00:00Tiens d'abord, toi aussi, petite carte postale, quelle heure à Miami ? Qu'est-ce que tu vois autour de toi ?
00:06Alors 15h04 et je vois surtout des palmiers, il n'y a peu près que ça aujourd'hui.
00:11Le Real, eux ils sont à Palm Beach, c'est au nord de Miami et ils ont leur propre centre d'entraînement
00:19qui est fermé au public où ils peuvent s'entraîner sur des très très beaux terrains.
00:23On y était à midi, grand soleil tout le temps, 32 degrés, ça tape très très fort.
00:28Donc forcément, pour les organismes, ce n'est pas facile, surtout quand tu joues les matchs à 15h locales.
00:33Puisque demain, par exemple, face à Alilal, ce sera 21h à Française, 15h locales, 31 degrés annoncés.
00:39Et donc notamment sur ce pressing dont on va parler et qu'aimerais mettre en place Xabi Alonso a priori,
00:44est-ce que tout le monde va être métamorphosé sous 31 degrés ?
00:49Ce n'est pas forcément garanti, c'est aussi un facteur à prendre en compte pour ces premiers matchs ici aux Etats-Unis.
00:53Bon, tu vois des palmiers, mais il y a quelqu'un que tu n'as pas vu aujourd'hui à l'entraînement, c'est Kylian Mbappé, il est malade.
00:57Oui, il s'est entraîné hier et ce qu'on nous a expliqué au club, c'est qu'il est rentré à l'hôtel ensuite,
01:04qu'il avait de la fièvre, qu'il avait du mal même à manger, donc il est un petit peu malade, incertain pour demain.
01:08Il ne s'est pas entraîné, affaire à suivre, évidemment, rien de grave a priori,
01:12mais petite maladie qui pourrait l'empêcher de ce premier match.
01:15Et c'est quand même dommage parce que j'ai envie de dire que ce Real Madrid à Alilal,
01:18c'est pour moi, en tout cas, sur cette phase de groupe, l'un des matchs les plus intéressants
01:22de cette coupe du monde des clubs parce qu'à Alilal, tu as des joueurs déjà joués en Europe, tu vois.
01:27Et donc, tu as envie de voir leur niveau, non ? Tu n'es pas d'accord ?
01:30Oui, sur le Real Alilal, non, là comme ça…
01:34C'est mieux que le Real Madrid, Pachuca et Salzbourg, quoi.
01:37J'ai 54 matchs plus intéressants de premier tour.
01:38Attends, tu n'es pas épuis par le duel tactique Xabi Alonso-Simone Inzaghi ?
01:42Ah si, alors tiens, justement, le duel tactique, raconte-nous la méthode Xabi Alonso
01:46parce qu'il est en train de se dire en Espagne, Edgar, du coup aux Etats-Unis,
01:52que c'est un peu le maître d'école qui débarque.
01:56Coup de pression, à Madrid, tout le monde va devoir courir.
02:01Exactement.
02:01Le message qui est passé, en tout cas, via la presse espagnole,
02:04et tu en as parlé en introduction, c'est tu ne cours pas, tu ne joues pas.
02:09Et en tout cas, ce que je peux vous dire, c'est que l'intensité à l'entraînement
02:13est vraiment visible, elle se ressent, même pour vous donner un exemple,
02:17même si c'est seulement symbolique,
02:18mais les cinq premières minutes d'entraînement sous Carlo Ancelotti,
02:23c'était même les dix premières minutes, c'était un petit taureau à deux à l'heure,
02:26deux tensions, très honnêtement, avec tout le monde qui rigolait,
02:29il n'y avait pas beaucoup d'intensité, c'était pour se mettre en jambe tranquillement,
02:32mais il n'y avait aucune intensité.
02:34Là, avec Xabi Alonso, on commence tout de suite avec des passes en une touche,
02:38des courses, pour se mettre justement dans le jus physiquement,
02:41dans le bon tempo physiquement, pour être dedans,
02:44avec tous les membres du staff, les nouveaux membres de son staff
02:47qui donnent des indications tout de suite.
02:49C'est symbolique, évidemment, parce que ça ne représente pas
02:51tout l'entraînement ensuite, et évidemment,
02:53il y avait de l'intensité aussi sous Carlo Ancelotti,
02:55mais on voit des choses qu'on ne voyait pas avant,
02:57et Xabi Alonso aussi, dans les entraînements,
02:59à la manière d'un Zinedine Zidane qu'il faisait au Real Madrid,
03:02il participe parfois aux exercices, avec les joueurs,
03:05c'est-à-dire, il va, par exemple, faire l'une-deux avec son joueur
03:09et lui donner des indications.
