- il y a 1 an
Dans ce numéro d'A vos marques, Anthony Drevet met la lumière sur le para rugby à XIII (ou XIII fauteuil) en compagnie de ses invités : Lisa LARTIGUE (joueuse valide de 17 ans) et Jacques PLA (DTN de la FF Rugby à XIII). Sous l'impulsion de son nouveau président Dominique Baloup le rugby à XIII se relance et se montre avec un maître mot : l'inclusivité.
Catégorie
🥇
SportTranscription
00:00Musique
00:00Bonsoir à toutes et tous, soyez les bienvenus dans A vos marques sur Sport en France,
00:23votre émission dédiée aux disciplines parasportives.
00:25Et ce soir, nous avons l'honneur de parler du para-rugby 13 ou 13 fauteuils.
00:30On va évoquer cette discipline, son essor et peut-être bientôt son accession aux Jeux Paralympiques.
00:36Ça sera peut-être évidemment une donnée qu'on va évoquer avec notamment une joueuse de 13 fauteuils, Lisa Lartig.
00:42Bonsoir Lisa.
00:43Bonsoir.
00:44Vous avez été la première à intégrer l'équipe de France, 6 jeunes, 17 ans seulement et déjà parmi l'élite.
00:50Donc on y reviendra justement dans quelques instants.
00:53Soyez les bienvenus.
00:53Et puis on a également le DTN de la Fédération de rugby à 13, donc Jacques Plas, qui va nous parler de toutes les spécificités de cette discipline.
01:03Bonsoir Jacques.
01:03Bonsoir Anthony.
01:04On va parler donc de 13 fauteuils ou de para-rugby 13.
01:09C'est donc tout de suite dans la rubrique Mon Défi.
01:12On parle de cela tout de suite sur A vos marques.
01:15Musique
01:16Alors un nouveau numéro dédié à une discipline.
01:20Alors j'ai envie de dire spectaculaire, un petit peu comme le rugby fauteuil.
01:23On a l'habitude de faire des parallèles peut-être entre les deux disciplines.
01:27Elles sont bien différentes, Jacques.
01:29Ces deux disciplines.
01:30On a le 13 fauteuil et le rugby fauteuil que l'on connaît mieux parce que c'est une discipline paralympique pour l'instant.
01:36Tout à fait.
01:37Alors moi, je vais parler du para-rugby 13 et du 13 fauteuil.
01:40C'est vrai que c'est vraiment une discipline qui a gardé la logique interne de l'activité avec la notion de tenue où les sportifs s'arrêtent, la notion de plaquage, les transformations, le côté spectaculaire, la passe en arrière et l'essai aussi où il y a une pression du ballon quand on a franchi l'enbut.
02:01Donc il y a une volonté véritablement de garder la logique de l'activité, des valides et ensuite ça garde aussi tout le côté spectaculaire, les notions de respect mais les notions d'engagement parce que les sportifs qui pratiquent cette discipline s'engagent véritablement.
02:24C'est un sport de combat collectif.
02:27Pas mal, c'est bien résumé.
02:29Alors on a dit une discipline mixte, mixte à la fois homme et femme mais aussi valide et personne en situation de handicap.
02:37Lisa, vous n'avez pas de handicap mais vous jouez justement dans ce para-rugby 13.
02:43C'est assez intéressant de se le dire, une discipline mixte qui est ouverte à tout le monde.
02:48Oui, c'est ça qui fait la magie de notre sport après parce que moi, par exemple, mon frère, il est en situation de handicap et jamais dans aucun autre sport, je n'aurais pu jouer avec lui.
02:56Et ça permet aussi d'ouvrir son esprit, je pense, parce que se mettre dans un sport adapté, c'est différent quand même et il faut être ouvert d'esprit quand même.
03:04Pas facile, j'imagine, de se mettre dans un fauteuil pour jouer à cette discipline au début aussi ?
03:10C'est un peu compliqué mais après c'est comme le vélo, ça s'apprend et après ça ne se perd pas.
03:16Le parallèle est bien, il y a deux roues effectivement sur les fauteuils en effet.
03:20Des règles similaires, on l'a dit, à la pratique valide.
03:23Est-ce qu'il y a des aménagements effectués ?
