Naïma M’Faddel, essayiste, revient sur l’émotion et la colère du père de l’adolescent tué à Dax : «C’est fini, on ne peut plus laisser nos enfants participer aux moments de joie et festifs».
00:00Écoutez, c'est un drame de plus, un drame de plus, et maintenant on voit qu'on doit égréner, malheureusement,
00:08ces drames de jeunes qui se font tuer pour un regard, pour un portable, pour une casquette, c'est terrifiant.
00:16On voit, on ne peut que constater, malheureusement, que dans notre société, qui est aujourd'hui gangrénée par l'insécurité et la violence,
00:25eh bien, on ne peut plus avoir de moments de joie, des moments festifs, des moments heureux, où on peut laisser nos enfants y participer.
00:34Moi-même, j'ai des enfants, je peux vous dire que c'est fini. Ils ne vont plus lors de ces manifestations.
00:39Vous vous rendez compte de cette situation ? Et quand moi j'entends dire que ce papa a eu des propos peut-être choquants,
00:47on veut aussi lui nier le droit de dire sa souffrance, sa douleur, on veut aussi lui enlever ça sous prétexte de ne pas stigmatiser.
00:58Il faut arrêter, il faut arrêter, il faut laisser le dire. Et moi j'aimerais bien que tous ces bobos repus, que tous ces politiques,
01:05qui aujourd'hui s'offusquent, que ce papa puisse dire sa douleur, comme la maman d'Elias a pu le faire avec cette lettre extrêmement bouleversante,
01:13qu'ils puissent s'offusquer, que ces parents disent leur douleur, leur souffrance, je suis scandalisée.
01:19Scandalisée. J'aimerais les voir, eux, si jamais ça leur arrivait, si jamais ils étaient touchés dans leur chair et qu'ils perdaient un de leurs enfants.
01:26Vous avez parlé des propos de ce père, dont certains propos, nous avons décidé de ne pas les diffuser dans ce reportage puisqu'ils sont très forts.
01:33Et ce sont des propos que beaucoup de personnes pensent en France, tout bas.
01:38Vous me permettez ?
01:39Bien sûr.
01:39Qu'est-ce qu'il a dit ce papa ? Moi je les ai entendus, les propos. En quoi c'est choquant ?
01:44À un moment, il dit, nous sommes dans un pays extrêmement généreux. Nous sommes un pays qui accueille tout le monde.
01:49Nous sommes à bras ouverts. Aujourd'hui, on s'inquiète de la répercussion. Effectivement. Est-ce qu'on a le droit de le dire ou pas ?
01:57Quand vous voyez qu'on égrène des tragédies qui sont le fait aussi de personnes sous IQTF, de personnes récidivistes, etc.
02:08Est-ce qu'à un moment, on peut se dire sociétalement, arrêtons et penchons-nous sur ce qui se passe aujourd'hui ?
02:14Parce que je le dis souvent, même les jeunes qui sont nés en France et qui commettent des violences, etc., dont le docteur Maurice Berger,
02:21avec cette surreprésentation, malheureusement, des jeunes issus de l'immigration,
02:26Si on se penche dessus, ça veut dire qu'on peut les sauver peut-être de cette violence.
02:32On peut arrêter leurs mains et sauver aussi les victimes.
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