00:00Si, on sait très bien le soigner, mais c'est une maladie très rapide.
00:03En fait, on parle d'infection invasive à Mélingocoque et la méningite est une forme.
00:08Il y a d'autres formes de cette maladie.
00:09C'est une maladie qui progresse très vite chez un enfant ou un sujet en parfaite santé.
00:14Mais quels sont les symptômes ?
00:15Parce que c'est ça qui est important à dire.
00:17La première période de la maladie, c'est en gros les 15 premières heures.
00:21Les symptômes et les signes sont peu spécifiques.
00:24Ça peut ressembler à une grippe.
00:24C'est toute la difficulté.
00:25C'est ça la difficulté.
00:26C'est-à-dire, c'est peu spécifique.
00:27C'est-à-dire, c'est une fièvre, un enfant qui ne va pas très bien,
00:31qui se porte mal la fièvre, qui ne peut pas vouloir se téter, tout simplement.
00:35La maman peut dire que mon enfant a de la fièvre d'habitude,
00:38mais cette fois-ci, il n'est pas comme d'habitude, il est mou.
00:41Tous ces signes qui sortent de l'ordinaire doivent alerter les parents.
00:45Mais il y a des symptômes diffus.
00:46C'est-à-dire qu'on a toujours tendance à penser que la méningite,
00:49c'est la nucrée d'une fièvre qui ne tombe pas.
00:51Mais dans les premières heures, c'est pour ça que c'est une course contre la montre.
00:54Il y a des symptômes qui veulent tout et rien dire.
00:57En fait, il faudra être très vigilant dans ces premières heures.
01:00C'est après, en fait, la bactérie réside dans la gorge.
01:03C'est le cas de 15 %, à peu près 10 à 15 % de la population générale.
01:07C'est-à-dire, à chaque instant, en France,
01:08nous avons 7 à 10 millions de personnes qui portent ce genre dans la gorge sans aucun symptôme.
01:14Mais certaines bactéries peuvent traverser la barrière de la gorge et voyager dans le sang.
01:19Dans cette phase-là, on parle d'infection invasive parce que la bactérie a envahi le sang.
01:24Elle voyage dans le sang, elle va atteindre la barrière qui sépare le sang du système nerveux central.
01:29Et là, quand elle traverse cette barrière, on parle de méningite.
01:32Mais elle ne peut pas traverser cette barrière et aller ailleurs.
01:34Elle peut aller dans les articulations,
01:36elle peut aller dans l'enveloppe qui est autour du muscle cardiaque.
01:40Donc, il y a d'autres formes.
01:41Mais cette phase de première cancer, c'est peu spécifique.
01:45Ensuite, une fois qu'elle s'installe dans un organe distal,
01:49là, on a la méningite, on a une arthrite, on a une péricardie.
01:52Mais il y a un test de dépistage lorsqu'on a ces symptômes diffus que vous évoquez ?
01:56On doit prendre des prélèvements, le plus souvent le sang.
01:58Et est-ce que c'est traitable ?
02:00C'est traitable.
02:01C'est une bactérie qui est parfaitement sensible aux antibiotiques.
02:05Mais il faut encore traiter très rapidement.
02:07Parce qu'une fois qu'on déclenche ce qu'on appelle le syndrome inflammatoire massif
02:13qui va se provoquer, c'est trop tard.
02:18Mais ça, ça arrive au bout de combien de temps ?
02:19C'est-à-dire, quand est-ce que c'est trop tard ?
02:21C'est quelques heures.
02:22Malheureusement, ça explique ce que vous appelez dans les médias la méningite foudroyante.
02:28En fait, ce n'est pas une méningite, c'est une septicémie foudroyante
02:31parce que le malade meurt dans la première phase, la phase de la septicémie,
02:36la phase où la bactérie est encore dans le sang.
02:38Mohamed Karta, il y a aussi le cas des personnes contacts.
02:42Je reviens au cas de la Drôme parce qu'il y a 38 élèves,
02:455 adultes de l'école et périscolaire qui doivent être sous surveillance.
02:48Comment on surveille ces personnes contacts pour éviter un cluster ?
02:54D'une façon générale, les mesures à prendre autour de chaque cas sont bien codifiées en France.
02:58Le pourquoi de ce sujet contact, c'est parce qu'il y a un potentiel de transmission épidémique.
03:03Donc à chaque fois qu'on a un cas, on va voir qui était exposé aux sécrétions salivaires
03:09parce que la transmission est par côté de salive.
03:12Autour des malades, il faut qu'il y ait un contact face à face,
03:16à moins d'un mètre, pendant au moins une heure.
03:18Donc ce n'est pas une bactérie très contagieuse.
03:21Ce n'est pas la grippe, ce n'est pas la rougeole,
03:23mais il y a un potentiel quand même de contagion.
03:26Quand on définit ces sujets-là, on leur propose un traitement d'antibiotiques
03:32pour enlever cette acquisition de portage et éventuellement, on peut les vacciner aussi.
03:37Si on vous a fait... Pardon.
03:38Pardon, oui, je me disais, j'ai un petit, il y a une vaccination ?
03:42Contre le mélingocoque, effectivement, il y a deux types de vaccins
03:47parce que le mélingocoque est de plusieurs types.
03:49En fait, c'est comme nous, il a une peau qui a plusieurs couleurs,
03:53on les appelle par des lettres.
03:54Donc on a un vaccin contre le mélingocoque de type B
03:58et on a un vaccin contre quatre autres types qui sont le A, le C, le Y, le Z,
04:02qui est devenu obligatoire, ces deux vaccins sont obligatoires
04:04chez les moins de deux ans à partir de 2025.
04:06Alors si la vaccination est obligatoire, comment expliquer une telle recrudescence ?
04:10Parce que la vaccination vient de démarrer.
04:12C'est en janvier qu'il y a une découverte vaccinale.
04:15Mais la recrudescence, elle date de deux ans.
04:16D'où ça vient, cette recrudescence ?
04:18Ça, c'est la question probablement la plus importante.
04:21Il ne faut pas oublier qu'on est dans une période post-COVID-19.
04:24Pendant la période de COVID, grâce aux mesures non pharmaceutiques
04:28qui ont été appliquées, la distanciation sociale, le port de masque,
04:31cette bactérie, comme beaucoup de bactéries à transmission respiratoire,
04:36s'est arrêtée de circuler.
04:37Et donc, il y a moins de portage.
04:39Le portage, comme je vous ai dit, 10 % de la population générale a une fonction,
04:42c'est de donner, de générer un peu d'immunité dans la population.
04:46Donc, on est devenu, en quelque sorte, pendant les deux années de COVID,
04:50naïf immunologiquement.
04:52Et quand la bactérie SIROMI a circulé à nouveau, fin 2022,
04:56on a une recrudescence des cas.
04:58Mais il y a un autre facteur aussi, c'est la grippe.
05:01Il y a une association épidémiologique entre la grippe et le mélingue au coq.
05:05La grippe favorise l'infection invasive à mélingue au coq.
05:07C'est limpide.
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