00:00Ce week-end, en Pologne, on a vu la victoire sur le fil de Karol Nawrotsky,
00:05le candidat de la droite nationaliste, âgé de 42 ans, ancien hooligan, ancien boxeur.
00:12Il a remporté l'élection avec un petit peu moins de 51% des suffrages
00:17contre le candidat pro-européen.
00:19On le voit, donc, ce nouveau président, le futur président de la Pologne.
00:26Ce qui ravive les inquiétudes en Pologne, en termes de politique intérieure,
00:29puisque les droits fondamentaux sont sur la scellette.
00:32Le droit à l'avortement, notamment, très encadré, pour ne pas dire limité.
00:37Et puis, en politique internationale, parce qu'il a conclu une alliance avec l'extrême droite
00:40qui lui interdit de valider l'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN,
00:45mais aussi d'accueillir plus de réfugiés ou d'envoyer des soldats combattre en Ukraine.
00:51Et on le disait, c'est aussi pour ça qu'on en parle ce soir,
00:53la Pologne n'est pas un cas isolé.
00:55Dans d'autres pays d'Europe centrale, la droite nationaliste progresse assez significativement
00:59où pourrait accéder au pouvoir.
01:00Oui, exactement.
01:01Et c'est notamment le cas de la Roumanie, où, vous vous en rappelez peut-être,
01:05l'élection présidentielle qui s'est tenue une première fois en novembre dernier,
01:09en tout cas dans un premier tour, proposait une avance du candidat d'extrême droite.
01:13Elle a été, c'est un fait inédit, invalidé par la Cour constitutionnelle.
01:18Et puis, donc, c'est ce candidat, Kéline Georgescu, qui n'a pas pu se représenter.
01:24On a revoté en Roumanie les 4 et 18 mai derniers.
01:29Et le candidat centriste, le maire de Bucarest, Nikusor Dan, a remporté le scrutin,
01:36mais avec une très courte avance, enfin, 4 points,
01:39mais avec une poussée assez inédite de l'extrême droite dans le pays.
01:42Et on a d'autres pays qui pourraient être concernés.
01:44La Tchéquie, cet automne, la Hongrie, l'année prochaine, il y a d'autres élections qui se profilent.
01:48Oui, exactement, deux grosses élections, la Tchéquie, la Hongrie, comme vous l'avez noté.
01:52Et dans ces scrutins, les partis les plus contestataires ont un allié inattendu,
01:58les États-Unis, pas Moscou.
02:00Alors, le premier à les avoir mentionnés, c'est Viktor Orban.
02:03On parle parfois de lui comme d'un cheval de troie des États-Unis.
02:06On l'a vu, là, à côté de Donald Trump pendant la campagne, en juillet 2024.
02:11Une allégeance qui date de bien avant la victoire.
02:15Mais il va beaucoup plus loin, puisque lors d'une conférence des partis conservateurs
02:19qui s'est tenue mardi dernier, il allait jusqu'à appeler à l'occupation de Bruxelles
02:25avec l'aide de l'Amérique.
02:28Il faut occuper Bruxelles pour cela.
02:29Nous avons besoin de l'Amérique, de l'administration du président Trump
02:33et de ses succès pour chasser hors de Bruxelles la caste libérale.
02:38On voit aussi à quel point Viktor Orban est engagé dans un combat de civilisation.
02:45Et il n'est pas le seul, car la surprise, c'est que le département d'État américain
02:49partage ce projet de reconquête de l'Europe.
02:53Oui.
02:53Alors, vous vous rappelez peut-être des prémices.
02:55On a eu G.D. Vence, le vice-président américain, en février dernier.
02:59Conférence de la sécurité à Munich.
03:01La grande masse de la sécurité internationale.
03:03Où il fait la leçon à l'Europe.
03:04Il fait la leçon à l'Europe assez simplement en disant que, moi, pour l'Europe,
03:08la menace qui m'inquiète le plus, ce n'est pas la Russie, ce n'est pas la Chine,
03:11c'est la menace de l'intérieur et le recul de l'Europe par rapport à ses valeurs.
03:15Et là, on se rend compte que ce n'est pas une initiative isolée,
03:18ce n'est pas non plus un coup de sang,
03:20et que le département d'État a publié un texte dans lequel il revendique
03:23chercher en Europe des alliés civilisationnels,
03:27et aller beaucoup plus loin, parler de l'AFD, du RN et des valeurs chrétiennes de l'Europe
03:32qui seraient attaquées, et affirmer que ce qui inquiète les États-Unis,
03:36c'est la suppression de la liberté d'expression,
03:38la facilitation des migrations de masse,
03:40le ciblage de l'expression religieuse et politique.
03:43Les alliés de Donald Trump, ce seront les droits contestataires.
03:48En guise aux conclusions temporaires, on pourra dire que le combat s'étend.
03:51Nous ne sommes plus lâchés uniquement aux politiques étrangères,
03:55mais nous sommes maintenant face à une politique de changement de régime
03:58de la part des États-Unis pour l'Europe.
04:00Bruno Amélie.
04:01Le nouveau président polonais, il se positionne comment par rapport à Vladimir Poutine ?
04:06Pour l'instant, il ne s'est pas positionné, mais il est plus dur que l'actuel président.
04:11Il est surtout contraint par l'accord politique qu'il a passé avec l'extrême droite
04:16propre et claire de la Pologne, qui veut en tout cas empêcher un soutien à l'Ukraine.
04:22Il n'est pas aligné sur Vladimir Poutine, mais il va faire tout ce qu'il peut
04:26pour ralentir le soutien à l'Ukraine.
04:28Je me demande ce qu'en pense Vladimir Poutine, mais ça fera l'objet d'une prochaine chronique.
04:32Les alliés civilisationnels entre les États-Unis, la Roumanie, la Pologne, la Hongrie,
04:38j'aimerais bien être dans sa tête.
04:39Elle n'a pas été prévenue.
Commentaires