00:00Votre choix, Christophe Barbier. On a commencé à en parler dans le journal tout à l'heure avec cette note rendue par un des services de la police, de la police nationale,
00:07qui explique que la violence liée au trafic de drogue est en train de se disséminer d'une certaine manière dans toute la France.
00:12Avec des chiffres, on voit qu'il y a une explosion du nombre de villes touchées par les règlements de compte.
00:16Est-ce que la France est victime aujourd'hui d'une explosion de la criminalité ?
00:19De celle-ci et d'autres, oui. Alors la comparaison quantitative n'est jamais très facile à faire.
00:24Évidemment, la France est plus sûre qu'au 15e siècle ou même qu'au début du 20e.
00:27Ce qu'il faut regarder, c'est la mutation de la criminalité. Un taux d'homicide dans la population, ça c'est un critère objectif.
00:34Il a baissé dans notre pays jusqu'en 2018, le point bas. Depuis Covid à part, il a augmenté de plus 8% chaque année depuis un certain temps.
00:41Donc il y a véritablement des raisons de s'inquiéter, ce qui justifie ce constat du SIRASCO.
00:46Ce n'est pas un cocktail exotique, c'est le service d'information, de renseignement et d'analyse de la criminalité organisée.
00:52C'est la criminalité organisée. Le rôle, la note de ce service, habilement transmise à la presse, explique, on le voit,
00:58que les chiffres disponibles montrent que les violences criminelles augmentent, qu'il y a plus de morts qu'en Belgique ou aux Pays-Bas.
01:04C'est important parce qu'on considère que là-bas, la densité des réseaux criminels internationaux, type narcotrafic, est plus importante qu'en France.
01:11La mutation de cette criminalité s'est illustrée par l'acronyme GCO.
01:16Ce n'est pas une drogue chimique, le GCO, c'est le groupe criminel organisé.
01:20C'est là-dedans qu'on fait rentrer les narcotrafic, ceux qui lancent aussi des voitures béliers dans les vitrines de luxe,
01:26les enlèvements crapuleux qu'on a vus récemment, et puis les attaques contre les institutions, les prisons, la justice, etc.
01:32Mais est-ce que ça, c'est vraiment nouveau ?
01:34Les attaques de pompiers, oui, les raptes de parents de propriétaires de bitcoin, évidemment, oui.
01:39Le reste, la drogue ou les hold-ups, non, ce n'est pas nouveau.
01:41Tiens, écoutez, écoutez Marcelin.
01:44Ce n'est pas un fromage, c'était le ministre de l'Intérieur, Raymond Marcelin, en 1973.
01:48Écoutez ce qu'il disait.
01:50La mission de lutter contre la délinquance, et nous avons d'ailleurs parfaitement réussi en ce qui concerne la lutte contre la drogue et contre les trafics en drogue,
01:59puisque notre pays sur ce plan commence à être donné en exemple et que nous avons reçu les remerciements des États-Unis
02:05et que nous exerçons une sorte de leadership en la matière en Europe.
02:09Également, nous avons deux problèmes qui se posent actuellement et qui sont particulièrement difficiles à résoudre.
02:16D'une part, il y a le problème des hold-ups.
02:18Savez-vous qu'actuellement, à cause d'une certaine prospérité qui s'est créée en France, après l'industrialisation en France,
02:26il y a 40 000 guichets qui sont à protéger.
02:30Vous voyez, les banques.
02:32Alors les banques, aujourd'hui, il n'y a pratiquement plus d'argent liquide et il y a des salles de sécurité.
02:35La drogue, on venait de démanquer la French Connection.
02:37Victoire contre le narcotrafic international.
02:39On a reculé.
02:41Aujourd'hui, on a la DZ mafia.
02:43Aujourd'hui, que fait la police ?
02:45Le ministre de l'Intérieur actuel essaye de réagir.
02:47Par exemple, sur le bitcoin, il s'en empare demain avec une réunion.
02:50Il l'annonce.
02:51Ce sont des organisations criminelles qui n'hésitent pas à tuer, à torturer.
02:55J'ai souhaité que vendredi matin, il y ait cette réunion pour qu'on puisse réunir les grands opérateurs de crypto-monnaie français
03:02pour leur donner un certain nombre de conseils en matière de sécurité,
03:05pour voir, nous, la sécurité qu'on peut leur accorder en termes de patrouille et autres.
03:11Parce que là, je pense que c'est un gros enjeu.
03:14On voit la volonté d'agir, pas encore l'action, il faut attendre, et encore moins les résultats de l'action.
03:19Par ailleurs, cette médiatisation des mauvais chiffres entre dans un climat politique où il y a une compétition, une lutte.
03:25En ce moment, la bataille pour la présidence des Républicains, évidemment, ça donne une surenchère entre Retailleau et Wauquiez.
03:31Le premier, Retailleau, il annonce des choses.
03:34Le deuxième, Wauquiez, il dénonce.
03:35En réalité, on est en train d'assister à une perte totale de contrôle de la situation de la sécurité et de l'ordre public dans notre pays.
03:45On ne parle pas de la Bolivie, on ne parle pas du Mexique, on parle de la France.
03:48Vous avez eu une attaque à la Grenade dans un café à Grenoble, on tire à la Kalachnikov en plein jour,
03:54on a eu les meurtres catastrophiques de Thomas et d'Elias, une violence purement gratuite,
03:58et maintenant les délinquants ont si peu peur qu'ils attaquent à la Kalachnikov nos prisons.
04:02– Du haut, pas à duel, il avait dit à Wauquiez pour Retailleau, on voit le résultat.
04:07Il parle des prisons, il parle aussi de la RIC, ce qui a eu lieu dans un tribunal à Bordeaux.
04:11Il a fait un tweet immédiat quand il y a eu cet incident totalement inédit.
04:15Pourquoi ? Parce qu'il veut aussi embarquer dans l'affaire le ministre de la Justice, Gérald Darmanin.
04:19La compétition à droite, elle inclut Gérald Darmanin.
04:22Darmanin, Retailleau, ils essayent en ce moment d'être complémentaires
04:25pour mieux poser le socle de leur rivalité par rapport à la présidentielle.
04:29C'est illustré par ce magnifique dessin de rançon dans Le Parisien.
04:32Ce matin, sur la rivalité Darmanin-Retailleau, je ne sais pas si on va pouvoir voir le dessin,
04:37mais on comprend qu'il y a…
04:38– C'est formidable qu'on le voit.
04:39– Voilà, regardez, la criminalité, je réglerai ça quand je serai président, moi aussi, dit l'autre.
04:44– Donc 2027 explique aussi cet emballement.
04:46– Tout à fait, ces trois hommes, Wauquiez, Darmanin, Retailleau,
04:49veulent s'appuyer sur la lutte contre l'insécurité
04:51parce qu'ils considèrent que ce sera une demande prioritaire des Français en 2027.
04:55Sur ce socle, ils veulent bâtir la reconstruction d'un clivage droite-gauche
04:59pour écraser le macronisme.
05:01Et en plus de cette reconstruction, aimanter, attirer, vampiriser l'électorat RN
05:07une fois que Marine Le Pen aura été éliminée par la justice de la compétition
05:10et que les électeurs RN seront sceptiques sur son suppléant Jordan Bardella
05:14face aux régaliens en général et en particulier à l'insécurité.
05:18Conclusion, l'insécurité est réelle, elle s'aggrave,
05:21la mutation va plus vite que l'adaptation de la police
05:24mais on est aussi dans un comportement de candidat pour la prochaine présidentielle.
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