- il y a 2 ans
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00:00Bonjour à tous et bienvenue ce matin à l'heure des pros sur Europe 1 de 9h à 9h30 et sur CNews jusqu'à 10h30.
00:07Elias est mort parce que le pouvoir politique depuis trop d'années refuse de traduire par des lois plus dures la réalité du terrain.
00:16Elias est mort parce que l'idéologie, la lâcheté ou la démagogie gouvernent la pensée depuis 30 ans
00:22et qu'aucun ministre ne prend le risque d'affronter le camp du bien,
00:27d'essuyer les critiques de l'espace médiatique où règne en maître la culture de l'excuse et l'horreur de la répression.
00:35Elias est mort en janvier comme Philippine fut tuée dans le bois de Boulogne en septembre
00:39par des individus que la faiblesse de l'État a permis d'être assassins.
00:44Elias est mort parce qu'Éric Dupond-Moretti, Nicole Belloubet et tant d'autres ont préféré leur tranquillité à affronter le réel.
00:52Elias est mort et chacun comprend que cette mort était évitable.
00:56Les deux suspects avaient été présentés à un juge en octobre pour une autre affaire
01:01mais la loi ne permettait pas de comparution immédiate pour ces jeunes de 16 et 17 ans.
01:07Ils étaient libres en attendant leur jugement.
01:09Ils avaient bénéficié d'une loi folle qui défie le bon sens, la césure pénale,
01:16une procédure en deux temps qui dissocient les audiences de culpabilité et de sanctions.
01:22Les failles de la justice des mineurs sont un serpent de mer.
01:25Gérald Darmanin est avec nous ce matin.
01:27C'est la première fois depuis cinq ans qu'un ministre de la Justice vient sur ce plateau et je le remercie.
01:33Le ministre de la Justice avance avec fermeté.
01:36Mais comment agir au sein d'un gouvernement sans majorité à l'Assemblée nationale
01:41et dans une France fracturée et fragilisée jusqu'au sommet de l'État ?
01:46Voici une des questions que nous lui poserons dans un instant.
01:49Il est 9h01, Chana Lusto.
01:519h, 9h30, l'heure des pros sur CNews et Europe 1.
02:03Bonjour Pascal, bonjour à tous.
02:04La proposition de loi pour lutter contre le narcotrafic arrive aujourd'hui au Sénat.
02:09Gérald Darmanin en fait sa priorité numéro un.
02:12Dès hier, le garde des Sceaux a publié une circulaire très ferme adressée à tous les procureurs.
02:17Il veut entre autres doubler le nombre de magistrats dans les prochains mois
02:20avec 100 juges supplémentaires spécialement dédiés à la lutte contre le narcotrafic.
02:24Gérald Darmanin qui est votre invité ce matin, Pascal, sur CNews et Europe 1.
02:28Emmanuel Macron sera aujourd'hui au musée du Louvre.
02:31Le président de la République doit faire des annonces concernant l'avenir du musée.
02:36Son état se détériore.
02:37Sa rénovation est estimée à plusieurs centaines de millions d'euros.
02:41Mais Emmanuel Macron devra faire face à une difficulté dans un contexte
02:45où le pays doit faire des économies.
02:47Le gouvernement prévient qu'il n'y aura pas de rallonge budgétaire.
02:50Et puis, Donald Trump veut un dôme de fer à l'Américaine.
02:54Il va ordonner la construction d'un bouclier antimissile pour protéger les États-Unis.
02:59Il l'a annoncé cette nuit.
03:01Le dôme de fer fait référence au système de défense d'Israël
03:04qui a permis d'intercepter des milliers de roquettes depuis sa mise en service en 2011.
03:08Voilà pour l'essentiel de l'information. C'est à vous, Pascal.
03:11Merci, Chana Lustow.
03:13Je remercie Gérald Darmanin, ministre de la Justice,
03:16d'être présent ce matin sur le plateau de CNews.
03:19Bonjour, monsieur le ministre.
03:20Bonjour.
03:21Vous connaissez évidemment notre ami Charlotte Dornelas,
03:26Philippe Bilger, Joseph Massé-Scarron et Thomas Bonnet qui sont avec nous.
03:29On va pouvoir évidemment parler de l'actualité judiciaire,
03:32mais un mot ce matin, un mot va être commenté toute la journée.
03:36Ce mot, c'est « submersion ».
03:38Pourquoi va-t-il être commenté ?
03:39Parce qu'entre « submersion » et « grand remplacement », la frontière est tenue.
03:44Et j'observe déjà ce matin que certains, avec ce mot, vont prendre un peu de la distance.