03:25Parce qu'on a l'habitude de dire qu'en rugby-fauteuil, il y a peut-être encore plus de contacts.
03:29Là, en 13 fauteuils, est-ce qu'il y a aussi cette notion de contact ?
03:32Est-ce qu'on renforce les fauteuils ?
03:34Alors, ce ne sont pas les fauteuils de tout le monde, ce sont des fauteuils qui sont renforcés, qui coûtent très cher,
03:40qui sont véritablement fabriqués pour cette activité, cette discipline, pour endurer des chocs.
03:45Mais malgré ça, il y a un mécanicien dans l'équipe à chaque fois qui a un énorme travail
03:52et qui est là aussi pour faire en sorte que la mécanique puisse véritablement être efficace tout au long du match.
04:00Et ces fauteuils, malgré tout, c'est l'outil de travail, en tout cas de nos sportifs.
04:07Et pour eux, c'est des prix qui sont importants.
04:11Donc, ils y font attention et c'est du matériel de haut niveau.
04:18C'est du matériel de très haut niveau.
04:20Ça permet donc ensuite d'avoir justement de très belles disciplines et de très beaux affrontements, j'allais dire.
04:26Est-ce qu'on peut revenir rapidement, Jacques, sur les origines de cette discipline ?
04:29Je crois qu'elle date de 1999, c'est ça ?
04:31Tout à fait.
04:33Pour ma part, c'est Robert Fassolet, qui était un cadre technique de la Fédération,
04:39qui a aussi imaginé cette discipline, très sensibilisée, lui, sur la notion de handicap,
04:46et qui était aussi pratiquant de rugby à 13.
04:49Et c'est pour ça qu'il a bien réfléchi à cette volonté d'inclusion,
04:54de faire travailler à la fois des personnes valides et des handis,
04:59de mélanger les personnes, de permettre aussi cet espace à la mixité,
05:05et de réfléchir à comment donner la possibilité de faire faire du rugby,
05:12donc un sport qui est quand même où on s'engage,
05:14où il y a, alors on ne va pas dire de la violence, mais de la rudesse,
05:18et d'aménager les règles pour permettre à tout le monde de jouer en toute sécurité,
05:24et en faire surtout un jeu extrêmement spectaculaire.
05:27Donc, merci à lui pour nous avoir donné cette discipline.
05:32C'est vrai, il y a Wally Salvant également, qui a été un des précurseurs.
05:37Et pour l'anecdote, c'est ce que j'ai pu lire sur les réseaux et sur Internet,
05:41c'est vrai que dans le Téléthon 99, il y avait trois équipes qui ont été montées de toutes pièces,
05:45à Vichy, à Rouen et à Beauvais, et on a organisé un mini-tournoi.
05:48C'était les prémices de ce 13 fauteuil, qui maintenant voit des jeunes joueuses également,
05:54parce qu'on a parlé de mixité, c'est ce qui est beau aussi,
05:57c'est-à-dire qu'on a la mixité entre hommes et femmes,
06:01entre personnes valides et personnes handis, et puis aussi de tous âges.
06:06Donc ça, c'est quelque chose qui était important aussi,
06:08finalement, cette notion de respect qui existe dans le rugby, de le transposer en 13 fauteuils.
06:12Oui, après, ça reste du rugby, donc le respire, il est toujours présent.
06:16Et pouvoir jouer aussi jeune, c'est une chance quand même,
06:18parce qu'on va côtoyer, par exemple, moi je côtoie des joueurs qui ont 10 ans de rugby derrière eux,
06:23alors que moi, j'ai commencé à 14 ans, donc c'est ça qui est bien.
06:27Et après, on est toujours bien entouré dans le rugby, c'est toujours convivial.
06:30Alors, on a parlé des équipements côté fauteuil,
06:32est-ce qu'il y a des équipements spécifiques, justement, pour simuler le plaquage ?
06:36Je crois qu'il y a des petites règles spécifiques.
06:38Oui, du coup, pour simuler les plaquages, on a ce qu'on appelle des tags.
06:41Donc, on va dire, c'est des rubans qui vont être scratchés sur le côté de notre maillot,
06:45et à chaque fois qu'on va l'arracher, ça simulera un tenu.
