00:00C'est un peu que des galères de faire un film, c'est que ça quoi.
00:08Cette scène est ratée, tout, le film est raté.
00:19Sur Coupé il m'est arrivé une bonne grosse galère, on était au deux tiers du tournage,
00:26Bérenice dans le film fait beaucoup de sport, elle fait plein de trucs, des cascades etc.
00:31Et on fait un dîner à la maison, on relâche bien la pression etc, et je crois qu'on se
00:38met à danser, je sais pas quoi, il est tard, et elle se retourne la cheville et elle se
00:43fait hyper mal.
00:44Et nous, bien contentes, bien joyeux, on dit ah c'est pas grave, je lui file des béquilles
00:49et on continue la soirée etc.
00:51Et le lendemain matin, elle se lève, elle va dans la salle de bain, les béquilles partent
00:56comme ça, elle tombe face contre terre, le visage explosé, le nez comme ça, l'oreille
01:00comme ça.
01:01Et là je réalise qu'on est vraiment pas bien du tout.
01:04Et donc voilà, le tournage a dû s'arrêter, elle boitait, donc elle a fini le film en
01:10boitant.
01:11Vous avez dû arrêter le tournage pendant combien de temps ?
01:12Une semaine, on a arrêté pendant une semaine.
01:16Donc ça c'était une bonne galère de tournage, pas drôle, pas drôle du tout.
01:23Mais maintenant ça va mieux, ça va mieux, elle a des fausses dents, on lui a refait
01:26un fauné, enfin tout va bien.
01:28J'imagine que les producteurs et ceux qui s'occupent de leur film ne devaient pas être
01:32très contents non plus de cet arrêt ?
01:34Sur le moment, c'est la grosse panique, puis surtout parce que votre actrice, et en l'occurrence
01:40ma femme pour le coup, se fait mal.
01:43Donc très très grosse galère.
01:45Sur OSS, il y a eu plein de petites galères, on tournait, on avait une soirée, c'est sur
01:54le pont, c'est la scène de fin d'OSS 1, on est sur le pont de Casablanca, sur une jetée
02:01plus exactement, et donc on a plein de lumière partout pour éclairer ça, pour faire ça
02:05un peu façon à l'ancienne, fin des années 50 et tout, donc on a vraiment des, sur tous
02:10les ports comme ça, on a des gros projecteurs, et à un moment donné, poum, tout s'éteint,
02:16et donc plus de lumière, on est plongé dans le noir, et moi j'ai eu une soirée pour
02:20faire toute la, comment dire, toute la séquence, et donc je vois tous les gars, toute l'équipe
02:27ils partent, ils vérifient tout, donc c'est des prolongs, c'est des rallonges si vous
02:30voulez, donc ils vérifient tout pour voir où ça déconne, etc, et en fait on se rend
02:34compte au bout de deux heures que c'était, les gars avaient oublié de mettre de l'essence
02:38dans le groupe électrogène, donc ça s'est arrêté, mais personne n'y avait pensé,
02:42donc le gars du groupe il était comme ça, il regardait les autres bosser, etc, donc
02:46il a fallu trouver une station de service, aller là-bas, mettre de l'essence dans le
02:50groupe électrogène, donc moi j'ai perdu à peu près trois heures, j'ai eu plusieurs
02:53séquences dont la séquence de bagarre entre Oratica et Bernice Béjot, qui se dénude
02:59à mesure qu'elles se battent, et donc j'ai tourné tout à l'épaule, ce qui n'était
03:02pas du tout prévu, bon ça passe, mais c'était pas prévu comme ça, et on voit le jour qui
03:07se lève un petit peu dans le fond.
03:09Et vous pendant ces trois heures-là, vous êtes dans quel état ?
03:12Moi il se trouve que je suis d'un naturel assez calme, donc j'étais plutôt calme,
03:16s'il n'y a rien à faire, il n'y a rien à faire, donc j'essaye plutôt de me préparer
03:22pour être dans de bonnes conditions pour quand on pourra faire quelque chose, ça sert
03:25à rien que je cours partout, j'engueule tout le monde, etc, donc quand il faut attendre,
03:30on attend, voilà, dans le cinéma on attend pas mal, donc là j'attendais trop, mais j'attendais.
03:36Dans ces trois heures-là, est-ce que vous vous dites comment je peux faire pour changer
03:40des choses dans ce que j'ai prévu ?
03:42Il n'y a que ça à faire, exactement, en fait vous vous adaptez un truc qui devait
03:46être fait en quatre heures, vous l'adaptez à trois heures, puis à deux heures, puis
03:52à une heure, et puis voilà, et puis si c'est impossible, on trouvera une solution.
03:58À aucun moment c'est possible de dire, bon ben on le fait demain ?
04:01Là non, trop cher, trop d'argent, ça bouge trop de choses, des fois c'est possible,
04:09là c'était pas possible.
04:14Sur The Artist, je devais faire un plan d'une maison, et en fait il fallait que j'aille
04:21sur un trottoir, et la dame qui avait, la propriétaire de la maison, qui s'avère,
04:27c'était dans un espèce de quartier un peu résidentiel qui s'appelle Fremont, à
04:33Los Angeles, la dame, qui s'avère être la dame qui faisait la voix américaine de
04:36Marge Simpson, a refusé qu'on mette la caméra devant sa porte, et comme on n'avait pas
04:43le droit, parce que tout est très réglementé, d'être sur la chaussée, et ben on était
04:47comme ça, le pied de la caméra était vraiment au bord de sa propriété, elle, elle était
04:53comme ça sur sa porte à bien regarder et tout ça, pour faire un pauvre plan, et donc
04:57on était au maximum comme ça, donc totalement ridicule, mais voilà, le caprice d'une dame
05:03qui fait qu'on peut pas faire exactement le plan qu'on voulait, bon.
05:07Mais en fait, je suis sûr que si je cherche, il y en a des pires, des galères, il y en
05:13a plein en fait des galères, mais c'est ce qui fait la beauté du truc quoi.
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