ce que les plateformes,
11:14les différentes plateformes,
11:15est-ce qu'elles ne peuvent pas aussi intervenir,
11:17mettre en place, ou des formations,
11:19une certaine protection au niveau des influenceurs ?
11:21C'est la question qu'on se pose.
11:23Il manque au pharma de Tom Michel,
11:23on s'est posé la question aujourd'hui.
11:26Est-ce qu'on ne peut pas ouvrir le sujet
11:27et le débat là-dessus ?
11:28De toute façon, ce soir, d'alerter les autorités,
11:30merci.
11:31Merci à tous les deux.
11:31Merci, Soriya Rifi.
11:32Merci d'avoir accepté de témoigner ce soir
11:33dans 20h BFM.
11:35Merci.
11:35Bon courage pour la suite.
11:36Merci.
11:36Merci.
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