00:00Il pleut littéralement en zone nucléaire protégée, le niveau d'eau atteint jusqu'à 10 centimètres.
00:11Nul besoin d'être un expert pour savoir que l'eau et des câbles électriques ne font pas bon ménage.
00:19La gravité de cet événement, la dissimulation qu'on en a faite dans une centrale nucléaire
00:25française, c'est irréaliste en fait pour moi, c'est totalement irréaliste.
00:30Quand j'arrive en 2016, je suis le chef du service conduit de la centrale nucléaire de Tricastin.
00:45C'est le plus gros service de production du parc le nucléaire français.
00:51J'ai sous ma responsabilité 400 personnes.
00:56La centrale nucléaire de Tricastin fait partie des centrales les plus mauvaises en matière de
01:11résultats environnementaux. J'arrive dans une atmosphère assez pesante en fait. L'enjeu pour
01:17le réacteur numéro un de Tricastin, c'est d'ouvrir la voie pour la prolongation de la durété des
01:25centrales de 32 réacteurs du parc le nucléaire français. Il n'est pas possible de cumuler
01:32davantage d'événements sûreté et environnement à la centrale. D'où l'idée à un moment par la
01:38direction de les minimiser, voire de les dissimuler.
01:55On parle d'une centrale nucléaire, on parle de la fierté française, on parle de l'exemple
02:00français en matière de sûreté nucléaire. On a demandé à des agents de terrain de
02:04nettoyer une eau potentiellement contaminée avec des raclettes. Le lendemain de cet événement,
02:14on a la venue d'inspecteurs de l'autorité de sûreté nucléaire dans le cadre d'une
02:20inspection programmée de longue date. Au moment où je m'apprête à prendre la parole pour expliquer
02:29ce qui s'est passé, le directeur production demande une interruption de séance, je n'avais
02:35encore jamais vécu ça pour tout vous dire, et il demande à me parler à l'extérieur. Donc là,
02:41il menace, il n'y a pas d'autre terme. Je suis menacé, c'est tu vas te taire, il est hors de
02:48question que tu parles de cet événement, donc soit tu tais, soit clairement ta carrière, on va lui
02:54mettre fin. Et ce n'est que plusieurs semaines après cette inspection que je découvre ce qui
03:04s'est dit ce jour-là dans un rapport de l'autorité de sûreté nucléaire. L'origine de l'écoulement est
03:11identifié vers 10h40, l'écoulement est immédiatement arrêté. Cette inondation de 24 heures est devenue
03:20un petit écoulement, il n'y est absolument pas question du manque de moyens, il n'y a absolument
03:26pas question des 10 centimètres d'eau présente dans un local, ça signifie qu'il y a eu dissimulation.
03:32La direction de la centrale a délibérément menti à l'autorité de sûreté nucléaire, s'agissant de
03:40la gravité de cet événement.
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