00:00Nouvelle tête Mathilde Serrel, ce matin votre invitée a 34 ans et elle voyage dans sa musique,
00:06autant qu'elle fait voyager.
00:08La chanteuse, autrice, compositrice et guitariste Gabi Hartmann est dans notre studio.
00:15Vous êtes arrivée sur l'île secrète de Salinda.
00:20Salinda, la fille aux yeux de sel.
00:26Le début de l'histoire peut commencer.
00:30Bonjour Gabi Hartmann, et merci de nous emmener sur votre île imaginaire ce matin, l'île de Salinda.
00:38Vous la visualisez comment ?
00:39L'île ? Il y a des cocotiers, il y a du saft, de la mer et puis beaucoup de coquillages aussi.
00:47Il y a une presse incroyable aussi tout autour de cette île, il y a des gros titres partout.
00:51En fait la critique est unanime, Figaro, Parisien, Les Echos, Elle, Rolling Stone, Ouest France.
00:56Vous avez déjà passé une tête chez nous dans Côté Club sur France Inter.
00:59Et on retrouve sur le disque à la production Jessie Harris, qui est producteur des plus grands succès, de Nora Jones, de Mélodie Gardaud.
01:05De Mélodie Gardaud, c'est la femme aux yeux de sel, cet album, le deuxième.
01:09Et c'est une merveille, c'est même un refuge.
01:11En fait, si vous vous sentez mal, vous mettez l'album de Gabi Hartmann, ça ira beaucoup mieux.
01:14C'est un conte musical en trois chapitres, en français, en anglais, en espagnol, en portugais, en soussous, langue guinéenne.
01:21On y retrouve aussi une chanson sud-africaine.
01:23C'est la première fois que vous assumez autant cette identité multilingue, cette part ethnomusicologue que vous avez,
01:29puisque vous avez fait une formation pour ça.
01:31J'avais déjà commencé dans mon premier album à assumer ce côté aimer chanter dans plusieurs langues.
01:38Et pour moi, les langues, c'est rentrer dans les cultures différentes.
01:41Et puis, chaque langue a son rythme, a sa musicalité.
01:44Donc, ça me plaît de chanter dans toutes ces langues.
01:47Et puis, j'ai voyagé beaucoup.
01:48Donc, forcément, ça explique ça.
01:52Et en fait, les langues que je chante dans ce deuxième album, c'est aussi des pays où je suis allée.
01:56L'Afrique du Sud, où j'ai passé du temps.
01:58J'ai fait de la recherche là-bas.
01:59J'étais fan de Myrène Makeba pendant longtemps.
02:01La Guinée avec le Soussou.
02:04Le Brésil, bien sûr.
02:05Donc, c'est pour ça qu'il y a cette hybridité dans ma musique.
02:10Hybridité des sons, hybridité des langues.
02:12Et vous, vous êtes nés musicalement au Brésil.
02:15On va écouter cette chanson pour vous, qui est un totem absolu.
02:18Peut-être une révélation.
02:20Les eaux de Mars.
02:21Antonio Carlos Jobim, Elis Regina Aguas de Marceau.
02:50Qu'est-ce qui s'est passé pour vous au Brésil quand vous êtes arrivée ?
02:53Vous n'osiez pas vous mettre à la musique en fait ?
02:55Si, j'en faisais déjà depuis longtemps.
02:56Mais dans votre chambre.
02:57C'était un peu mon coming out de chanteuse quand je suis allée vivre au Brésil.
03:02Je suis partie faire un Erasmus là-bas.
03:04Parce qu'à la baisse, je faisais des sciences politiques et de la philo.
03:06Donc, rien à voir.
03:07Sciences Po, tout ça.
03:08Et puis, je suis tombée amoureuse du Brésil.
03:13Amoureuse d'un garçon aussi.
03:15On est dans une chanson de Jeanne Moreau.
03:17Et puis, surtout, ça a été un choc.
03:20Parce que j'avais l'impression de trouver ma famille musicale, ma famille vocale.
03:24Parce que moi, j'ai une voix assez douce.
03:26Et là-bas, c'était incroyable de découvrir toutes ces voix.
03:30Caïtano Velozo, Galcosta, Gibertogile.
03:32Il y a quand même une culture de la douceur.
03:34Mais aussi de la joie et de la mélancolie.
03:36Et ça correspondait très bien à ce que je voulais être.
03:40Ce que vous ressentiez, ce que vous vouliez être.
03:42Il y a aussi cette part très aquatique chez vous.
03:44Il y a une dimension comme ça.
03:45On parlait de l'île tout à l'heure.
03:47Vous entendiez le bruit des vagues de la Corse quand vous étiez petite.