06:49Et au bout de cinq, si on n'est pas allé jusqu'à notre essai, ça sera balle à l'autre équipe.
06:53D'accord, mais c'est vraiment, on remet en fait les rubans à chaque fois, car un essai est marqué.
06:58Oui, à chaque tenue, on le remet, et après, on joue notre tenue avec le ballon.
07:02D'accord, mais ça, c'est des choses qu'on travaille en entraînement ?
07:06Comment est-ce qu'on s'y fait à ces spécificités ?
07:08Ah oui, ça, il faut le travailler, parce qu'il faut avoir un bon timing.
07:11Il faut communiquer aussi avec ses coéquipiers, parce que malgré tout, si on n'est pas dans les temps,
07:16c'est problématique, parce qu'on joue tous ensemble.
07:18Mais c'est du travail, et ça, ça prend vite.
07:20Bon, on y reviendra dans le parcours perf, justement, la deuxième partie de l'émission.
07:24Je voudrais tout savoir sur l'entraînement et sur les spécificités.
07:27Jacques, on a deux équipes de cinq joueurs sur le terrain, c'est ça ? Pas plus ?
07:32Tout à fait, avec trois remplaçants.
07:34D'accord.
07:35Et donc, ces équipes ont pour objectif d'aplatir le ballon pour marquer un essai.
07:42C'est à la fois un sport spectaculaire, mais qui est sécuritaire.
07:45Et même à très haut niveau, si vous voulez, actuellement, c'est la vitesse de déplacement
07:51qui permet de faire la différence aussi, les stratégies de jeu qui sont mises en place,
07:56une dextérité pour attraper le ballon.
07:59J'invite tout le monde, parce que, notamment sur la dernière finale de Coupe de France à Narbonne,
08:06on a fait des démonstrations de 13 fauteuils.
08:09Donc, s'installer dans un fauteuil, ce n'est pas notre.
08:12C'est quand on voit ces sportifs de haut niveau évoluer,
08:16qu'on se rend compte de la dextérité qu'il faut pour changer de direction,
08:20réussir à accélérer, freiner.
08:22C'est tout un art.
08:23Ce sont des virtuoses dans le déplacement.
08:27Et la meilleure manière de s'en apercevoir, c'est juste de s'installer
08:32et puis d'essayer de faire les premiers pas,
08:35de réceptionner un ballon alors qu'on est sur un fauteuil en train de rouler.
08:40Donc, il y a beaucoup d'heures d'entraînement.
08:43Un staff, l'équipe de France, qui fait travailler aussi beaucoup la stratégie.
08:47On utilise exactement les mêmes choses que sur le très haut niveau,
08:50des retours vidéo pour que chaque sportif puisse aussi faire des feedbacks
08:54et s'améliorer individuellement.
08:57Il y a un travail physique qui est proposé pour que les sportifs puissent
09:01véritablement aussi améliorer leur performance.
09:05On est sur des bases du très, très haut niveau.
09:08Ça, c'est clair.
09:08On en parlera justement encore une fois de ce haut niveau avec l'équipe de France.
09:12Le terrain de jeu, est-ce qu'il est différent de celui du rugby fauteuil,
09:16le sport paralympique ou est-ce qu'on a un terrain soit plus grand, soit plus petit ?
09:20C'est les mêmes dimensions.
09:22Et ensuite, par contre, c'est un terrain qui est balisé pour faire du 13 fauteuil
09:29et avec aussi une spécificité, c'est que nous avons nos poteaux
09:33qui représentent aussi visuellement le fait que nous jouons au rugby à 13.
09:39C'est vrai que ça, c'est quelque chose qui m'a marqué
09:40quand j'ai pu prendre connaissance de ce sport justement sur Sport en France.
09:45On a diffusé plusieurs compétitions de 13 fauteuils.
09:48Lisa, c'est quelque chose qui était intéressant de reconnaître les codes du rugby traditionnel.
09:53C'est vrai que les transformations, ça m'a bluffé.
09:55Je me dis qu'on l'a fait à la main, mais ça doit être génial.
09:57Est-ce que ça aussi, ça a joué dans ton intérêt ?
10:00Oui, parce que quand on voit ce sport, on pense aux 13 valides.
