00:00Mais d'abord, c'est le dossier du 20h BFM, dossier sur ces déserts médicaux qui voient débarquer en masse des spécialistes de médecine alternative.
00:07Et je mets des guillemets à médecine alternative, des sophrologues, des magnétiseurs par exemple.
00:12C'est à la fois le coup de gueule d'un médecin qu'on entendra en direct dans une seconde et un article du Parisien qui nous ont poussé à faire ce dossier ce soir.
00:19L'article le voici, la nature a horreur du vide quand les médecines douces s'infiltrent dans les déserts médicaux, les nouveaux guérisseurs des campagnes.
00:26On va prendre un exemple avec vous. Bonsoir Révéca Blanc-Lelouch. Vous êtes allé dans l'Aisne.
00:31Pour résumer les choses, c'est de plus en plus difficile de trouver un médecin généraliste, mais de plus en plus facile par exemple de trouver un sophrologue.
00:38Exactement. À Gandelieu, dans cette commune de l'Aisne, il y a plus de praticiens de médecines alternatives que de médecins généralistes.
00:46Et donc on a voulu rencontrer un sophrologue et magnétiseur pour comprendre un petit peu comment ça marche.
00:51Et ce qu'il nous a expliqué, c'est que lui n'a ni les compétences, ni la vocation de remplacer ce qu'on appelle la médecine allopathique,
00:58donc la médecine classique.
01:00Oui, il est très clair là-dessus.
01:01Exactement, mais plutôt d'apporter des soins thérapeutiques avec des techniques quand même bien particulières.
01:07Ça, c'est un module de soins. C'est vraiment, lui il intervient en début de séance et en fin de séance de magnétisme pour l'axologie ou autre.
01:13C'est moi qui l'invite à se balancer et je vais de la tête aux pieds pour soigner la personne en début et en fin de séance.
01:21Quelques fois, ils arrivent et ils me disent « bonjour docteur ». Je dis « ah non, je ne suis pas docteur, je suis praticien en médecine alternative ».
01:29Mon tarif c'est 50 euros et donc maintenant les mutuelles de plus en plus remboursent la sophrologie.
01:36Et il y a beaucoup de charlatans qui se développent dans cette région et puis un peu partout en France.
01:43Avant ?
01:44Ah oui, malheureusement oui.
01:46Vous voyez, moi je suis diplômé en sophrologie.
01:48Donc certains se disent diplômés en sophrologie alors qu'ils ne le sont pas.
01:52Et c'est tout le point.
01:53Attention à ne pas se faire avoir et savoir qui et pourquoi on va avoir ce genre de praticien.
02:00Mais dans un désert médical comme celui-ci, il faut reconnaître que la médecine douce, parfois, ça aide les gens.
02:10Quand ce sont des personnes qui font ça correctement et bien, oui, de toute façon, c'est une bonne chose.
02:16Mais ça ne soigne pas tout.
02:18C'est un complément à la médecine.
02:20Je pense que quand même, les médecins, on en a besoin.
02:23Moi perso, je pratique également.
02:24J'ai des soins au niveau du laochi et de la sophrologie et qui m'aident énormément parce que j'ai des problèmes articulaires et ça me soulage très bien.
02:33Mais à côté de ça, il y a quand même un suivi médical qui doit être là.
02:36Les mutuelles font l'effort.
02:38Pourquoi la sécu ne ferait pas l'effort aussi ?
02:40À la limite, ça pourrait peut-être éviter une prévention, pourrait éviter une grosse maladie.
02:46Et pour terminer, deux chiffres.
02:4771% des Français ont déjà eu recours à des pratiques de soins alternatives.
02:51Et un Français sur cinq préfère ces pratiques de médecine alternative à la médecine conventionnelle.
02:57Rebecca Blanc-Lelouch avec Marc Gossef.
02:59Bonsoir, docteur Jérôme Marty.
03:03Bonsoir, Maxime Soutek.
03:04Médecin généraliste et président de l'Union française pour une médecine libre.
