00:00Si on a une maladie où c'est le cerveau lui-même qui dysfonctionne,
00:04on en est tenu pour responsable, alors que c'est la même chose que s'il y a un foie ou un cœur en fin de compte.
00:09Moi je dis que c'est vraiment une double pelle, parce que non seulement on est malade,
00:12et en plus on tient pour responsable d'être malade alors que le cerveau aussi a le droit de dysfonctionner.
00:25Ça fait partie de ma vie, je ne peux pas l'oublier.
00:29Déjà parce qu'il y a les traitements, et puis parce qu'il y a tout ce qui va dans le quotidien en fait.
00:36Pour chaque personne, on va avoir des humeurs qui vont changer,
00:40tu vas être assez triste s'il n'y a pas vraiment de raison,
00:42tu vas être un peu euphorique s'il n'y aura pas vraiment de raison non plus.
00:45En fait, j'ai quelqu'un de dipolaire non stabilisé,
00:48et ces humeurs vont être beaucoup plus amplifiées,
00:52et ça va durer plus longtemps, ce qui va caractériser une phase.
00:55Par exemple, dans le cadre d'une phase dépressive,
00:58j'ai pu être capable de travailler, j'ai eu à avoir des troubles cognitifs importants,
01:02et même des choses assez simples, j'ai pu arriver à le faire.
01:04Et dans la phase maniaque, en fait, c'est plutôt...
01:09c'est plutôt en fait, on a mille idées à la seconde,
01:11on est vraiment avec beaucoup d'énergie,
01:15on dort presque plus, mais ce n'est pas grave parce qu'on est très en forme.
01:18Chaque bipolaire est unique, et d'un bipolaire à un autre,
01:21la maladie ne va pas forcément être aussi handicapante.
01:26À un moment, j'étais au chômage et je passais littéralement ma vie à passer des entretiens,
01:31et à un moment, je me suis rendu compte, et ce malgré du coup,
01:34un bac plus 5 et des belles expériences.
01:36Et en fait, à chaque fois, après, je me suis rendu compte que finalement,
01:41le moment où je l'évoquais, coïncidait avec la fin du processus de recrutement.
01:45Les gens ne comprenaient pas, ils ne comprennent pas,
01:47et puis une appréhension, une peur, et on n'a même pas parfois la possibilité
01:51de se dire que c'est la fin du processus de recrutement.
01:53On m'a déjà dit, même une fois en entretien,
01:55« Ah oui, mais vous allez me faire des arrêts de travail. »
01:58Ben non, si on m'accompagne correctement, il n'y a pas de raison qu'il y en ait en fait,
02:03ou pas plus qu'un autre salarié.
02:05Donc voilà.
02:06C'est assez violent aussi, ce qu'on peut avoir des fois comme réaction vis-à-vis de ça.
02:12Je veux dire qu'il y a une maladie comme une autre.
02:24Le Diodé permet d'avoir une journée en immersion.
02:28Pour certains, c'est découvrir un nouveau métier.
02:30Pour d'autres, c'est nouer des contacts
02:32qui peuvent éventuellement permettre un emploi par la suite.
02:36Et en fait, on postule via la plateforme Diodé.fr,
02:40et ça permet de pouvoir passer une journée en immersion.
02:44Pour ma part, j'ai passé mon Diodé de 2021
02:50auprès de Tony Estanguet à l'organisation des JO 2024.
02:54Il y a un énorme travail de sensibilisation auprès des entreprises,
02:59de différentes structures.
03:01Et voilà, ça amène les gens vraiment à reconsidérer leur position
03:06et peut-être à être plus tolérants, à mieux comprendre tout simplement.
03:11Pour moi, la bipolarité, ça m'affecte aussi positivement
03:14parce que ça donne une force, ça donne une capacité à relativiser.
03:17Ça donne aussi des capacités à affronter l'incertitude
03:20parce qu'on en a l'habitude.
03:22Ça a aussi des aspects positifs,
03:24et je pense que c'est important de le mentionner
03:26parce que quand on parle de handicap,
03:28on parle toujours de ce que ça nous enlève
03:30et pas vraiment de ce que ça nous apporte.
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