Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 7 mois
Alexandre Bompard était l'invité de Benjamin Duhamel ce mercredi 2 juillet.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Bonsoir.
00:01Merci d'être avec nous ce soir dans Tout le monde veut savoir,
00:03PDG de Carrefour, président de la Fédération du Commerce et de la Distribution.
00:07Un mot d'abord, si vous le voulez bien, Alexandre Bompard, sur la canicule,
00:11ce sixième jour de très forte chaleur, ça commence à aller un peu mieux.
00:15Qu'est-ce que vous avez constaté dans vos magasins ?
00:18Quand il fait chaud, on achète beaucoup moins, on reste chez soi, on dit faire des achats.
00:23Qu'est-ce qu'on achète ? Qu'est-ce que vous avez vu ?
00:25D'abord, quand il fait beau au printemps ou beau en été, dans notre métier, c'est bien.
00:28Et donc, c'est un joli printemps, c'est un beau début d'été, c'est positif.
00:32Quand on est en période de haute canicule, comme ces derniers jours,
00:36là, on voit moins de clients dans les magasins.
00:38Et qu'est-ce qu'ils achètent globalement ?
00:40De l'eau, de l'eau, de l'eau.
00:41Donc, on a des chiffres records de vente d'eau,
00:44mais je crois qu'on n'avait pas atteint ça depuis très très longtemps.
00:48On vend des glaces, on vend des fruits, on vend des bières sans alcool.
00:54On vend moins de viande, on vend moins de charcuterie, etc.
00:58Et puis, on vend des ventilateurs.
01:00Voilà, c'est une consommation, au fond, qui s'adapte à ces conditions météo.
01:04On est un secteur qui est moins touché que d'autres.
01:07Mais par contre, évidemment, on voit des variations
01:10à l'intérieur des catégories qui sont très fortes.
01:11Alexandre Bonpart, on parlera dans un instant de la situation politique budgétaire,
01:16de l'impact que cela peut avoir sur le climat des affaires,
01:18puisque ce matin, chez nos conférences d'Hertel,
01:19vous avez poussé une sorte de coup de gueule.
01:21On y reviendra dans un instant.
01:22Mais d'abord, une question plus générale pour planter le décor.
01:25Vous avez au poste, qui est le vôtre,
01:27une sorte de fonction de baromètre et de thermomètre
01:30de l'état d'esprit des Français.
01:33Qu'est-ce que vous dit ce baromètre et ce thermomètre-là
01:35quant à leur consommation et leur état d'esprit ?
01:38Qu'est-ce que vous constatez dans vos magasins ?
01:40Je dirais que depuis le début de l'année,
01:42on voit des signaux plus positifs de consommation.
01:46Deux illustrations.
01:47Les volumes, qui étaient très baissiers,
01:49sont repartis légèrement à la hausse.
01:52Et la qualité de la consommation s'est améliorée.
01:55Le bio est reparti à la hausse à des années de déprime.
01:59Les fruits et légumes.
02:00Donc on voit.
02:01Et puis des achats plaisir sont repartis.
02:03Qui reviennent.
02:04Alors qu'ils avaient disparu.
02:05Ils avaient complètement disparu.
02:06Ils étaient vraiment baissiers.
02:07et ils sont repartis à la hausse.
02:09C'est des signes un peu positifs
02:11qui sont principalement dus au fait
02:14que l'inflation alimentaire est autour de zéro,
02:17à 1%,
02:19et que le pouvoir d'achat réel des Français
02:21s'est quand même reconstitué à peu près
02:23à plus de 2,5%.
02:24Donc pour les Français,
02:26petit à petit,
02:27il y a un retour à des achats plaisir
02:29et à plus de volume.
02:30Et donc ce que vous dites là va plutôt
02:31à rebours de cette idée
02:34que la situation serait très difficile.
02:37Vous dites non, ça va un peu mieux.
02:38Les volumes sont un peu meilleurs.
02:39La qualité est un peu meilleure.
02:41Mais, évidemment,
02:43on conserve une épargne de précaution folle
02:45dans notre pays.
02:46On est autour de 19%.
02:47C'est 5 points de plus
02:48que la moyenne européenne.
02:50Il y a des comportements de privation.
