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  • il y a 1 an

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00:00Europe 1 Soir, 19h21, Pierre de Villeneuve.
00:0420h46, quittons l'Iran, quittons Israël, de toute façon la situation bouge tellement vite que demain sera un autre jour comme dirait l'autre.
00:11Et parlons de ce conclave que vient de mentionner effectivement Maël Hassani dans son flash conclave qui a de la peine à se clore,
00:21alors que on sait que c'est une montagne qui va accoucher d'une souris, Gilles Goutin, d'une certaine manière.
00:27Oui, parce qu'il faut rappeler que c'est une manœuvre qu'on qualifierait de politique politicienne.
00:31De com' ?
00:32De com' qui a servi à la fois à François Bayrou pour éviter la censure, faire passer son budget et survivre,
00:40qui a servi au Parti Socialiste d'Olivier Faure à se montrer responsable, à ne pas endosser la responsabilité d'une nouvelle chute de gouvernement.
00:48Et sur le fond, effectivement, ça n'accouchera de rien.
00:51Enfin, à la rigueur, s'ils se mettent d'accord, il y aura quelques améliorations sur la pénibilité, sur la condition des mères de famille.
01:00Ça, c'était les professions du MEDEF d'ailleurs.
01:02Oui, enfin, il n'y a pas que, parce que la pénibilité, c'est le cheval de bataille de la CFDT aussi.
01:06Enfin, les dernières en date, effectivement, c'était ces deux points.
01:10Et en fait, le socle qui était celui de peut-être de bouger l'âge de départ à la fête,
01:15a été tout de suite, immédiatement, enterré par François Bayrou,
01:18qui d'ailleurs, à la première intervention télévisée, lorsque, souvenez-vous, il accède à Matignon,
01:24il est interviewé par je ne sais plus quelle chaîne,
01:26et dans cette interview, il dit, de toute façon, moi j'ouvre, j'ouvre le dossier des retraites.
01:32Donc tout le monde a fait, il est fou.
01:35Et il a dit à la fin, il a dit, mais si on n'arrive pas à trouver une solution,
01:38on reviendra au système d'avant.
01:40Et c'est exactement ce qui est en train de se passer.
01:42Oui, et on reviendra au système d'avant, c'est-à-dire que rien ne bouge,
01:47même s'il y a un accord, tout le monde...
01:48En fait, on en fait quelque chose d'excessif, tout simplement, au niveau isiatique.
01:52On attend d'avoir un accord, mais quel accord ?
01:54Effectivement, il n'y aura pas grand-chose.
01:56Et, en plus de ça, ça n'engagera pas les partis à renouveler leur bienveillance au gouvernement,
02:05puisque, encore une fois, les socialistes, qu'est-ce qui les oblige ?
02:08À ne pas voter la censure lors du prochain budget.
02:13Alexandre Malafaille, il faut que tout change pour que rien ne change.
02:17Il faudrait que beaucoup de choses changent, parce qu'on paye quand même très très cher
02:21la façon dont Emmanuel Macron a conduit la précédente réforme des retraites.
02:25C'est-à-dire, si on avait réussi à avoir un accord qui aurait au moins fait consensus
02:30sur quelques-uns des points qui, aujourd'hui, sont toujours contestés,
02:32on n'en serait plus là.
02:34On serait en train de réformer les retraites, parce que, de toute façon, il faut les réformer en permanence.
02:37Le système étant un bout de souffle depuis 30 ans,
02:39on ne peut pas faire autrement que de reprendre le dossier régulièrement.
02:42C'est ce qu'on fait depuis 30 ans.
02:43Tous les 5 ans, on remet le dossier sur la table, on fait une réforme qui repousse l'échéance d'un peu plus loin.
02:47Le modèle est cuit.
02:48On voit bien, on n'a plus, aujourd'hui, le bon équilibre entre les besoins et les ressources,
02:52ou alors il faut augmenter, ou alors il faut dégrader, augmenter les recettes ou dégrader les prestations.
02:56On ne sait plus faire autrement, donc il faut remettre le modèle à plat.