10:04Donc, on a nos poteaux, on a les tis.
10:06Et quand on le voit, même si c'est en fauteuil,
10:09on remarque qu'on part du valide quand même dans tous les cas.
10:11Donc, c'est ça qui fait toujours la magie de ce sport.
10:13Alors toi, tu as goûté à ce sport, on reviendra sur ton parcours plus précisément,
10:18mais par ta famille, par ton frère.
10:20Est-ce qu'il y a des clubs qui sont assez développés ?
10:23Est-ce que tu sais si en France, il y a beaucoup de possibilités de faire du 13 fauteuil ?
10:28On a quand même de plus en plus de clubs qui se développent en France.
10:32Après, c'est sûr que si on veut le plus haut niveau,
10:34il y aura d'autres endroits en France, il faut faire la route.
10:37Moi, dans mon club, on évolue petit à petit,
10:39mais c'est en évoluant tous ensemble qu'on fait monter le niveau en France.
10:42Et c'est vrai que ce niveau en France, il doit forcément évoluer.
10:45Jacques, en tant que DTN de cette fédération,
10:48on sait qu'on part du sud-ouest globalement.
10:50Est-ce qu'il y a cette volonté de pouvoir faire connaître encore plus ce 13 fauteuil ?
10:54Alors, le 13 fauteuil, c'est un très bon vecteur de communication pour la fédération
10:58parce que, justement, nous avons des clubs en Normandie,
11:02des clubs sur Nantes, au Yonax, Lyon, dans le sud de la France,
11:08là où habite Lisa, Toulon, Marseille, Perpignan.
11:12Donc, il y a une cartographie qui est assez représentative.
11:16Ensuite, on a toujours un effort à faire parce qu'il y a une vraie volonté de développer ce sport,
11:21mais il est en train de véritablement s'installer
11:24et de permettre aussi à des territoires qui n'ont pas une culture forcément trésiste
11:29de rentrer dans notre discipline et dans notre fédération
11:33grâce, justement, aux 13 fauteuils
11:35parce que c'est un sport qui fédère
11:39et c'est un sport qui est véritablement inclusif.
11:44Je ne connais pas d'autres activités qui soient reconnues de haut niveau
11:47parce que le Pararudby 13 est reconnu par le haut niveau,
11:50est reconnu à une reconnaissance de haut niveau par le ministère
11:53qui permette à Valide et Handi de partager un moment sportif,
11:59de partager de la compétition.
12:02Je n'en connais pas d'autres.
12:04Et alors, je veux m'intéresser aussi parce que je sais que dans Avomar,
12:07qui est sur Sports en France, on s'adresse vraiment à tout type de public
12:10et on vous en remercie d'ailleurs.
12:11On parlait de personnes qui sont soit très jeunes comme Lisa
12:15ou peut-être plus âgées ou qui entrent dans le monde du handicap à n'importe quel âge.
12:20Est-ce que justement, c'est aussi une volonté, sans parler vraiment de compétition,
12:24mais déjà d'avoir une activité sportive pour ces personnes-là ?
12:27Tout à fait.
12:30La fédération, elle est organisée par rapport au Pararudby 13
12:34grâce à une commission qui fait tout un travail à la fois d'organisation du championnat.
12:39Donc, on a un championnat élite qui est composé de 11 équipes,
12:42mais nous avons aussi un championnat national qui est porté sur le développement
12:48où justement, les clubs qui sont en train de se monter
12:52ou qui sont en train de s'organiser au niveau de plateaux sportifs.
12:57Et il y a une vraie volonté de développement avec des zones qui sont organisées
13:02pour permettre quand même de limiter les déplacements
13:04parce que c'est aussi très coûteux pour un club de se déplacer,
13:08de traverser la France.
13:10Donc, il y a une volonté de développement
13:12et ces divisions permettent de niveler l'accès au haut niveau
13:16et donnent le temps aussi aux clubs et aux bénévoles qui s'en occupent
13:19de se structurer, d'aller chercher du monde, des financements
13:22pour petit à petit accéder à la compétition véritablement.
13:28Et alors, il y a un ambassadeur, évidemment, que tout le monde connaît ici,
13:32Jonathan Iverna, qui lui fait à la fois du rugby fauteuil et du 13 fauteuil.
