00:00Johnny Hallyday prépare lui aussi une performance.
00:05C'est mon tour.
00:06Performance un peu négative, cher Johnny.
00:09Mais enfin, disons que le plus célèbre motard de France
00:12est en train de négocier un virage important dans son existence.
00:16On le dit ?
00:17Oui, on peut dire. Ce n'est un secret pour personne.
00:21Eh bien, vous allez vous arrêter de chanter, d'enregistrer.
00:24Oui, j'ai décidé de finir la scène,
00:27de terminer mon dernier tour de chant à la fin du mois d'août prochain
00:31et ainsi, par la même occasion, de terminer les enregistrements de disques.
00:36Ce ne sont pas des adieux, quand même.
00:38Non, j'aurai des adieux. On ne sait jamais dans la vie ce qui peut arriver.
00:41Mais c'est un arrêt.
00:42C'est un arrêt, oui. C'est un arrêt parce que je me suis aperçu que depuis 15 ans,
00:4815 ans que je chante maintenant, finalement, je passe ma vie sur la route.
00:52Je fais entre 500, 600 et 800 kilomètres par jour.
00:55Je n'ai pas le temps de, pour ainsi dire, jamais le temps de voir ma femme.
00:59Ma femme, je la vois trois mois par an.
01:02Encore moins mon fils, puisque de temps en temps, ma femme vient me voir.
01:06Et finalement, il y a beaucoup de choses qui se passent et qu'on loupe dans la vie.
01:10Et finalement...
01:11Quoi, par exemple ? En dehors de la famille, qu'est-ce que vous voudriez faire ?
01:13En dehors de la famille, il y a beaucoup de choses et en... Je ne sais pas.
01:16Moi, j'ai envie de partir avec des amis sur un bateau pendant six mois.
01:19J'ai envie de voyager, de voyager, je voyage, je veux dire, mais...
01:24En touriste ?
01:25J'ai envie de voyager en touriste, oui.
01:26Moi, de l'étranger, je connais les chambres d'hôtel, les restaurants et les spectacles où on travaille.
01:30Et ensuite, à part ça, je ne vois rien.
01:32J'ai envie d'aller visiter le pain de sucre à Rio comme un touriste normal.
01:38Et pas en me coucher en 6 heures du matin parce qu'on a travaillé et que...
01:42Finalement, je n'ai pas le courage de me lever.
01:44Et on dit la vie d'artiste et finalement, elle n'est pas drôle, la vie d'artiste.
01:47Oh, si, si, je ne veux rien, c'est une vie formidable.
01:49Je ne crois pas que je pourrais vivre une autre vie, mais il y a une façon de la vivre autrement.
01:53Il n'y a pas autre chose qui vous dévoile?
01:54Si, il y a aussi, si, il y a aussi, par exemple, ce métier, on ne se rend pas compte.
01:59Les gens disent toujours, je n'ai l'idée, il est riche, il gagne 3 millions par spectacle.
02:02Les gens ne se rendent pas compte qu'une fois que les impôts sont payés, quand ils sont payés,
02:07j'ai 2 millions de frais par jour entre mes musiciens, les camions que je transporte, la sonorisation, l'impresario, etc.
02:15Et des fois, souvent, j'en suis de ma poche.
02:18Vous pensez que vous ne gagnerez plus de l'argent quand vous ne travaillerez pas?
02:20Je ne sais pas une question de gagner de l'argent.
02:22L'argent, je m'en fous un peu.
02:24C'est une question, moi, j'aime bien vivre comme j'ai envie de vivre.
02:26Quand on a moins d'argent, on peut toujours vivre bien, de toute façon.
02:33Mais le métier, le public, ça va vous manquer?
02:35Peut-être.
02:36C'est dommage.
02:37Peut-être, peut-être.
02:38Mais en plus, j'ai également décidé d'arrêter de faire des disques parce que moi, je suis un peu, je suis saisi par les impôts.
02:46Ça fait 5 ans que je ne touche pas de royalties de disques.
02:48Je fais des disques qui se vendent et finalement, je ne peux pas vivre grâce aux disques parce que je n'en touche pas.
02:55Alors, il va falloir que je pense à peut-être gagner de l'argent autrement.
02:59Et puis, j'ai envie de me détendre un peu pendant un an ou deux.
03:01J'ai envie de penser à autre chose.
03:03J'ai envie de méditer un peu, de voir peut-être ce que je vais faire par la suite.
03:10Et puis aussi, ça fait, j'ai eu l'erreur.
03:12Quand j'étais jeune, j'ai signé un contrat de disque pour 20 ans.
03:15Et ça me fait peur, ça.
03:18Ça me fait peur, c'est-à-dire que le fait de savoir que je suis obligé, ça, la liberté, ça me manque un peu.
03:25C'est-à-dire qu'on peut aimer une femme pendant 50 ans, mais le fait de savoir, c'est quand même un mariage,
03:30le fait de savoir qu'on a signé un papier et qu'on est obligé pendant 50 ans de devoir aimer la même personne,
03:34de devoir vivre avec cette personne, ça, des fois, ça, ça va plus.
03:38Mais est-ce que votre femme va s'arrêter, elle aussi, de chanter dans le même temps ?
03:41Non, je ne pense pas.
03:42Alors, vous serez le mari d'une femme qui travaille ?
03:44J'ai travaillé pendant longtemps et pendant longtemps, elle n'a pas travaillé, à chacun son tour.
03:51Ah, c'est une position plus délicate dans ce sens-là que dans l'autre ?
03:55Non, je ne pense pas. Non, pour l'instant, j'ai envie d'arrêter.