03:10Donc on est vraiment sur un style d'entraînement complètement différent,
03:13des idées qui sont marquées, très claires,
03:16et les joueurs le remarquent,
03:18les joueurs en remarquent que Xabi Alonso est arrivé avec son staff,
03:21avec ses idées, avec cette envie de courir un petit peu plus,
03:24cette idée de faire plus de pressing aussi collectif,
03:27et ça va être très intéressant de voir s'ils arrivent à tout de suite mettre ça en place,
03:31parce qu'en tout cas, à l'entraînement, il y a un vrai changement par rapport à la saison dernière.
03:35Est-ce que Xabi Alonso a raison de vouloir, je veux dire, bousculer,
03:39en tout cas essayer de changer la mentalité notamment de ses attaquants ?
03:42Vous nous appelez au 32-16 pour venir en débattre.
03:45Jen ?
03:46Oui, je pense qu'il a raison.
03:48De toute façon, c'est pour ça qu'on a changé d'entraîneur au Real,
03:51c'est pour avoir de nouvelles méthodes et de nouvelles exigences.
03:54C'est déjà ce qu'il faisait à Leverkusen.
03:57Je ne suis pas surprise qu'il essaye immédiatement,
04:01après son arrivée, d'imposer ses idées nouvelles.
04:05Maintenant, comment ça va être reçu sur le moyen long terme, c'est autre chose.
04:11Mais si c'était pour faire du Carlo Ancelotti-Bis,
04:14ça n'avait aucun intérêt de changer d'entraîneur.
04:16Oui, mais Leverkusen n'est pas le Réal.
04:19C'est la recette qui a fonctionné à Leverkusen.
04:21Peut-être, mais on ne peut pas l'empêcher d'essayer.
04:24Le but, quand tu changes de coach,
04:28et le but de le faire venir lui précisément,
04:30c'est quand tu recrutes un coach,
04:31tu le recrutes d'abord pour ses idées
04:33et pour ce qu'il a réussi à mettre en place avant.
04:35Alors oui, avec des effectifs différents,
04:37avec des budgets différents et des objectifs différents.
04:39Mais tout le monde, chaque entraîneur a sa marque de fabrique.
04:45Et Xabi Alonso, c'est celle-là.
04:48Ensuite, est-ce que les joueurs vont bien l'assimiler ?
04:51Comment vont-ils le faire ?
04:52Est-ce qu'il va y avoir des petites résistances ?
04:55C'est évident.
04:56Mais en tout cas, c'est totalement normal
04:58que lui ait ses idées très claires
05:01et qu'ils le disent dès le début de saison
05:04et dès son arrivée, en fait.
05:07Elton, tu es d'accord avec Jen,
05:08donc avec Xabi Alonso ?
05:10Non, moi franchement, je me méfie.
05:11Parce que c'est comme dans une rentrée de classe.
05:15C'est-à-dire, je vois un nouveau professeur.
05:16Évidemment, tu es très attentif au mois de septembre.
05:19Mais est-ce qu'au mois de décembre, tu es encore attentif ?
05:21Parce que dans le cas de Xabi Alonso,
05:23ce qui va déterminer la bonne marche de ce qu'il veut faire,
05:26ce sont les résultats.
05:27Pas plus, pas moins.
05:28Et moi, je dis attention pour Xabi Alonso
05:30à ne pas être l'anti-Karlancelotti.
05:34Parce que du côté de Karlancelotti,
05:35on dit, en gros, c'était beaucoup plus coulant.
05:38Il y avait beaucoup plus de laissé-aller.
05:40Mais je n'oublie pas qu'avec cette méthode,
05:42Karlancelotti, il y a seulement moins d'un an,
05:44France Football lui a discerné le titre
05:45de meilleur entraîneur au monde.
05:47Donc, à un moment donné,
05:49on met en avant le fait que Karlancelotti,
05:51c'était un entraîneur,
05:52c'était le bon père de famille.
05:54Le manager, quoi.
05:55Exactement.
05:55Qui responsabilisait ses joueurs.
05:58On a vu une interview de Karlancelotti
05:59qui a expliqué sa méthode gagnante.
06:02C'était au mois d'octobre dernier.
06:03Et cette méthode, maintenant,
06:04elle est désuète parce qu'il y a Xabi Alonso.
06:06Mais personne ne t'a dit qu'elle était désuète.
06:08Le but, ce n'est pas de critiquer Karlancelotti.
06:10On sait l'entraîneur qu'il est
06:12et on sait ce qu'il a gagné.
06:13Le but n'est pas là.