03:49Madame Yael Braun-Pivet vient de ne pas reconnaître le mot « subversion ».
03:53Il a été employé hier soir par François Bayrou au sujet de l'immigration.
03:58Je voudrais qu'on l'écoute et que vous nous disiez votre sentiment
04:01avant évidemment d'évoquer l'actualité judiciaire.
04:05Vous ne pouvez pas accepter que dans le pays,
04:08il y ait des dizaines ou centaines de milliers de personnes qui sont en situation irrégulière.
04:14Je ne crois pas que ce soit mieux d'être métissé que de ne pas l'être.
04:20Je pense que les apports étrangers sont positifs pour un peuple
04:28à condition qu'ils ne dépassent pas une proportion.
04:32Je pense que la rencontre des cultures est positive.
04:36Mais dès l'instant que vous avez le sentiment d'une submersion,
04:41de ne plus reconnaître votre pays, de ne plus reconnaître les modes de vie ou la culture,
04:48dès cet instant-là, vous avez rejet.
04:50C'est dans cette zone qu'on se trouve.
04:52Et un certain nombre de villes ou de régions sont dans ce sentiment-là.
04:58Je répète, pour moi, c'est une question de proportion.
05:01C'est une question de proportion.
05:03Le mot « submersion », est-ce que vous le prenez dans votre vocabulaire ?
05:07Oui, le Premier ministre a évoqué un sentiment de subversion.
05:10C'est-à-dire que la subversion n'est pas là,
05:12mais qu'il y a un sentiment pour une grande partie de Français,
05:15notamment dans certains territoires.
05:17Il évoque certaines régions, certaines communes.
05:19Ce n'est pas partout pareil sur le territoire national,
05:21de difficultés pour faire valoir son identité, évidemment, sa culture et ses règles.
05:27Et par ailleurs, je pense que le mot de « proportion » est le bon mot.
05:30Le général de Gaulle le disait déjà il y a bien longtemps.
05:33Pour bien intégrer et assimiler des personnes étrangères,
05:37dont une partie de ma famille, dont une partie de la famille de la plupart des Français,
05:40existe par deuxième, troisième ou quatrième degré,
05:43il faut qu'une proportion raisonnable d'étrangers soit sur le sol national.
05:47Et elle est dépassée ?
05:48Aujourd'hui, il y a entre 7 et 9 % d'étrangers,
05:50ça dépend comment on compte exactement en France,
05:52c'est-à-dire à peu près moins de 10 % de la population.
05:54C'est beaucoup parce que c'est très concentré.
05:56Dans certains territoires, chacun le sait.
05:58Dans les Bouches-du-Rhône, en région parisienne, dans les grandes métropoles.
06:02Et nous avons du mal, bien évidemment, la République, c'est évident,
06:05a du mal à intégrer, à assimiler, à loger, à éduquer.
06:09Parfois, effectivement, à expulser.
06:12Et puis parfois, à être confronté avec une culture,
06:15des mœurs, ce que dit M. Bayrou,
06:18qui entre en conflit, pourquoi pas, avec la société française.
06:23Et ça existe.
06:24Oui, bien sûr, mais il y a plusieurs choses.
06:25D'abord, il y a la nature de cette immigration.
06:27Quand elle était européenne, les Portugais, les Espagnols, les Italiens, les Polonais,
06:32il y a déjà eu des difficultés depuis très longtemps.
06:34Il y a eu des difficultés, des programmes à Aigues-Mortes.
06:37Mais c'était à la fois du travail,
06:40il n'y avait pas d'engouement familial à l'époque,
06:42et par ailleurs, c'était une culture qu'on pourrait qualifier de chrétienne.
06:44Donc il y avait des lieux de socialisation,
06:46même si évidemment, les Espagnols, les Portugais, les Italiens,
06:49les Polonais ont connu du racisme et d'autres difficultés.
06:52Mais ils ont fait l'effort de l'assimilation.
06:55Ensuite, il y a eu d'autres mouvements migratoires,
06:57qu'on pourrait qualifier des mouvements migratoires
06:59qui relèvent à la fois du moment de la guerre post-1945
07:03et surtout après la guerre d'Algérie,
07:05et puis des difficultés qui viennent d'une immigration de travail
07:08qui venait de personnes qui n'avaient pas de culture chrétienne
07:11et qui, par ailleurs, il faut bien le dire aussi,
07:14ont connu l'engouement familial.
07:15Peut-être un des changements profonds
07:17de ce que nous avons connu dans la politique migratoire.