13:36C'est important de compter sur des ambassadeurs comme Jonathan, justement,
13:41qui connaît les deux disciplines ?
13:42D'abord parce que c'est quelqu'un qui est médiatisé,
13:46c'est quelqu'un en plus qui a du talent.
13:49Sur le terrain, il montre et il démontre aussi son expertise.
13:54C'est vraiment un athlète de très haut niveau.
13:56Donc, c'est surtout ça qui fait qu'il est un ambassadeur.
14:01C'est sa légitimité sur le terrain.
14:04Et en plus de ça, Lisa pourra le dire,
14:06c'est que c'est vraiment une personne qui est bienveillante
14:09et qui accompagne aussi les plus jeunes
14:11et qui permet de progresser,
14:14qui met tout le monde aussi sur les bons rails, j'ai envie de dire.
14:17Un vrai capitaine, évidemment, Jonathan.
14:21Il me fait la transition, il me permet en tout cas de faire la transition
14:23parce que j'évoquais la pratique paralympique,
14:26justement, le rugby fauteuil est déjà aux Jeux paralympiques.
14:29Est-ce que l'ambition du 13 fauteuil, qui est donc spectaculaire
14:32et qui reprend les codes du rugby traditionnel,
14:34pourrait être celle d'aller aux Jeux, peut-être Los Angeles ou Brisbane ?
14:39Alors l'ambition, je le souhaite,
14:42mais malgré tout, j'ai l'impression que nous avons quelques freins.
14:45Par exemple, le fait de mettre ensemble valide et ensuite en dit,
14:50ce sont des freins qui ne permettent pas, en tout cas on nous l'a signifié,
14:56de rentrer et de répondre au cahier des charges des disciplines
15:00qui pourraient être acceptées dans le monde des paroles olympiques.
15:04Ah oui, c'est vrai qu'il y a toujours eu ce débat,
15:06avec Paris 2024, on en a parlé,
15:08c'est vrai qu'il y a les Jeux olympiques, les Jeux paralympiques juste ensuite,
15:11c'est vrai qu'on n'a pas les mêmes organisations.
15:12C'est peut-être ça qui...
15:13Alors c'est pour ça qu'on va peut-être tenter les Jeux olympiques en fait.
15:17Ah génial !
15:18Ça, ça serait...
15:19Ah ben voilà, vous l'avez entendu ici.
15:21Jeux olympiques, ça serait logique effectivement,
15:23parce qu'on a des valides et des personnes en situation de handicap,
15:25mais ça serait vraiment rassemblés en fait.
15:27C'est ça l'objectif du 13 fauteuil.
15:29Et puis c'est aussi mettre en application
15:31toutes les politiques inclusives qui nous sont proposées.
15:36Et j'avoue que moi, c'est vraiment un projet qui est très séduisant.
15:41C'est vraiment formidable.
15:43J'ai des surprises moi aussi à vos marques.
15:46Je souhaite effectivement que cette ambition olympique puisse avoir lieu.
15:52On va parler de la performance justement.
15:54On va parler de Lisa qui est avec nous et de son parcours.
15:57C'est tout de suite dans Parcours Perf.
15:58Alors le 13 fauteuil, sport spectaculaire,
16:05sport ouvert à tous, on l'a dit, mixité complète.
16:08Comment est-ce qu'on y vient dans ce sport ?
16:10Est-ce que c'était familial finalement, Lisa ?
16:12Cette envie de faire du rugby ?
16:14Ben moi, oui, c'est avant tout familial parce que mon père m'entraîne.
16:18D'accord.
16:18Mon frère joue et à la base, j'ai joué aussi parce qu'il y jouait,
16:21parce que moi, j'aidais plutôt mon club.
16:23Je leur amenais l'eau.
16:25Je faisais quelques entraînements pour rire avec eux.
16:26Mais quand on est vraiment passionné par ce sport,
16:29on finit vite par y jouer.
16:31C'est juste magique parce que moi, je passe tout mi-week-end avec ma famille.
16:35Ma mère, elle nous aide.
16:36Mon père, il nous entraîne.
16:37C'est quand même quelque chose d'exceptionnel.
