00:00— Je veux juste préciser que ce livre n'est pas tiré de mon expérience à Batignan.
00:04Ça fait plusieurs années que j'ai écrit ce livre. Je l'avais terminé avant d'être Premier ministre, avant de savoir que je...
00:09— On y viendra. — Voilà. — Non, mais je précise juste ce point pour savoir qu'il ne s'agit pas seulement de Batignan.
00:13— On va regarder les bonnes feuilles avec vous, François Gapillan.
00:16— Bonsoir. Bonsoir à tous. Puisque vous venez d'évoquer les grands dossiers internationaux du moment,
00:20j'ai repéré notamment cet extrait de votre livre Michel Barnier au sujet d'un entretien surprise avec George W. Bush en avril 2005.
00:26Vous êtes alors ministre des Affaires étrangères. Pendant cet échange, vous parlez notamment du conflit israélo-palestinien.
00:32Vous écrivez ceci.
00:33« Je dis franchement à George W. Bush ma conviction. Seul un nouvel engagement des États-Unis et de l'Union européenne
00:39en bonne coordination avec les États de la région permettrait de redonner une espérance pour la paix.
00:45Faute de quoi, ce conflit restera, écrivez-vous encore, la source des plus grandes tensions dans la région,
00:50tout comme dans nos propres pays. Et la sécurité d'Israël sera toujours très fragile. »
00:56Fin de citation. Ça, c'est dit avant. Avant Trump, notamment.
00:59Et justement, puisqu'il est celui dont le monde entier parle ces derniers jours,
01:03cette anecdote le concernant dans votre livre.
01:06La scène se passe à l'Élysée le 7 décembre dernier, juste après la réouverture de Notre-Dame de Paris,
01:11à laquelle a assisté également le président des États-Unis.
01:13Nous sommes aussi trois jours après la motion de censure qui vous a fait tomber.
01:17Et alors que vous émettez devant Trump des doutes sur votre avenir politique,
01:20vous qui avez alors 73 ans. Trump réponse ceci.
01:23« Cela n'empêche rien. Moi, j'en ai 78. Et puis vous êtes grand, vous êtes solide.
01:29Vous vous tenez droit. Il faut continuer. »
01:31Fin de citation. On verra si vous appliquez cet encouragement ou pas.
01:35En tout cas, sur votre bref passage à Matignon, Michel Barnier,
01:38où vous faites état dans votre livre de ce que vous découvrez en prenant vos fonctions.
01:43Aussitôt nommé, je rencontre les présidents de groupes de ce socle dit commun.
01:48Bien peu me parlent de la France et des Français.
01:51Tous, poursuivez-vous, avant tout concentrés sur la formation du gouvernement,
01:55les places qu'il faut obtenir, certains plus encore par leur propre sort.
01:59Deux d'entre eux oseront même poser des conditions pour participer au gouvernement.
02:03Vous avez l'élégance quand même de ne pas nommer ces gens,
02:06en l'occurrence Édouard Philippe, Gabriel Attal ou encore Laurent Wauquiez.
02:09Quant à votre successeur, Michel Barnier, vous le pensez piégé par le chantage de la gauche.
02:13Vous écrivez ceci.
02:14François Bayrou paiera évidemment le prix fort pour cette promesse de non-censure.
02:18Et au bout du compte, les Français continueront de payer de leur poche
02:22une dette que plus personne ne cherche à maîtriser.
02:24Fin de citation.
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