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  • il y a 10 mois
"Pourvu qu'après, on garde des moyens", espère la cheffe du service diabétologie à la Pitié-Salpêtrière, Agnès Harteman.
Transcription
00:00En janvier dernier, j'étais comme beaucoup de collègues, je dirais, épuisée en fait.
00:08Épuisée par des années d'impression d'être tout le temps en combat pour se faire comprendre
00:16par la direction, d'arriver à obtenir du personnel qui corresponde à la charge en
00:23soins des unités, épuisée d'être obligée de se justifier, mois par mois, devant des tableaux
00:30XL, dans des grandes réunions parce qu'on avait parfois deux séjours en moins, un hôpital de jour
00:36qui n'avait pas fonctionné pendant une semaine, parfois c'était la grève des transports mais il
00:40fallait expliquer pourquoi les patients n'étaient pas venus, donc épuisement émotionnel, épuisée
00:46aussi de soutenir le moral des troupes. Pendant la crise du Covid, comme on l'appelle, on a été
00:55compris, on a été très bien compris même par nos directions locales, la direction de cet hôpital
01:01sur le site était avec nous main dans la main, donc on voit qu'ils peuvent l'être. Là pour les
01:06patients avec le Covid, on a eu tellement de moyens, on a eu tout ce qu'on voulait, même les
01:14infirmières me disent mais ça fait peur, on a l'impression qu'on avait mis quelque part d'un seul
01:19coup presque trop de choses, ça fait bizarre de dire ça et donc on est en train de se poser une nouvelle
01:24question éthique là, c'est pourquoi on a eu tout ça pour des patients malades du Covid, tant mieux,
01:31tant mieux pour eux parce qu'on a pu faire tout ce qu'on pouvait pour eux vraiment et puis là d'un
01:37seul coup on a en fait on a une crainte, là pour l'instant c'est calme, je peux pas vous dire qu'on
01:42ait des annonces d'austérité pour l'instant mais on a évidemment une crainte, c'est que tout ça
01:48s'arrête. Si on revient à du flux tendu encore pire qu'avant, les autres crises, grippe, bronchiolite
01:54de l'hiver, on pourra encore moins les encaisser puis on va revenir à ces patients qui attendent
01:58des plombes sur les lits aux urgences, ici on n'a pas assez d'ambulances pour les transporter dans
02:04les services, on avait tout ce qu'il fallait comme ambulance donc ils vont recommencer à attendre des
02:08heures avant d'arriver dans les services, on avait enfin des places pour que les patients puissent
02:12partir en centre de réadaptation, on n'aura à nouveau plus de place, ça redeviendrait et ça peut
02:17être pire que ça bien sûr. On a très peur que l'hôpital public tombe dans l'oubli et que le
02:23retour de balancier soit terrible. Cet hôpital d'après, vous l'imaginez comment vous ?
02:32Idéalement vous voulez dire ? Idéalement c'est qu'on continue ce dialogue avec la
02:42direction administrative, c'est eux qui tiennent les cordons de la bourse et qu'on puisse continuer
02:47à être dans ce dialogue de soucis communs de la qualité des soins et des conditions de travail et
02:54qu'ils viennent sur le terrain avec nous, qu'on évalue ensemble, alors aussi au niveau de tous
02:58les hôpitaux, quel type de patient, besoin de combien d'infirmière, d'aide soignante, d'agent,
03:04de secrétaire, donc on continue à être dans ce dialogue et ce respect mutuel autour plutôt de la
03:09qualité. Jusque là en premier des ordres du jour c'était quantité de séjour, recettes, dépenses,
03:15toujours de la gestion des finances. Donc si on pouvait revenir à mettre ça en dernier et nous
03:23mettre en premier point d'ordre du jour quand on discute avec notre administration, vous en êtes
03:30dans la qualité des soins, le nombre de postes vacants, comment on pourrait faire pour faire
03:33venir du monde, voyez cette préoccupation là qu'on pourrait partager, ça ça serait un nouvel
03:38hôpital et dans ce qu'on appellerait cette nouvelle gouvernance où la gestion serait au service du
03:46soin et pas le contraire, il faudrait des médecins mais aussi des représentants du personnel parce
03:53que les grands absents de ces réunions c'est les gens du personnel qui ont quand même leur mot à
03:58dire sur leurs conditions de travail et puis des usagers qui ne sont pas associés à ce genre de
04:04discussion et de choix, même de projets médicaux, de projets de fonctionnement pour les hôpitaux,
04:10donc ça ce serait nouveau. L'état d'esprit actuel c'est pourvu qu'après on garde des moyens vraiment.
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