02:58Et puis vous avez un autre tabou, on l'a dit lors de ces discussions sur le conclave qui intervient et personne n'en parle,
03:08c'est la dose de capitalisation que défend l'ancien ministre épisodique de Michel Barnier et de l'économie, Antoine Armand,
03:18et le député Charles Rodouel, pour ne citer qu'eux.
03:22Alors ça, c'est en effet un des éléments très positifs de ce conclave,
03:26parce que malgré tout, pendant les conclaves, pendant ce type de séquence,
03:29les partenaires sociaux ont un avantage, ils se connaissent bien, ils travaillent, ils discutent.
03:32Ce n'est pas la foire d'emploi de l'Assemblée Nationale, on a affaire à des professionnels, ils connaissent bien leur sujet.
03:37Parce que ceux qui n'étaient pas contents sont sortis du conclave immédiatement.
03:39Oui, parce qu'ils voulaient faire de la politique politicienne, donc quelque part, faire de l'agitation, ça ne servait à rien.
03:44Eux, ils voulaient, ils avaient une position de principe qui était de ne pas négocier, parce que c'est ça ou rien.
03:47Donc ils sont sortis. Les autres connaissent bien leur dossier.
03:49Donc c'est un vrai processus, les syndicats sont beaucoup plus compétents, je dirais, quand ils sont autour de la table,
03:53que la plupart des parlementaires, malheureusement.
03:55Donc ils mènent des négociations, ils ont des équipes autour d'elles,
03:57et en effet, il y a un certain nombre de points techniques qui ont progressé.
04:00Il y a des états d'esprit qui ont bougé, et en effet, ça, ce n'est pas un point négligeable.
04:03Alors même si ça repousse à plus tard l'acquisition de ce type de dispositif, en effet, par capitalisation,
04:08comme on le dit depuis, là encore, si on l'avait fait depuis 30 ans, on aurait nos propres fonds de pension,
04:11et ce ne seraient pas les Américains qui feraient leur marché boursier chez nous,
04:13et on n'aurait pas la moitié du CAC 40 détenu par les Américains aujourd'hui en France.
04:17C'est une autre, enfin, ce n'est pas une autre histoire, c'est une histoire malheureuse.
04:19Mais là, en l'occurrence, on a des lignes qui bougent, donc on est en train de cranter pour préparer la suite.
04:23Mais le contexte politique ne permet pas d'aller beaucoup plus loin.
04:26Vous voulez la passer comment après à l'Assemblée nationale ?
04:28À supposer que les partenaires sociaux arrivent à un accord.
04:31Alors, ils font des petites choses, et ils sont en train de reprendre un peu la main sur la gouvernance qu'on appelle le paritarisme.
04:35Ça aussi, c'est pas mal.
04:36Ils arrivent à s'entendre pour faire un peu plus d'efficacité dans la gestion de ce qui est de leur ressort.
04:41Mais on ne leur laissera pas aller plus loin,
04:43et le contexte politique ne permettra pas, en effet, de passer une réforme à la hauteur de ce nom.
04:47Donc, de toute façon, ça fera, j'allais dire, ça fera pchit.
04:50Sur la capitalisation, il faut rappeler que la CFDT n'est pas tout à fait opposée.
04:54Ça reste un syndicat dit constructif.
04:58Et puis les fonctionnaires en bénéficient, pardon, je veux juste le rappeler.
05:00Oui, oui, absolument, il faut bien le rappeler.
05:02Et FO, en revanche, ou la CGT, elles sont toujours vends debout.
05:07Et il y a un problème avec la capitalisation, c'est que dans la capitalisation, il y a capital.
05:10Et là, il faut trouver un autre...
05:12C'est le radical qui pose problème.
05:15Pour beaucoup de partis et de syndicats.
05:19Donc déjà, si vous voulez réussir à instiller la capitalisation, il faut changer le mot.
05:24C'est-à-dire qu'il faut trouver un nouveau concept et le vendre différemment.
05:27Parce qu'autrement, je suis, pour ma part, extrêmement sceptique sur la capacité du gouvernement,
05:32surtout, comme vous venez de le rappeler, dans une telle instabilité politique,
05:36de faire passer une telle réforme.
05:36Alors, attendons 2027.
05:38Peut-être que ça sera remis sur la table dans les programmes.
05:41Mais comme on le dit d'ailleurs sur à peu près l'ensemble de toutes les grandes questions,
05:44c'est-à-dire que tout le monde dit qu'il va falloir attendre 2027
05:46parce que pour l'instant, on ne peut rien faire.
05:48On aura fiscalé.
05:49Cependant, sur cette idée-là, je pense que les forces d'inertie et surtout d'opposition sont encore beaucoup trop fortes.
05:57Une dernière chose que je voulais dire à propos de cette négociation,
06:05c'est que finalement, tout change pour que rien ne change.
06:10Et au final, on se retrouve quand même avec un gouvernement qui va continuer à tenir.
06:20Et il y a ce spectre de l'éventuelle, non pas censure, mais dissolution qui est encore là.
06:29On sait très bien que ce n'est pas raisonnable.
06:33On le savait déjà il y a un an que ce n'était pas raisonnable.
06:35Mais il y a encore cette supposition de peut-être le coup de chapeau d'Emmanuel Macron.
06:40On arrive fin juin, si ça se trouve, à cette dissolution que personne ne souhaite.
06:45Elle pourrait intervenir, Alexandre Raffaille ?
06:48De toute façon, là, pour le coup, autant Donald Trump est imprévisible.
06:54Macron, lui, il n'est pas imprévisible.
06:56Comment on dit ? J'allais presque dire qu'il était responsable dans sa façon de faire.
07:01Donc, je ne sais pas s'il peut être tenté de passer à l'acte.
07:05Mais peut-être que pour reprendre la main ou croire qu'il reprend de la main,
07:08de se dire après tout, le contexte a changé.
07:11Mais je ne pense pas que dans le contexte actuel, il ait changé.
07:14Je pense que le résultat serait encore pire sur un plan électoral
07:17que ce qu'il était.
07:19Et puis après, on est toujours dans ces mêmes problématiques d'équation à gauche.
07:22On a vu que pour l'instant, le PS est quand même en train de ne pas réussir totalement
07:25à s'affranchir de sa ligne avec les insoumis.
07:28Le sujet n'est pas tranché, ce n'est pas clair.
07:30Et aujourd'hui, la vague électorale ne va pas donner moins de voix au Rassemblement National.
07:35Alors certes, la droite a peut-être repris un peu de vigueur avec Bruno Rotaillot,
07:38mais je ne vois pas comment le centre et autour de qui se refait la cerise,
07:42pardon pour l'expression, dans le contexte actuel.
07:45Mais en même temps, l'année dernière, à la même époque,
07:48ce n'était pas beaucoup plus favorable et il l'a fait.
07:51Et même les plus grands de ce pays l'ont appelé pour lui dire
07:54surtout ne faites pas ça, Gilles Boutin, comment est-ce que vous voyez les choses ?
07:57Emmanuel Macron est déterminé à rester jusqu'en 2027, ça il l'a dit et je pense qu'il le fera.
08:01Donc si censure il y a, il n'est pas du tout exclu qu'il le dissolve à nouveau à l'Assemblée Nationale,
08:08partant du principe que ça pourrait se jouer à droite effectivement
08:11parce qu'il y a une reconstitution, il y a une espèce de reprise de vigueur.
08:14Mais c'est sans doute trop tôt parce que le RN fait encore florese sur l'insatisfaction
08:17et Bruno Rotaillot n'a pas eu le temps de créer une émulation
08:20et puis il y a encore trop de concurrence autour de lui au centre-droite traditionnel.
08:25Et Emmanuel Macron est tellement aimé qu'un dernier sondage CSA pour Europe 1, le JDD et CNews,
08:29notez que 84% des Français étaient contre sa réélection en 2032
08:36s'ils venaient à se représenter à nouveau.
08:38C'est aujourd'hui Pierre, vous savez que les Français de ce côté-là sont capables de nous réserver bien des surprises.
08:42C'est pas faux, merci beaucoup.

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