03:08Alors, comment vous réagissez face à ce qu'on vient de voir ?
03:13Mal.
03:14Je réagis mal parce qu'on voit bien, et Nicolas Béraud dans Le Parisien le dit bien, la nature est hors du vide.
03:19On voit bien qu'elles sont en train de s'implanter ce qu'on appelle des, entre guillemets, thérapeutiques non conventionnelles un peu partout.
03:28Et elles sont aidées en cela par le remboursement des mutuelles, qui jouent un jeu qui est extrêmement dangereux.
03:35Parce que les mutuelles, ce sont des organismes, des assurances complémentaires, des assurances maladies complémentaires.
03:43Et en remboursant ces dites disciplines-là, elles laissent à croire que celles-ci sont vérifiées et que c'est du soin.
03:52Et il y a un vrai danger parce que, même s'il peut y avoir des gens sérieux pensant que leur pratique l'est,
03:59il y a quantité d'autres margoulins qui vont éloigner les gens du soin et qui vont construire ce qu'on appelle une perte de chance en éloignant les gens du soin.
04:08– Mais le problème docteur, c'est quand il n'y a rien d'autre ?
04:12– Le problème c'est quand il n'y a rien d'autre et il faut se demander pourquoi il n'y a rien d'autre.
04:18Et comment on peut faire pour regagner du terrain par rapport à cette industrialisation aujourd'hui des thérapeutiques non conventionnelles.
04:27Non conventionnelles, ça veut dire non vérifiées, non scientifiquement vérifiées.
04:33Ça veut dire qu'aujourd'hui on a des mutuelles qui remboursent des choses qui ne sont pas vérifiées.
04:37– Attendez docteur, juste une chose là-dessus, le pendule de soins qu'on a vu au début du reportage de Rebecca ?
04:46– Eh bien, il n'est pas vérifié, ça ne veut rien dire, je suis désolé.
04:51Mais j'en pense, si des gens veulent aller se donner à cette activité, qu'ils le fassent pour eux, ça ne me gêne pas.
05:02Mais par contre qu'on aille rembourser ces soins-là, ça me gêne.
05:07Ce qui me gêne, c'est que dans mon activité régulièrement, je vois des gens qui malheureusement sont très malades,
05:12qui peuvent être sous chimiothérapie, qui vont, parce qu'ils sont perdus dans leur maladie,
05:17avec la peur qui vient à les gouverner, qui vont aller vers ces thérapeutiques ou dites thérapeutiques-là,
05:24avec des gens qui, trop souvent, vont leur dire, mais éloignez-vous de cette chimiothérapie,
05:30ça vous fatigue, il ne faut pas la faire, moi, avec mes mains, je vais vous guérir.
05:34Et ça, je ne peux pas le souffrir, je suis désolé.
05:36– Effectivement, vous disiez, on organise la confusion, on organise la confusion, on continue à rembourser,
05:42et de fait, on augmente aussi pour tout le monde le prix des mutuelles.
05:46– Mais voilà, mais vous avez un rapport, vous avez un courrier du Premier ministre,
05:53à l'endroit des médecins qui ont des honoraires complémentaires,
05:57disant que leurs honoraires complémentaires font augmenter les cotisations sécu,
06:03et on est dans de l'activité médicale, dans de la chirurgie notamment,
06:06qui sans secteur 2 ne pourrait pas s'en sortir, sans honoraires complémentaires ne pourrait pas exercer,
06:12et à la place de ça, on a aussi des mutuelles qui vont rembourser des thérapeutiques,
06:15non conventionnelles, pour quasi plus de 2 milliards chaque année.
06:21Enfin, je veux dire, à un moment, cet argent, il serait mieux dans le soin, dans le vrai soin.
06:25Et à ce moment-là, on aurait un vrai retour sur investissement,
06:29des cotisations des Français dans leurs mutuelles.
06:31Mais là, il y a une évasion de capitaux qui partent par des choses qui sont non scientifiques,
06:36et qui parfois peuvent être dangereuses.
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