07:19Et puis enfin, il y a eu une immigration qui ne relevait pas du travail,
07:22qui ne relevait pas de nos voisins immédiats
07:24et qui est revenue soit du droit d'asile détourné,
07:26soit du droit d'asile qui n'était pas détourné,
07:28soit des réfugiés de manière générale
07:30qui viennent pour autre chose aussi que le travail.
07:33Donc pour vous dire que d'abord,
07:34l'immigration, c'est une longue histoire.
07:36Et moi, je pense que le Premier ministre a parfaitement raison
07:38d'évoquer non seulement l'identité,
07:40mais la proportion des étrangers que l'on peut accueillir sur notre sol
07:43pour les loger, pour les intégrer,
07:45pour pas qu'il y ait 30 nationalités différentes
07:47dans une école de la République,
07:48pour qu'effectivement, on puisse accepter
07:50ce long travail patient d'apprentissage de notre langue
07:53notre culture et l'imposition de nos règles.
07:56Il a eu raison.
07:58Quand on emploie le terme sentiment,
08:01c'est-à-dire que comme on a employé le terme de sentiment d'insécurité,
08:04quand on emploie le thème de sentiment de submersion,
08:07alors que vous l'avez dit vous-même, M. le ministre,
08:09il y a des endroits où il y a effectivement une submersion.
08:11Non mais il y a des endroits, évidemment,
08:13où les Français constatent que ça ne correspond plus du tout
08:16à ce qu'ils ont connu.
08:18Ce qu'il veut dire, c'est qu'on nous a fait le coup du sentiment,
08:20c'est ça qu'il veut dire.
08:22C'est-à-dire que dans l'oreille des Français,
08:24c'est le coup du sentiment, ils nous l'ont fait avec l'insécurité,
08:27et puis dans un an, les politiques diront
08:29que ce n'est plus un sentiment, c'est une submersion.
08:32C'est ça qui est entendu.
08:33Je trouve que l'expression n'est pas heureuse,
08:35parce que ce n'est pas un sentiment de submersion.
08:37Où il y a submersion, où il n'y a pas submersion.
08:40On n'a pas de sentiment de submersion,
08:42comme on n'avait pas un sentiment d'insécurité.
08:44Non mais attendez.
08:45Mais semble-t-il.
08:46Ne faites pas le procès de tout contre tout.
08:48Vous avez un Premier ministre courageux
08:50qui, pour la première fois, évoque ces sujets.
08:53Vous pourriez quand même vous en satisfaire.
08:55Je m'en satisfais tellement que nous commençons notre émission par ça.
08:59Donc le fait que le Premier ministre...
09:01J'ai dit, entre submersion et grand remplacement,
09:03il y a une feuille de cigarette.
09:05Vous ne vous y attendiez sans doute pas que François Bayrou,
09:07un homme centriste, modéré, équilibré,
09:10puisse dire au bout d'un mois et demi,
09:12domination à Matignon,
09:13qu'il y a effectivement une proportion d'étrangers
09:16qui ne doivent pas être déplacés sur le sol national.
09:18On pourrait peut-être ici se dire que c'est une avancée.
09:21Moi, je l'ai longtemps dit quand j'étais au gouvernement.
09:23J'étais assez minoritaire à l'époque.
09:25Je constate que les choses changent.
09:27Après, il ne faut pas non plus exagérer de façon considérable les choses.
09:31Il y a une grande partie de nos compatriotes étrangers
09:33qui s'assimilent très bien à la République
09:35parce qu'ils travaillent,
09:37parce qu'il y a des mariages mixtes,
09:38parce qu'ils deviennent propriétaires,
09:40parce qu'ils comprennent les règles de la République.
09:43Et puis il y a une partie...
09:44Mais ce n'est pas les étrangers le problème, si vous me permettez.
09:46C'est les Français.
09:47Vous parlez des étrangers.
09:48Pardonnez-moi, le problème...
09:49Mais si, ce n'est pas les étrangers.
09:51Le souci, c'est les Français comme vous et moi,
09:54Monsieur le Ministre,
09:55qui n'ont pas les mêmes moeurs,
09:57qui n'ont parfois pas la même religion,
09:59qui n'ont pas les mêmes coutumes
10:01et qui sont en rupture avec notre modèle.
10:03C'est ça le problème de la société française.
10:05Ce ne sont pas les étrangers.
10:07C'est ceux qui sont nés sur le sol de France.
10:09Je ne peux pas vous le dire parce que je traduis
10:11tous les gens qui sont en train de nous écouter.
10:14Il se baie bien sûr.
10:15Ce ne sont pas les étrangers.
10:16Je pense que je connais un peu les gens
10:17qui viennent vous écouter
10:18puisqu'ils m'élisent régulièrement
10:20dans ma circonscription.
10:21Je n'ai pas vu que j'étais élu quelque part.
10:24Je veux dire, nous écoute tout le monde.
10:27Ça fait 15 ans que je suis réélu
10:30dans chacune de mes élections à Tourcoing,
10:32à Tourcoing qui n'est pas la ville la plus facile.
10:38Vous en conviendrez.
10:39On peut avoir ce genre de difficultés également.
10:41Quand nous parlons des EQTF,
10:43nous parlons bien des étrangers.
10:44À longueur de plateau, on est bien d'accord
10:46qu'on met des EQTF à des personnes étrangères.
10:48Il y a donc un premier problème.
10:50Vous savez, quand on est au gouvernement,
10:51et c'est intéressant d'ailleurs
10:52que M. Retailleau soit au gouvernement,
10:53parce que les LR redécouvrent ce que c'est que le réel.
10:56Et le PS devrait sans doute participer
10:59à une action gouvernementale
11:00parce qu'il redécouvrirait ce que c'est que le réel.
11:02Et quand on est de droite, M. Pro,
11:03et moi je suis de droite,
11:04on a un rapport avec le réel,
11:06pas avec l'idéal.
11:07On a un rapport avec le réel.
11:08Le réel, c'est qu'il y a des étrangers et des Français.
11:10C'est comme ça.
11:11Pourquoi les gens sont devenus Français ?
11:12Est-ce qu'on a été assez durs à l'époque ?
11:14C'est une autre question.
11:15Mais moi, je fais de la poétique,
11:16donc je ne suis pas analyste.
11:17Je m'occupe du réel tel qu'il est.
11:19Donc d'abord, il y a les étrangers.
11:21La proportion d'étrangers,
11:22c'est-à-dire de gens qui ne sont pas Français par définition,
11:24qui n'ont pas de binationalité,
11:25c'est entre 7 et 9 % sur notre sol.
11:27Il ne faut pas dépasser
11:29une proportion.
11:30Et 10 % de la population française, c'est beaucoup.
11:32Parce que comme je vous l'ai dit,
11:34c'est très concentré.
11:35Et ce n'est pas la même chose à Tourcoing
11:37qu'à Bousbèque dans ma circonscription.
11:39Il y a des communes plus petites
11:40où il y a moins d'étrangers.
11:41Il y a des communes où il y en a plus.
11:42Pour si on veut assimiler les gens correctement.
11:44Et ensuite, il y a la question des Français.
11:46Ils sont Français.
11:47Il me paraît extrêmement important.
11:48Bien sûr.
11:49Et le fait qu'ils aient une religion différente
11:51les uns les autres,
11:52ne change rien à l'affaire.
11:53Mon grand-père était musulman
11:55et il portait l'uniforme français.
11:56Il s'est battu pour la France.
11:57On ne va pas lui arracher sa médaille militaire
12:00sans sa tombe.
12:01Il y a d'éminents, évidemment,
12:03Français qui sont juifs, qui sont musulmans,
12:05qui sont bouddhistes, qui sont catholiques,
12:06qui sont chrétiens.
12:07Le problème, ce n'est pas ça.
12:08Le problème, c'est quand on constate
12:10tous que sa communauté
12:12est plus importante que la communauté nationale
12:14et lorsque ses règles personnelles
12:16ou religieuses,
12:17parfois idéologiques,
12:19l'emportent sur la communauté nationale.
12:22Et ça vaut pour les hawkistes
12:23comme pour les islamistes.
12:24Donc, nous avons un double travail à faire
12:27qui est d'abord la reconnaissance de la réalité.
12:30C'est ce qu'a fait François Bayrou hier soir.
12:32Et on peut le souligner,
12:33parce que c'est très rare.
12:34Les hawkistes, ils ne tuent pas.
12:36Écoutez, vous savez,
12:39tout ce qui ressemble à l'idéologie
12:41qui consiste à penser qu'on est dans le camp du bien,
12:44c'est en général très mortifère.
12:47J'avais évoqué des éco-terroristes.
12:49Je constate que je ne suis pas suivi juridiquement
12:50sur cette question,
12:51mais je pense malheureusement
12:52que l'avenir me donnera raison.
12:55Il y a une forme de séparatisme
12:58qui existe dans ceux
12:59qui ne veulent pas que les règles
13:00de la République universelle d'assimilation s'appliquent.
13:03Et le hawkisme en est une forme.
13:05Et après, comme partout,
13:06tous les islamistes ne tuent pas.
13:08Mais une partie d'entre eux, importante,
13:10s'inspire d'une idéologie
13:12qui est la séparation avec le corps national.
13:15Tout ça pour vous dire
13:16que le Premier ministre a eu raison
13:17d'utiliser des mots forts,
13:18avec son vocabulaire.
13:20Moi, je pense que la proportion d'étrangers
13:22dans un pays est un débat politique
13:23très intéressant.
13:24Et que, par ailleurs,
13:26là, j'ai une différence avec le Premier ministre,
13:27et je suis d'accord avec Bruno Retailleau,
13:28il faudra bien que les Français
13:29soient consultés un jour
13:30sur la politique migratoire d'autres pays.
13:32Bon. La justice.
13:33On va parler, évidemment,
13:34des mineurs délinquants dans une seconde.
13:36Mais je voulais vous proposer
13:38une séquence qui me paraît folle,
13:40sur laquelle, évidemment,
13:42vous aurez du mal à vous exprimer,
13:44puisque vous ne pouvez pas commenter
13:46une décision de justice.
13:47Mais nous avons parlé
13:48de la fameuse séquence de Shilti Games
13:50il y a quelques mois.
13:52Vous avez donc un délinquant
13:54qui fonce,
13:55et on va revoir cette image,
13:57qui fonce sur un policier.
14:00Sur un policier.
14:01Et je pense qu'on va la voir
14:03pendant que je parle.
14:05Voilà.
14:06Cet homme fonce délibérément
14:08sur un policier.
14:10C'est un miracle
14:11si cet homme n'est pas blessé sévèrement,
14:15s'il ne reste pas, pourquoi pas,
14:16handicapé à vie,
14:17pourquoi pas même s'il ne meurt pas.
14:20Décision de la justice française d'hier,
14:24quatre mois exercis,
14:26150 euros d'amende.
14:27Alors, moi, je suis un citoyen lambda.
14:30Je vois ça.
14:32Je me dis deux choses.
14:34On est chez les fous.
14:36Je traduis ça.
14:37Je me dis, c'est pas possible.
14:39Une moto qui fonce sur un policier.
14:41Je me dis, qui a pris cette décision ?
14:44Je me dis, pourquoi celui
14:45qui a pris cette décision
14:47ne parle pas,
14:48ne vient pas expliquer ?
14:50Parce que je ne veux pas le juger
14:51sans avoir entendu peut-être ce juge,
14:53précisément.
14:54Peut-être a-t-il des motivations
14:55que j'aimerais comprendre ?
14:56Et j'interroge celui
14:58qui est au sommet de la pyramide,
14:59le ministre de la justice,
15:01et qui va sans doute nous tenir
15:04un discours de fermeté
15:05qui sera en opposition, peut-être,
15:08avec les juges.
15:10Alors, vous l'avez dit tout à l'heure
15:11que le garde des Sceaux,
15:14il ne commande pas les affaires individuelles,
15:15mais il peut commenter la justice
15:16et son organisation et le code pénal.
15:19C'est pour ça qu'on fait de la politique.
15:21C'est pour ça qu'un ministre de la justice...
15:22D'abord, je voudrais apporter mon soutien
15:24aux forces de l'ordre.
15:26Un soutien très important
15:28que j'ai toujours porté,
15:29quelles que soient les fonctions
15:30que j'ai pu occuper,
15:31de maire à ministre de la justice.
15:33Parce qu'ils agissent, au nom de la loi,
15:35sous l'autorité des procureurs de la République.
15:36C'est-à-dire sous l'autorité,
15:38un peu, quand même, du garde des Sceaux.
15:40Et donc, à chaque fois,
15:41on s'en prend aux forces de l'ordre,
15:42on s'en prend à la République, à la justice.
15:45Deuxièmement, ce que font les juges,
15:47les magistrats, c'est qu'ils appliquent la loi.
15:49Donc, qu'un magistrat puisse prendre
15:50cette décision, c'est que le Parlement,
15:52le gouvernement, malheureusement...
15:54Vous avez jugé pour quoi, par exemple ?
15:55...a pris des dispositions.
15:56Quelle est la qualification
15:58quand tu fonces sur un policier avec une moto ?
16:00Là, en l'occurrence, c'était blessure involontaire.
16:02Pourquoi ça a été qualifié comme telle ?
16:04Je ne le sais pas.
16:05Et je ne vais pas se demander.
16:06Vous trouvez que c'est un volonté ?
16:07Enfin, je ne sais pas.
16:08On porte un défi.
16:10Si vous souhaitez qu'on ait une conversation,
16:12comme dirait Paul VI,
16:13il ne faut pas que je vous réponde,
16:14sinon on ne va pas y arriver.
16:15Comme dirait ?
16:16Paul VI.
16:17Qu'est-ce qu'un Paul VI ?
16:18Parce qu'il invite l'Église à la conversation
16:20et pas au monologue.
16:22Je vous pose des questions.
16:23Les blessures involontaires,
16:24vous trouvez que c'est une blessure involontaire ?
16:26Vous me posez des questions,
16:27je vais essayer d'y répondre.
16:28Vous trouvez que c'est une blessure involontaire ?
16:29C'est un moment assez grave
16:30pour qu'on puisse essayer
16:31d'avoir un bon pensée depuis 15 secondes.
16:32Ce que je pense,
16:33c'est que les textes de loi
16:35ne sont pas assez fermes.
16:36Je l'ai toujours dit.
16:37Et à l'époque,
16:38j'avais proposé des faits de modification
16:40pour les refus d'obtempérer,
16:41qui sont, en fait,
16:42je le pense,
16:43des tentatives d'homicide
16:44pour une grande partie d'entre eux.
16:46Je pense qu'il faut modifier la loi
16:48et c'est très important de le faire.
16:49Je n'ai pas réussi à le faire
16:50quand j'étais à l'intérieur.
16:51Je souhaiterais qu'on puisse le faire
16:53au ministère de la Justice.
16:54Deuxièmement,
16:55je ne sais pas si quelqu'un a fait appel
16:57le parquet,
16:58le policier victime.
16:59C'est hier.
17:00On verra bien s'il fera appel
17:02parce qu'il se peut
17:03qu'une partie des appels
17:04affirme les décisions de première instance.
17:06Vous le savez.
17:07Et troisièmement,
17:08les volontés jusqu'à présent des gardes d'essaut
17:10n'étaient pas de considérer
17:12que les forces de l'ordre
17:13devaient être particulièrement suivies,
17:15protégées
17:17par les procureurs de la République.
17:19Donc, la circule orthopédique pénale
17:20que j'ai prise hier
17:21évoque par deux fois sur trois pages
17:25la protection que nous devons collectivement
17:27à tous ceux qui représentent l'État.
17:29Évidemment les forces de l'ordre en premier,
17:30les surveillants de prison,
17:31les magistrats,
17:32les élus.
17:33Parce que
17:34quand on dit aux procureurs de la République
17:36qu'en premier lieu,
17:37ils doivent protéger ceux qui nous protègent,
17:39on a sans doute à la fin,
17:40je ne parle pas de cette affaire particulièrement,
17:42mais en général,
17:43des réponses beaucoup plus fermes.
17:44Quand on ne leur dit pas
17:45et qu'on préfère s'intéresser
17:47à d'autres priorités de politique pénale,
17:49il ne faut pas,
17:50même si tout ça n'est pas très automatique,
17:52il ne faut pas s'étonner
17:53que comme l'exemple ne vient pas d'en haut,
17:55on n'y arrive pas.
17:56Donc, la circule orthopédique pénale
17:57que j'ai prise hier,
17:58elle n'a pas doute,
17:59elle fait trois pages.
18:00Je vais d'ailleurs la publier aujourd'hui intégralement.
18:01Elle est écrite en français compréhensible
18:03par tout le monde.
18:04Elle parle, un, du narcotrafic,
18:06deux, des violences contre les personnes.
18:08Qu'il s'agisse du jeune Etias
18:09qui a subi cet assassinat ignoble
18:11et insupportable,
18:13qui nous révolte tous
18:14comme des forces de l'ordre.
18:15Je retiens que vous pourriez qualifier
18:17l'image qu'on vient de voir
18:19comme une tentative d'homicide.
18:21Moi, je ne suis pas enquêteur,
18:22je ne suis pas procureur
18:23et je ne suis pas magistrat.
18:24Pardonnez-moi,
18:25on n'a pas besoin d'être enquêteur
18:26pour avoir un jugement sur cette image.
18:29Il n'y a pas besoin d'enquêter beaucoup.
18:31Si je participe.
18:32Si vous me permettez.
18:33Heureux que vous êtes.
18:35Je pense que les solutions
18:36sont plus complexes que ça
18:37quand on est en responsabilité politique.
18:38Mais vous avez raison
18:39de dire que ma volonté personnelle
18:41et donc j'espère demain
18:42du législateur,
18:43c'est de protéger bien plus
18:44ces policiers et les gendarmes
18:45qu'ils ne le sont aujourd'hui.
18:46Et effectivement,
18:47c'est ce qu'on entend souvent
18:48sur le terrain.
18:49D'abord,
18:50le travail que vous aviez fait à Beauvau
18:52avait été salué par les policiers.
18:54Ils avaient le sentiment
18:55que vous les défendiez.
18:56Mais ce n'est pas un sentiment.
18:57Vous voyez,
18:58vous utilisez vous-même
18:59votre sentiment.
19:00Voilà.
19:01Eh bien, vous avez parfaitement raison.
19:03Ce n'était pas un sentiment,
19:04c'était une réalité,
19:05Monsieur le ministre.
19:06Et il nous le disait
19:07et il me le disait en tout cas.
19:10La justice pour les délinquants,
19:12pour les mineurs,
19:13pardonnez-moi.
19:14Tout le monde comprend aujourd'hui
19:15qu'un jeune homme de 16 ans,
19:16de 17 ans,
19:17aujourd'hui,
19:18c'est un majeur.
19:19Il est fabriqué,
19:20il est construit comme un majeur
19:22et que toutes les lois
19:23qui existaient depuis
19:24de nombreuses années,
19:25il faut les changer.
19:26Donc là,
19:27il pourrait y avoir
19:28une proposition de loi
19:29pour que les mineurs
19:32soient jugés comme des majeurs.
19:34C'est ça l'idée.
19:35Et si ça avait été le cas,
19:38je disais tout à l'heure
19:40que ces deux jeunes gens,
19:42ils avaient été présentés
19:44à un juge en octobre
19:46pour une autre affaire,
19:47la loi ne permettait pas
19:48la comparution immédiate
19:49et puis il y a cette loi
19:50que je trouve complètement folle,
19:52c'est-à-dire la césure pénale.
19:53Il y a une procédure en deux temps.
19:55Tout ça est grotesque.
19:56Pardonnez-moi de le dire comme ça.
19:57Tout ça est grotesque.
19:58C'est-à-dire que tu prends
19:59un gosse de 15 ans,
20:0016 ans, 17 ans,
20:01il a fait quelque chose
20:02de très grave,
20:03il est en comparution immédiate
20:04et il est en prison
20:05pour un an, deux ans ou trois ans.
20:06C'est ça qu'il faut faire.
20:07C'est ça qu'il faut faire,
20:08me semble-t-il.
20:09Et la loi peut changer
20:10ces prochains temps.
20:12Alors, évidemment,
20:14l'assassinat de ce jeune homme
20:17qui sort du foot,
20:18ça peut être tous nos enfants,
20:20elle est évidemment ignoble
20:22et elle n'a pas d'excuses.
20:24Donc, évidemment,
20:25il y a des faillances
20:26générales de la société,
20:27comme vous l'avez dit
20:28dans votre introduction,
20:29je le partage.
20:30Ça, c'est le réel, le constat.
20:32Deuxièmement,
20:33qu'est-ce qui s'est passé ?
20:34Bon, je pense qu'on aura
20:36l'occasion de le faire
20:37avec un peu plus de recul,
20:38mais ce que je comprends,
20:39ce sont deux jeunes mineurs,
20:42vous avez évoqué tout à l'heure
20:44des gosses,
20:45qui, il y a plus d'un an et demi
20:46désormais,
20:47l'un d'entre eux notamment
20:48a été condamné
20:49pour avoir fait
20:51plus de six faits d'extorsion
20:52avec violence.
20:53Ça, c'était en 2023.
20:54Il a eu une mesure
20:55dite d'assistance éducative.
20:57Il faut quand même
20:58que vous sachiez
20:59que dans le droit français
21:00constitutionnel,
21:01donc là, il ne s'agit pas
21:02d'une proposition de loi,
21:03on a signé,
21:04et c'est la convention
21:05la plus signée au monde,
21:06la convention européenne
21:07des droits de l'enfant,
21:08des mineurs,
21:09qui prévoient que l'éducatif
21:10prime sur le répressif.
21:11Là, on n'est plus sur des enfants.
21:12Non, non, mais je dis juste
21:13que les mineurs,
21:14jusqu'à présent,
21:15dans la constitution française,
21:16c'est moins de 18 ans.
21:17Ça va changer.
21:18En tout cas, là,
21:19je n'ai pas la majorité
21:20au Congrès pour le faire
21:21immédiatement,
21:22comme dirait M. Retailleau,
21:23et on va faire des choses pratiques,
21:24mais ça ne veut pas dire
21:25qu'il n'y a pas des débats
21:26politiques à avoir.
21:27Ce que je peux vous dire,
21:28c'est qu'aujourd'hui,
21:29le droit oblige les juges
21:31à faire d'abord de l'éducatif
21:32avant le répressif.
21:33Il y a eu une mesure
21:34dite d'assistance éducative
21:36qui consistait notamment
21:38à suivre un certain nombre
21:39d'éducations, de rééducations,
21:41qui a manifestement manqué
21:43dans la vie de cet auteur.
21:45Il y a eu un problème
21:47de parents, d'autorité,
21:49d'éducation, de manière générale.
21:50Mais bref, la justice
21:51doit régler ce problème
21:52puisque la société
21:53n'a pas réussi à le régler.
21:54Et ce qui est scandaleux,
21:56ce n'est pas tellement
21:57la mesure d'assistance éducative,
21:58en fait, M. Praud,
21:59de ce que j'en vois,
22:00c'est qu'elle n'a pas été respectée.
22:01Et il n'y a pas,
22:02dans le droit français,
22:03et là, on peut tout à fait le faire,
22:04indépendamment de la Constitution,
22:05de sanctions quand la mesure
22:07d'assistance éducative
22:08n'est pas respectée.
22:09Par exemple, dans la mesure
22:10d'assistance éducative
22:11qui était prévue,
22:12c'est qu'il ne devait pas
22:13retrouver son copain
22:14et il ne devait pas être
22:15en contact avec son copain.
22:16Mais attendez, attendez.
22:17Au même endroit ?
22:18Mais c'est un autre sujet
22:19sur lequel j'aborderais.
22:20Mais d'abord, ils ne doivent pas
22:21se retrouver avec son copain
22:22dans la rue.
22:23D'abord, les policiers
22:24ne pouvaient pas le savoir.
22:25Ce n'est pas inscrit au fichier
22:26des personnes recherchées
22:27s'il y avait eu
22:28un contrôle de police.
22:29Et normalement,
22:30ça arrive tous les jours
22:31qu'il y ait des contrôles de police.
22:32Il n'est pas inscrit dans les fichiers
22:33du ministère de l'Intérieur
22:34que ces deux personnes
22:35ne devaient pas se rencontrer.
22:36Donc, ils n'auraient pas pu
22:37même constater l'infraction
22:38qui consiste à ne pas respecter
22:39la décision du juge.
22:40Quand bien même,
22:41vous la contesteriez
22:42sur son quantum
22:43de désir de peine.
22:44Deuxièmement,
22:45il n'y a pas de sanctions.
22:46Donc, moi, d'abord,
22:47très rapidement,
22:48qu'on prenne des sanctions
22:49quand ces mesures
22:50d'assistance éducative
22:51ne soient pas respectées.
22:52La PJJ, la Protection de la Jeunesse,
22:53avait signalé
22:54qu'elle ne respectait pas.
22:55La justice a fait son travail.
22:56La Protection de la Jeunesse
22:57a fait son travail.
22:58Elle n'a pas signalé.
22:59Donc, il y a une proposition de loi
23:00en effet qui arrive
23:01le 13-14 février.
23:02Je proposerai
23:03qu'il y ait des sanctions
23:04et que ces sanctions soient
23:05évidemment
23:06le centre éducatif fermé,
23:08c'est-à-dire une forme
23:09d'incarcération,
23:10de privation de liberté,
23:11lorsqu'on ne respecte pas
23:12la première mesure du juge.
23:14Le deuxième sujet,
23:15c'est qu'effectivement,
23:16en octobre,
23:17ils ont recommencé,
23:18en octobre 2003,
23:19et ils ont été présentés
23:20devant un juge.
23:21Le parquet, à l'époque,
23:22avait demandé l'incarcération.
23:23Il n'avait pas été suivi
23:24manifestement a priori,
23:25puisqu'on a reporté
23:26à plus tard
23:27la décision de justice.
23:28Alors, ça, ça m'intéresse.
23:29Deuxièmement,
23:30la personne qui a décidé...
23:31Alors, ça, c'est une information
23:32que vous donnez.
23:33On marque juste une pause,
23:34M. le ministre.
23:35Pardonnez-moi,
23:36parce que c'est 9h23.
23:37Je salue Thomas Hill.
23:38C'est le carillon d'Europe 1.
23:39On ne parle pas
23:41C'est le carillon d'Europe 1.
23:42On fait cette transition
23:43le plus rapidement possible.
23:44Merci, Thomas Hill.
23:45Et on va pouvoir vous retrouver,
23:46évidemment, jusqu'à 11h.