00:00Tu joues ou pas, je suis un souvenir, je me mets à jouer au ralenti, je faisais un flashback.
00:04Oh je ne suis qu'un flashback, je vais jouer comme ça dans les flashbacks.
00:06C'est quand même génial de suivre une réalisatrice.
00:08Donc quand j'ai lu son scénario, c'est chouette parce qu'elle fait des choses très différentes
00:13et c'est comme si toutes les choses que je connaissais d'elle, elle les montre de plus en plus.
00:18C'est une drôlerie par exemple.
00:20Parce que vraiment, passer du temps avec Rebecca, c'est aussi chouette que d'en passer avec Jonathan Cohen au niveau de l'humour, vraiment.
00:26Qu'est-ce que ça a changé pour vous de jouer un souvenir, un fantôme ?
00:29Non, toi tu ne dois jamais jouer le genre, donc tu ne joues pas, je suis un souvenir, je me mets à jouer au ralenti.
00:34Je faisais un flashback.
00:35Oh je ne suis qu'un flashback, je vais jouer comme ça.
00:37Dans les flashbacks, je joue toujours.
00:39Moi je me suis interrogée, vu que c'est que quelques rares images comme ça, on n'a jamais une très bonne idée de soi.
00:44C'est-à-dire que cet endroit de dépression, je me suis dit c'est quand même bizarre qu'elle me choisisse.
00:49J'ai encore une image de moi qui doit venir de l'époque des couettes et de la télévision, de...
00:53Allez, allez, ça va la vie !
00:55Et je me dis, tiens c'est marrant qu'elle me choisisse.
00:57C'est comme Justine d'ailleurs me rassurait en disant non, non, t'inquiète, on voit que ça ne va pas si bien que ça.
01:01Et justement pour vous en dire sur le film de Justine, vous incarnez une psychanalyse ?
01:05Oui.
01:06Là vous incarnez une patiente, vous préférez quoi ? Vous préférez être celle qui écoute ou celle qui parle ?
01:11Je crois que je préfère être celle qui écoute.
01:13Je pense que j'étais plusieurs fois psy psy dans les films.
01:16En tout cas c'est quelque chose qui m'intéresse, qu'on se demande toujours à quoi ils pensent, à quoi ils font référence.
01:21Est-ce que faire du cinéma pour vous c'est une forme de thérapie ?
01:24Non, pas du tout de thérapie, mais je pense qu'il y a un lien avec la psychanalyse très fortement.
01:29J'ai l'impression que là-dedans, la possibilité de comprendre et d'investir, c'est forcément la possibilité d'imaginer qu'on est plus large que ça,
01:37de pouvoir prendre des prismes de regard différents sur quelque chose, et aussi sur c'est quoi cette espèce de chose qu'on appelle abandon, lâcher prise, je ne sais pas.
01:44C'est un drôle de truc à appréhender, abandonner le regard sur soi, comment d'un coup tu trouves un lien à l'autre.
01:50Je crois que c'est vraiment un rapport avec soi-même en fait pour l'acteur de cinéma.
01:52Est-ce qu'il y a des rôles qui vous ont donné la sensation de vous approcher un peu d'un état différent ?
01:57Alors les souvenirs qui me viennent comme ça, il y a d'abord ceux qui sont évidents, c'était vraiment une direction de jeu d'Alice Vinocourt pour revoir Paris.
02:05Parce qu'elle cherchait des trucs sur les regards.
02:06Elle disait beaucoup hypnotique, alors c'est bizarre, on dit plus hypnotique.
02:09Plus hypnotique, qu'est-ce que c'est ? Cette chose difficile à concrétiser.
02:13Et après en fait, tu essaies de perdre les repères comme ça.
02:17Et parfois, et ça de manière plus consciente ou plus voulue, certaines scènes, comme ça dans certains films,
02:22je pense justement à Sybille de Justine Trier, ça c'est chouette d'être perdue en fait.
02:27C'est un peu le joueur de flûte avec les rats quoi.
02:30Tu suis quelque chose, tu ne sais pas bien quoi.
02:32Et surtout tu ne te dis pas, merde je n'ai pas compris.
02:34Tant mieux, ce n'est pas grave.
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