02:51Il y a un tiers des Français
02:52qui se privent toujours
02:54et qui continuent à se priver.
02:57Et puis il y a de l'inquiétude qui existe.
02:59Mais, pour essayer quand même
03:01de dessiner une tendance
03:03un peu différente
03:04de celle qu'on avait en 2023 et 2024,
03:06j'avais parlé d'ailleurs
03:07sur ce plateau d'un tsunami.
03:08Un tsunami de déconsommation, oui.
03:10On a des premiers signaux,
03:11j'espère qu'ils vont se poursuivre,
03:13qu'ils vont se confirmer,
03:14qu'ils vont s'amplifier
03:14d'une légère reprise
03:16et d'une envie de se faire plaisir
03:18et d'un tout petit peu plus de confiance.
03:20Comme si les Français,
03:21petit à petit,
03:22s'habituaient à ce climat
03:23de crise permanente,
03:25à cette succession de crises
03:27internationales et nationales
03:28et se disaient,
03:29bon, on est finalement
03:30assez résilients,
03:31on a un pouvoir d'achat
03:32qui est un peu meilleur,
03:33on consomme un peu plus.
03:34Et on en parlera dans un instant
03:35de cette instabilité
03:37et des effets
03:37sur la consommation
03:39et sur les Français.
03:40Mais juste avant,
03:40sur l'inflation,
03:41vous disiez effectivement
03:42inflation alimentaire très basse,
03:43entre 0 et 1.
03:45La façon dont ça va évoluer
03:46dans les semaines,
03:48dans les mois à venir,
03:49Michel Leclerc,
03:51il avait cette expression,
03:52il avait dit,
03:52moi je vais aller casser la gueule
03:53à l'inflation.
03:55Est-ce que dans les semaines
03:56et dans les mois à venir,
03:57vous pouvez rassurer
03:57ceux qui nous regardent ce soir
03:58et qui gardent le traumatisme
04:00de cette hyperinflation
04:02d'il y a deux ans ?
04:04Est-ce que là,
04:04dans les semaines
04:05et dans les mois à venir,
04:06ça devrait aller ?
04:06Oui, je le crois.
04:08Je le crois parce qu'au fond,
04:09les uns et les autres,
04:10on a une compétition entre nous
04:12qui est forte
04:12pour le prix le plus bas,
04:14on lutte pour obtenir ces prix.
04:16Nous, on a fait une baisse
04:18depuis 18 mois
04:19de 6 000 produits
04:20qui ont baissé de plus de 10 %.
04:21Les pâtes ont baissé
04:22de plus de 10 %.
04:23Les yaourts ont baissé
04:24de plus de 10 %.
04:24Les huiles d'olive ont baissé
04:25de plus de 10 %.
04:26Donc, on a 6 000 produits
04:27qui ont baissé de plus de 10 %.
04:28Donc, c'est un combat
04:29qu'on mène collectivement
04:30chez Carrefour,
04:31de manière très forte,
04:32nos concurrents aussi.
04:34Parfois un peu plus que vous.
04:35Parfois, Leclerc le fait plus,
04:37parfois on le fait plus.
04:38Là, depuis 18 mois,
04:38c'est nous qui avons le plus baissé.
04:40Globalement, je crois
04:41qu'on peut être confiant
04:41sur le fait que les prix
04:43sont stabilisés.
04:45Il faut toujours
04:45beaucoup de prudence
04:46parce que les événements
04:47géopolitiques récents
04:47nous ont montré
04:48qu'on ne savait quand même
04:49pas tout prévoir.
04:50Mais, globalement,
04:51les consommateurs français
04:52peuvent se dire
04:53j'ai devant moi
04:54un environnement
04:56d'inflation,
04:57d'augmentation des prix
04:58très limité,
05:00ce qui permet petit à petit
05:01de faire oublier
05:02l'énorme traumatisme
05:03des deux années
05:04d'hyperinflation.
05:05Ça, c'est effectivement
05:06important pour les Français.
05:08leur état d'esprit.
05:10Moi, j'ai écouté attentivement
05:11ce que vous disiez
05:11ce matin sur RTL
05:12et je vous ai senti
05:14assez virulent
05:14sur l'impact
05:17que peut avoir
05:18la parole publique
05:19sur leur état d'esprit.
