00:00Nous avons une enquête qui n'est pas faite.
00:05Il s'agissait d'un individu qui a pris la fuite à trois reprises, qu'il fallait interpeller
00:10et qui a été interpellé dans des conditions normales d'interpellation.
00:30Des foyers infectieux situés sur plusieurs organes ont été relevés lors de l'autopsie
00:44et par ailleurs l'égiste nous indique qu'il n'y a pas de lésions faisant penser à des
00:52violences.
00:53On m'a dit au départ qu'il avait fait une crise d'épilepsie, le lendemain on me dit
00:56qu'il a fait une crise cardiaque.
00:57Aujourd'hui on me dit que c'est une infection gravissime qui l'aurait tué.
01:01Demain ça va être quoi ?
01:02Il y a eu trop de choses qui ont été dites depuis deux jours et demi, des inexactitudes,
01:12des mensonges, qu'il est inadmissible d'instrumentaliser la souffrance d'une famille.
01:17La vraie question qu'il faut se poser c'est pourquoi un jeune de 24 ans se retrouve aux
01:23mains des gendarmes et qu'il en sort décédé ? La vraie question elle est là.
01:28La seule chose que nous réaffirmons, et ça avec force, c'est que les gendarmes dans
01:52cette affaire n'ont pas usé de violence contre Adama Traoré.
01:57Il s'agissait d'un individu qui a pris la fuite à trois reprises, qu'il fallait interpeller,
02:02qui a été interpellé dans des conditions normales d'interpellation.
02:04Plus on avance dans l'affaire d'Adama, plus les mensonges sont gros.
02:27La juge avait tous les éléments, il y a trois expertises qui sont sorties,
02:40trois expertises qui vont dire que mon frère est bien mort, asphyxié.
02:43Je suis en colère, je suis en colère, ça fait deux ans, je ne peux pas fermer les yeux,
02:48tant qu'il n'y aura pas la justice, tant que les trois gendarmes ne seront pas mis en examen.
02:54Moi j'ai la colère, j'ai un plaid et ça ne peut pas se cicatriser, donc ça fait mal.
03:00Les juges étaient prêts en février à fermer le dossier d'Adama Traoré.
03:09Grâce à l'expertise que nous allons commander, grâce à cette expertise-là,
03:12elles vont relancer l'enquête.
03:13Nous avons dû doubler d'efforts, sinon si on avait fait confiance seulement aux juges,
03:21l'affaire de mon petit frère aurait été aujourd'hui classée sur un non-lieu.
03:24Toutes les expertises l'ont dit, cette dernière le dit de façon encore plus claire et sans
03:43ambiguïté puisqu'elle exclut le décès par asphyxie positionnelle qui découlerait des gestes
03:50des gendarmes. Les experts retiennent un effort intense dans des conditions climatiques extrêmement
03:56élevées associées à des facteurs pathologiques qui préexisteraient et peut-être une infection
04:03cardiaque. C'est une expertise qui protège clairement les gendarmes, c'est une expertise
04:07qui nous ramène à la pathologie cardiaque qui avait été écartée.
04:21Ce rassemblement aujourd'hui, c'est pour demander et exiger la mise en examen des gendarmes.
04:26Nous avons une enquête qui n'est pas faite. Tous les actes que nous avons demandé ont été refusés.
04:31Il faut savoir que nous allons saisir les ordres des médecins et porter plainte contre les médecins,
04:36les experts choisis par la juge.
04:48Ces jeunes sont déshumanisés, ces jeunes ne sont même pas comme des personnes ayant des sentiments.
04:53Aujourd'hui, on a envie de leur dire que ce sont des jeunes qui ont un cœur, qui savent penser,
04:58qui ont droit à la liberté de circuler, à la liberté de penser.
05:02Ce ne sont pas des jeunes qu'on doit tabasser et humilier comme on le fait.
05:06Aux Etats-Unis, on parle de ségrégation raciale. En France, la ségrégation raciale est masquée par la ségrégation sociale.
05:12Aujourd'hui, nos petits frères, mon frère, ces jeunes de Garton subissent ça à travers le combat de la masse.
05:17Tout ça, c'est ce système, c'est ce que l'État a poursuivi qu'il faut casser.
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