16:39Mais alors, c'est Romain qui a été le moteur finalement,
16:42qui lui s'est mis au 13 fauteuil et qui ensuite a emmené un petit peu toute la famille avec ?
16:46Exactement, parce qu'à la base, il n'y avait que lui qui jouait.
16:49Même mon père ne m'entraînait pas, sauf qu'on se prend tous au jeu.
16:52Et après, on finit vite dedans, on s'y plaît et après, on arrive là.
16:57Il n'y a jamais eu cette envie de faire du 13 classique, du rugby à 13 ?
17:00Moi, à la base, je faisais de la danse classique.
17:02Donc, c'était un peu l'opposé.
17:04Mais quand on commence à faire ce sport,
17:07moi, j'ai toujours été passionnée de rugby quand même.
17:09Donc, une fois qu'on le pratique, on ne veut plus le lâcher.
17:12Jacques, quand on entend ce type de témoignage, c'est vrai que c'est génial.
17:15La mission est accomplie en fait parce que c'est vraiment un sport inclusif.
17:18C'est une très belle histoire.
17:19Et puis, cette jeunesse, nous, on essaye aussi de promouvoir dans les écoles
17:25cette discipline parce que ça permet aussi ensuite de pouvoir quand même
17:31comprendre l'autre, de rentrer.
17:34Ça en fait des belles personnes.
17:35Ces jeunes qui côtoient au quotidien des personnes qui ont aussi un endive,
17:42voient que la vie peut continuer.
17:45Ça permet aussi de relativiser, d'avoir des projets sportifs
17:49parce que Lisa, malgré tout, c'est une sportive de haut niveau.
17:54Et donc, c'est un moteur dans la vie qui va l'accompagner,
17:59lui permettre d'évoluer dans sa vie avec des objectifs précis.
18:04Et puis, de très belles rencontres.
18:07Et je lui souhaite aussi des voyages quand elle va partir en compétition.
18:10Exactement, parce que les compétitions, on va en parler.
18:13À 17 ans seulement, Lisa, tu fais partie de cette équipe de France.
18:17Est-ce que tu dirais que cette pratique t'a changé ?
18:20Parce que j'ai des indiques et Lucien dans mon oreillette me dit,
18:23a priori, on n'a pas la même Lisa avant de faire du 13 fauteuils qu'après.
18:27Alors oui, quand j'ai commencé, j'étais très, très introvertie.
18:30Je parlais à personne, j'étais super timide.
18:32Mais une fois qu'on côtoie ce sport, ça nous libère.
18:35Ça nous fait découvrir une version de nous-mêmes qu'on ne pensait pas avoir.
18:38Moi, personnellement, ça m'a fait évoluer humainement.
18:41Mais c'est incroyable.
18:43Mais le fait de se mettre dans un fauteuil, déjà,
18:46est-ce qu'on se rend compte du handicap de son frère Romain
18:49et par la suite du reste des adversaires ?
18:52Moi, j'ai toujours été dans des fauteuils.
18:54J'allais tout le temps dans le fauteuil de mon frère.
18:55Mais se rendre compte d'être dans ce fauteuil
18:58et de se dire, là, on est au même niveau que tout le monde,
19:01c'est exceptionnel.
19:02Parce que je pense que plein de personnes ne se rendent pas compte
19:04que c'est un vrai sport, que c'est vraiment physique,
19:07qu'il y a vraiment du travail derrière.
19:08Alors justement, le travail, comment on s'entraîne ?
19:11Combien de fois on s'entraîne ?
19:12Quelles sont les sensations quand on est dans le fauteuil
19:13et qu'on doit justement être active alors qu'on ne l'a jamais été, finalement ?
19:18Avec son club, on va surtout travailler tout ce qui est les tactiques,
19:21la stratégie ou même les gestes techniques.
19:23Et en dehors, il faut faire aussi de la musculation.
19:25Il faut essayer de travailler sa vitesse,
19:27mais aussi se renforcer les épaules, les bras.
19:30Tout, c'est vraiment un gros travail
19:31et ça fait partie intégrante de notre vie quand on le fait.
19:34Et alors, il y a aussi la partie études, évidemment, en parallèle.
19:38On arrive à concilier tout ?