05:20Vous avez dit
05:20il y en a marre
05:21de ces ballons d'essai
05:22sur le budget.
05:23Il y en a marre,
05:24je vous ai bien écouté,
05:25de ce concours
05:26l'épine fiscale.
05:28Donc, au fond,
05:29si les Français
05:29sont anxieux,
05:31attentistes,
05:32c'est de la faute
05:32des politiques.
05:33C'est ça, Alexandre Bompard ?
05:34Je vais vous donner
05:34un chiffre qui l'illustre
05:35au-delà de mon coup
05:37de gueule éventuelle.
05:38On est dans plein
05:39pays européens, nous.
05:40On est le groupe
05:41de la distribution
05:41le plus mondial.
05:43Dans les autres pays européens,
05:44la consommation,
05:45elle est repartie
05:46beaucoup plus fortement.
05:47Or, dans les autres pays européens,
05:49est-ce qu'ils ont vécu
05:50le Covid ?
05:50Oui.
05:51Est-ce qu'ils ont vécu
05:52l'hyperinflation ?
05:52Oui.
05:53Est-ce qu'ils ont vécu
05:54la crise en Ukraine ?
05:54Oui.
05:55Est-ce qu'ils ont vécu
05:55l'arrivée de Trump
05:56et l'imprévisibilité ?
05:57Oui.
05:57Donc, la seule différence,
05:59il n'y en a qu'une.
06:00Ils ont vécu
06:01les mêmes crises,
06:02mais ils n'ont pas
06:03un climat politique
06:03aussi anxiogène.
06:05Nous, ça fait exactement
06:06un an, je crois que dimanche,
06:06ça sera le deuxième tour,
06:07l'anniversaire du deuxième tour
06:08des législatives.
06:10Ça fait un an
06:11qu'on parle.
06:13Incertitude,
06:14nouvelle dissolution,
06:15changement de gouvernement
06:15et surtout,
06:17concours d'idées fiscales
06:19permanentes.
06:19Il n'y a pas un jour
06:20sans qu'il y ait
06:21un membre du gouvernement,
06:23un parlementaire
06:24ou un ancien Premier ministre
06:25qui nous dise
06:26« voilà mes idées
06:27pour augmenter les impôts
06:28en France ».
06:28Il faut comprendre
06:29que pour le consommateur,
06:30il se trouve qu'on les connaît
06:31bien les consommateurs.
06:31Ils sont tous les jours
06:32dans nos magasins
06:32et ils parlent à nos équipes
06:34tous les jours.
06:35Les consommateurs,
06:35quand ils entendent
06:37augmentation d'impôt,
06:37quel que soit l'impôt,
06:39ils entendent
06:40« oh, ce qui arrive »
06:41et ils se disent
06:41« il faut donc que j'épargne ».
06:43Traduction de ça,
06:44on a un taux d'épargne
06:45dans notre pays
06:46qui est 5 points de plus
06:48que le reste de l'Europe,
06:49qui est 15 points de plus
06:50que les États-Unis.
06:51Ça dit le niveau
06:52d'angoisse des Français,
06:54l'angoisse de demain.
06:55Alexandre Bonpard,
06:55elle est nourrie par ça.
06:56J'entends ce que vous dites
06:57et en même temps,
06:58quand on a 40 milliards d'euros
07:00d'économies à faire,
07:01est-ce que c'est tabou
07:02de se dire
07:03qu'à un moment donné,
07:04peut-être,
07:05il faudra faire contribuer
07:06ceux qui peuvent...
07:08Parce que quand on dit
07:09qu'on court l'épine fiscale,
07:10ça veut dire
07:10qu'il ne faut absolument
07:10pas toucher aux impôts.
07:12Si on demande aux Français
07:13de faire des efforts,
07:14pourquoi ne pas demander
07:15aux grandes entreprises,
07:16par exemple à Carrefour,
07:16de se dire
07:17« voilà, Carrefour,
07:18grande entreprise
07:19qui va bien,
07:20qui a fait des efforts
07:21pour accroître sa rentabilité,
07:22elle va contribuer
07:23à l'effort de redressement ? »
07:24C'est un très bon point.
