00:00C'est un happening permanent là-dedans.
00:02Les gens vivent, mangent, boivent, travaillent, s'aiment, se séparent, se brisent, se recollent.
00:10Et on essaye de vivre ensemble.
00:12Je me sens libre.
00:14Libre de penser, libre d'agir, avec des gens qui sont compétents pour nous écouter.
00:19Je lui prends un traitement très fort, que je désire pas.
00:22Que je puisse dire un dialogue avec lui ou au Guillaume.
00:24Sinon je me prends pour Jésus, moi.
00:26C'est bloqué dans la tête toujours les mêmes délires, les mêmes choses.
00:30Personne n'est parfait.
00:34C'est un lieu d'accueil, d'hospitalité,
00:37où on essaye de réunir le maximum de conditions pour qu'une rencontre puisse avoir lieu.
00:41On propose des ateliers, des collectifs, des micro-événements
00:45qui peuvent redonner un peu de familiarité là où il y a de la bizarrerie, par exemple.
00:50Qui peuvent relancer un peu l'art de la conversation,
00:53là où on a envie que de se replier sur soi ou de devenir très mutique.
00:57Où on peut être un peu réanimé par la présence des autres.
01:00Mon pif est un peu trop gros, je regrette que mon pif...
01:08Mon pif est trop gros.
01:11Et alors le titre, ce serait quoi ?
01:13Le titre, c'est le pif qu'il ne fallait pas faire.
01:21Je suis Nicolas Philibert et j'ai fait ce film qui s'appelle Sur l'Adamant.
01:25Ici, dans ce bel endroit, ce qui abrite un centre de jour,
01:29viennent des patients atteints de troubles psychiques.
01:32Et moi je trouve que c'est génial ce système de bâtiment.
01:35Il y a moins d'agressivité que dans les grands bâtiments,
01:41mais c'est plus agréable.
01:43Il y a l'eau, c'est impaisant.
01:47Comme il y a un gise.
01:49L'eau, ça a un rôle soignant, non ?
01:53Ça rempose.
02:02Il n'y a pas de porte fermée, tout le monde peut circuler partout.
02:05Il n'y a aucun bureau fermé.
02:07Les patients, tout un chacun peut aller dans le bureau administratif,
02:11à la photocopieuse.
02:12Le quotidien de cet endroit est co-inventé par les patients et les soignants.
02:23Le soin, ce n'est pas seulement donner des médicaments,
02:27des calmants, des anxiolytiques aux gens.
02:32C'est tout un ensemble.
02:34Soigner ici, ça veut dire d'essayer de renouer un lien,
02:40d'aider les patients à retrouver un lien avec le monde au fond.
02:43Il n'y a pas de blouse blanche.
02:45Il n'y a pas de signe extérieur qui permet de distinguer clairement
02:49les soignants des patients.
02:51Et c'est très important.
02:52Ça raconte qu'on relève tous de la même espèce,
02:55de la même humanité au fond.
02:57Barman et infirmier en même temps sur le bateau.
02:59Un bar associatif ici, qui fait partie de la Damante.
03:02Il permet de générer des fonds pour organiser après des sorties au théâtre,
03:07des activités à l'extérieur.
03:09Il y a un psychiatre à bord, le docteur Berlier,
03:12qui reçoit des patients en consultation.
03:15C'est un médecin qui est là quelques journées par semaine
03:18et qui est notre chef de service.
03:21Je voulais vous dire que je suis très contente d'arriver sur le bateau.
03:25Déjà, je trouve que c'est un endroit merveilleux.
03:27Je le trouve très apaisant.
03:29Et je pense que c'est un lieu du désir aussi,
03:32c'est-à-dire que les gens qui sont là ont le désir d'y être.
03:37Et pour moi, ça c'est fondamental en fait.
03:40La psychiatrie va mal.
03:42Elle semble abandonnée, sacrifiée par les pouvoirs publics.
03:49Mais ici, c'est un peu l'inverse.
03:52C'est un lieu qui a su rester vivant,
03:55qui est très inventif,
03:57dans lequel on continue à faire une psychiatrie humaine, on va dire.
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