19:40Ça représente combien d'heures, finalement, par semaine, l'entraînement ?
19:42Beaucoup d'heures.
19:44D'accord.
19:45Plus que de révision ou pas ?
19:46Attention.
19:48Ça, on va dire un peu, oui.
19:51Je vais en cours, je rentre, on fait le sport, les devoirs.
19:54Et le week-end, on a match.
19:55Donc, c'est vraiment un quotidien très prenant.
19:58Et l'évolution, elle a été perceptible assez rapidement, finalement,
20:02pour arriver en équipe de France.
20:03Est-ce que tu t'y attendais, tout simplement ?
20:05Moi, je ne m'y attendais pas du tout.
20:06Parce que moi, je fais mon sport de mon côté, je donne tout.
20:10Et quand on se rend compte qu'on nous voit jouer,
20:13qu'on pense qu'on a les capacités pour,
20:15ça fait toujours plaisir et on ne s'y attend pas.
20:16Moi, c'était un honneur de savoir que j'allais pouvoir être la première femme en équipe de France.
20:20Et c'est ça aussi qui fait que notre sport, il est spécial.
20:23Parce qu'à mon âge, je ne pensais pas du tout en arriver là.
20:26C'est clair.
20:27Jacques, en tant que DTN, justement, de la fédération,
20:29voir des profils comme Lisa atteindre le haut niveau,
20:32ça doit faire quelque chose.
20:34Et ça va inspirer, on imagine, évidemment, des tas d'autres joueurs et joueuses.
20:37C'est l'objectif.
20:38Et puis, on voit qu'il y a un épanouissement derrière.
20:41Donc, l'objectif est atteint.
20:44Et ensuite, le sélectionneur Cyril Torres,
20:48qui est aussi un très grand joueur,
20:50est quelqu'un qui est aguerri aussi pour détecter les talents.
20:54Donc, il a une stratégie aussi sur le long terme.
20:57Et c'est quelqu'un qui sait aussi travailler la cohésion d'une équipe.
21:01Donc, on voit bien aussi qu'il y a du plaisir à pratiquer,
21:05que pour ces sportifs de haut niveau,
21:07se retrouver régulièrement pour faire du haut niveau,
21:11c'est aussi très moteur dans leur vie de tous les jours.
21:14Et c'est une composante de leur vie qui est, à mon avis, très intéressante
21:20parce que ça donne aussi la possibilité de transférer ces compétences
21:27dans leur quotidien, notamment sur le scolaire.
21:30Mais aussi, par rapport à l'estime de soi, ça les renforce.
21:34Ça donne confiance et ça en fait de très bons citoyens.
21:38Et cet esprit d'équipe, évidemment, on le retrouve en équipe de France.
21:42Quels sont les derniers résultats de cette équipe de France ?
21:45Est-ce qu'on a des ambitions, justement, au niveau des championnats du monde ?
21:48Parce qu'il y a plusieurs types de compétitions, évidemment.
21:51Alors, le dernier résultat en date, c'est jouer à Saint-Lô
21:53contre nos meilleurs amis, mais en même temps nos pires ennemis,
22:00donc les Anglais, que nous avons réussi à battre de quatre points.
22:04Et sur une partie vraiment acharnée, avec un engagement féroce,
22:10Lisa était là et on a réussi à l'emporter dans les dernières minutes de la partie.
22:16Donc, véritablement, l'objectif, c'est de reconquérir ce titre mondial.
22:22Toute l'équipe de France derrière Sil Torres ont cette motivation.
22:28Donc là, on a un an de planification avant de participer à cette Coupe du Monde
22:33qui se déroulera en Australie, Nouvelle-Guinée et Papouasie.
22:38Et donc, l'objectif, c'est de travailler, d'affiner tous les réglages
22:43pour reconquérir le titre et en respectant tous les adversaires
22:49que nous allons avoir sur notre chemin.
22:52Quelles sont les nations qu'on surveille un petit peu du coin de l'œil, Lisa ?
22:57Nos plus grands ennemis, les Anglais.
23:02Australie peut-être aussi, non ? Moins ?
23:03Oui. Après, on les regarde tous et on a tous hâte de les affronter, bien sûr.
