00:027h18 sur RTL, l'édito d'RTL Matin avec vous, Étienne Gernell, et on va parler ce matin de Raphaël Glucksmann.
00:09Il se vit comme l'espoir d'une partie de la gauche, petite révélation, il faut bien le dire, des Européennes l'an dernier.
00:15Et visiblement, il se voit aller beaucoup plus loin, peut-être même jusqu'à l'Elysée.
00:19Oui, il y a un grand test qui commence pour Raphaël Glucksmann.
00:22Il présente aujourd'hui à Paris ce qu'il appelle sa vision pour la France.
00:25En clair, un début de programme pour une gauche pro-européenne, laïque, en miroir inversé, si vous voulez, de celle de Jean-Luc Mélenchon.
00:32Et oui, pour l'instant, les sondages sont plutôt bons pour lui, pour ce qui va aussi loin de l'échéance.
00:38Mais il est le seul à devancer parfois Jean-Luc Mélenchon à gauche.
00:42Sauf qu'il va devoir convaincre qu'il a assez de détermination, certains qui sont un peu méchants diront assez de cran, pour aller jusqu'au bout.
00:49Pourquoi est-ce que vous dites ça ? Vous en doutez ?
00:51Mais souvenez-vous, il y a un an, le 9 juin 2024.
00:54Il obtient presque 14% des voix aux élections européennes, 3,5 millions de voix à la tête de la liste commune Place Publique, ce qui est son mouvement, et Parti Socialiste.
01:07La liste LFI, elle, est à moins de 10%.
01:09Les écologistes sont environ à 5,5%.
01:12Bref, à gauche, c'est lui le patron.
01:15Sauf que l'heure de gloire de Raphaël Glucksmann n'a duré, effectivement, qu'une heure, entre l'annonce des résultats, le 9 juin à 20h, et le 9 juin à 21h, lorsqu'Emmanuel Macron a annoncé la dissolution.
01:28Et là, patatras, Raphaël Glucksmann disparaît, il s'efface.
01:31Normalement, il aurait dû appeler ses homologues à gauche et dire, c'est moi le patron, c'est moi qui organise, réunion, ce soir, chez moi.
01:38Sauf que ce n'est pas comme ça que ça s'est passé.
01:40Le NFP s'est organisé sans lui, et c'est plutôt Jean-Luc Mélenchon qui en a été l'architecte.
01:46Il était le leader à gauche, Raphaël Glucksmann, et il a été culbuté par le deuxième LFI, qui est de surcroît son adversaire, son rival idéologique.
01:55Bref, c'est un désastre.
01:56Mais quel a été le problème ? Il a été trop tendre, naïf ?
02:00Peut-être. Alors, vous savez, Raphaël Glucksmann, il est encore novice en politique française.
02:04C'est d'abord un essayiste, réalisateur, un intellectuel engagé, dans des causes plutôt lucides et clairvoyantes, d'ailleurs.
02:10Que ce soit sur le génocide des Tutsis au Rwanda, la lutte des Géorgiens et des Ukrainiens contre la Russie de Vladimir Poutine,
02:17la cause des Ouïghours. En général, il voit juste sur les questions de politique étrangère, mais en politique nationale.
02:23Son engagement ne date que de 2018, et peut-être qu'il n'est pas encore tout à fait assez madré.
02:27Alors, il y a à peine deux ans, j'ai retrouvé cette phrase à propos de son mouvement Place Publique et de lui-même.
02:33Je le cite, on nous prend pour des bisounours alors qu'on est des pirates.
02:38Fermez la citation.
02:39Pour l'instant, le côté pirate n'est pas tout à fait évident.
02:42Il n'est pas trop tard.
02:43On verra s'il sort le drapeau noir tout à l'heure qu'est de GEMAP.
02:46Merci beaucoup à vous, Tienne Jernel. J'avais vous appelé Olivier Deverdi, Tienne Jernel, directeur du Point.
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