07:25D'abord,
07:26je paye 67% d'impôts
07:27dans ce pays.
07:2867% d'impôts.
07:2967% de ce que je gagne,
07:32je le reverse
07:32en impôts de production,
07:33en impôts sur les bénéfices.
07:34On n'est pas loin
07:35du confiscatoire.
07:36Et puis,
07:36le problème de notre pays,
07:37ce n'est pas le taux d'imposition.
07:39On a 10 points de taux d'imposition
07:40de plus que tous les pays européens.
07:41On paye 56% d'impôts
07:44dans ce pays
07:44par rapport au PIB.
07:45C'est le niveau
07:46de la dépense publique.
07:47Il faut s'attaquer
07:48à la dépense publique.
07:49Il faut définir
07:50une méthode de travail
07:50sur la dépense publique.
07:52Et par ailleurs,
07:53ce ne sont même pas
07:53les mesures fiscales
07:54qui m'angoisse le plus.
07:56C'est le fait
07:56qu'on en parle
07:57toute la journée.
07:57Et que ça change
07:58tous les jours.
07:59Non, mais à la limite,
08:00on aurait un programme
08:01de réforme fiscale
08:03en cours
08:04qui aura été pris
08:05il y a 10 mois
08:06et qui serait appliqué
08:07aujourd'hui.
08:07Je me dirais,
08:08franchement,
08:08c'est des mauvaises mesures.
08:09Il ne faut pas toucher
08:10la fiscalité.
08:10Au moins,
08:10ça serait fait.
08:11Là, c'est tous les jours.
08:12Tiens, je mets un ballon d'essai
08:14dans l'opinion
08:14et je regarde
08:15ce qui se passe.
08:16Mais les Français,
08:17le ballon d'essai,
08:17ils se disent juste
08:18ça va m'arriver,
08:19ça va me tomber dessus.
08:20Et par ailleurs,
08:21le sujet,
08:22c'est la dépense publique.
08:23Et on le sait tous
08:24dans ce pays,
08:24quand une dépense publique
08:25représente 60% du PIB,
08:2710 à 15 points de plus
08:28que la moyenne européenne,
08:29il faut la réformer.
08:30Ce n'est pas facile.
08:31Je viens de ce monde-là.
08:32Je sais combien c'est complexe.
08:33Mais il faut s'y attaquer.
08:35Vous parliez des ballons d'essai.
08:37On a aussi évoqué,
08:38et là, pour le coup,
08:38ça vous concernerait directement
08:40sur les produits
08:40qui sont vendus,
08:41a été évoqué
08:42la possibilité
08:42d'une hausse de la TVA,
08:43ce qu'on appelle
08:43une TVA sociale.
08:45L'idée, au fond,
08:46c'est qu'on augmente
08:47le salaire net
08:47en baissant les cotisations
08:48et on compense
08:49par une augmentation
08:49de la TVA.
08:51Et d'ailleurs,
08:51si vous parlez comparaison
08:52par rapport aux autres pays européens,
08:53il s'avère que le taux moyen
08:54en France de la TVA
08:55est plutôt inférieur
08:56à la moyenne de nos voisins.
08:58C'est une bonne idée ou pas ça ?
08:59Je pense que c'est une très mauvaise idée
09:00pour deux raisons.
09:01D'abord, parce que la TVA,
09:02c'est un impôt injuste.
09:03On paye tous la même chose.
09:04Quels que soient les revenus,
09:05on paye la même TVA ?
09:07Deuxièmement,
09:07parce qu'il faut arrêter
09:09d'emmerder les Français
09:10avec les impôts.
09:11Vous êtes pompidoliens.
09:12Oui, je suis pompidolien.
09:12J'ai toujours été pompidolien.
09:13Il faut arrêter
09:14d'emmerder les Français
09:15avec les impôts.
09:16Vraiment, c'est une mauvaise idée.
09:17Et puis, la réalité,
09:19c'est qu'à la limite,
09:20si on était certain
09:21que ça baisse le coût du travail
09:22et que 100% de la baisse
09:24soit affectée
09:24à la baisse du coût du travail,
09:25mais ce n'est pas ça
09:26qu'on va faire.
