00:00Là, c'est mon dossier Covid, donc il y a un peu la dose.
00:02Le cardiologue.
00:04Tout ça, c'est les prises de sang.
00:05C'est plus de 400 euros de prises de sang quand même.
00:07J'ai attrapé le Covid le 19 mars,
00:10tout simplement dans mon travail et c'était une pièce fermée.
00:12Il y avait une collègue et elle ne toussait pas.
00:15Et c'est se trouver qu'elle avait le Covid.
00:16Et quatre jours après, j'ai développé les premiers symptômes.
00:18Ça fait six mois maintenant et depuis que je ne suis toujours pas guérie.
00:21Alors, il y a eu du mieux,
00:22mais il y a eu aussi beaucoup de rechutes et beaucoup de points négatifs.
00:24Les symptômes du Covid long que moi, j'ai,
00:26ce n'est pas les mêmes que ceux que j'avais au début.
00:28Au début, c'était tout et fatigue et mal de tête.
00:31Et maintenant, c'est surtout détresse respiratoire,
00:34donc essoufflement, forte douleur à la poitrine,
00:37comme si en fait, j'avais une pierre chaude qui gonflait
00:39et qui m'écrasait de plus en plus.
00:41Pour moi, le plus dur, je pense, c'est de ne plus pouvoir être active.
00:44J'ai des malaises après l'effort,
00:47maintenant, presque systématiquement.
00:49Et même si des fois, ça s'améliore,
00:50ça, c'est vraiment difficile à 27 ans de ne plus pouvoir être active.
00:54Là, c'est le graphique de l'épreuve d'effort
00:56qui montre pourquoi j'ai une désautonomie.
00:57Donc ça, c'est la fréquence cardiaque.
00:58Donc, on voit qu'elle monte à l'effort, ce qui est normal.
01:00Et là, ma tension artérielle, on voit qu'elle est plate, ça ne monte pas.
01:03On voit bien qu'il y a une dérégulation
01:04parce que la tension artérielle n'est pas montée à l'effort.
01:08J'étais jamais à l'hôpital avant le Covid comme ça.
01:28J'avais eu une opération une fois,
01:30mais là, deux fois aux pneus hauts, trois fois au cardio,
01:33l'IRM, scanner, scintigraphie.
01:36Je dois repasser encore un scanner, ça n'arrête pas.
01:39Et j'ai dû aller peut-être une quinzaine de fois à l'hôpital en six mois.
01:43Avant, je suis nutritionniste de formation, donc je mangeais plutôt bien.
01:48En plus, j'adore cuisiner, je suis sportive, je ne fume pas, je ne bois pas.
01:52J'étais vraiment en forme, j'étais quelqu'un de très joyeux, vraiment, j'étais bien.
01:56Et maintenant, je suis toujours quelqu'un d'optimiste,
01:59mais avec un bel handicap en plus.
02:02Vu mes symptômes actuellement, je ne peux plus vivre toute seule.
02:05J'ai trop de fatigue, j'ai trop de problèmes cardiaques et pulmonaires.
02:09Il fait que je ne peux plus vivre toute seule.
02:10Du coup, à 27 ans, je suis retournée vivre chez mes parents.
02:13J'ai totalement changé mon rythme de vie
02:15et j'espère pouvoir reprendre un rythme de vie normal.
02:17Donc, je vais rebondir, je suis motivée, je suis optimiste, je vais rebondir,
02:21mais ce n'est pas facile.
02:36On ne sait pas, on ne peut pas prédire
02:38qui va garder des symptômes persistants pendant 2, 3 ou 4 mois.
02:42Comprendre ce qui se passe, c'est une chose.
02:45Proposer des solutions, c'est ce qu'on a fait à nos patients,
02:48c'est-à-dire en fonction des symptômes dont ils se plaignaient,
02:50on leur a essayé de leur proposer une prise en charge.
02:54Et puis, on essaie de voir, deux mois plus tard,
02:57est-ce que la piste dans laquelle on s'est engagé avec les patients
03:01Il y a des gens qui ont perdu énormément de masse musculaire,
03:04donc inévitablement, dès qu'ils ont besoin de faire un exercice,
03:08ils sont fatigués parce qu'ils n'ont pas récupéré
03:10ni le moteur cardio-respiratoire, ni leur moteur musculaire.
03:14Le deuxième grand profil de patients,
03:17c'est des gens qui conservent un syndrome anxieux.
03:21Tout le monde n'a pas la même capacité à s'adapter à la situation.
03:24Donc, il y a des gens qui ont perdu énormément de masse musculaire,
03:28un syndrome anxieux.
03:29Tout le monde n'a pas la même capacité à faire face à ce stress inédit.
03:33Il y a des gens qui gardent un syndrome anxieux.
03:36Pour certains, ils l'ont vécu comme un stress post-traumatique.
03:39Et puis, il y a le troisième profil,
03:40des gens qui ont vraiment des perturbations
03:44dont on pense qu'elles sont liées vraiment à l'infection virale,
03:48qui restent, c'est-à-dire les anosmies, les agusies,
03:51perte du goût, perte de l'odorat,
03:52des gens qui ont toujours des problèmes respiratoires,
03:54avec en particulier ce qu'on appelle un syndrome d'hyperventilation,
03:58c'est-à-dire une respiration superficielle qui n'est pas efficace
04:02et dont on sait, parce que c'est une maladie qu'on connaît depuis longtemps,
04:05qu'elle provoque une partie des symptômes dont se plaignent les gens.
04:08Il faut les aider à ce que cette récupération qui est très très longue
04:12soit un petit peu accélérée par une prise en charge adaptée.
04:15Un, on reconnaît leurs symptômes,
04:17on essaie de leur dire comment ça fonctionne,
04:20pourquoi ils ont ces symptômes-là,
04:21et on essaie de leur proposer une solution.
04:23Et on réévalue cette solution à deux mois.
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