00:00Il est 6h47, Martialiou, 42 vêtements neufs dans l'année.
00:05Voilà ce que nous avons acheté l'an dernier selon une enquête, l'enquête de Refashion,
00:09l'organisme qui fait la promotion de la seconde main et des vêtements d'occasion.
00:1342 vêtements neufs dans l'année, c'est beaucoup quand même ?
00:15Ah oui, c'est beaucoup, c'est même une aberration économique, sociale, écologique.
00:19Puisqu'on parle de prêt-à-porter, il va falloir se regarder dans le miroir,
00:22parce qu'on ne peut pas pleurer sur la disparition des camailleux,
00:26Pimki, Samarina ou Kukaï et continuer à acheter autant de vêtements neufs
00:30dont on n'a pas forcément besoin.
00:32Mais pourquoi ? Parce que ce sont des vêtements de mauvaise qualité, c'est ce que vous dites ?
00:352,9 milliards d'habits, 259 millions de paires de chaussures,
00:41ça en fait 4 par français, 362 millions de draps et de serviettes.
00:47La moyenne des prix de tous ces produits était de 15,60 euros l'unité.
00:51Donc on est clairement sur de l'entrée de gamme, on en a vendu 10 millions par jour,
00:55j'ai fait le calcul, ça fait 115 vêtements neufs par seconde.
00:59C'est le poids des plateformes comme les Chinois, Chine, Temu ou AliExpress ?
01:02Alors oui, bien sûr, ces sites sont très efficaces,
01:05ils sollicitent en permanence leurs clients pour les pousser à consommer
01:08et on sait que certains sites se moquent totalement de l'environnement,
01:12vendent des contrefaçons, oublient le droit du travail.
01:15Entre 2023 et 2024, Chine a vu ses ventes progresser de 58% en France
01:21et Temu de 178%.
01:24Alors, bien sûr qu'il y a un phénomène ultra fast fashion,
01:28mais il faut aussi qu'on fasse notre mea culpa à nous en tant que consommateurs.
01:32Parce qu'on n'a pas besoin de tous ces vêtements ?
01:34Et parce qu'on va ensuite pleurer sur la mort des petites boutiques
01:37de prêt-à-porter dans les rues commerçantes de nos villes.
01:39Mais bon sang, le e-commerce capte déjà plus d'un achat de vêtements sur cinq.
01:43On pousse la porte d'un magasin au moment des soldes.
01:46Et quand on fait des études sur nos dressings, comme Movinga,
01:51on s'aperçoit que deux vêtements sur trois restent sur le cintre.
01:55Nous sommes les premiers responsables, pas les Chinois.
01:57On est attiré par les petits prix quand même.
01:59Oui, mais c'est un piège pour le pouvoir d'achat des classes moyennes,
02:02parce que les prix sont bas, oui, mais on multiplie les achats avec ces plateformes.
02:06Les marques de vêtements ont aussi leur responsabilité,
02:08d'ailleurs dans la chute de certaines de leurs enseignes.
02:11Comment ça ?
02:11Les marques ont aussi fait la course finalement aux petits prix
02:15en allant faire fabriquer leurs collections dans les pays à faible coût de main d'œuvre.
02:19Souvenez-vous de l'immeuble Rana Plaza au Bangladesh
02:21qui abritait des ateliers de confection
02:23et qui s'est effondré sur les travailleurs.
02:261135 morts.
02:27On a retrouvé des étiquettes dans les décombres de marques
02:30Camailleux, CEA, Benetton, Tex, Auchan.
02:34On a voulu faire baisser les prix et augmenter les marges.
02:37Eh bien, on a créé un drame social.
02:38Et beaucoup de licenciements et de faillites.
02:39Ici, évidemment, puisqu'on fabriquait la mode à petit prix.
02:42Mais quand on ajoutait le coût du loyer de la boutique,
02:45le salaire des vendeurs, on restait plus cher que les Chinois.
02:48En 2023, le secteur a perdu 4000 emplois en France.
02:51On a délocalisé pour améliorer les marges et faire baisser les prix.
02:55Eh bien, aujourd'hui, la production made in France dans l'habillement,
02:57c'est 3,3% de ce qu'on achète.
03:00Le reste vient de l'étranger.
03:01Les consommateurs et les commerçants ont détricoté la mode française,
03:05pas les Chinois.
03:05Merci beaucoup, Marcy.
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