09:27Si jamais un jour
09:28on faisait ça,
09:28on augmenterait la TVA,
09:31donc on le ferait
09:31payer aux consommateurs,
09:32donc on gripperait
09:33encore plus le moteur
09:34de la consommation
09:35et on ne toucherait pas
09:36au coût du travail
09:37parce qu'on a un problème
09:37de déficit public.
09:38Donc, je suis absolument
09:40défavorable à toucher la TVA.
09:42Je crois qu'il ne faut pas
09:42s'y amuser.
09:43Les dernières fois
09:44où on s'est amusé
09:44sur ces sujets,
09:46ça a donné bonnet rouge,
09:47ça a donné gilet jaune.
09:48Il faut arrêter
09:48avec ces sujets.
09:49Et je vous le dis
09:50parce que tous les jours
09:53on l'entend dans nos magasins.
09:55Tous les jours,
09:55on reçoit des dizaines
09:56de millions de clients
09:56et c'est ça qu'ils nous disent.
09:57Alexandre Maupar,
09:58en plus d'être PDG de Carrefour,
09:59vous êtes aussi patron
09:59de la Fédération du commerce
10:00et de la distribution.
10:01Tout à l'heure,
10:01on a appris que les enseignes
10:03Princesse Tam Tam
10:04et Comptoir des Cotoniers
10:04étaient placées
10:05en redressement judiciaire.
10:06La faute à qui ?
10:07La faute à Chine,
10:09à Tému,
10:10à une mauvaise gestion ?
10:11D'abord, vous avez raison,
10:12il y a une multitude d'enseignes
10:15qui ont disparu
10:15ou qui sont en voie
10:16de disparition
10:17depuis 18 mois.
10:1850 000 emplois
10:19ont été supprimés.
10:20Je me disais tout à l'heure,
10:22imaginons dans le monde
10:23industriel
10:23le séisme
10:25que ça provoquerait.
10:2750 000 emplois
10:28ont été supprimés
10:29suite à la disparition
10:29de belles enseignes,
10:31de belles maisons
10:31qui font partie
10:32de notre paysage,
10:33qui font partie aussi
10:34de l'aménagement
10:35des centres commerciaux
10:35et de l'aménagement
10:36du territoire.
10:37C'est vraiment dramatique.
10:38À quoi c'est dû ?
10:39Consommation est basse,
10:40évidemment,
10:40il n'y a pas de consommation,
10:41concurrence très forte.
10:42Et puis,
10:43depuis 24 mois,
10:44le déferlement
10:45sur la France
10:46des 200 millions
10:48de colis
10:49qui arrivent en France
10:49chaque année
10:50venant de Chine et Tému.
10:51Ça va à une vitesse
10:52incroyable.
10:55Et ce sont des produits
10:56qui ne respectent rien,
10:59aucune réglementation européenne,
11:01à des prix
11:01qui sont complètement fous,
11:03la facture écologique
11:04est folle
11:05et la réalité,
11:07c'est qu'on ne fait
11:07pas grand-chose
11:09pour l'empêcher,
11:09voire rien.
11:10Si on continue
11:1125, 26, 27,
11:13c'est l'ensemble
11:13du secteur du commerce
11:14et de la distribution
11:15qui sera sinistrée.
11:16Oui, mais c'est là
11:16où vous êtes paradoxal,
11:17Alexandre Bompard,
11:18parce que là encore,
11:19je vous ai entendu,
11:19vous dites,
11:20pourquoi pas taxer
11:21à 100 %,
11:22on fait Donald Trump ?
11:24Donc vous dites,
11:25pendant toute la première partie
11:26de cet entretien,
11:27Carrefour,
11:27on se bat pour les prix bas,
11:28il faut que les consommateurs
11:29aient confiance,
11:30il ne faut pas les taper.
11:31Et là,
11:32Chine et Tému,
11:33vous avez raison,
11:33de soulever les questions
11:34que posent ces entreprises,
11:37mais à un moment donné,
11:37il y a une demande,
11:38il y a aussi des Français
11:38qui ont eu du mal
11:39ces dernières années
11:40à acheter des vêtements
11:41et qui là,
11:42se disent,
11:42c'est pour nous l'occasion
11:43de le faire.
