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  • il y a 7 mois

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00:00Bienvenue à tous, 8h moins 10 sur Europe 1, l'édito politique de Jean-Christophe Buisson.
00:05Bonjour !
00:06Directeur adjoint de la rédaction du Figaro Magazine, Jean-Christophe voulait nous parler d'Emmanuel Macron
00:12qui s'est rappelé aux bons souvenirs de tout le monde ce week-end, notamment à celui de Gabriel Attal.
00:17Souvenez-vous, il y a 10 ans, Emmanuel Macron, ministre de l'économie, annonçait la naissance d'un mouvement
00:22appelé à être un des fers de lance de son ambition présidentielle, les jeunes avec Macron.
00:26Avant-hier, pour célébrer cet anniversaire et affirmer sa certitude que le macronisme n'est pas mort,
00:31le dit mouvement avait choisi de se réunir au Cirque d'Hiver à Paris et d'en profiter pour changer son nom
00:35puisque son champion ne peut pas être candidat en 2027 en devenant les jeunes En Marche.
00:40En Marche pour qui ? A priori pour Gabriel Attal, à la fois chef du parti macroniste et de ses élus à l'Assemblée nationale
00:45et qui a en outre pour lui d'être âgé de seulement 36 ans, c'est-à-dire à un an près l'âge de son mentor
00:51quand il avait lancé justement les jeunes avec Macron.
00:53Bref, tout était réuni pour que samedi soir soit le jour de gloire de l'ancien Premier ministre.
00:58Patatra, le Président en a décidé autrement en surgissant dans l'arène du cirque
01:02alors qu'il répète depuis des années qu'il ne veut pas descendre du sommet de l'État
01:05pour se mêler de la vie des partis politiques.
01:07C'est à dire, vous voulez dire que Gabriel Attal n'était pas au courant de la venue du Président ?
01:11On ignore si Attal était sûr que le Président viendrait, mais on a une certitude,
01:15il ne savait absolument pas ce qu'il allait dire s'il venait.
01:17La preuve, non seulement Emmanuel Macron n'a pas adoubé son poulain déclaré
01:21en lui souhaitant par exemple bonne chance pour 2027,
01:24mais il a demandé aux centaines de jeunes présents de le soutenir,
01:26lui, Emmanuel Macron et personne d'autre,
01:29à la fois pour les deux années de mandat qui lui restent,
01:31mais aussi, je cite, pour dans cinq ans, pour dans dix ans.
01:34Difficile de ne pas voir là comme une pré-pré-déclaration de candidature en 2032,
01:39quitte à enjamber, mais il en a l'habitude,
01:40une échéance électorale pour laquelle il ne se sent pas concerné.
01:43Bref, à l'instar de ses prédécesseurs à l'Elysée non réélus pour un second mandat consécutif,
01:48Valéry Giscard d'Estaing, Nicolas Sarkozy et François Hollande,
01:51Emmanuel Macron semble d'ores et déjà victime du syndrome de l'ancien Président
01:55qui rêve de redevenir Président.
01:57La Constitution lui interdit trois quinquennats successifs,
02:00il laissera donc passer le train de 2027 et attrapera le suivant,
02:03un peu comme Vladimir Poutine,
02:05empêché par la Constitution russe de rester au Kremlin en 2008 après deux mandats présidentiels,
02:09et qui était revenu quatre ans plus tard après avoir permis à Medvedev d'occuper provisoirement son fauteuil.
02:14Alors, Jean-Christophe, vous n'êtes pas en train un peu d'exagérer là,
02:16Emmanuel Macron n'est pas Vladimir Poutine quand même !
02:18Non, non, bien sûr, mais avouez que voler ainsi la vedette à l'un de ses plus loyaux lieutenants
02:23qui vantent sans cesse votre bilan et se réclament de vos valeurs
02:26ne brille pas par l'élégance et l'humilité.
02:28Et reconnaissez que le Président donne un peu là l'image d'un enfant qui ne veut pas rendre son jouet,
02:32ou plutôt qui veut bien le rendre, mais si on lui promet qu'il pourra un jour le récupérer.
02:36Au plus bas dans les sondages, devenu inaudible et déconnecté de la réalité pour la majorité de ses concitoyens,
02:41contesté dans sa propre famille politique pour sa folle dissolution l'an passé,
02:45Emmanuel Macron allait, pensait-on, prendre de la hauteur jupitérienne pour les deux années à venir
02:49en se consacrant aux fonctions régaliennes comme la défense et la diplomatie,
02:54où le travail ne manque certes pas en ce moment.
02:56Bref, la jouée un peu modeste.
02:58Au lieu de quoi, fidèle à son mantra « je prends mon risque »,
03:00il préfère replonger les mains dans le cambouis politicien,
03:03sermonnant un jour François Bayrou accusé de ne pas tenir assez fermement ses ministres,
03:07et venant le lendemain freiner les ardeurs impatientes des ambitieux qui prétendent lui succéder.
03:12Si j'étais Édouard Philippe, je me préparais à recevoir la foudre dans les jours qui viennent.
03:16Merci Jean-Christophe Buisson, directeur adjoint de la rédaction du Figaro Magazine.
03:20C'était votre édito politique sur Europe.
03:22Merci.
03:23Merci.
03:24Merci.
03:25Merci.
03:26Merci.
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