00:00On n'est pas tous égaux face à la peur.
00:01Si je vous montre ça...
00:02...
00:04... ou ça...
00:05...
00:06... il y en a certains d'entre vous qui vont adorer, et d'autres qui vont être terrorisés.
00:10Et ça, c'est probablement dû aussi à la façon dont ça se passe dans votre cerveau.
00:13On connaît tous quelqu'un qui adore les films d'horreur.
00:15Et en fait, c'est assez paradoxal.
00:17Parce que certains d'entre nous adorent avoir peur, et pourtant, le cerveau, lui, déteste ça.
00:22Mais ce qu'il déteste encore plus, le cerveau, c'est l'incertitude.
00:24C'est le fait d'être incapable de prévoir ce qui va se passer après.
00:27En fait, pour comprendre la peur, il faut comprendre comment fonctionne le cerveau.
00:30Le modèle qu'on utilise actuellement en neurosciences, c'est le modèle qu'on appelle le cerveau bayésien.
00:33Qui est un modèle, en fait, où on considère que le cerveau compare à tout moment des prédictions,
00:37des prédictions cérébrales, aux informations du réel.
00:40À chaque milliseconde, votre cerveau, il prédit toutes les choses que vous allez recevoir,
00:44comme informations sensorielles, visuelles, auditives, olfactives.
00:47Et ça, ça lui permet de limiter au maximum l'incertitude.
00:50En prédisant ce qui va se passer, le cerveau, il évite la surprise.
00:53Mais justement, la peur, les trucs qui sont un petit peu...
00:56qui sont dangereux, c'est des choses qui vont nous surprendre,
00:58et qui vont permettre au cerveau de recalibrer un peu ce système de prédiction.
01:02« Watch every step ! »
01:04« Not the legs ! »
01:08En fait, quand on a peur, il y a plein de choses qui se passent au niveau corporel et psychique,
01:11à la fois dans le corps et dans le cerveau.
01:13Il y a la sécrétion de plein d'hormones, l'adrénaline,
01:16puis les hormones qui sont liées au cortisol notamment,
01:18qui vont nous préparer à fuir ou à combattre,
01:20qui vont être des hormones qui vont nous permettre de réagir à un danger réel dans l'environnement.
01:24Ça, c'est ce qu'on active quand on est dans une situation de peur réelle.
01:28Dans un film d'horreur, on sait que cette situation est beaucoup moins forte.
01:31Vous avez beau être terrorisé face à un film d'horreur,
01:33votre cerveau, lui, il sait très bien faire la différence.
01:35Il sait faire la différence entre cette peur récréative, cette peur simulée,
01:39cette peur de l'image, et la peur réelle du tueur en série qui va pouvoir vous planter un couteau.
01:49« Arrête ! »
01:49Finalement, pour le cerveau, c'est une simulation, le film d'horreur.
01:51C'est quelque chose qui lui permet d'engranger des expériences,
01:54des expériences qui sont un peu étonnantes, qui sortent du champ de son expérience ordinaire,
01:58et qui lui permettent aussi de mieux se préparer.
02:00Donc on sait que chez les gens qui adorent par exemple la peur ou les films d'horreur,
02:03ça va être des gens qui vont activer les centres du plaisir notamment,
02:05quand ils regardent un film d'horreur.
02:07C'est quelque chose qui est assez fou, les gens qui adorent les films d'horreur,
02:09quand on leur fait une IRM cérébrale ou un électroencéphalogramme
02:12après avoir regardé un film d'horreur,
02:13on se rend compte que l'activité du cerveau, elle est beaucoup plus faible.
02:16Comme si le cerveau était en état de repos.
02:22Oh putain !
02:23Putain !
02:25Non !
02:25En fait, on a tous une tolérance différente à l'incertitude.
02:28Il y a des gens qui sont très, très tolérants,
02:30et d'autres personnes qui ne peuvent pas supporter ça.
02:32Ils ont besoin de contrôler leur environnement,
02:33ils ont besoin que tout ce qui leur arrive soit bien contrôlé, soit bien régulé.
02:37En fait, ça se colle à peu près avec les profils de ceux qui aiment avoir peur,
02:40et ceux qui détestent ça.
02:42Bien sûr, ce n'est pas aussi simple que ça,
02:44mais en tout cas, on sait qu'il y a des gens qui ont plutôt cette appétence pour la peur.
02:47On peut devenir totalement accro à cette sensation.
02:49D'ailleurs, ceux qui adorent avoir peur vous disent souvent que c'est une sensation de vie,
02:52qu'après la sensation de peur, en fait, ils ont une espèce de chute de vie,
02:56une chute de trucs très, très plaisants.
02:57Ça, c'est lié aussi au centre dopaminergique dont on a parlé,
03:00et au fait que pour le cerveau, avoir échappé à quelque chose, même si c'était simulé,
03:04qui était un danger, c'est hyper récompensant.
03:06Il y a des gens même pour qui c'est totalement excessif,
03:09notamment qui ont des conduites ordaliques,
03:11qui vont se mettre en danger, parfois dans des situations de danger réel.
03:14Ils vont conduire à 300 km heure avec des voitures de sport,
03:17ils vont se faire du saut à l'élastique mais sans protection,
03:20ils vont faire des trucs qui sortent totalement de l'ordinaire.
03:23En fait, ils vont vraiment se mettre en danger
03:25pour des situations qui vont leur donner un shoot d'adrénaline et de dopamine
03:28qui va activer leur centre de plaisir,
03:29qui va vraiment être lié à quelque chose de très récompensant pour eux sur le plan émotionnel.
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