00:00Submersion, un sentiment de submersion migratoire.
00:04Ah, comme il a bien parlé, le monsieur Depeau.
00:08Submersion migratoire.
00:11C'est pas pour dire qu'on est envahis par les Arabes et les Noirs.
00:14Submersion migratoire, c'est mieux.
00:16Ça fait joli, ça fait propre, hein ?
00:18Ben, ça l'est pas.
00:20D'abord, s'il y a un problème,
00:23c'est du délire de pousser à la panique.
00:26Donc, c'est pas au sentiment qu'il faut se référer.
00:29Vous nous le dites assez quand on parle de sécurité.
00:31C'est à la raison.
00:33Y a-t-il des faits qui attestent de ce que vous dites ?
00:36Non. Le fait du contraire, je vais vous le donner.
00:39Submersion migratoire, hé, parle-moi poliment.
00:43Parce que je suis un agent de submersion migratoire.
00:46Mon grand-père était espagnol.
00:49Et l'autre, son arrière-grand-père, il était italien.
00:53Et toi, là, pareil.
00:55Et toi, là, pareil. Un sur quatre.
00:57Un, deux, trois, quatre. Pouf.
00:59Ah ben oui, ça, c'est grave. Un, deux, trois, quatre.
01:01Tu vois ? Voilà. Un sur quatre.
01:03Nous sommes 17 millions d'agents de submersion migratoire.
01:07Nous sommes le résultat de cette submersion migratoire.
01:10Hein ?
01:12Ça suffit, leur truc.
01:14Vous devez, vous avez le devoir, amis et camarades,
01:18partout, de dire, ça suffit, arrêtez.
01:21C'est pour ça qu'on a décidé de proposer la date du 22
01:24pour retourner dans la rue.
01:26Alors, on connaît le résultat d'avance.
01:28Si vous lisez les journaux, notre manie sera ratée.
01:31Mais ça, c'est pas nouveau.
01:33À moins que le mouvement, entre-temps, se soit essoufflé.
01:36On connaît tout. On peut écrire d'avance les articles de toute la presse.
01:39Mais nous, on a besoin que des gens,
01:42un samedi ou un dimanche, je sais pas ce que c'est, le 22 mars,
01:45se bougent et aillent dans la rue pour dire
01:47« Moi, je marche pas dans cette combine. Je suis pas d'accord.
01:50Je viens protester pour l'honneur de mon grand-père, de ma grand-mère.
01:55De mon épouse, de mon époux, de tous ceux qui sont autour de moi,
01:59de mes neveux et nièces, etc. etc.
02:03C'est pourquoi, après avoir dit le désordre,
02:07le débat sur l'identité nationale,
02:09je vais dire des choses, je suis sûr,
02:11il y en a certains vont se demander pourquoi je dis ça,
02:13et puis d'autres vont dire « Il a raison, il le sent ».
02:15C'est d'abord une brutalisation intime.
02:18Une brutalisation intime.
02:20Moi, quand j'ai entendu parler à nouveau des Français de papier,
02:23je pensais à mon pauvre grand-père,
02:26qui était naturalisé français,
02:28parce qu'il avait voulu fuir la dictature de Primo de Ribera, la première.
02:32Et il avait une peur bleue, comme toute la famille,
02:35qu'on nous enlève les papiers.
02:37J'y étais pas, moi.
02:39Et cette peur, elle s'est transmise de l'un à l'autre,
02:41dans des circonstances qui fait que,
02:43quand moi, à nouveau, j'ai entendu parler de Français de papier,
02:46je me suis senti visé.
02:48Ancien sénateur, député européen, député national,
02:52ancien ministre.
02:54Je me suis dit « Mais moi, qu'est-ce qu'il... »
02:56Rien n'aura rien à me faire, je le sais bien.
02:59Mais des millions de braves gens se disent
03:01« Qu'est-ce qu'ils vont me faire, à moi et à mon gosse ? »
03:03C'est déjà pas assez que je sois obligé de lui dire
03:06« Toi, même quand un flic te parle mal, tais-toi ! »
03:10Pourquoi je me tais ?
03:11Ben parce que, vous le savez bien, vous,
03:15que ça se passe comme ça,
03:17que vous avez peur pour vos ados.
03:19Il y en a marre de vivre dans cette ambiance.
03:21Il y en a marre de vivre avec ces gens qui nous regardent de haut,
03:24pour qu'ils se prennent.
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