23:13Alors, pour arriver au plus haut niveau, évidemment, il faut aussi que la base soit solide.
23:17Est-ce qu'il y a un championnat de France qui existe
23:18et qui permet de faire éclore des joueurs ?
23:22Ou est-ce que, finalement, c'est plutôt au niveau européen qu'on a cette possibilité ?
23:26Non, non. Le championnat domestique français est de très, très bon niveau
23:29avec 11 équipes qui se disputent le titre.
23:34Bien évidemment, comme dans tous les championnats, il y a une tête de championnat.
23:38Mais on a un réservoir qui est solide, qu'il faut absolument consolider aussi.
23:45Les Anglais, malgré tout, ont professionnalisé leur championnat.
23:49Donc, ça leur donne quand même un certain avantage
23:52parce que nous, nos sportifs, n'ont pas que ça à faire.
23:57Ils travaillent.
23:58Ils travaillent, c'est des plus réactifs.
24:00Donc, il faut certainement que la professionnalisation,
24:04qui est aussi un objectif majeur pour la fédération,
24:07permettra encore de passer un cap.
24:09Mais en tout cas, notre base est assez solide.
24:12Il y a un travail de fond qui est fait.
24:15Et donc, je pense que déjà, en interne,
24:19il y a des choses à faire pour essayer de progresser.
24:24Bon, on va suivre ça, évidemment.
24:27Quel est l'objectif, Lisa, à titre personnel, j'allais dire ?
24:30Déjà, il y a eu cette intégration à l'équipe de France.
24:32Maintenant, c'est gagné encore plus avec cette équipe de France.
24:35On se donne la possibilité de faire du rugby fauteuil à 13,
24:40enfin, du 13 fauteuils.
24:41son activité principale ou est-ce qu'on va rester concentré sur les diplômes,
24:48la vie professionnelle à côté et la pratique sportive ?
24:51Moi, le métier que je veux faire, il va rentrer quand même dedans
24:53parce que je vais être kiné dans le sport.
24:55D'accord.
24:56Donc, moi, ma vie, ce sera forcément le sport.
24:59Donc, me mettre à fond dans ce sport,
25:01essayer de vouloir jouer la Coupe du Monde
25:03et en dehors, quand même, me plaire dans mon métier
25:05qui restera dans le sport, c'est le plus important aussi.
25:07Et peut-être les Jeux olympiques, donc, comme objectif.
25:11Jacques l'a cité.
25:12Ça, c'est sûr que ça reste un objectif.
25:14L'objectif, c'est de jouer le plus possible, bien sûr,
25:16et d'évoluer au maximum que je puisse.
25:19Et l'accueil, l'acceptation dans cette équipe,
25:22elle a été immédiate avec des joueurs qui ont plus d'expérience
25:26et qui sont surtout très masculins par rapport à toi, évidemment.
25:29Ah, mais ils m'ont totalement acceptée.
25:31Et les stages en équipe de France, je n'ai pas senti de différence.
25:34Ils ont toujours été là pour moi.
25:36Ils me mettent en confiance aussi parce qu'à 17 ans,
25:39rentrer en équipe de France comme ça,
25:40alors qu'ils sont tous là depuis longtemps,
25:42ce n'est pas anodin.
25:44Mais ils m'êtent très à l'aise et on s'entend tous très bien.
25:47Bon, c'est parfait.
25:48On souhaite en tout cas le meilleur à cette équipe de France,
25:51à toi, Alisa, personnellement, évidemment,
25:53et puis à toute l'équipe.
25:55Merci, Jacques, aussi, d'avoir présenté cette belle discipline inclusive
25:58qui est le 13 fauteuil.
26:00Et on espère que le développement continue
26:02et qu'on en parle de plus en plus.
26:04On a des disciplines qui sont, et des compétitions surtout,
26:07qui sont diffusées sur Sport en France.
26:08Dans Avomarque, on a été ravis de pouvoir mettre en lumière
26:11justement cette discipline du 13 fauteuil.
26:13Merci à tous les deux.
26:14Et on se retrouve très bientôt sur Sport en France
26:17pour une nouvelle émission Avomarque, évidemment,
26:19dédiée à une autre discipline parasportive.
26:21Salut !
Commentaires