03:50Il y a cette envie aussi de parler de la mer à travers la chanson de Charles Trenet.
03:53Que vous avez repris sur le premier album, à votre sauce.
03:57Et cette idée de la mer à vous, la vôtre.
03:59J'ai pensé qu'il y avait des réfugiés qui dormaient chez elle.
04:02Vous avez grandi avec des réfugiés dans le salon, Gabi Hartmann.
04:07Pas tout à fait, mais un petit peu aussi.
04:08Vous avez raconté à l'humanité en mars.
04:11Oui, je viens d'une famille.
04:13Effectivement, ma mère est un modèle pour moi.
04:16Et un modèle de valeur.
04:17Et d'avoir le lieu familial, c'est un lieu d'hospitalité.
04:23Et d'accueil pour les personnes sans papier qui attendent.
04:26Parce que ma mère a travaillé dans l'humanitaire.
04:28Et donc, le voyage, c'est peut-être lié aussi à elle.
04:31Je l'ai vu beaucoup partir quand j'étais petite.
04:34Et effectivement, j'ai eu de la chance de baigner dans un environnement où j'ai rencontré des gens de nationalités très différentes.
04:41Et ça m'a ouvert l'esprit.
04:42Vous avez construit une sorte de musique, terre d'accueil.
04:44En tout cas, c'est comme ça aussi.
04:45C'est possible.
04:46On la ressent.
04:47C'est ça.
04:47Il y a un journaliste qui disait que c'était du jazz sans frontières.
04:50Donc, je rigolais parce que ma mère était à la médecin sans frontières.
04:53La première fois que je vous ai rencontré, c'était au Duc des Lombards, mythique boîte de jazz à Paris.
04:58Vous m'aviez remis votre tout premier recueil de titres dans une pochette cartonnée.
05:02Et on m'a dit, tu vas voir, ce sera une star.
05:04Mais nous y voilà.
05:05Parce que quand même, il faut rappeler que votre premier album, vous avez été propulsé en tête des ventes de jazz devant Ibrahim Malouf et Fenina Simone.
05:11Vous avez cumulé plus de 20 millions d'écoutes en ligne.
05:13Vous avez fait les premières parties des plus grands noms du jazz.
05:15Vous avez été évidemment au Montréal Jazz Festival.
05:18Vous avez été à Jazz à Vienne.
05:20Vous avez été au francophonie.
05:21Et puis, vous avez gagné ce prix de la nouvelle artiste internationale au Japon.
05:25Tout à fait.
05:25Comment est-ce que vous avez ressenti ce coup d'accélération, Gabbert Man, quand c'est arrivé ?
05:30C'était...
05:32Maintenant, avec un peu du recul, je me rends compte que j'ai eu beaucoup de chance.
05:37C'est incroyable aussi d'avoir un public au Japon.
05:40D'avoir des gens qui m'écrivent depuis le Japon.
05:43Des gens qui adorent mes chansons.
05:44C'est drôle, c'est vraiment dingue.
05:46Grand air de jazz.
05:47Oui, bien sûr.
05:48Et attention, les bouclards là-bas pour acheter des finils.
05:52Salut les boomers.
05:54Gabi Hartmann, on n'a plus beaucoup de temps et on a vraiment envie de vous entendre chanter
05:57dans cette chanson magnifique qui s'appelle Love High.
05:59D'habitude, vous êtes accompagné par le saxophoniste ondoyant Laurent Barden.
06:03Et là, vous nous le faites a cappella.
06:05C'est parti.
06:05You leave your mind behind when you give, so I, so I, will you stay ?
06:26Quand je vois dans tes yeux mon cœur se perdre, dans tes yeux je me vois, dans mes yeux je te vois, dans mon cœur je te perds.
06:38You came one morning and took my eyes and never took the shadow out of my mind.
06:47Since you came, there's no way out of this love.
06:56And when you move up above your eyes, will I be blind again ?
07:05Hold me tight, me tight, me tight.
07:11Dans tes yeux je me perds.
07:14Merci Gabi Hartmann, c'est sublime !
07:18Je suis très contente, je suis vraiment contente Mathilde que vous l'ayez reçue parce que j'ai écouté ses chansons et j'adore Gabi Hartmann.
07:26Merci de l'avoir choisi en nouvelle tête ce matin.
07:28Oui, c'est sublime et on vous souhaite bonne route.
07:30Vous partez pour l'Aubrac au festival Bon Esprit de Clocher.
07:33Ça va être magnifique pour un très beau concert sur la plage du village, église du XVIe siècle.
07:37C'est demain soir.
07:38Bonne route à vous.
07:39L'album La fille aux yeux de sel est toujours disponible.
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