00:00Retenez-moi où je fais un malheur.
00:02Plusieurs ministres ont entonné ces derniers jours
00:04le vieux tube du chantage à la démission.
00:07Bruno Retailleau, rebaptisé depuis à droite Bruno Houlkao,
00:11sur la question hypersensible de l'Algérie.
00:14Et Gérald Darmanin sur le port du voile dans les compétitions sportives.
00:17Menacé de claquer sa deme, c'est un classique de la politique
00:21et la liste des claqueurs de porte est longue comme le bras.
00:23Il y a d'abord les céréales démissionnaires,
00:26comme Jean-Pierre Chevènement,
00:27parti trois fois sur des désaccords politiques
00:30et auteur de la célèbre Maxime,
00:32un ministre, ça démissionne ou ça ferme sa gueule.
00:34Il y a les rois du chantage ensuite,
00:37qui ont toujours leurs lettres de démission dans leur poche
00:40mais ne passent jamais à l'acte,
00:41comme Jacques Delors qui brandissait son départ matin, midi et soir.
00:45Ou Bruno Le Maire qui faisait miroiter une sortie avec panache de Bercy sans suite.
00:51Il y a les démissionnaires angoissés comme Nicolas Hulot,
00:54dévastés de quitter le ministère de l'écologie mais lassés des petits pas.
00:58Ou alors les lyriques comme Christiane Taubira,
01:01partie du ministère de la Justice avec cet envolé.
01:03Parfois résister, c'est rester.
01:05Parfois résister, c'est partir.
01:07Enfin, il y a les masterclass de la deme.
01:09Et le king, c'est Jacques Chirac,
01:11qui avait quitté Matignon avec fracas en 1976
01:15pour mieux préparer la présidentielle de 1981
01:18face au président sortant Valéry Giscard d'Estaing.
01:21Mais gare au retour de bâton,
01:23le chantage à la démission peut parfois se retourner contre vous.
01:26Je pense à l'ancien ministre Clément Beaune
01:28qui, pour avoir menacé de partir lors des débats sur la loi immigration,
01:32avait été évincé contre son gré lors du remaniement suivant.
01:36Comme dans la fable d'Ésope sur l'enfant qui criait au loup,
01:39il ne faut pas trop jouer à ce petit jeu parce que sinon on finit par plus vous croire.
01:43Dans le cas précis de Bruno Retailleau,
01:45le ministre de l'Intérieur voulait surtout rappeler ses convictions et ses conditions.
01:50Oui, il partira un jour s'il veut pouvoir se lancer à la présidentielle,
01:54mais c'est beaucoup, beaucoup trop tôt.
01:56S'il sortait maintenant, il redeviendrait simple sénateur
01:59au risque de disparaître des écrans radars.
02:01Bref, espérons que cette épidémie de démissionnites aigus
02:05ne finisse pas par contaminer le chef de l'État, Emmanuel Macron lui-même,
02:09sur le modèle du général de Gaulle, parti du jour au lendemain en 1969.
02:14On en serait quitte pour une élection présidentielle anticipée.
02:20Sous-titrage Société Radio-Canada
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