06:15Le but, c'est de dire
06:15est-ce que quand Xabi Alonso arrive,
06:18il a raison de mettre en place
06:20sa philosophie de jeu et d'entraînement.
06:23Tu ne peux pas dire...
06:24Après, pour être un peu plus précis,
06:26c'est plus que sa philosophie,
06:28c'est le message qui fait passer.
06:30Edgar, tu me dis si je me trompe,
06:32mais le message qui est fait passer,
06:35notamment dans la presse espagnole,
06:36c'est coup de pression.
06:39Les attaquants, il va falloir courir,
06:40il va falloir défendre,
06:41sinon vous serez sur le banc.
06:42Il y a un petit côté crise d'autorité, non ?
06:45Ce n'est pas une crise d'autorité,
06:47c'est une affirmation de soi.
06:51Il vient d'arriver,
06:52donc il n'y a pas encore de crise d'autorité
06:54et il n'y a pas encore à taper du point sur la table
06:57puisqu'il n'y a pas encore eu de problème.
07:01Mais je pense qu'il fait ça dès le départ,
07:04justement, pour montrer à tout le monde
07:06que c'est comme ça que ça va se passer
07:09et ça va être différent.
07:10C'est une théorie qui revient très souvent.
07:13La terre est plate ?
07:14Non, ça sert aussi, accessoirement.
07:17Que ce soit au Barça et que ce soit au Réal,
07:19dès que tu as une saison
07:20où tu ne gagnes pas des trophées majeurs,
07:22il y a toujours cette théorie,
07:23ils font un sergent comme entraîneur.
07:24C'est-à-dire, l'année dernière,
07:26quand Xavi a été viré...
07:27Partout, rappele-toi les pires années du PSG.
07:30Exactement.
07:31Xavi a été viré,
07:32on a dit qu'il y avait trop de laissé aller,
07:34il fallait un entraîneur qui soit rigoureux,
07:35c'est pour ça qu'Antifique est arrivé.
07:37Ils ont gagné de la même manière
07:38car l'Ancelotti a été viré,
07:40il faut un entraîneur rigoureux.
07:41L'histoire, notamment des dernières années
07:43pour un entraîneur du Réal,
07:44c'est un entraîneur qui fait des compromis,
07:46qui fait des concessions.
07:47Parce que Karl-Ancelotti,
07:48c'est comme ça qu'il est devenu
07:49l'entraîneur le plus titré
07:50de l'histoire du Réal.
07:51C'est comme ça que Zinedine Zidane,
07:53alors qu'il y avait Benitez
07:54qui venait d'arriver avant lui,
07:56il a réussi à gagner
07:57trois Ligues des Champions,
07:58pas en étant dans la confrontation
07:59avec ses joueurs,
08:01mais en leur disant
08:01« je vais davantage vous accompagner ».
08:03Et c'est comme ça qu'il a remporté
08:04trois Ligues des Champions.
08:05Donc c'est pour ça que moi,
08:06je me méfie très souvent
08:06des déclarations d'intention.
08:08Après,
08:09Xabi Alonso,
08:10il va avoir sa conférence de presse,
08:12on va l'entendre,
08:12j'imagine, sur ça.
08:1332-16,
08:14il va venir en débattre.
08:15Juste,
08:15je te rends la parole,
08:16le gars,
08:16dans un instant.
08:17C'est dans une heure à peu près
08:17sa prise de parole.
08:18Ok.
08:19L'ouverture du score
08:20de River Plate en direct
08:21à la Coupe du Monde des Clubs
08:22face à Urawa,
08:23les Japonais.
08:24Et franchement,
08:25on le sentait venir.
08:26Il y avait déjà eu un poteau,
08:27plusieurs occasions,
08:2813 minutes de jeu.
08:29Et River Plate mène 1 à 0
08:31face à Urawa
08:33dans le match du soir
08:35de la Coupe du Monde des Clubs.
08:37Damien,
08:38est-ce que Xabi Alonso
08:39fait fausse route à ton avis
08:40de mettre en garde
08:41ainsi ces joueurs ?
08:42Moi, j'ai envie d'entendre
08:43l'intonation qu'il a mise
08:44dans ses déclarations déjà.
08:46Parce qu'on peut avoir
08:47des écrits,
08:49on peut avoir...
08:50Mais l'intonation
08:51qui est donnée
08:53va donner aussi du sens
08:55à ses propos.
08:56Donc,
08:57s'il est plutôt calme,
08:58ce sera,
08:59je pense,
09:01plus une forme d'analyse
09:02de ce qu'il aime le foot.
09:04Il a dû regarder
09:05les réactions.