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  • il y a 10 mois
Deux ans après son coup de gueule, ce boulanger de Nice continue de se battre pour sauver le croissant français. Le quotidien d'un boulanger qui fait tout lui-même, c'est ça.

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Transcription
00:00Je pense que si vous écoutez un petit peu, on a ce croustillant et donc tout à la fois ce moelleux à l'intérieur.
00:07Ce qui fait que pour moi c'est un croissant de qualité.
00:09Avec l'industriel, que vous mangez un croissant à Nice, à Paris, à Strasbourg ou à Reims, vous mangerez le même avec le goût identique.
00:15A mes yeux, le croissant est plus qu'important puisque c'est ce qui a déclenché il y a deux ans ma démarche dont on avait parlé sur Brut
00:23puisque j'avais interpellé le Premier ministre sur la nécessité de créer un label pour le croissant de la même façon qu'on l'a fait pour la baguette dite tradition.
00:31Et comme on sait qu'aujourd'hui il y a plus de 80% des viennoiseries sur le marché qui sont d'origine industrielle dans le pays de la gastronomie,
00:39à mes yeux c'est honteux. Ne rien faire c'est criminel.
00:42C'est pas un combat d'un jour, c'est pas un seul combat, c'est pas mon premier combat et ça sera pas le dernier.
00:47Ce qui a changé depuis c'est la prise de conscience des Français
00:50puisqu'énormément de Français ont commencé à prendre conscience de cette invasion de produits industriels
00:55donc demandent de plus en plus dans leur boulangerie est-ce que c'est du fait maison.
00:58Là je suis en train de le rouler, je sens la douceur de la pâte mais en même temps que je le roule, je suis en train de regarder là sur les côtés.
01:06Si on se concentre bien, on voit les différentes couches de beurre successives et de pâte.
01:10C'est un plaisir parce que je sais déjà que ces croissants-là, demain ils vont être feuilletés, si tout va bien ils devraient être beaux.
01:16Si je faisais que sortir des croissants d'un carton, j'aurais pu mon métier, je serais un quincailler.
01:21Et encore, si je ne voudrais pas manquer de respect au quincailler, je ne serais plus qu'un marchand, je ne serais plus un artisan.
01:26D'une manière générale, ceux qui fabriquent encore leurs produits font énormément d'heures.
01:30On est vraiment obligé d'avoir un panel assez large de sortes de pains pour justement que le client puisse faire un choix.
01:41Maintenant, ce n'est pas toujours évident mais le client ne pouvant à ce jour faire la différence entre un industriel et un artisan,
01:48ce n'est pas évident puisqu'il n'y a pas de loi, on est obligé de faire de tout sinon on serait déjà fermé, on n'existerait déjà plus.
02:12Concrètement, ça veut dire quoi ?
02:13Ça veut dire que demain, vous rentrez dans une boulangerie, on peut vous vendre des croissants industriels, de la viennoiserie industrielle, de la pâtisserie industrielle,
02:21sans même avoir à vous le mentionner, voire même en allant plus loin, en vous sous-entendant que c'est du fait maison.
02:26Pourquoi en sont-ils arrivés là ?
02:29Certains sont découragés parce qu'ils ne gagnent plus bien leur vie, parce qu'il ne faut pas perdre de vue qu'un produit industriel,
02:35quand vous achetez un croissant de 15 centimes et que vous le revendez à un euro, vous faites énormément de marge dessus.
02:40Nous, en les fabriquant, on a un coût de production qui est déjà 3 voire 4 fois plus élevé.
02:44Il y a un produit que j'ai arrêté de vendre, ce sont les chouquettes.
02:48Souvent, on m'en demande, mais quand j'en ai à vendre, j'ai du mal à les vendre parce que je suis beaucoup plus cher que mes concurrents,
02:53qui, eux, les achètent industriellement, bien sûr.
02:56Et donc, je serais 30 % plus cher et les clients nous le reprochent chaque jour.
02:59« Ah ben dis donc, vous devez gagner beaucoup d'argent avec vos chouquettes parce que vos voisins sont 30 % moins chers. »
03:05Donc, j'ai fini par arrêter les chouquettes, oui.
03:09Allez, on va mettre en place des croissants et des pains au chocolat pour l'ouverture du magasin.
03:14C'est l'heure, j'ai même deux minutes de retard.
03:20Donc, j'ai pris ce matin à 4 heures, il est maintenant 7 heures moins le quart, moins 10.
03:24Oui, je dois avoir trois minutes de retard.
03:25Donc, on va ouvrir jusqu'à ce soir 20 heures avec juste une interruption d'une heure entre 2 et 3.
03:30Et ça va être du mardi jusqu'au dimanche.
03:34Sur l'année qui est passée, moi, j'ai eu un salaire net d'environ 1 200 euros.
03:38Pareil pour mon épouse, sachant que moi, je suis à 80 heures par semaine minimum
03:42puisque quand c'est les périodes de fêtes, on monte à 90.
03:45Ma femme fait pareil entre 70-75 heures par semaine.
03:49Il m'arrive souvent de me poser la question pourquoi je continue.
03:51Au vu du travail fourni par rapport aux heures faites et au salaire que j'en sors,
03:56c'est déraisonnable quelque part.
03:58Mais peut-être que j'aime trop mon métier, peut-être par fierté,
04:02peut-être parce que j'ai envie de me prouver l'inverse, d'y arriver et de mieux gagner ma vie.
04:06Oui, il y a certainement beaucoup de fierté.
04:08J'ai envie de réussir dans mon métier et je pense que j'y arriverai.
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