03:59Mais le fait que vous partiez comme ça à l'aventure n'a pas de rapport avec le coup de foot que vous avez éprouvé récemment pour Alice Saprich.
04:06Ah non, pas du tout, non, mais quand je dis que je vais arrêter de faire de la scène et de chanter moi-même,
04:11ce n'est pas pour ça que je veux arrêter.
04:12Vous ne partez pas avec Alice Saprich.
04:14Pourquoi vous riez ?
04:15Non, non, parce que je suis marié, j'aime beaucoup ma femme.
04:19Mais, non, Alice Saprich, c'est une femme merveilleuse que j'ai rencontrée un jour.
04:23Elle m'a téléphoné pour me dire, Johnny, je suis bouleversé parce que je vous connais en tant que chanteur,
04:29mais j'ai entendu un disque de vous où vous ne chantez pas, où vous récitez un poème qui avait été écrit par Philippe Labreau
04:36sur la septième symphonie de Beethoven.
04:42Et ça s'appelait Poème sur la septième.
04:43Et elle m'a dit, c'est ça que je veux faire.
04:45Alors, est-ce que vous pouvez, j'ai besoin de conseils, est-ce que je peux vous rencontrer ?
04:47Comme elle ne pouvait pas téléphoner à Beethoven, elle vous appelait.
04:51Et ensuite, on s'est rencontrés et je l'ai emmené en studio.
04:55Elle a vu un peu comment on travaillait.
04:57Je vais présenter les gens avec qui je travaille, mon directeur artistique, Jean Renard, Philippe Labreau, etc.
05:02Elle fait partie de votre écurie.
05:04Et rien n'est signé. Pour l'instant, c'est un projet.
05:06Elle m'a demandé de le faire pour elle et je suis en train d'y penser.
05:11Vous ferez un beau couple.
05:13Non, enfin, je veux dire, le producteur, ça veut d'être, je veux dire, ça va déplacer le monde.
05:16Non, puis c'est quelque chose qui me plaît beaucoup, qui m'excite assez.
05:21C'est formidable d'avoir travaillé les autres.
05:24Je me souviens que quand vous êtes venu il y a un peu plus d'un an et que vous avez chanté pour la première fois
05:28une oeuvre qui ensuite a connu une jolie carrière, le fameux Noël interdit,
05:34on avait évoqué la perspective que vous puissiez vous produire dans les prisons.
05:40Vous avez pu chanter dans les prisons, mais dans les prisons suisses.
05:42Oui, j'ai chanté dans une prison en Suisse.
05:45C'est près de chez vous.
05:46Et en France, à Beauchus, oui.
05:49Et tu connais Beauchus ?
05:50Oui, tu parles.
05:51Et je dois dire que c'était fantastique.
05:52Je ne sais pas que c'est 12 ans, moi, du gars.
05:56Non, enfin, c'est pas loin que c'est toi.
05:57Non, non, mais je connais.
05:58Et je dois dire que c'était fantastique, c'était très triste de voir des gens emprisonnés.
06:04Mais finalement, ces gens, ce qui m'a surpris, c'est que ces gens, au lieu de me demander des chansons que je chante,
06:09ils m'ont demandé strictement des chansons comme Le pénitencier ou Noël interdit.
06:14Enfin, des chansons qui ne parlaient, pour ainsi dire, que de leur cas.
06:16Et je leur ai demandé pourquoi.
06:19Et ils m'ont répondu parce que ça nous concerne.
06:25Et je veux dire, quand je suis reparti, que les grilles se sont refermées derrière moi,
06:31moi, j'ai été très, enfin, très touché.
06:33Je pense que tous les musiciens qui ont participé à cette soirée l'ont été également.
06:39Oui, je voudrais attirer maintenant l'attention de ceux qui vous regardent.
06:42Je me suis sur un petit fait qui me paraît symptomatique de votre nouvel état d'esprit.
06:48C'est que d'habitude, quand un chanteur comme vous, une vedette du disque,
06:53vient un soir à la télévision et accepte de répondre à des questions plus ou moins saugrenues,
06:57comme celles que je pose, il y a une arrière-pensée commerciale.
07:02On veut chanter une chanson que l'on vendra en Suisse.
07:06Que l'on va sortir, comme par exemple Noël interdit.
07:08Voilà.
07:10Ce soir, il n'y a aucune arrière-pensée.
07:13Car la chanson, je vais vous demander, elle n'est pas enregistrée, elle ne sera sans doute jamais.
07:17Non, jamais, non.
07:18Jamais parce que d'abord, je suis en train de faire mon disque en ce moment, il n'est pas terminé.
07:22J'ai commencé à mettre des voix hier.
07:24On a fait trois semaines pour mettre les orchestres, les playbacks.
07:27Je n'ai rien à vous chanter de mon prochain disque.
07:30Et en plus, c'est une chanson, je le sais, que vous réservez aux amis.
07:33Oui, c'est une chanson que je chante en général quand je passe une soirée chez moi avec des amis, au coin du feu, ou après dîner.
07:41Et de temps en temps, on prend une guitare et on chante.
07:44En général, c'est une chanson en anglais parce qu'en général, je ne chante jamais des chansons en français pour mes amis.
07:48Ah, il y a une guitare là, par hasard. Prenez-la.
07:59C'est une chanson qui a été chantée il y a très longtemps par Elvis Poitlen.
08:03C'est une chanson qui a été chantée.
08:33C'est une chanson qui a été chantée.
09:03Concernée.
09:04C'est une chanson en anglais.
Commentaires