11:44Donc en fait,
11:44quand ça vous concerne,
11:45vous voulez des prix bas,
11:46mais par contre,
11:46quand ça concerne vos concurrents,
11:47vous dites,
11:47il faut les taxer.
11:48D'abord,
11:48je ne suis pas du tout...
11:49En fait,
11:49la taxe,
11:50vous ne la voulez pas,
11:50sauf quand ça concerne
11:51Chine et Tému.
11:52D'abord,
11:52je ne suis pas paradoxal,
11:52moi j'adore le sport,
11:53j'adore concourir à règles légales.
11:55Quand je suis face à Chine et Tému,
11:58je n'ai aucune règle légale.
11:59Il ne respecte rien.
12:01Toutes les règles
12:01qu'on m'impose
12:02tout au long de l'année
12:03et que je respecte,
12:04on ne leur impose pas.
12:05Donc c'est une compétition,
12:06c'est comme si vous faisiez
12:06un 100 m avec Carl Lewis
12:07et vous partez avec 50 kg sur le dos,
12:09vous avez assez peu de chances
12:10de gagner.
12:10Et puis la réalité,
12:11c'est que le prix bas
12:12pour lequel je me bats
12:13tout au long de l'année,
12:14il ne peut pas être
12:15à n'importe quel prix.
12:16On ne peut pas se dire
12:17je fais disparaître
12:18les fabricants de jouets,
12:20je fais disparaître
12:21l'industrie de textile,
12:22je casse le petit commerce,
12:24je casse l'industrie spécialisée,
12:25la facture écologique est dingue
12:27et je mets en danger les enfants
12:28parce qu'il n'y a aucune norme
12:29réglementaire qui est respectée.
12:30Il y a une limite au prix bas.
12:32Le prix bas,
12:32je me bats tous les jours de l'année,
12:33mes camarades aussi,
12:34mais il y a une limite.
12:36Le prix bas,
12:36à n'importe quel coût,
12:37n'importe quel prix,
12:38ce n'est pas possible.
12:39Un tout dernier mot avec vous
12:40Alexandre Bompard
12:41pour parler un petit peu politique.
12:42Alors, je ne vais pas vous refaire
12:43dire du mal de Michel Leclerc
12:44puisque ses oreilles ont sifflé
12:47à plusieurs reprises.
12:47Mais pas du tout,
12:48il le sait.
12:49Non, mais il faut.
12:50Professionnel de la politique,
12:52moi, je...
12:52Est-ce que ce n'est pas
12:53un peu étroit d'esprit ça
12:54de se dire que seuls
12:55les professionnels de la politique
12:56peuvent concourir
12:56à l'élection présidentielle ?
12:57Non, je ne crois pas
12:58que ce soit étroit d'esprit.
12:59Ce que je disais,
13:00c'est que je ne croyais pas
13:06devenir président de la République.
13:08Donc, ça veut dire quoi ?
13:08C'est le cursus honorum
13:10de 30 ans d'élection,
13:12procédé général,
13:13maire, député ?
13:14Non, je crois qu'il faut réunir
13:14un certain nombre de conditions.
13:16Il faut avoir un bout
13:17de légitimité démocratique.
13:19Il faut avoir un pays,
13:20une vision d'ensemble des sujets.
13:22Il faut connaître un peu
13:22les sujets régaliens.
13:23Si vous connaissez un peu l'État,
13:25ce n'est pas plus mal.
13:26Il y a un certain nombre
13:26de choses qu'il faut connaître.
13:27C'est dur, cette fonction-là.
13:28Elle est difficile.
13:30Et quand vous regardez
13:31ce qu'il faut comme conditions
13:32pour y arriver,
13:33je me dis que même si vous gérez
13:35bien votre entreprise,
13:36même si vous connaissez bien
13:37le pouvoir d'achat des clients,
13:39même si vous êtes au contact
13:39tous les jours,
13:40vous ne réunissez pas
13:41du jour au lendemain
13:42toutes ces conditions-là.
13:43Bien donc, Michel Leclerc
13:44restera patron des magasins Leclerc.
13:46Merci Alexandre Bompard
13:47d'être venu nous voir ce soir
13:48dans Tout le monde veut savoir.
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations