- il y a 8 mois
Un déjeuner partagé avec Nicole Le Peih, députée Ensemble pour la République du Morbihan, pour parler des difficultés de la transmission des exploitations agricoles. Au menu également, les relais routiers dix fois moins nombreux le long de nos nationales. Désertés par une grande partie des chauffeurs de poids lourds, ils ont dû séduire une autre clientèle, des locaux, des familles, des touristes avec des formules à volonté et des prix bas.
Valérie Brochard et Jean-Pierre Montanay partagent un repas avec une personnalité : politiques, chefs cuisiniers, artistes.... L'occasion d'aborder un thème d'actualité, autour de reportages et d'un menu élaboré avec des plats typiques de leur région, souvenirs d'enfance ou qu'ils apprécient particulièrement. Comment le contenu de nos assiettes impacte-t-il nos modes de vie ? Tout en parlant gastronomie, c'est l'avenir de notre société et les enjeux de demain qu'ils questionnent.
Valérie Brochard et Jean-Pierre Montanay partagent un repas avec une personnalité : politiques, chefs cuisiniers, artistes.... L'occasion d'aborder un thème d'actualité, autour de reportages et d'un menu élaboré avec des plats typiques de leur région, souvenirs d'enfance ou qu'ils apprécient particulièrement. Comment le contenu de nos assiettes impacte-t-il nos modes de vie ? Tout en parlant gastronomie, c'est l'avenir de notre société et les enjeux de demain qu'ils questionnent.
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00:00Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Politique à table, l'émission qui fait pousser les discussions qui élèvent au grain les réflexions sur notre production alimentaire, sur l'avenir de notre agriculture.
00:28Et cette semaine, on fait la récolte ensemble avec Nicole Lepay. Bonjour. Bonjour à tous. Et bonjour à vous, Jean-Pierre Montané. J'ai eu un petit doute, mais c'est bien.
00:38Bonjour Aléry. Bonne chance.
00:39Non, c'est bien Jean-Pierre Montané, évidemment. Nicole Lepay, vous êtes députée ensemble pour la République de la 3e circonscription du Morbihan.
00:48Et c'est votre 3e mandat ici à l'Assemblée nationale depuis 2017. Vous n'avez jamais cédé votre place dans l'hémicycle et vous vous réjouissez que de plus en plus de femmes vous y rejoignent.
00:59Agricultrice à la retraite, maman, grand-maman, vous avez réussi à élever ensemble votre famille et vos idées politiques faciles, me direz-vous, pour une élue qui défend un meilleur avenir pour la France,
01:10qui s'attache à aider les jeunes à rester vivre et travailler sur votre territoire. Vous annoncez que des centaines de milliers d'habitants rejoindront la Bretagne dans les années à venir.
01:19Et c'est pourquoi vous faites de la ruralité active, votre mantra, pour soutenir les exploitations dans votre circonscription, comme celle que vous venez de transmettre à votre fille.
01:30C'est l'intégralité de votre élevage de volailles en plein air et votre abattoir qui appartiennent aujourd'hui à Mylène et son compagnon Benoît.
01:38Vous nous direz plus tard quel regard vous portez sur les évolutions, les changements qu'ils ont opérés dans l'exploitation que vous avez nourrie au grain toute votre vie.
01:47On vous interrogera aussi sur vos prises de position qui suscitent encore aujourd'hui la polémique.
01:52Pourquoi avoir voté contre l'interdiction du glyphosate en 2018 ?
01:55Pourquoi être monté dans un jet pour vous rendre au sommet contre le réchauffement climatique de Glasgow en 2021 ?
02:02Et surtout, pourquoi ne pas avoir choisi de volaille pour le menu du jour ?
02:07Voilà de quoi nous occuper tout au long de ce repas, n'est-ce pas Jean-Pierre ?
02:10Oui, avec du classique, effectivement, on aurait pu avoir une blanquette de volaille, ça existe, mais c'est plutôt une blanquette de veau.
02:15Et on dessert un clafoutis aux pommes.
02:17Dans le dessous des plats, on vous emmènera dans votre magnifique département du Morbihan.
02:22Malheureusement, toutes les fermes ne se transmettent pas si facilement.
02:26Dans les pieds dans le plat, ils jalonnent nos nationales, les relais routiers en pleine mutation.
02:31Plus la peine d'avoir une fin de camionneur pour pousser leurs portes.
02:34Ils courtisent aussi les familles avec des plats traditionnels à prix doux.
02:39Voilà pour le menu maintenant.
02:40On passe à table et je vous propose de nous ouvrir l'appétit avec cuisine et confidence.
02:44Nicole Lepel, lorsqu'on veut savoir si notre convive aime la bonne chère ou est à l'aise au fourneau,
02:55j'ai un truc imparable, je consulte son compte Instagram.
02:58Bingo, vous en avez bien un depuis juillet 2019, près de 500 publications.
03:03Avec gourmandise, en scrollant, je vous voyais déjà nous donner vos astuces
03:07grâce à une vidéo tournée dans votre cuisine, en mode maïté, vous connaissez,
03:12pour réussir à tous les coups une galette au sarrasin
03:14ou encore vous voir au milieu de vos poules en liberté
03:16pour nous raconter les vertus du circuit court du producteur au consommateur
03:21en cuisinant vous-même, pour vos 1500 followers, quand même,
03:24un poulet à l'estragon de votre propre exploitation du vécu, coco, quoi.
03:28Comme on dit dans le jargon.
03:30Mais non, rien, rien, quelle désillusion !
03:33Même pas une seule photo d'un plateau de fruits de mer pour vendre les côtes bretonnes.
03:36Pas une publication de vous croquant comme une influenceuse gourmand
03:41dans un Queen Allemagne dégoulinant de beurre pour mettre en avant votre terroir.
03:45En revanche, on vous voit, sain de votre écharpe tricolore sur le terrain,
03:49avec Elisabeth Borne, Yael Brown-Pivet, auprès des cyclistes sur les routes bretonnes
03:53pour les féliciter.
03:54Mais pas une publication non plus qui fait référence à la fameuse blanquette
03:58que vous avez choisie aujourd'hui.
04:00Donc je me dis que votre passion pour ce plat bourgeois date peut-être
04:03de votre passage à l'école hôtelière, bien avant le diktat des réseaux sociaux.
04:08Est-ce que je me trompe ?
04:09Oui, alors vous avez résumé rapidement, je dirais que dans mon cursus scolaire,
04:15j'ai fait une école hôtelière pour apprendre justement à prendre le temps de déguster.
04:23Donc après ce passage à l'école hôtelière, je suis rentrée dans une entreprise
04:26au niveau du commercial, en agroalimentaire, parce que mon territoire est riche d'agroalimentaires.
04:31Mais ma question c'était juste, alors cette blanquette d'où elle vient, qu'est-ce qui vous arrive ?
04:35D'où elle vient parce que quand je me suis levé le matin, qu'est-ce que j'ai vu ?
04:40J'avais des parents donc producteurs de vaches laitières et j'avais aussi des bovins-viandes.
04:45Personnellement, j'ai élevé donc des bovins-viandes de race charolaise pendant 32 ans de ma vie.
04:51Donc quelque part, je me dis, remettons aussi un petit peu de viande bovine,
04:57qui est souvent à la traîne en ce moment, alors que nous avons toute cette traçabilité
05:01et cette sécurité alimentaire en France pour nos bovins-viandes.
05:06Et la volaille, je dirais qu'aujourd'hui, elle part...
05:09C'est vrai, c'est vrai, donc c'était plutôt pour rééquilibrer un peu les choses.
05:12Exactement, je veux rééquilibrer les marchés et je veux rééquilibrer surtout le gustatif.
05:17Alors on va la goûter, cette fabuleuse blanquette de veau
05:21qui nous a été soigneusement préparée par le restaurant Le Bourbon,
05:26situé dans le 7e arrondissement de Paris.
05:29Quoi pour vous, une bonne blanquette ?
05:31Une bonne blanquette, ça veut dire qu'elle a été cuisinée avec du temps.
05:35Elle a été mijotée.
05:36Et c'est l'histoire de mon enfance, parce que dans la petite cantine scolaire de Guénin,
05:42ma commune donc, j'ai appris à connaître les saveurs.
05:48Et j'avais de la chance d'avoir des parents qui m'apprenaient la qualité, les saveurs,
05:54que ce soit en viande, que ce soit en poisson,
05:55parce qu'on avait un poissonnier qui passait tous les jeudis.
05:58Et j'ai appris à goûter tous les produits du terroir.
06:02Est-ce que quand on élève, alors particulièrement,
06:06mais vous l'avez dit, vous avez aussi élevé des bovins,
06:09mais quand on élève des volailles toute sa vie, est-ce qu'on a du mal à en manger après ?
06:15Ah pas du tout, pas du tout.
06:16Mais j'estime que mon rôle de député, c'est aussi d'être le tremplin de l'image de mon territoire.
06:25Sur l'image de mon territoire, le Morbihan,
06:27c'est le premier département de France en volaille.
06:29Oui, oui.
06:31Conventionnel.
06:31Moi, j'ai fait de la volaille plein air pendant 32 ans,
06:34avec tous les atouts, les contraintes, mais j'ai pris tous les risques.
06:37Mais très personnellement, c'est vraiment...
06:39Quand vous vous retrouvez avec un poulet dans l'assiette,
06:42ça ne vous fait pas un petit pansement au cœur ?
06:45J'aime les deux. Franchement, j'aime les deux.
06:47J'aime la viande bovine.
06:48J'aime un bon filet de bœuf, excellent, avec des morilles, c'est excellent aussi.
06:52Le fait de les avoir vus grandir, le fait de les avoir nourris, non ?
06:56Ça, c'est une fierté que j'ai déjà dépassée, parce que ça, j'en suis convaincue.
07:00Mais comme je vous disais, la volaille, et je prends mon rôle de politique,
07:04la volaille va mieux en ce moment, puisque c'est une viande blanche,
07:08c'est une viande qui est désirée par le consommateur,
07:11c'est une viande facile à cuire, qui n'est pas trop riche en protéines
07:15et qui peut être justement un plat à meilleur marché, je dirais,
07:19pour un public qui le choisit.
07:22Mais à côté, nous avons à la traîne, sur tous les territoires de France,
07:26nous avons malheureusement la viande bovine, qui est en difficulté,
07:29parce que le tarif, parfois, ne correspond pas au panier à la ménagère.
07:34Alors, je suis aujourd'hui dans cette optique de rééquilibrer...
07:41Mais ce n'est pas un discours qui est facile à prononcer pour un homme politique.
07:45On le voit bien, sur ce plateau, les gens n'osent plus lui dire,
07:47maintenant, on aime la viande, il faut manger de la viande.
07:49Ils sont flexitariens.
07:50Vous, vous mettez un peu les pieds dans le plat, vous dites...
07:52Absolument.
07:53Mangeons de la viande, mais attention.
07:54Même pas peur.
07:55Même pas peur.
07:56Non, pas du tout.
07:57Parce que quand vous comprenez que les protéines viennent,
08:00notamment de la viande, qu'elles soient rouges ou qu'elles soient blanches,
08:03mais quelque part, il nous faut ces bases de protéines pour pouvoir grandir.
08:06Grandir physiquement.
08:07Avec des légumineuses.
08:08Grandir aussi.
08:09Oui.
08:09Alors, je veux bien des légumineuses.
08:10Moi, j'en mets sur l'exploitation, bien sûr, des légumineuses.
08:14De plus en plus.
08:15Pour avoir des légumineuses, il faut avoir de l'eau.
08:17Aujourd'hui, l'eau devient une denrée rare, ou du moins précieuse.
08:22Et, à la fois, il nous faut, je dirais, une complexité sur les retenues collinaires,
08:30puisqu'aujourd'hui, c'est compliqué de garder une retenue collinaire,
08:34alors que l'eau de la pluie s'en va directement à la mer.
08:37Quand on comprendra la valeur de l'eau pour avoir plus de légumes, pour rééquilibrer nos plats,
08:41parce que l'ancienne génération, sans doute, a mangé beaucoup de viande,
08:44on peut comprendre qu'il faut équilibrer les plats.
08:46D'ailleurs, c'est pour ça que vous avez mis des carottes et des tomates, etc.
08:50Et des champignons.
08:51Et surtout, les champignons, chez moi, ils viennent aussi de Moustard-Mingol.
08:54Et les champignons, les champignonières sont aussi sur le territoire,
08:59grâce, justement, aux éleveurs à côté qui savent utiliser les effluents
09:03pour pouvoir constituer le fumier et la bonne couche qu'il faut pour les champignons.
09:10Vous avez déjà été touché dans votre exploitation par la grippe aviaire ?
09:14Alors, je touche du bois, une belle table en bois.
09:17Je touche du bois, mon secteur n'a pas été touché,
09:19mais les communes, les cantons à côté ont été touchés.
09:24Et donc, j'ai rencontré les éleveurs.
09:26Et je suis en relation directe avec madame la ministre,
09:29et notamment hier soir encore à son cabinet,
09:31pour pouvoir évoquer tous ces sujets-là et venir en appui.
09:35Bien sûr.
09:36Et qu'est-ce qu'elle vous dit ?
09:38Eh bien, il faut pouvoir aider l'accompagnement des agriculteurs,
09:43puisqu'aujourd'hui, vous savez, la grippe aviaire vient par des oiseaux sauvages,
09:46par l'immigration, deux fois par an.
09:48Donc, on a une chance en Bretagne, je dirais, le Grand Ouest,
09:51c'est que la migration passe par le nord, complètement le nord.
09:54Donc, le sud, notamment le Morbihan, je vous ai dit,
09:57premier département de France en volaille conventionnelle,
10:01on est un petit peu moins touchés.
10:03Ok.
10:03Alors, on sait que vous aimez la viande, on a bien compris.
10:06Est-ce que vous savez la cuisiner ?
10:08En plus, on a commencé à comprendre que vous avez fait une école hôtelière,
10:11donc avec Valérie, on est un peu impatients de savoir.
10:13Vous vouliez être restauratrice ?
10:14Vous vouliez monter un 4 étoiles ?
10:16Alors, mon premier choix, je vais vous dire,
10:18d'ailleurs, c'est ce que je dis souvent à mon conjoint,
10:21si je gagne au loto,
10:23j'essaie d'investir dans un grand hôtel-restaurant
10:25avec les meilleurs cuisiniers autour de moi
10:27pour retrouver la saveur
10:29et reprendre le goût, aujourd'hui, dans les plats.
10:33C'est pour ça que j'ai choisi un plat mijoté.
10:35Mais ne répondez pas vraiment à ma question.
10:37Est-ce que vous aimez cuisiner ?
10:38Est-ce que vous avez fait une école hôtelière ?
10:39J'ai cuisiné.
10:39J'ai un peu moins, en ce moment,
10:41depuis que je suis élue, notamment à la députation,
10:44un peu moins de temps.
10:45Mais là, je viens d'aménager un agrandissement,
10:48quand même, à 65 ans,
10:50de ma maison de 50 mètres carrés.
10:51Et donc, je me suis fait une cuisine
10:53pour pouvoir bien cuisiner.
10:55Ah oui !
10:55Et qu'est-ce que vous allez cuisiner, alors, dans votre cuisine ?
10:57Alors, vous voyez, je vais être honnête,
10:59samedi dernier, c'était le repas
11:00pour ma famille et mes enfants,
11:02donc, de la fête des mères en avance,
11:05puisque, pour pouvoir combiner tout le monde...
11:07C'est sympa !
11:07Donc, trois enfants ?
11:08Combien de petits-enfants ?
11:09Cinq petits-enfants.
11:10Ah oui, ça commence à faire une belle famille, là !
11:11Et donc, pour réunir tout le monde,
11:13et bien là, j'ai travaillé un saumon,
11:14vous voyez, j'ai travaillé du saumon,
11:16avec du yuzu, etc.
11:19Ah oui !
11:19La grume japonais, le saumon.
11:21Exactement !
11:21Et j'ai fait un filet de bœuf, après.
11:23Saumon et filet de bœuf, en même temps ?
11:25Ah non, saumon, non !
11:26Ah oui, d'accord !
11:27C'était pas tout à fait terre.
11:28Toujours la viande, quand même !
11:30Alors, justement, pour en revenir à la viande,
11:32là, c'est du veau.
11:34Oui.
11:34Est-ce que manger le bébé,
11:37le bébé de la vache,
11:39ça vous pose pas un problème ?
11:40Non, pas du tout.
11:41Pourquoi ?
11:41Pas du tout, parce que,
11:43quand vous êtes éleveur,
11:45vous comprenez
11:46que vous allez élever
11:48des animaux
11:50pour nourrir,
11:51et vous êtes très fiers
11:52de pouvoir nourrir
11:53et bien nourrir,
11:55et bien nourrir
11:57la population autour de vous.
11:59Moi, je produis de la volaille en plein air.
12:01Je nourris environ
12:024000 repas par semaine.
12:06C'est-à-dire, je fais 1000 volailles
12:07par semaine.
12:10Une volaille, 4 personnes,
12:11ça fait 4000 repas.
12:12Et vous avez l'exigence
12:14d'avoir un bon produit
12:15de qualité,
12:17avec une traçabilité,
12:18avec une sécurité alimentaire.
12:21Imaginez,
12:21un seul moment,
12:22qu'il y a un problème,
12:25mais je ne me remets pas,
12:26psychologiquement.
12:27Parce qu'il y a la passion
12:27de l'élevage,
12:28il y a la passion
12:29de la réussite.
12:30Est-ce que ça s'accompagne
12:32aussi de la passion
12:32du bien-être animal ?
12:34Oui, certainement.
12:35Le bien-être animal,
12:36chaque éleveur,
12:37alors vous aurez toujours
12:38le petit coin noir
12:40que vous allez voir,
12:41le petit point noir
12:42qui va ramener,
12:43qui va faire le buzz.
12:43Je ne suis pas d'accord du tout.
12:44Non, ce n'est pas qu'un point noir,
12:47vous le savez bien.
12:48Notamment dans les élevages de volaille.
12:50Oui, justement,
12:51moi qui suis en élevage de volaille,
12:52c'est vous qui abattez vos volailles.
12:53Bien sûr,
12:54si j'ai un abattoir
12:55qui est agréé
12:56communauté européenne,
12:57c'est parce que
12:58la direction départementale
12:59de la protection
13:01des populations
13:02est sur place régulièrement,
13:05au moins 3-4 fois par an,
13:06avec des contrôles inopinés.
13:09Je dis bien inopinés.
13:10Imaginez ici,
13:11un inspecteur arrive du travail,
13:13là, à l'émission où nous sommes.
13:14Eh bien, nous, tout va bien.
13:16Donc, ça veut dire que,
13:17quelque part,
13:18nous avons toujours
13:19l'épidamoclès en se disant
13:20est-ce que je suis tout top
13:22dans mon entreprise.
13:23Donc, qu'est-ce que j'ai fait ?
13:24Même moi, éleveur de volaille,
13:26je suis allée en formation
13:27à Ploufragan,
13:28c'est la vie pôle de France
13:29le plus conséquent
13:31et le plus important,
13:32et j'ai appris
13:33ce que c'est le bien-être animal.
13:35Qu'est-ce que c'est ?
13:36Qu'est-ce que c'est ?
13:36Le bien-être animal,
13:37c'est d'abord pouvoir connaître
13:39l'environnement de l'animal.
13:41Celui dans lequel, lui,
13:43il est bien,
13:44et non pas vous, consommateur,
13:46ce que vous pensez
13:46ou vous imaginez
13:48à travers les films
13:48ou à travers les médias.
13:50Ce que vous voulez dire,
13:51c'est qu'il ne faut pas faire
13:52d'anthropomorphisme.
13:53Il ne faut pas se mettre
13:53à la place en tant qu'humain,
13:54à la place de l'animal.
13:56Et puis, il y a un moment,
13:57il faut vous dire,
13:58vous êtes là aussi
13:59pour nourrir la population.
14:01Nous avons 66 millions d'habitants.
14:03Aujourd'hui,
14:03un poulet sur deux arrive
14:05de Pologne, d'Ukraine
14:07ou du Brésil.
14:08Brésil, oui.
14:09Est-ce que vous êtes conscient
14:10de ce que vous mangez ?
14:11Parce qu'il n'y a pas
14:11de sécurité alimentaire.
14:13Il n'y a pas de responsabilité.
14:14En tout cas, moins, oui.
14:15Voilà.
14:15Et là, est-ce que les gens
14:16s'en rendent compte ou pas ?
14:17Mais pourquoi on a perdu
14:18cette souveraineté alimentaire
14:19sur le poulet ?
14:20Parce que vous êtes bien placé,
14:21vous êtes au milieu des poulet.
14:22Pourquoi ?
14:22Parce qu'aujourd'hui,
14:22on a beaucoup d'ONG
14:23qui viennent nous casser les projets,
14:25qui viennent aussi
14:26mettre des encours
14:28avant de pouvoir créer un projet.
14:28Oui, mais on casse des projets français
14:30qui sont plutôt vertueux
14:31et on laisse entrer
14:31des poulets brésiliens
14:32qui sont épouvantables ?
14:33Exactement.
14:34Et c'est ça,
14:34mon gros problème en ce moment,
14:36c'est qu'il y a
14:37une non-assistance
14:38à personne en danger,
14:39je vais même jusque-là.
14:40Vous voyez ?
14:40Parce qu'on laisse rentrer
14:41des produits
14:42qui n'ont pas la même valeur ajoutée,
14:43bien sûr,
14:44mais qui n'ont pas surtout
14:45cette sécurité alimentaire.
14:48Mais les poulets
14:49sont souvent transformés
14:50après dans des plats cuisinés.
14:52Et qu'ils soient transformés,
14:53c'est très bien.
14:53Non, mais je veux dire,
14:54les Français,
14:54est-ce qu'ils ne s'en fichent pas
14:55un peu une fois
14:55que le poulet est parti là-dedans ?
14:57Ils ne regardent pas vraiment ?
14:58Deux solutions.
15:00Soit vous faites confiance
15:01et vous vous en fichez
15:01parce que vous avez un autre métier
15:03et que vous n'avez pas le temps de gérer.
15:05Soit il y a une partie de la population
15:07qui fait attention
15:08à ce qu'elle mange.
15:09Donc, il faut lui faire comprendre
15:10le déroulé d'une production
15:14du début jusqu'à la fin.
15:17Moi, mes poussins,
15:17ils arrivent à un jour.
15:18Je les amène jusqu'à l'assiette.
15:20Je prends tous les risques
15:22de production,
15:24de transformation,
15:26la gestion de la livraison
15:28et je fais,
15:29je fais ce que ma fille
15:30a pris les relais,
15:31parce que j'habite
15:35sur le site de l'exploitation.
15:37Et j'ai transmis ces valeurs-là
15:38parce qu'on est responsable
15:40d'un bout à l'autre de la chaîne.
15:42Oui, mais est-ce que les consommateurs
15:43le comprennent, ça ?
15:44Alors moi, c'est mon laitmotiv
15:45pour vendre mes volailles
15:46en plein air
15:47depuis 32 ans.
15:49Et j'ai transmis
15:49ce relais à ma fille.
15:51Pourquoi ?
15:51Parce que vous voulez vendre
15:52un tout petit peu plus cher,
15:53j'imagine, vos volailles.
15:54D'interroger les jeunes,
15:56justement,
15:56pourquoi ils sont venus
15:57prendre mon exploitation
15:58plutôt qu'une autre.
16:00Vous voyez ?
16:01Parce que, un,
16:01on a les valeurs du terroir.
16:03Deux, on a toute cette responsabilité
16:05qui retombe sur nos épaules.
16:06Pas sur vous,
16:07sur nos épaules.
16:09Le poussin, je dois le suivre.
16:11Ensuite, il est en plein air,
16:12je dois gérer les parcs.
16:13Ensuite, l'abattoir,
16:15je dois gérer avec la DDPP
16:17la qualité et la traçabilité
16:19et la sécurité, je dis bien.
16:21Ensuite, je dois trouver mes clients.
16:23Je dois sortir de chez moi
16:24et aller chercher mes clients.
16:25Et ces clients-là,
16:27c'est vraiment la question
16:28que je vous pose.
16:30Est-ce que vous comprenez
16:31que toutefois,
16:32les consommateurs se dirigent
16:34assez naturellement
16:36vers des produits
16:36qui sont moins chers ?
16:38Parce qu'on le sait,
16:38ils n'ont plus assez
16:40de pouvoir d'achat.
16:41Donc, comment on fait
16:43pour lutter contre ça ?
16:44Vous avez une entreprise
16:46et une façon de faire
16:47qui est vertueuse,
16:48on le comprend,
16:48mais elle a un coût.
16:50Elle a un coût de production
16:51et c'est normal,
16:53aujourd'hui,
16:54que le coût de production
16:55soit aussi
16:56dans le prix de la volaille.
16:58Bien sûr.
16:59Chaque heure de travail,
17:00les vôtres,
17:00elles sont rémunérées.
17:01Bien sûr.
17:02Les miennes aussi.
17:03Et j'aimerais
17:03que tous les agriculteurs
17:04puissent parler comme ça.
17:05Comment on fait
17:05pour convaincre les consommateurs
17:07de se diriger plutôt
17:08vers une volaille française
17:09qu'une autre ?
17:11Parce que cette traçabilité
17:12et cette sécurité alimentaire,
17:14je dis bien,
17:14on doit l'expliquer
17:15encore,
17:16encore et encore.
17:18Allez,
17:19pour faire une bonne blanquette
17:20de veau,
17:21on quitte les volailles,
17:22on retourne sur le veau.
17:23Eh bien,
17:24il faut évidemment savoir
17:25trois choses
17:25que Jean-Pierre
17:26va nous dévoiler
17:26tout de suite.
17:27Et je veux parler
17:28sous la responsabilité
17:29de Nicole Lepay
17:31qui sait faire
17:32et qui a appris sans doute
17:32à faire une bonne blanquette
17:34dans son école hôtelière.
17:35Alors d'abord,
17:36c'est classique
17:37et ça lui fera plaisir.
17:38Il faut bien choisir
17:38les morceaux de viande.
17:39Exactement.
17:40Parce que c'est très important.
17:42La matière première
17:42dans une blanquette.
17:44Et l'idéal
17:44est de réunir
17:44de la viande grasse
17:46comme l'épaule,
17:47le collier
17:47et de la viande
17:48entrelardée.
17:50Madame Lepay,
17:50c'est ce que c'est.
17:51C'est-à-dire
17:51que c'est une viande maigre
17:52avec quelques petits filaments
17:53de gras.
17:54D'accord.
17:55Et donc,
17:55ça donne un peu de graisse
17:56et de moelleux.
17:58Pour la rendre
17:58encore plus fondante
17:59cette viande
17:59parce qu'il faut la valoriser,
18:01vous la faites blanchir,
18:02Valérie,
18:02un peu dans de l'eau.
18:03Et pas rôtir.
18:04Et blanchir.
18:05Blanchir, c'est un terme
18:06très précis
18:06dans le jargon culinaire.
18:08On la met dans l'eau bouillante
18:08quelques secondes,
18:10ça va la tendrir
18:10et ensuite,
18:11on la rince
18:12pour enlever
18:12les petites impuretés.
18:13On la réserve
18:14comme on dit dans le jargon
18:15et on va la préparer.
18:16Ensuite,
18:17vous placez
18:18les morceaux de viande
18:18dans de l'eau froide
18:19et salée.
18:20Vous ajoutez
18:21votre garniture aromatique
18:22à une carotte,
18:23un blanc de poireau,
18:24une branche de céleri,
18:25un oignon piqué
18:26d'un clou de girofle.
18:27Ce n'est pas forcément
18:27d'ailleurs ces légumes
18:28que vous retrouverez
18:29ensuite à la fin.
18:30C'est ce que j'allais dire.
18:31Ça dépend.
18:32Il y a plusieurs recettes.
18:33Vous pouvez aussi
18:33faire un bouillon de légumes
18:34à côté avec vos légumes
18:35et puis les mettre
18:36au dernier moment.
18:37La blanquette,
18:37il y a plein de façons
18:38de la faire.
18:39Et on finit avec,
18:40oui,
18:41on passe le bouillon au chinois.
18:42Ça, c'était mon point 2.
18:43et on réserve.
18:44Et puis à la finition,
18:45avec cette fameuse sauce
18:46qui fait débat.
18:47Oui, parce que c'est ça
18:47qui fait la blanquette.
18:48Oui, mais qui fait débat
18:49et qui va donner
18:50de l'onctuosité à cette sauce.
18:52Alors, soit on prépare
18:52un roux.
18:53Vous savez ce que c'est
18:53qu'un roux ?
18:54Non.
18:54C'est une petite béchamel
18:55sans lait.
18:55Ah, c'est vrai.
18:56Et on met du bouillon
18:57puis on le monte progressivement
18:58puis on le met ensuite,
19:00on l'incorpore.
19:00Lendement.
19:00Ça va donner un petit côté épais
19:02et moelleux avec la farine.
19:04Il y en a d'autres
19:05qui rajoutent un jaune d'œuf
19:13C'est très onctueux.
19:14Voilà.
19:14Madame Le Pen,
19:15vous faites comment ?
19:15Vous avez un secret ?
19:16La sauce, c'est quoi chez vous ?
19:17Je pense que le temps,
19:19c'est surtout le temps de cuisson.
19:20Oui, après...
19:21Alors, on pourrait aller
19:22à l'excellence,
19:23mais bon,
19:24est-ce qu'on a le temps
19:24de le faire ?
19:25Le veau de 7 heures,
19:27comme l'agneau de 7 heures.
19:28Bien sûr.
19:28Non, mais vous le préparez
19:29comme vous l'avez dit
19:30et ensuite,
19:31vous le mettez en cuisson lente
19:32à 180 degrés à peu près
19:34pendant 7 heures.
19:35Et vous mettez des œufs
19:36ou pas dans votre sauce ?
19:37Alors, bon,
19:38la richesse du goût
19:41veut que le jaune d'œuf
19:42apporte cette onctuosité.
19:44C'est vrai.
19:45Et alors,
19:45pour accompagner ce plat,
19:47eh bien,
19:47vous nous avez ramené,
19:48une fois n'est pas coutume,
19:49Jean-Pierre,
19:50on a plutôt l'habitude
19:50de boire du vin ici,
19:51mais alors,
19:51cette fois,
19:52c'est du cidre.
19:53Parlez-nous un peu
19:54de ce cidre
19:54qui nous vient donc
19:55de Beau,
19:57le verger de Beau.
19:59Alors déjà,
20:00Yamate.
20:01Ah !
20:02C'est du breton, ça.
20:03Oui.
20:04À la vôtre.
20:05À votre santé.
20:06À votre santé.
20:07Ah bon,
20:07je ne sais pas ce que ça
20:07vous l'a dit.
20:08Alors,
20:08on peut répéter
20:09qu'on le dise ?
20:09Yamate d'Oua.
20:10À votre santé.
20:11Yamate d'Oua.
20:12Yamate d'Oua.
20:12Yamate.
20:13Voilà.
20:14Tout simplement
20:15parce que
20:16le verger,
20:17c'est une...
20:19C'est un couple
20:20déjà qui a démarré
20:20en plantant
20:22des vergers
20:23en sortie
20:24de la ville de Beau,
20:26en périphérie
20:27de la zone
20:28industrielle
20:29et artisanale.
20:30Et je me suis dit,
20:31c'est un beau challenge
20:31de pouvoir
20:32aussi associer
20:34ville-campagne,
20:36vous voyez ce que je veux dire.
20:37et donc,
20:38ils ont amorcé
20:39leur entreprise
20:40avec la création
20:41et la plantation
20:43de pommiers.
20:45Ensuite,
20:45ils ont créé
20:45leur cidre,
20:46etc.
20:47Et ils ont ouvert
20:48aujourd'hui
20:48à différents produits
20:50de terroir,
20:51notamment des produits locaux.
20:53Oui,
20:53j'ai vu ça,
20:53des fromages,
20:54d'autres vins.
20:56Et aujourd'hui,
20:57vous voyez une clientèle
20:58qui fait le déplacement,
20:59quitte à manger moins,
21:00mais manger meilleur.
21:01Et moi,
21:02je suis dans ce
21:02leitmotiv
21:03depuis que je me suis installée
21:05en agriculture en 1990,
21:07quitte à manger moins,
21:08mais manger meilleur
21:09et on s'y retrouve.
21:10Oui,
21:10alors,
21:11comme je me suis un petit peu
21:12renseignée sur ce verger
21:14de Beau,
21:15j'ai vu en effet
21:15qu'ils avaient donc
21:16cette boutique,
21:17on peut l'appeler comme ça,
21:18il y a de la viande,
21:19il y a même une boucherie,
21:20donc il y a de la viande,
21:20il y a du fromage,
21:21il y a d'autres boissons,
21:23est-ce à dire que ça vous parle,
21:27vous le local ?
21:28Vous êtes locavore ?
21:29Alors moi,
21:29je suis assez locavore,
21:30je suis assez locavore,
21:32mais j'entends qu'on peut avoir envie
21:34de manger de l'ananas à Noël
21:37en dessert.
21:38Ça,
21:38ça ne vous dérange pas ?
21:39Non,
21:40ça ne me dérange pas
21:41parce qu'à un moment,
21:43il faut aussi se poser la question,
21:46est-ce qu'on veut vivre en autarcie
21:47ou est-ce qu'on peut s'ouvrir
21:49aussi aux autres pays ?
21:50Mais garder la maîtrise de la qualité.
21:53Et c'est là que je me retrouve
21:55avec, malheureusement,
21:57des produits importés,
21:59on n'a pas la lecture de la production.
22:03C'est ça qui dérange un petit peu
22:04le consommateur.
22:05Donc,
22:05il y a une forme de locavore
22:07et une forme aussi,
22:08je dirais,
22:09de personnes qui choisissent
22:10de consommer moins,
22:12mais consommer meilleur.
22:14Toute dernière petite question,
22:15du coup,
22:16le Mercosur,
22:16ça vous inquiète
22:17ou vous signez, vous ?
22:18Alors,
22:19justement,
22:19ça m'inquiète.
22:21En l'État,
22:22où il est écrit,
22:24il m'inquiète.
22:24C'est ce qu'on a dit encore hier
22:25avec Mme Annie Gennevard,
22:27la ministre.
22:30Il nous faudra certainement
22:31mettre des garde-fous.
22:33C'est-à-dire que...
22:33Qui ne sont pas suffisants,
22:34là, au moment où on se parle.
22:34Qui ne sont pas suffisants,
22:35pour l'instant.
22:36C'est ce que dit Macron, d'ailleurs.
22:36En l'État, il n'est pas suffisant.
22:38Absolument.
22:39Donc, on est dans ce même chemin
22:41et ce même schéma.
22:43Et il nous faudra être vigilants.
22:44Vigilants parce qu'il y va
22:45de la pérennité de nos entreprises.
22:48Parce que nous,
22:48nous avons fait des efforts
22:49depuis les années 80-90
22:52sur une formation aux agriculteurs
22:54pour pouvoir consommer moins d'intrants,
22:57consommer moins d'insecticides, etc.
22:59pour pouvoir avoir une qualité de produit.
23:02Alors, certes, il a fallu faire
23:03des rotations de culture.
23:05Certes, il a fallu aménager
23:06certaines productions
23:07et changer, parfois,
23:09aussi nos productions.
23:11Aujourd'hui, mon mari produit du colza,
23:14enfin, produisait du colza.
23:15Mon gendre...
23:16Voilà.
23:17On arrive à faire aujourd'hui
23:18de l'huile de colza.
23:19On ne le faisait pas avant.
23:20Il y a un changement climatique,
23:21vous l'avez bien compris,
23:22qui fait que nous nous retrouvons
23:24avec différentes productions.
23:25Et plus de févrole, etc.
23:27Pour pouvoir garder le carbone
23:29dans le sol,
23:29aussi, donc...
23:31Voilà, c'était pour vous faire
23:32rebondir à ce que vous venez
23:33de dire à l'instant.
23:34Il ne faut pas que s'enferme
23:35non plus sur nous,
23:36mais s'ouvrir aussi sur le monde.
23:37Voilà, absolument.
23:38Pas totalement opposé à tout ça.
23:40Alors, dans cette émission,
23:41comme dans votre parcours,
23:42Madame Le Pé,
23:42on élève les animaux
23:43comme on élève les idées.
23:45C'est maintenant l'heure du quiz.
23:50Alors, vous, la Bretonne,
23:51vous avez été sans doute biberonnée,
23:53je ne sais pas, au cidre,
23:54mais aussi à l'huître.
23:55Autant dire que le coquillage,
23:57ce coquillage,
23:58n'a plus de secret pour vous.
23:59Sauriez donc vous nous dire
24:00si ces affirmations
24:01concernant l'huître
24:02sont vraies ou fausses.
24:05Pour mettre fin à la guerre de l'huître
24:06entre pêcheurs français et anglais,
24:10est signée en mars 1934
24:12une convention franco-anglaise.
24:15Et c'est historique
24:16parce que c'est l'une des toutes premières
24:17concernant le partage de la pêche
24:19entre nos deux pays.
24:20est-ce que c'est vrai
24:21ou est-ce que c'est faux ?
24:23Convention signée en mars 1934
24:25entre pêcheurs anglais et français
24:27à propos de l'huître
24:28que tout le monde se disputait.
24:30On l'a bien compris.
24:31Alors ça, je ne saurais pas vous répondre.
24:32Je vais être claire.
24:33La date, je ne saurais pas non plus.
24:36Et ayant une circonscription,
24:37moi, qui est essentiellement rurale,
24:39qui ne touche pas le littoral,
24:41je suis moins renseignée sur l'huître.
24:44C'est un peu comme les fake news.
24:47Il y a un peu de vrai et un peu de faux.
24:49C'est vrai.
24:50Mais c'est en 1834.
24:52Donc c'est bien avancé un siècle plus tôt.
24:54Et effectivement,
24:55c'était déjà la guerre qui faisait rage.
24:57Et on a signé cette convention
24:58après la mort d'un patron de pêche
24:59braconnier anglais
25:01tué par un garde-côte français.
25:03Donc du coup, ce drame
25:04avait conduit à cette signature.
25:06Durant l'Antiquité,
25:08l'huître était bannie de la table
25:10car manger un être vivant
25:11était source de malheur
25:13selon les croyances populaires.
25:15Est-ce que c'est vrai
25:15ou est-ce que c'est faux ?
25:17Durant l'Antiquité.
25:18Durant l'Antiquité ?
25:20Peut-être.
25:22Bien, c'est faux.
25:23Au contraire,
25:24durant l'Antiquité,
25:25l'huître était appréciée
25:25pour ses vertus culinaires,
25:27diététiques et aphrodisiaques.
25:30Ah bah, parait-il.
25:30Je n'aime pas les huîtres.
25:31Je n'ai pas trop non.
25:32Au 19e siècle,
25:33le coquillage,
25:34ça, la question C,
25:35est une star mondiale des gourmets
25:37et New York s'impose
25:39comme la capitale de l'huître.
25:41Est-ce que c'est vrai ou faux ?
25:42Vrai.
25:43Oui, d'autant que là-bas,
25:45elle se consomme sous toutes les formes,
25:46certes crues, comme nous,
25:48mais aussi frites, rôtis,
25:50marinés, fumés
25:51ou même en hot-dog.
25:52C'est bon pour vous, ça.
25:53Ah oui, ça, moi, j'adore.
25:54Voilà, et cuit au champagne.
25:55Donc, New York,
25:57capitale de l'huître.
25:57Enfin, D,
25:58rançon de cette gloire,
26:00l'huître est victime déjà
26:01de la surpêche,
26:02donc va germer l'idée de sa culture.
26:04Et c'est à un savant japonais
26:06que l'on doit la naissance
26:07de l'ostréiculture.
26:09Vrai ou faux ?
26:13C'est pas là.
26:15Faux, on le doit à Victor Coste,
26:18professeur d'embryologie
26:19au Collège de France,
26:21qui s'est inspiré
26:22d'une technique de captage
26:23des naissins,
26:24des bébés huîtres,
26:25utilisée par les Romains
26:26pour inventer l'ostréiculture.
26:28Eh ben, dis donc.
26:29Donc, c'est français,
26:30l'ostréiculture.
26:30Allez, on continue
26:31avec le second quiz
26:32qui, cette fois,
26:32nous emmène à l'Église.
26:34Un tout nouveau pape,
26:35vous le savez,
26:35mais les traditions
26:36qui perdurent.
26:37La religion catholique
26:38fut une source incroyable
26:39d'inspiration
26:40pour notre gastronomie.
26:41Alors, saurez-vous nous dire
26:42si les prochaines affirmations
26:43sont vraies ou fausses ?
26:45Le curé nantais
26:46est un fromage au lait de vache
26:48élaboré par un curé.
26:49Oui.
26:50C'est vrai, absolument.
26:51En 1794,
26:52pendant la révolte d'Échouan.
26:55Le Jésus est un saucisson
26:57à cuire confectionné à Lyon.
26:59Oui.
27:00Alors, il y avait un piège.
27:01Il y avait un piège.
27:02Le Jésus, c'est un saucisson.
27:03Oui.
27:03Eh ben oui,
27:04mais pas à cuire.
27:05C'est un saucisson sec.
27:06Voilà.
27:06Mais saucisson sec de Lyon,
27:08oui, c'est la capitale.
27:09Mais vous avez quand même
27:10saisi le petit piège.
27:11Mais si vous faites cuire
27:12le petit Jésus,
27:13vous allez vous faire
27:13engueuler par les Lyonnais.
27:14C'est moins bon.
27:16Petit C,
27:16l'Alléluia est une friandise
27:18au cédra originaire
27:19de Castelnaudary.
27:21Ah ça, je ne sais pas.
27:22Eh ben c'est vrai.
27:23C'est vrai.
27:23Nom donné par le pâtissier
27:24pour remercier le pape Pissette.
27:27Et puis,
27:27dernière affirmation,
27:29l'oreille de Judas
27:30est un gros ravioli
27:31de Provence farci aux herbes.
27:33Je crois, oui.
27:35Non, c'est faux.
27:35C'est faux.
27:36C'est faux.
27:36Si vous mangez un jour
27:37de l'oreille de Judas,
27:38c'est un champignon noir.
27:39Autre nom de l'auriculaire
27:41très prisé
27:41dans la cuisine chinoise.
27:44Voilà, maintenant...
27:44Il y avait un peu de brève.
27:45Vous voyez, c'est...
27:46Non, non,
27:46exactement.
27:47Allez, on passe
27:48à la dégustation
27:49de vos souvenirs
27:49tout de suite
27:50dans la brève de comptoir.
27:55Alors, madame Lepay,
27:56pour préparer cette émission,
27:58vous avez demandé
27:58de plonger dans votre mémoire
28:00et de retrouver
28:00un souvenir politique.
28:02Et vous allez nous parler
28:03d'une personne
28:04qui a tout simplement
28:04débarqué chez vous
28:06à l'improviste.
28:07C'est ça ?
28:08Alors, je corrige un petit peu.
28:09À l'improviste,
28:09c'est...
28:10Ah, pas tout à fait.
28:11Pas tout à fait quand même,
28:12vu la personnalité.
28:14Mais j'ai eu l'occasion
28:15donc de rencontrer
28:16monsieur Jean-Yves Le Drian
28:17qui,
28:18pas à l'improviste,
28:19m'a appelé
28:20deux jours après,
28:21en 2015,
28:22en mai 2015,
28:23un certain ventredi
28:24à 15h,
28:25et donc a souhaité
28:26me rencontrer
28:26avec mon conjoint
28:27dans notre maison.
28:29OK.
28:30Donc,
28:31il faisait très froid
28:32ce jour-là,
28:33la cheminée
28:33était encore allumée
28:34et nous avons dégusté
28:36le phare breton
28:36avec un café
28:38et devant la cheminée.
28:40Et vous savez
28:40comment on se tient
28:41devant une cheminée,
28:42on est devant,
28:43on regarde le feu,
28:44mais on se met souvent
28:45debout derrière
28:45et on se chauffe.
28:47Mais il faisait un froid de canard.
28:48Il faisait un froid de canard.
28:49Et on était au mois de mai.
28:50Vous l'aviez fait vous-même
28:51le phare breton ?
28:51Oui.
28:52Donc il l'a apprécié,
28:53Jean-Yves Le Drian ?
28:53Et oui.
28:54Et comme il dit souvent,
28:56j'aime beaucoup
28:56les quignons de pain.
28:57Ah !
28:58Qu'est-ce qu'il vous proposait
28:59ce jour-là ?
28:59Pourquoi il était venu chez vous ?
29:01Eh bien, c'est-à-dire,
29:02c'est-à-dire, nous étions en 2015
29:03et il y avait la proposition
29:05donc de l'accompagner
29:06dans la liste
29:07des élections régionales.
29:09Donc fin 2015,
29:10au mois de décembre 2015.
29:12Et donc, après
29:13mûre réflexion,
29:16j'ai accepté le challenge.
29:17Très bien.
29:18Allez, on vous l'a promis
29:19en tout début d'émission.
29:20Juste une petite chose
29:21parce qu'après,
29:22on va passer au dessert.
29:23Je ne sais pas si Joseph,
29:24monsieur Le Drian a dû...
29:25Mais vous nous avez apporté
29:26des petites chips de sarrasin.
29:28Mais oui, absolument.
29:28Parce que peut-être
29:29qu'à l'apéro avec Jean-Yves Le Drian,
29:31vous lui en avez offert ?
29:32Alors, pas ce jour-là,
29:33mais j'avoue que la galette de sarrasin,
29:35c'est quand même quelque chose
29:36de très précieux.
29:36En deux mots,
29:36c'est une galette de sarrasin
29:37très séchée ?
29:38C'est une galette de sarrasin
29:39qui est chipsée
29:40par un petit producteur
29:41et une crêperie très connue,
29:44le sarrasin,
29:45d'où son nom,
29:46sur le petit bourg de Saint-Uriot
29:49qui ceinture la ville de Pontivy.
29:51Excellente, craquante.
29:53C'est un peu salé,
29:53c'est addictif.
29:53Et vous l'avez dit,
29:54addictif,
29:55et je confirme.
29:57J'achète.
29:58Salé, mais addictif.
30:00Et meilleur que la pomme de terre
30:01en termes de calories et de santé ?
30:03C'est autre chose.
30:03Allez, c'est à l'apéritif.
30:06Apprécions les petits moments.
30:07Allez, on vous l'a promis
30:08en tout début d'émission.
30:10On vous emmène maintenant
30:10dans votre sublime Morbillon.
30:12Malheureusement,
30:13il y a plus de fermes
30:14que de fermiers.
30:15La transmission des exploitations,
30:17un défi majeur pour l'agriculture.
30:18On en parle tout de suite
30:19dans le Dessous des plats.
30:27Jean-François Lebouris
30:29produit du lait
30:29à Guise-Crif,
30:31mais depuis le départ
30:32de son frère,
30:33il n'a plus la force
30:33de s'occuper
30:34des 50 vaches
30:35qui constituent son cheptel.
30:37Le cœur lourd,
30:38il a donc décidé récemment
30:40de céder son exploitation,
30:41mais les agriculteurs voisins
30:43semblent plus intéressés
30:44par le foncier
30:45que par la ferme
30:46dans son intégralité.
30:47Il a raconté
30:48ses difficultés
30:49à Mathéo Stéphan
30:50et Juliette Prunier.
30:51Regardez.
30:53À 54 ans,
30:55Jean-François s'est lancé
30:56dans une course
30:56contre la montre.
30:58Dans quelques semaines,
30:59son exploitation laitière
31:00sera liquidée.
31:02Sa priorité,
31:04trouver un successeur.
31:05Les soucis,
31:06il est là
31:06et les futurs repreneurs
31:08ne sont pas...
31:11Ça ne court pas les rues,
31:12comme on dit, quoi.
31:14Installé depuis 32 ans
31:15dans cette exploitation,
31:17Jean-François n'imaginait pas
31:18devoir s'en séparer un jour.
31:21Allez, avance !
31:22Mais en 2021,
31:24il est victime
31:24d'un accident du travail.
31:27Chargé par l'un de ses taureaux,
31:29il est hospitalisé une semaine.
31:31Généralement,
31:32les accidents,
31:32ils arrivent toujours
31:33dans une période
31:35où on est un peu
31:35surchargé
31:36et puis on ne fait
31:37peut-être pas assez attention.
31:39C'est ce qui a provoqué
31:40l'accident, quoi.
31:42Donc ça aurait pu me coûter
31:43la vie
31:43parce que j'aurais pu
31:45y rester, quoi.
31:47S'ajoute la même année
31:48le départ de son frère
31:49de la ferme
31:50et un important trou
31:51dans les caisses.
31:53Quand mon frère est parti,
31:53il a fait que je rachète
31:55les parts de mon frère
31:56malgré qu'il avait
31:57un compte associé déficitaire.
31:59Donc j'ai bien été complet.
32:01Il a fallu, quoi.
32:02Finalement,
32:03c'est moi qui encaisse
32:04la perte, si on veut.
32:06Et la perte,
32:06c'est combien à ce moment-là ?
32:07Il y avait 60 000 euros.
32:08Enfin, 63 000,
32:10mais 63 000 euros.
32:15C'en est trop.
32:16Pour Jean-François,
32:18il souhaite céder
32:18son exploitation,
32:19mais aucun repreneur
32:21ne désire poursuivre
32:22son activité.
32:23J'ai des acquéreurs
32:24là à côté.
32:26Les exploitants
32:27sont venus me voir,
32:28mais bon,
32:29ils veulent un morceau.
32:30C'est ce que je leur ai dit,
32:31moi, ça ne m'intéresse pas.
32:32Mon projet,
32:33c'est un couple
32:34qui s'installe
32:35ou un jeune,
32:35enfin, n'importe ce qu'importe.
32:37Mais au moment,
32:37c'est quand même
32:38un jeune.
32:40Moi, je ne veux pas
32:41que le paysage
32:42soit dégradé
32:43par quelque chose.
32:43Donc, je veux que
32:45l'exploitation reste
32:47dans le système
32:50qu'il y a actuellement.
32:51Je ne veux pas
32:51que ça parte en culture
32:53parce que c'est généralement
32:54quand ça va
32:55en agrandissement,
32:56les terrains,
32:57comme ça,
32:57ils vont tous en culture.
32:58C'était le cas
32:59pour cinq des six derniers
33:00départs à la retraite
33:01d'agriculteurs
33:02dans cette commune.
33:03Seule une exploitation
33:04a trouvé un repreneur
33:06pour poursuivre l'activité.
33:08Nicole Lepay,
33:11quand on écoute
33:12cet agriculteur,
33:13on comprend qu'aucun repreneur
33:15ne veut reprendre sa ferme.
33:17Comment on essaye
33:18de convaincre les jeunes
33:19aujourd'hui
33:20de s'investir
33:21dans cette profession
33:22si difficile ?
33:24D'abord,
33:24je voudrais rendre
33:25un premier hommage
33:25à Jean-François Bouris
33:26que je connais bien
33:27puisqu'il a dit
33:29qu'il avait 32 ans
33:30de travail derrière lui
33:33dans son exploitation.
33:34C'est exactement
33:34le même temps pour moi.
33:36Et nous étions ensemble
33:37sur les groupes
33:38de développement agricole
33:39puisque j'ai porté
33:40la présidence
33:41pendant des années
33:41et il était dans le bureau
33:43avec moi.
33:44Il se trouve
33:45qu'il y a aussi
33:45une génération
33:46qui a travaillé
33:48tête dans le guidon
33:49et j'en fais partie
33:51parce que je vous raconte
33:51l'anecdote,
33:52mais mes enfants m'ont dit
33:53le jour de mes 60 ans
33:54qu'on était les derniers
33:55des Mohicans
33:55à avoir travaillé
33:56comme on l'avait fait.
33:58Et je me suis dit
33:59ça veut dire que quelque part
34:00aujourd'hui,
34:01la nouvelle génération
34:02ne veut plus travailler
34:03je dirais autant en temps
34:05parce que là,
34:06avec des animaux vivants,
34:09avec de la terre,
34:11avec des productions,
34:12mais c'est bien du sol,
34:13le sol est vivant aussi,
34:14vous avez
34:15un temps
34:16important
34:18de surveillance,
34:20de présence.
34:21Oui.
34:21La nouvelle génération
34:22souhaite...
34:23Ce n'est pas un ordinateur
34:23qu'on éteint.
34:24Exactement.
34:25Donc la nouvelle génération,
34:26je pense qu'elle veut
34:27réorganiser
34:29et a besoin
34:30d'une qualité de vie
34:31et d'une quiétude,
34:33on peut comprendre,
34:34et peut-être que le schéma,
34:36même si on a essayé
34:37de le transmettre,
34:39c'est compliqué.
34:39Et c'est notamment
34:40ce qu'a fait votre fille
34:41avec votre ferme.
34:44Elle explique,
34:45notamment dans un article
34:47que j'ai pu lire,
34:47qu'elle a fait des modifications,
34:49elle a essayé de changer
34:51un petit peu
34:52la manière de travailler
34:53tout en reprenant la ferme.
34:54Jean-François l'a dit,
34:55il a dit,
34:56j'aurais pu y passer
34:57parce que,
34:59à force d'être la tête
34:59dans le guidon,
35:00j'étais imprudent
35:01sur un moment.
35:02Parce que la charge de travail
35:03faisait,
35:04je dis bien faisait,
35:05que parfois,
35:06nous étions borderline,
35:08comme on dit.
35:09OK ?
35:09Et donc,
35:10ma fille,
35:11voulant,
35:12choisissant
35:13de reprendre
35:14notre exploitation,
35:15après un parcours
35:16de Bac plus 5,
35:17avoir fait le tour du monde
35:18et avoir
35:19travaillé dans le marketing,
35:20etc.,
35:21choisit de revenir.
35:22Un,
35:22pourquoi elle choisit
35:23de venir
35:23sur notre exploitation ?
35:25Parce qu'elle est en accord
35:27avec la vision sociétale
35:31d'aujourd'hui.
35:33Quitte à faire moins,
35:34faire meilleur,
35:35en plein air,
35:38maîtriser
35:38les coûts
35:39de A à Z,
35:41responsabilité du produit.
35:43Il faudrait que vous l'interrogiez,
35:44ce serait même
35:45qui vous le dirait
35:45mieux que moi.
35:47Et ça,
35:48c'est le challenge
35:48de la génération
35:49d'aujourd'hui.
35:50Mais,
35:50à côté,
35:51il faut que le salaire
35:52soit correct.
35:54C'est fini,
35:55la vie d'avant.
35:56C'est un vrai problème
35:56pour les agriculteurs.
35:57Je peux vous dire,
35:58ma maman,
35:5987 ans,
36:01650 euros
36:02de retraite.
36:04Et,
36:05le pire,
36:06la non-reconnaissance,
36:07puisque les courriers
36:08arrivaient toujours
36:08au nom de
36:09monsieur le sergent
36:10Joachin,
36:11mon papa,
36:11et MME.
36:12très compliqué.
36:13Vous savez,
36:13la MME à côté.
36:15Même pas la reconnaissance
36:16ni du nom
36:16ni du prénom.
36:18Donc ça,
36:18j'ai toujours lutté.
36:19Ce qui est important
36:19dans la transmission,
36:20on a peut-être lu
36:21le même article,
36:22Valérie,
36:22c'est un mot qui revient,
36:23c'est la douceur.
36:24Ça s'est fait en douceur,
36:25cette transmission.
36:26Est-ce que c'est le secret
36:27de la réussite
36:28d'une transmission ?
36:29On se dit qu'avec ce monsieur,
36:30ça ne va peut-être pas être
36:31en douceur,
36:32parce qu'il n'y a pas
36:32de repreneur,
36:33il va peut-être falloir
36:33forcer les choses.
36:34Elle est venue d'ailleurs,
36:35vous ne le dites pas,
36:36mais elle est venue d'abord
36:36travailler comme salariée
36:37dans la ferme.
36:37Absolument.
36:38Et ensuite...
36:38Je pense que mes enfants
36:41ont tous donné un coup de main
36:42à la ferme, etc.
36:44Ma fille était intéressée
36:45par la partie commerciale,
36:46parce que là,
36:46vous l'avez ou vous ne l'avez pas.
36:47C'est clair.
36:48Il faut être clair.
36:49Parce que nous,
36:49au vent,
36:50notre valeur ajoutée,
36:51c'est la transformation
36:52et la vente directe.
36:53Bien d'accord.
36:54Donc c'est là
36:55qu'on fait notre marge.
36:56Mais c'est un risque
36:58énorme que vous prenez.
37:00Et on a six salariés.
37:02Ma fille a repris
37:03les salariés de l'entreprise.
37:04Que des femmes, hein ?
37:05Non.
37:06Vous n'aviez que des femmes,
37:07vous, pendant un temps.
37:08Oui, il fut un temps.
37:09Et la parité, madame ?
37:10Oui, justement.
37:11Mon mari m'a dit
37:11que je suis très contente
37:12de voir des hommes arriver aussi.
37:13Vous voyez ?
37:14Ça s'équilibre.
37:15Non, c'est une petite
37:16entreprise familiale.
37:16Il faut rester à son humble niveau.
37:18Mais à la fois,
37:19on fait travailler le territoire
37:20et on structure le territoire.
37:23Ça, c'est votre exemple à vous.
37:24Mais vous le savez bien,
37:26sur l'intégralité de l'Hexagone,
37:27on va perdre,
37:28dans les dix prochaines années,
37:2950% de nos agriculteurs.
37:32Voilà, un sur deux.
37:32Sans doute, je dis bien.
37:33Oui.
37:34Et comment on fait ?
37:34Je reste optimiste.
37:35Comment on fait ?
37:36Est-ce que la loi d'orientation agricole,
37:38elle répond correctement à ça ?
37:39Est-ce que ce bachelor agriculture
37:42va aider les jeunes
37:44à reprendre des fers ?
37:45Je crois que oui,
37:46parce que je vais vous avouer
37:47quelque chose.
37:48Jeudi dernier,
37:50j'ai fait Paris-Pontivy,
37:52à nouveau,
37:53pour pouvoir remettre
37:55le diplôme,
37:56bachelor, licence 3,
37:59bac plus 3,
38:00si vous voulez,
38:00en simple,
38:01à des futurs agri-ménagers.
38:03OK.
38:03Et ils étaient tous
38:04de la Bretagne,
38:06du Grand Ouest.
38:07Allez, on va dire du Grand Ouest.
38:08Et quelque part,
38:09je voyais les challenges
38:10dans les yeux
38:12de ces gars
38:12et de ces filles
38:13de réussir un projet,
38:16c'est-à-dire de mener,
38:19et peut-être avec moins
38:20de scrupules que nous,
38:22le camp dira-t-on,
38:23alors là,
38:24ça leur passe vraiment loin,
38:25et mettre l'accent
38:28sur, un,
38:29la production,
38:30deux,
38:30la traçabilité,
38:32trois,
38:33je dirais,
38:34même plus,
38:35l'efficacité
38:37et la productivité.
38:38Mais donc,
38:39vous avez...
38:39Quitte à changer,
38:40peut-être,
38:41dans 10 ans,
38:42dans 15 ans.
38:42Et pourquoi pas ?
38:43Et pourquoi le métier
38:44d'agriculteur,
38:45on ne pourrait pas,
38:45pendant 10,
38:4615 ans,
38:47travailler sur un territoire,
38:49travailler dans une exploitation,
38:51et puis,
38:51dans 15 ans,
38:52aller dans la cuisine,
38:53comme moi,
38:55pourquoi pas ?
38:55On a la gastronomie.
38:56Pourquoi pas ?
38:57Pourquoi pas changer ?
38:58Et les challenges,
38:59c'est autre chose.
39:00Donc, du coup,
39:01vous vous projetez.
39:03Et les...
39:03Je dirais,
39:04le côté pervers
39:05de notre génération,
39:06la mienne,
39:07c'est qu'on ne s'est pas projeté.
39:08On était agriculteur,
39:09on y allait jusqu'à la fin.
39:10Et donc,
39:11beaucoup de gens ont galéré.
39:12J'ai,
39:13personnellement,
39:14dans les groupes
39:16de formation,
39:17grâce à la Chambre d'agriculture,
39:19on a pu avoir
39:20et entendre
39:21des témoignages
39:22d'agriculteurs
39:23qui disaient,
39:23« Moi, j'ai repris la ferme
39:24parce que mon père m'a dit
39:25« T'as intérêt de la reprendre
39:26parce que sur tes épaules
39:27repose,
39:29un,
39:30le candidaton de la famille. »
39:31Oui, la famille.
39:32Voilà.
39:33Donc,
39:33certains ont repris une exploitation
39:34et ce n'était pas vraiment
39:35leur choix de vie.
39:36Et donc,
39:37vous portez toute une vie
39:38quelque chose
39:39que vous n'avez pas vraiment choisi.
39:40La nouvelle génération
39:41d'aujourd'hui
39:42arrive avec des compétences extérieures,
39:44avec,
39:45je dirais,
39:45des diplômes
39:46et il en faut quand même,
39:47notamment pour la gestion.
39:48D'ailleurs,
39:48ma fille,
39:49quand elle a fait son diplôme,
39:51même avec Bac plus 5,
39:53elle a demandé de faire une VAE.
39:54Oui,
39:55une validation d'acquis.
39:56Ok.
39:56Elle fait une validation d'acquis
39:58et 30% de son rapport
40:00sur les RH,
40:01gestion du personnel,
40:03aujourd'hui.
40:03Ok.
40:04C'est plutôt une bonne chose.
40:05Exactement.
40:06Oui, parce que la tour est organisée,
40:07je crois.
40:07C'est ça.
40:08On n'avait pas assez amorcé ça avant
40:09et aujourd'hui,
40:10sur les exploitations,
40:12il y aura des saluines.
40:13Donc,
40:13vous avez plutôt bon espoir
40:14que finalement,
40:15le métier...
40:15Moi, j'ai l'espoir.
40:17Certainement,
40:17il y aura de l'agrandissement,
40:18on va être honnête,
40:19un peu d'agrandissement,
40:20mais il y aura aussi
40:21des beaux challenges à faire.
40:24Allez, maintenant,
40:24on prend la route.
40:25La Nationale 13,
40:26très précisément,
40:27et on vous emmène déjeuner
40:28dans un relais routier.
40:30C'est tout de suite
40:30dans les pieds dans le plat.
40:37La France en a compté
40:38jusqu'à 3500 dans les années 70.
40:40Aujourd'hui,
40:41les fameux routiers
40:41sont dix fois moins nombreux
40:43le long de nos routes nationales.
40:45Désertés par une grande partie
40:46des chauffeurs de poids lourds,
40:48ils ont donc dû séduire
40:49une autre clientèle,
40:50des locaux,
40:51des familles,
40:52des touristes,
40:52avec des formules à volonté,
40:54souvent,
40:54et des prix très bas.
40:56C'est un reportage
40:56au bord de la Nationale 13
40:58de Stéphanie Despierre
40:59et Juliette Prunier.
41:02Un cercle blanc
41:03sur fond bleu et rouge.
41:05Ce label,
41:06les routiers,
41:07existe depuis 80 ans.
41:09Au bord de la Nationale 13,
41:11tout près de l'autoroute
41:12Paris-Normandie,
41:13ce relais
41:14est une institution.
41:16Salut !
41:17Salut !
41:17Ça va ?
41:19À qui, Runaflie ?
41:20Et de Kier ?
41:21Alison Bernard et son mari
41:22l'ont racheté il y a deux ans.
41:23Je vous laisse aller
41:24tout au bout du couloir,
41:25ils vont vous installer,
41:25je vous souhaite un bon appétit.
41:26Ils ont gardé la recette gagnante,
41:29menu complet à 16 euros
41:30et cuisine traditionnelle.
41:32Bœuf bourguignon,
41:33sommonnet de sauce safranée,
41:34rognon de bœuf sauce madère et sa purée,
41:37pavé de rhum steak,
41:38jambon grillé ou steak haché.
41:39En cuisine,
41:40le patron s'active.
41:42Il y a 25 ans,
41:43Nasser était apprenti ici,
41:45alors il est rôté.
41:45Les gamelles,
41:46ça c'est le jus du bourguignon.
41:48Il prépare au quotidien
41:49deux plats du jour.
41:50Vous voyez,
41:50là on est au cœur
41:51de la restauration traditionnelle.
41:55Le rôti orlof,
41:57en fait ça consiste à glisser
42:00entre deux tranches,
42:02une tranche de jambon
42:03ainsi qu'une tranche d'émental.
42:06Ça marche très très bien
42:07les plats du jour
42:07dans un restaurant routier.
42:09Ça me coûte moins cher,
42:10vous voyez,
42:10de faire un mon rôti orlof maison
42:12aujourd'hui
42:12que de l'acheter déjà tout prêt.
42:14Je me casse la tête
42:15pour arriver à sortir
42:17des menus à 16 euros.
42:18Le prix,
42:19c'est décisif
42:20pour convaincre
42:21les routiers
42:22et les autres.
42:23Un restaurant routier,
42:23ça ne peut pas tenir
42:24juste avec nos chauffeurs
42:25le soir.
42:27Si un restaurant routier
42:28n'arrive pas à faire travailler
42:29son restaurant le midi,
42:31il est mort.
42:32Car depuis une vingtaine d'années,
42:34les routiers ne s'arrêtent
42:35que le soir,
42:36plus à l'heure du déjeuner.
42:37Ce midi-là,
42:38Jérôme est le seul chauffeur
42:40dans la salle.
42:41Ça se perd un peu
42:41parce qu'il y a beaucoup
42:42de personnes suivant
42:43les moyens aussi,
42:44certainement.
42:45Il y en a beaucoup
42:46qui mangent dans le camion.
42:47Des ouvriers,
42:48des salariés,
42:48des usines voisines
42:49et quelques touristes
42:50assurent la relève.
42:51Le bœuf bourguignon frite.
42:53Ils apprécient
42:54ce qui fait le sel
42:55d'un routier.
42:56C'était très bon.
42:57Et franchement,
42:58comme ma grand-mère.
42:59C'est à côté
43:00de notre chantier
43:00qui n'a même pas un kilomètre.
43:02Et puis les prix
43:03sont attractifs.
43:04C'est pas trop cher
43:05et puis on mange bien.
43:05On n'ose pas rentrer
43:06parce qu'on pense
43:07que c'est réservé
43:07aux routiers justement.
43:08Et c'est pas du tout
43:09le cas, il faut venir.
43:10Ici, il y a 20 ans,
43:11on servait 300 repas par jour.
43:13Aujourd'hui,
43:14c'est plutôt 150.
43:15Mais le patron reste déterminé
43:17à entretenir cette tradition
43:19du resto routier.
43:21Vous venez de nous avouer
43:22que si vous gagnez
43:22à l'euro million,
43:23vous montez un restaurant.
43:24Alors vous préférez monter
43:25un relais routier
43:25ou un étoilé ?
43:27Alors franchement,
43:28je prendrais un étoilé
43:29pour la qualité
43:31et le nec plus ultra
43:33de la cuisine française.
43:33Ça ne s'achète pas l'étoilé.
43:34Il faut la conquérir.
43:35Il faut la conquérir,
43:36bien sûr.
43:37Tout à fait.
43:38Mais ça ne m'empêche pas
43:39de fréquenter les routiers.
43:40Je suis allée
43:41avec mes collaborateurs.
43:42Qu'est-ce que vous avez vu
43:42chez les routiers ?
43:43Le routier le plus près
43:43de ma permanence,
43:47c'est une zone,
43:48une petite zone
43:49et on y va
43:50avec mes collaborateurs
43:50parce que,
43:51j'ai vu l'autre jour d'ailleurs,
43:53le lundi,
43:54pour 10 euros,
43:55vous avez un plat,
43:56un dessert et une boisson.
43:57Mais de qualité ?
43:58Eh bien,
43:59ou c'est...
44:00Alors justement,
44:01cuisiner à l'ancienne.
44:01Voilà.
44:02Et je me dis,
44:04pourquoi pas un plat chaud,
44:07un dessert et une boisson
44:08pour des gens qui roulent,
44:10qui ont...
44:10Alors,
44:11on a compris,
44:12c'est qu'il y a
44:13de moins en moins
44:13de camionneurs.
44:14Ils mangent dans leur camion.
44:15Il y a une paupérisation
44:16du travail de routier.
44:1710 euros,
44:18chapeau le chef cuisinier.
44:19C'est ce qu'il dit,
44:20il dit que c'est un casse-tête.
44:22Exactement.
44:23Et là,
44:24vous voyez,
44:24le travail en plus
44:25que l'on ne voit pas derrière,
44:26c'est la gestion des produits
44:27qui composent le menu.
44:29Donc,
44:29oui.
44:30Pour sortir un revenu.
44:31Est-ce que ces routiers-là
44:32font partie
44:33du patrimoine français ?
44:34Absolument.
44:35Partout.
44:36Absolument.
44:37Et aujourd'hui,
44:38on voit une nouvelle clientèle d'ailleurs.
44:39Ils savent séduire
44:40une nouvelle clientèle
44:41qui arrive,
44:42de papi et mamie
44:42qui arrivent en retraite
44:43aujourd'hui,
44:44qui viennent entre copains,
44:45jouer la balade
44:46de l'après-midi
44:46et ont déjeuné avant
44:47au relais routier.
44:49Et qui ne gardent pas
44:50leurs 38 tonnes
44:50sur le parking.
44:51Ce n'est pas la peine
44:52d'être camionneur
44:52pour entrer dans le relais routier.
44:53Non, justement,
44:54mais pourquoi pas
44:54ouvrir aujourd'hui
44:56et peut-être
44:57cette cuisine du plat chaud,
44:59cuisine à l'ancienne,
45:00et de lutter
45:02contre l'isolement.
45:04Oui,
45:04ça apporte du lien social,
45:06ce genre d'établissement.
45:08Faites-nous des confidences.
45:09On regarde,
45:09ils vont sourire.
45:11Je ne déjeune
45:12ou je ne dîne
45:12jamais seul.
45:13Jamais,
45:14jamais,
45:14jamais.
45:15Vous avez tort,
45:16c'est très sympa.
45:16Ah, mais moi,
45:17je n'aime pas non plus.
45:18Je ne suis pas sûre.
45:18Parce qu'on est ici.
45:19Je ne suis pas sûre.
45:19Moi, j'ai le besoin
45:21du contact.
45:22Ah, je comprends.
45:22Pourquoi j'aime l'hôtellerie,
45:23pourquoi j'aime la restauration,
45:25je pense que j'aime le contact.
45:27Et je pourrais vous en raconter
45:28d'autres.
45:29On n'en a pas le temps.
45:31Non, non, je disais,
45:32est-ce qu'il faut les aider,
45:32du coup,
45:33ces établissements ?
45:33Est-ce qu'il faudrait
45:34peut-être les subventionner,
45:36les mettre plus en valeur ?
45:38Parce qu'ils sont...
45:39Jean-Pierre Laguille...
45:40Déjà, de faire découvrir
45:40la qualité des produits.
45:43Parce que je pense
45:44que le relais routier,
45:45voilà.
45:46Oui.
45:47Il y a un mépris de classe,
45:47parfois.
45:48Il y a une mauvaise réputation.
45:49C'est pas ça.
45:50D'ailleurs, on retrouve la même chose.
45:52Si tu ne travailles pas à l'école,
45:53tu iras travailler à l'usine.
45:54Aujourd'hui,
45:55quand vous voyez le niveau
45:55des gens qui travaillent
45:56dans les usines,
45:57et la responsabilité
45:59qu'ils ont,
45:59un, sur les machines,
46:01deux, le produit
46:01qui va en sortir,
46:02c'est quelque chose.
46:03Alors, comment on fait
46:04pour lutter contre ces préjugés-là,
46:05notamment sur les routiers ?
46:06Je pense qu'aujourd'hui,
46:08ça va se faire tout simplement
46:09parce que l'accès,
46:12les produits,
46:13la variété de la carte,
46:15etc.,
46:16accessible à des prix
46:17mais bien serrés.
46:18Et d'où l'importance
46:20d'une gestion très pointue
46:22de la productivité.
46:24Alors, ça me fait penser,
46:25on en a déjà parlé
46:26dans cette émission,
46:27quand on voit la recette
46:28des relais routiers,
46:28prix traditionnel,
46:29bœuf bourguignon,
46:31gratin dauphinois,
46:32à prix serré,
46:33ça me fait penser
46:33au succès des bouillons
46:34qui sont un peu
46:34le pendant urbain
46:36des routiers.
46:38Est-ce que vous fréquentez
46:39aussi ces bouillons
46:40qui ont retrouvé
46:41une seconde jeunesse ?
46:42C'est des restaurants
46:43du siècle dernier.
46:43Mes enfants connaissent
46:44très bien les bouillons,
46:45les deux qui étaient sur Paris.
46:45C'est marrant
46:46parce que c'est les mêmes
46:47leviers qui fonctionnent.
46:49Oui, oui, tout à fait.
46:50Là aussi, il faut une gestion
46:51au cordeau parce que...
46:52Oui, exactement.
46:53La même image
46:53et puis ce côté aussi
46:55bien au chaud, chaleureux,
46:57cocooning un petit peu.
46:58Et c'est peut-être
46:59ce qui manque aujourd'hui
46:59dans une société
47:00qui est parfois anxiogène
47:02de par tous les conflits
47:03que nous voyons,
47:04qui soient climatiques,
47:05qui soient, je dirais,
47:07politiques ou qui soient économiques.
47:10Quelque part,
47:10ce besoin aussi
47:11d'être rassuré,
47:12d'être bien chez soi.
47:13Vous voyez ce que je veux dire ?
47:14Et ça, il y en a un
47:15au Place du Martret à Pontivillon.
47:17Vous avez une femme de...
47:17Pas que dans les grandes villes,
47:18donc je suis désolé.
47:20Dans les territoires aussi,
47:21il y a des bouillons, Valérie.
47:22Absolument.
47:22Et on les salue.
47:23Je vous invite la prochaine fois
47:24sur Pontivillon.
47:24Très bien, c'est noté.
47:26Et comme on ne termine jamais
47:27un repas sans une note sucrée,
47:28c'est maintenant l'heure
47:29du pêcher mignon.
47:30C'est un clafouti, Valérie.
47:34Alors, le clafouti,
47:34c'est un gâteau
47:35qui est originaire
47:36du limousin,
47:37traditionnellement composé,
47:38bien sûr,
47:39de cerises entières,
47:40non dénoyautées,
47:41parce que c'est le noyau
47:42qui va donner du goût
47:43au gâteau,
47:44et entièrement recouvert
47:45d'un appareil afflant,
47:46comme on dit dans le jargon
47:47de la restauration.
47:49Mais vous avez préféré
47:50les pommes,
47:50c'est votre côté chauvin,
47:51votre côté breton.
47:52Et vous préférez
47:53les pommes
47:54aux cerises bretonnes.
47:55J'assume.
47:56J'assume parce que la pomme,
47:57tout simplement,
47:58mes parents avaient des vergers,
48:00et le fruit quotidien,
48:01c'était la pomme.
48:02J'ai mangé énormément de pommes.
48:03J'ai une confidence là-dessus,
48:04si vous voulez.
48:05Alors, on vous écoute.
48:071976, sécheresse.
48:11Les fruits, hors de prix.
48:13J'étais en déplacement,
48:15j'allais apprendre l'anglais
48:17pendant l'été en Angleterre,
48:19etc.
48:20Et donc, en revenant,
48:21mes parents viennent me chercher.
48:22À l'époque, j'avais 16 ans,
48:23mes parents viennent me chercher
48:24et je me rappellerai toujours
48:26à l'arrière de la R16,
48:28il y avait une clayette de pommes
48:29avec les pommes que j'aimais.
48:32Meilleur cadeau de retour sur le territoire.
48:34Vous voyez, ça marque encore...
48:35Vous avez failli voter Chirac,
48:36même, avec les pommes, non ?
48:37Je vous propose de le goûter.
48:39Est-ce que vous le faites chez vous,
48:41le clafouti de pommes ?
48:41Alors, j'ai fait très longtemps.
48:42C'est sans doute la première recette
48:43que ma maman m'a apprise
48:44avec la mayonnaise, évidemment.
48:46Et puis, les premières recettes,
48:49c'était le clafouti
48:49parce que c'est simple.
48:50Parce que la pomme est accessible,
48:52vous l'avez à côté.
48:52Alors, justement,
48:54on parle des pommes.
48:56Est-ce que vous avez une préférence
48:59pour les pommes bio ?
49:00Je vous parle de ça
49:00et vous me voyez venir.
49:01On sait très bien
49:02que c'est le fruit en France
49:03qui est le plus traité.
49:06Comment vous répondez à ça ?
49:08Est-ce que ça a de l'importance
49:09pour vous de peut-être
49:10manger des pommes
49:11avec un peu moins de pesticides,
49:13un peu moins de produits chimiques ?
49:15Moi, j'avoue que j'ai connu
49:16que les pommes, évidemment,
49:18qui n'étaient pas traitées
49:19dans le verger sauvage
49:20de mes parents.
49:22Alors, aujourd'hui,
49:23pour la conservation,
49:24parce que le client est exigeant,
49:26il est versatile.
49:27Il veut tout, tout de suite.
49:28Il veut consommer
49:29tous les fruits, tout de suite.
49:31Mais il ne s'interroge pas
49:33quand il le consomme
49:34sur la provenance, souvent,
49:37sur cette sécurité alimentaire
49:39que je disais.
49:40Donc, quelque part,
49:41il est versatile.
49:42Donc, moi, je veux bien
49:43qu'on ne traite plus les pommes,
49:45du tout.
49:45Mais c'est ma question.
49:46Quel est votre avis à vous ?
49:47Ça va être compliqué
49:48de les conserver.
49:49Vous qui avez mangé, donc,
49:50des pommes sans aucun pesticide.
49:52Mais aujourd'hui,
49:53avec les variétés de pommes,
49:54avec, justement,
49:56tout un travail
49:56qui est fait par la recherche,
49:57on arrive aujourd'hui
49:58à pouvoir cultiver
50:01et produire
50:03des pommes,
50:04des poires, etc.,
50:05avec moins,
50:06moins d'un tronc avant.
50:08Dix fois moins
50:09d'un tronc avant.
50:10Aujourd'hui,
50:11vous avez des traitements
50:13comme je vois...
50:14Il y a eu une porte ouverte
50:15sur notre exploitation
50:16où on a fait
50:18ce qu'on appelle,
50:19on a fait traîner
50:20une R-cétrie
50:21derrière un tracteur.
50:22La R-cétrie,
50:23qu'est-ce qu'elle fait ?
50:24Entre deux rangs,
50:25elle enlève les adventices.
50:26Oui.
50:27Ce qu'on appelle
50:27les mauvaises herbes,
50:28les adventices.
50:29Elle les enlève.
50:30OK.
50:31Il faut passer une fois,
50:32deux fois,
50:32trois fois.
50:33Mais du coup,
50:34on tasse la terre,
50:35du coup,
50:36on utilise
50:37trois fois plus de gasoil
50:38et on paye trois fois
50:40l'heure de travail
50:41du chauffeur de cumin.
50:43Oui,
50:43parce que vous dites
50:44c'est mécanique,
50:45donc forcément,
50:46c'est meilleur pour la santé.
50:47C'est mieux.
50:47Mais ça a un coût.
50:48Ça a un coût.
50:49Est-ce que vous êtes capable
50:50aujourd'hui
50:51d'acheter le kilo de pomme
50:53plus cher ?
50:54Mais qu'est-ce qu'on fait
50:54pour proposer aux consommateurs
50:56de meilleurs produits
50:56sans produits chimiques ?
50:57On est bien d'accord
50:57que l'heure de travail
50:58doit être rémunérée
50:59chez vous comme chez nous.
51:00Bien sûr.
51:01Voilà.
51:01Bien sûr,
51:01mais qu'est-ce qu'on fait
51:02pour proposer aux consommateurs
51:03de meilleurs produits
51:04sans produits chimiques ?
51:06Déjà,
51:06aujourd'hui,
51:07il y a un effort de fait
51:08mais qui n'est pas assez
51:09divulgué,
51:09à mon avis,
51:10sur moins d'intrants.
51:13Énormément d'intrants en moins.
51:13Et là,
51:13le retour de l'acétamipride,
51:15par exemple ?
51:15L'acétamipride,
51:17on y est,
51:17on va y travailler
51:18la semaine prochaine,
51:19c'est une molécule,
51:21celle qui est acceptée
51:22dans les 26 pays européens
51:25sauf la France.
51:26Parce qu'en 2016,
51:27il y a eu une erreur de faite
51:28et c'était en France
51:29qu'elle a été faite.
51:30On a enlevé
51:31tous les néonicotinoïdes.
51:33Oui,
51:33pour sauver les abeilles.
51:34Alors,
51:36je ne dirais pas ça
51:37parce que ça dépend
51:37de ce qu'on veut faire.
51:39Les abeilles,
51:39par exemple,
51:40on en parle de la betterave.
51:41Les abeilles,
51:41elles ne vont pas
51:42sur les fleurs de betterave.
51:43Alors,
51:43il faut réfléchir un petit peu.
51:45L'acétamipride,
51:46c'est la molécule
51:46la moins dosée
51:48et d'ailleurs,
51:49si vous relisez
51:50les informations
51:51de hier et avant-hier,
51:54aujourd'hui,
51:55même l'ANSES
51:56explique
51:57et l'EFSA
51:58à Parme
51:59qui explique
52:00que justement,
52:01l'acétamipride
52:02n'a pas
52:03ou n'aurait pas
52:04même d'influence.
52:05On est bien d'accord.
52:06Mais comme elle fait partie
52:07d'une grande famille
52:08qui s'appelle
52:08néonicotinoïdes,
52:09comme la Véronique,
52:10si vous me demandez
52:11les fleurs,
52:11les Véroniques,
52:12il y a milliers
52:13de variétés de Véroniques.
52:14Certaines sont plus belles
52:17que d'autres,
52:17etc.
52:18Donc,
52:19c'est une molécule.
52:20Donc,
52:20on n'est pas
52:21pour faire revenir
52:22tous les néonicotinoïdes,
52:23on est bien d'accord,
52:24on travaille justement
52:25pour les condamner
52:26comme
52:27devraient faire
52:29tous les pays européens.
52:30Alors,
52:30on l'a relancé
52:32jusqu'en 2033.
52:34C'est ça,
52:35en 2033.
52:36On accélère la recherche
52:37de l'autre côté,
52:38on a vu l'ANSES.
52:39En essayant
52:39de trouver une solution.
52:40Exactement.
52:41Sinon,
52:42on vous coupe
52:43une bonne partie.
52:44Il va y avoir
52:44une dérogation,
52:45entendons-nous bien,
52:46qui va permettre
52:47un peu aux producteurs
52:48de noisettes,
52:49de betteraves
52:49de respirer.
52:50Exactement.
52:51Parce qu'aujourd'hui,
52:51la betterave,
52:52notamment la betterave,
52:53donc on n'a plus
52:54de betterave à sucre
52:55en France.
52:56OK ?
52:56On a fermé
52:57les usines
52:58sucrières.
53:00OK ?
53:01L'Allemagne,
53:0247% d'augmentation
53:04de production de betterave.
53:05Oui,
53:05avec ce pesticide.
53:07On vous a entendu.
53:08Les Pays-Bas,
53:09de mémoire,
53:09c'était 17% ou 18%
53:11d'augmentation
53:11de production de sucre.
53:12Et pour les noisettes,
53:13c'est le même.
53:13C'est pour ça
53:15que je vous presse un peu.
53:16Mais on vous a entendu
53:17et c'est important
53:18de vous entendre aussi
53:18sur ce sujet
53:19puisque vous avez choisi
53:21une musique
53:22pour accompagner ce dessert
53:23qu'on écoute tout de suite.
53:37Happy,
53:38pourquoi ?
53:39Alors,
53:40happy parce que
53:41d'abord,
53:41j'ai fait beaucoup
53:42de modern jazz
53:42pendant des années
53:43et des galates-danses,
53:44etc.
53:45Après avoir fait du judo
53:46pendant des années aussi.
53:47Et donc...
53:48Vous avez participé au clip ?
53:49Parce que vous parlez anglais.
53:50Alors,
53:50vous n'avez pas tort
53:51parce que le clip,
53:53ce clip,
53:54c'est sur le bonheur.
53:55Oui.
53:55Est-ce que les gens
53:56peuvent s'arrêter
53:56trois minutes
53:57sur une journée,
53:59sur une année
54:00pour s'autoriser à danser ?
54:02On ne demande pas
54:02d'être professionnel,
54:03on demande de se faire plaisir.
54:04Et je trouve que ce clip,
54:07je ne sais pas comment vous faites
54:08pour ne pas résister à danser
54:09sur quelque chose.
54:09Non, non, mais si,
54:10mais on a un ancien...
54:11On sait se tenir.
54:12Jean-Pierre se retient,
54:14mais c'est un très...
54:14En voiture,
54:15vous l'écoutez,
54:16vous êtes là,
54:17vous avez les épaules qui bougent.
54:18Enfin, excusez-moi.
54:18Je pensais que c'était aussi
54:19pour la pomme d'Api,
54:20mais bon.
54:21Ah, pas mal.
54:22Elle est mignonne.
54:23On va terminer l'émission là-dessus.
54:24Merci infiniment,
54:25Madame Le Pé,
54:25d'avoir participé
54:26ce repas,
54:27ce déjeuner avec nous.
54:29Merci beaucoup,
54:29Jean-Pierre.
54:30Merci, Valérie.
54:30Vous viendrez nous rencontrer
54:31en Bretagne.
54:31Bien sûr.
54:32Je vous compte sur vous.
54:32On viendra avec très,
54:33très grand plaisir.
54:35Et on remercie évidemment
54:36le restaurant Le Bourbon
54:37qui nous a concocté
54:38ce plat et ce dessert.
54:39Ah, on n'a pas parlé
54:40des petits caramels au beurre salé ?
54:42Ah oui,
54:42enrobés du juanadu.
54:44Ah, de quoi ?
54:45Le juanadu,
54:46c'est le drapeau breton.
54:47Ah, je ne sais même pas.
54:47Il faut les manger
54:48à la fin du repas
54:49parce qu'autrement,
54:49on a les dents tout collés.
54:50On va faire le générique là-dessus.
54:51Merci encore
54:52et à très bientôt
54:53dans Policique à Table.
54:54Kenabo.
54:55Merci.
54:55Kenabo.
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